postheadericon Famine au Kenya.

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Une information est passée inaperçue après les fêtes, et pourtant, elle aurait mérité une grande diffusion: la famine menace 2,5 millions de personnes au nord-est du Kenya, en raison de pluies insuffisantes depuis 2004.

 

Il est facile de "regretter" mais cela n'est pas suffisant. En effet, en cette période où l'on nous vante les mérites de la mondialisation et de la rapidité des communications, il est choquant de constater une certaine apathie des grandes puissances face à ce problème de la sous-alimentation, voire une lourde indifférence. Il serait pourtant nécessaire d'organiser des institutions internationales capables, non seulement de prévenir (celles-ci existent déjà), mais de mettre en place très rapidement, avec l'aide de quelques Etats volontaires et prêts à mettre à disposition une flotte (par exemple) d'avions gros-porteurs ou d'autres moyens techniques, de véritables ponts aériens avec les zones en grande détresse alimentaire, sur des périodes courtes mais suffisantes pour, sinon régler le problème, au moins éviter le pire. La France pourrait proposer une initiative en ce sens, et cela provoquerait peut-être une prise de conscience des autres pays économiquement puissants et, donc, susceptibles de pouvoir s'engager dans cette structure destinée à répondre aux urgences alimentaires, surtout quand elles menacent la vie de millions de personnes: cela vaut pour le Kenya mais aussi pour le Cachemire, doublement menacé par le froid et la faim.

 

Bien sûr, cette politique humanitaire ne peut pallier les insuffisances propres à tous les pays en difficulté, et c'est sur le long terme, par une politique intelligente et raisonnée de mise en valeur des territoires aujourd'hui menacés par les sécheresses ou les invasions de criquets (sans oublier les problèmes liès à des surpopulations locales qui affectent la disponibilité et le renouvellement des ressources naturelles ou agricoles), que les problèmes alimentaires pourront se faire moins dramatiques.

 

Il me semble que la France pourrait jouer un rôle plus important dans cette diplomatie humanitaire et permettre à des jeunes parfois désoeuvrés en certains quartiers défavorisés (mais pas seulement en ces endroits, loin de là) de participer à ces actions de "service humanitaire": cela pourrait être l'occasion de donner aussi un sens à la vie de beaucoup de jeunes qui souffrent aujourd'hui d'être considérés (ou de se considérer eux-mêmes) comme inutiles. Cela pourrait jouer le rôle intégrateur que l'école ou le service militaire, malgré tous ses défauts, jouaient jadis. Cet "investissement humanitaire", qui ne résoudrait pas là encore tous les problèmes (je ne crois pas aux "solutions-miracles" mais à des solutions multiples, complémentaires et pragmatiques, capables de "faire avancer les choses", là où c'est possible), me semble une idée à creuser. Encore faut-il que l'Etat donne l'impulsion ou, au moins, soutienne et développe ce qui existe déjà en ce domaine.

 

Sous l'ancienne Monarchie, le roi devait à ses sujets protection, justice et charité: l'Etat actuel, face au problème de la faim dans le monde (y compris, de façon moins extrême, dans notre pays), doit poser des actes forts et, au sens noble et exemplaire du terme, symboliques. Cela serait l'honneur de notre nation, celle-là même qui a donné des Pasteur, des Lyautey et des Charles de Foucauld. La République osera-t-elle cette politique qui ne sera pas de l'assistanat mais de "l'action vraie" contre les misères du monde ?