postheadericon Premiers pas royalistes à la fac de Droit, 1981-1982.

L’année scolaire 1981-1982 fut l’année où nous prîmes pied à la fac de Droit : il est vrai que, redoublant ma terminale, il m’arrivait de me « libérer » de quelques cours pour aller traîner dans ce grand bâtiment gris aux impressionnantes baies vitrées et dans lequel nous avions, d’après les rumeurs, quelques amis monarchistes. Il y avait effectivement Olivier M. et quelques sympathisants et, très vite, nous commençâmes à placarder des photocopies d’articles (souvent, d’ailleurs, tirés de la revue corporative et royaliste « Notre Avenir Français », en particulier les articles sur la « propriété du métier ») et des affichettes, souvent manuscrites, ainsi que de vraies affiches qu’avait imprimée l’Action Française parisienne, et cela sur deux panneaux réservés d’ordinaire à des associations en ayant fait la demande à l’administration de l’université.
Benoît Rondot m’ayant procuré de grandes feuilles blanches normalement réservées à ses activités artistiques, nous en faisions des affiches toutes uniques et originales qui pouvaient rester quelques jours au vu et au su de tout le monde, même s’il y avait parfois du « décollage » ou du « graffitage ». Les panneaux que nous avions squattés étaient tournés vers les baies vitrées, et je passais quasiment tous les jours vérifier leur état : je profitais aussi de mon passage pour coller quelques autocollants sur les portes des amphis et, surtout, sur tous les lampadaires, affiches publicitaires ou boîte aux lettres de la poste avoisinants… J’usais aussi du marqueur, sans retenue ni même discrétion : à l’époque, cela choquait beaucoup moins qu’aujourd’hui et il est vrai que l’esthétique du mobilier urbain laissait fort à désirer… En tous cas, les fleurs de lys et les slogans siglés AF se multipliaient dans la ville et surtout dans le secteur qui menait de Maurepas à la rue Jean-Macé (celle de la fac de Droit).
A voir toutes ces inscriptions (nous ferons mieux et plus grand encore les années suivantes), nos affiches collées hebdomadairement sur les nombreux panneaux d’ « affichage libre » pas encore envahis à l’époque par les annonces de concerts, nos photocopies sur les panneaux de la fac de Droit, etc., certains auraient pu penser que nous étions fort nombreux : ce n’était pas le cas mais notre ardeur remplaçait avantageusement le nombre. Nous étions dans une logique de « visibilité » et notre première tâche était de faire connaître notre existence, en attendant de pouvoir peser vraiment. Cela nous apparaissait aussi comme le meilleur moyen d’attirer à nous de nouvelles énergies : « faire de la force » aurait pu être notre devise…
Peu à peu, d’ailleurs, j’étais connu et reconnu comme « royaliste » et d’abord comme royaliste, malgré les tentatives d’amalgame de nos adversaires qui me reprochaient des amitiés politiquement plus sulfureuses… Le royalisme était devenu, en moins de deux ans, « mon identité » : et je la revendique encore, plus de vingt-cinq ans après ces années de Terminale…