postheadericon Deux victimes oubliées...

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Au-delà des voitures brûlées et des magasins dévastés des derniers jours, les émeutes des banlieues "chaudes" ont fait deux victimes supplémentaires: l'angélisme "humanitariste" et la "laïcité laïcisante".

 

Certains viennent de découvrir qu'il y avait des problèmes sur les marges de nos grandes agglomérations et que tous les milliards investis dans les "politiques de la ville" n'avaient pas suffi à les résoudre, preuve que ce n'est pas qu'un problème d'argent; que les émeutes ont, au-delà de la violence, montré la lâcheté de certains émeutiers, plus rapides à caillasser les pompiers qu'à sortir une personne handicapée d'un bus enflammé par une bouteille incendiaire: cet "ensauvagement" de certains, malgré les efforts des éducateurs et des enseignants, montrent bien les limites d'une idéologie qui croit (croyance parfois bien vaine, même si elle peut être sincère: la sincérité n'est pas la vérité...) que l'Homme naît et est naturellement bon, et que c'est l'éducation qui lui permet d'exprimer cette bonté dans un monde qu'il ne peut alors que changer dans un sens plus harmonieux... Cet angélisme ne peut servir de principe de réalité car il n'est qu'une idéologie qui délaisse le réel pour une vision décalée (même si elle peut apparaître rassurante) de la nature profonde des hommes qui, tous différents dans leur être et dignité, n'ont pas tous la même définition de ce qui est bien ou mal, de ce qui est nécessaire ou ne l'est pas. La réflexion politique doit faire preuve d'humilité devant les réalités humaines: c'est d'ailleurs ainsi qu'on peut agir sur elles et, éventuellement, les changer. "L'Homme ne commande à la nature qu'en lui obéissant", doit être la règle de toute action politique et sociale. Faute de l'avoir compris, les "angélistes", qui s'inspirent peut-être de l'Emile de Rousseau, sont condamnés à voir leurs rêves s'envoler... en fumée!

 

Autre victime des émeutes de banlieue: la "laïcité laïcisante" qui refuse de voir que l'Homme n'est pas qu'un sujet de consommation mû par la seule utilité sociale ou matérielle, mais un être pensant et sentimental, qui regarde aussi parfois vers le Ciel. Lors des affrontements de lundi soir, ce ne sont pas des élus locaux, des animateurs de quartier ou des pompiers qui ont joué le rôle de médiateurs, mais des imams des mosquées voisines des lieux d'incidents. Aux cris de "Allah est grand", ils se sont interposés, avec plus ou moins de succès, entre les émeutiers et les forces de l'ordre. Les édiles municipaux reconnaissent d'ailleurs aisèment que rien n'est possible sans les associations musulmanes qui s'imposent ainsi dans le dialogue entre "adversaires". La "laïcité laïcisante" semble avoir disparu du champ social dans les banlieues:faut-il s'en inquiéter, au regard de la stratégie de certains extrêmistes islamistes prompts à récupérer la misère matérielle et spirituelle de certains jeunes? En tout cas, cela force à repenser la nature du lien social dans ces banlieues appauvries. La République est-elle vraiment capable de cet effort? Il est à craindre que, au lendemain de la fin des émeutes, l'indifférence retombe sur ces lieux que le Pouvoir, depuis trente ans, laisse ouverts "à tous les vents" sans se soucier des tempêtes que cela peut, à la longue, provoquer...