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postheadericon 2017

postheadericon La question environnementale, grande oubliée de la campagne présidentielle.

 

La question environnementale n'a pas été beaucoup évoquée durant cette campagne, encore moins peut-être qu'il y a cinq ans et beaucoup moins, bien sûr, qu'en 2007, apogée de la préoccupation écologique en France grâce à l'activisme de Nicolas Hulot et à son Pacte pour l'environnement qu'il avait fait signer aux principaux candidats. Certes, quelques prétendants à l'Elysée revendiquent une part d'écologie dans leurs programmes mais les grands médias n'ont guère insisté sur ce thème, et la question fut proprement éludée lors des débats majeurs de la présidentielle, hormis, peut-être, sur le sujet du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et sur ceux de l'énergie nucléaire et des énergies renouvelables.



Ainsi, l'artificialisation des terres et des littoraux peut continuer dans la plus grande indifférence, les candidats prônant une « croissance » qui, par nature, ne peut que poursuivre son grignotage rapide des terres arables et des espaces sauvages au nom de l'emploi ou de la « nécessaire attractivité des territoires » censée être un moteur de l'économie du pays dans la mondialisation, alors qu'elle n'en est plus que l'alibi facile à l'efficacité pas exactement démontrée... C'est bien le piège de cette mondialisation qui enlaidit le local au nom d'un global dont on peut légitimement s'inquiéter des tenants et des aboutissants, et qui sert des intérêts privés, « capitalistiques », formes contemporaines du nouvel âge féodal qui profitent de l'affaiblissement des États, de leurs moyens d'action et de leur autorité politique. Même chose pour la question des semences et des OGM, rappelée dans un livre récent cosigné par Pierre Rabhi et Juliette Duquesne (1), et qui devrait être un véritable thème de campagne si nos candidats voyaient plus loin que le simple quinquennat à venir : il s'agit là du nécessaire maintien de la biodiversité végétale et agricole face à la standardisation et à la privatisation du vivant par de grandes sociétés multinationales qui produisent des semences à l'obsolescence programmée, dégénérant dès la deuxième génération et obligeant les agriculteurs à les racheter chaque année. Mais non, nos « grands candidats » ne s'en soucient guère, et la grande presse, celle qui désormais décide (y compris électroniquement et sur la toile, par le biais d'une nouvelle censure peu sympathique) de ce qui est vrai et de ce qui ne l'est pas, au risque d'étouffer certaines informations dérangeantes et quelques contestations naissantes, n'a pas l'intention de soulever le problème. « Dis-moi qui te paye, et je saurai ce que tu penses », pourrait-on ironiser...


Ces quelques exemples prouvent à l'envi que le souci environnemental ne trouve pas vraiment sa place dans le choc de la présidentielle qui agite notre pays, et il nous faut le regretter. Mais la République peut-elle vraiment être « écologiste » ? En fait, le temps court du quinquennat n'est pas adapté aux enjeux ni aux stratégies à mettre en place qui, dans le domaine de l'environnement, nécessitent le temps long d'une ou de plusieurs générations : en somme, c'est la continuité (qui n'est pas l'immobilisme) d'une dynastie qui n'a pas à se soucier des lendemains électoraux, qui apparaît la mieux à même d'enraciner le souci environnemental dans la durée et dans l’État lui-même.



Si nous sommes royalistes, c'est aussi parce que nous sommes logiques en politique et que nous considérons que l'écologie ne peut être intégrale que par son inscription dans une politique qui n'est pas celle du simple « moment » mais de « l'éternité » humaine : pour que les générations qui nous suivent puissent respirer librement et vivre sur une planète encore vivable, tout simplement.



La France, si elle veut agir chez elle et donner l'exemple d'une écologie efficace au monde, a tout intérêt à renouer avec la tradition monarchique : qu'une fleur, le lys, soit son symbole historique, n'est-ce pas, en définitive, révélateur et, surtout, prometteur ?


 

 

 


Notes : (1) Pierre Rabhi, Juliette Duquesne, « Les semences, un patrimoine vital en voie de disparition », Presses du Châtelet, 2017.

 


 

postheadericon Une République insatisfaisante.

 

Encore une semaine avant de connaître les noms des deux finalistes à la présidentielle du 7 mai prochain ! Dans cette campagne qui aurait pu être totalement passionnante si elle n'avait été la lutte des égotismes et la révélation de « tous » (n'exagérons rien !) les scandales de la République du moment et de ses prétendants, les petits candidats ont su, au moins médiatiquement, tirer leur épingle du jeu, et cela me laisse d'autant plus amer de l'absence d'un candidat susceptible d'avancer les idées d'une alternative royale à cette pauvre Cinquième République si mal servie par ses propres desservants habituels et ses chevaliers-servants présidentiels...


Mais cette campagne a aussi montré, a contrario, les avantages d'une vraie Monarchie royale qui échappe aux manœuvres politiciennes et aux incertitudes électorales, à l'inverse de cette monocratie présidentielle que MM. Mélenchon et Hamon, dans leur jeu de duettistes complémentaires, dénoncent à l'envi, dans la lignée d'un François Mitterrand, auteur du plus brillant des pamphlets (1) contre les institutions dont il allait, ensuite et le mois de mai 1981 venu, endosser la charge...



En effet, comment se satisfaire d'une République qui livre la magistrature suprême de l’État à une telle querelle des ambitieux et en oublie trop souvent les grands enjeux politiques, diplomatiques, sociaux et environnementaux pour ne s'intéresser qu'aux défauts, non pas tant des programmes eux-mêmes que des candidats ou de leurs intentions supposées ? Comment aimer une République qui semble n'être plus qu'un gouvernorat au service d'une Union européenne, elle-même si peu sociale et trop peu politique pour être crédible aux yeux du monde comme de ceux de ses propres habitants ? Comment servir une République qui avoue constamment son impuissance (par manque de volonté ?) face aux puissances économiques et aux instances dites « européennes », préférant se réfugier derrière l'alibi d'une mondialisation « obligatoire » pour ne pas répondre aux inquiétudes (qualifiées de « populistes », « protectionnistes » ou « nationalistes », voire pire...) de populations déboussolées et, parfois (ceci expliquant aussi cela) déracinées ? Les derniers discours de l'actuel locataire de l’Élysée sont, à cet égard, particulièrement éclairants : la rhétorique qui mélange intentionnellement le protectionnisme économique et le nationalisme politique, sans beaucoup d'égard pour la nécessaire nuance et modération de langage en ces domaines, n'est pas seulement agaçante, elle est particulièrement malhonnête si l'on ne définit pas ce que l'on entend par protectionnisme et par nationalisme !


Comment se satisfaire d'une République qui, au soir du 7 mai et quand le vainqueur saluera ses partisans et commencera, si ce n'est déjà fait auparavant, à les trahir pour pouvoir présider, sera encore suspendue aux élections législatives suivantes et au risque d'une possible cohabitation, caricature de l'union nationale et désaveu permanent du Chef de l’État par le gouvernement, au risque d'affaiblir encore plus l’État et la nation au moment où la « décision politique » claire et nette est vitale pour affronter les défis d'un monde contemporain dangereux et d'un avenir incertain ? Comment se satisfaire d'une République qui risque bien, une fois de plus, de faire perdre cinq ans à la France et, pire encore, une grande part de sa crédibilité restante sur les plans européen et mondial ?


Décidément, la République n'est pas ce qui convient à la France, et j'en suis plus encore persuadé aujourd'hui qu'hier : il n'y a pas que l'histoire qui, d'une certaine manière, tranche en ce domaine. Il y a aussi cette actualité si malheureusement éclairante, de cette lumière blafarde qui annonce des petits matins sans joie mais pas sans peine...



Note : (1) : « Le coup d’État permanent », ouvrage paru en 1964.


 


(à suivre : La Monarchie, ou « l'anti-présidentielle ».)


 

 


 

postheadericon L'élection présidentielle vue par l'Action Royaliste Rennaise.

 

Les royalistes ne sont pas des nostalgiques d'un ordre ancien et ils sont intégrés dans la vie active, civique comme économique. A Rennes comme dans le reste du pays, des groupes monarchistes s'expriment, s'animent et agissent : ainsi l'Action Royaliste Rennaise qui promeut un royalisme régionaliste, social et « écologiste intégral » dans la capitale de la Bretagne. En cette période de présidentielle, l'ARR propose de réfléchir à la question institutionnelle et de dépasser les clivages habituels entre Droite et Gauche pour évoquer les vraies problèmes qui préoccupent nos concitoyens. Voici ci-dessous le communiqué de l'ARR rédigé pour la presse locale :

 

 


« Cette élection présidentielle, par ses tristes affaires et son ambiance de fin de régime, montre les limites et les défauts institutionnels d'une République qui divise les Français alors que notre pays aurait aujourd'hui besoin d'unité et de concorde autour des grands enjeux et défis environnementaux, sociaux et éducatifs, entre autres, et au-delà des étiquettes politiques. La République est cette grande soustraction entre les gagnants et les perdants, quand il faudrait un régime qui puisse additionner les énergies et les qualités, et cela d'où qu'elles viennent, politiquement parlant.



« L'Action Royaliste Rennaise regrette également que les programmes des candidats se soient souvent limités à des catalogues de promesses sans véritable réflexion sur le long terme : les désillusions n'en seront que plus cruelles, et violentes !


« L'Action Royaliste Rennaise regrette aussi que la question d'un nouveau découpage territorial n'ait pas été posée et que la réunification de la Bretagne, utile sur le plan politique, économique comme culturel, soit oubliée par les candidats...


« Cette élection présidentielle, suivie de législatives tout aussi incertaines, n'est pas une bonne nouvelle pour la France. L'Action Royaliste Rennaise lui préférerait une Monarchie héréditaire dont le roi n'est pas l'élu d'une partie des Français contre les autres, mais le roi de tous, arbitre au-dessus des partis et garant des libertés de chacun, sans état d'urgence... »

 

 


 

postheadericon La solidarité européenne existe-t-elle vraiment ? Le cas de la Grèce.

 

Dans cette campagne présidentielle, il est beaucoup question d'Europe et de sa forme politique actuelle baptisée Union européenne : certains la dénoncent, d'autres, au contraire, l'annoncent comme la nouvelle Terre promise et veulent en renforcer les grands aspects, principalement dans le sens des signataires du Traité de Rome de 1957, c'est-à-dire dans le cadre d'une idéologie libre-échangiste et supranationale que dénonçait dès 1957 Pierre Mendès-France. Autant dire que les points de vue des candidats qui s'affrontent apparaissent, au final, très variés et, souvent même, antagonistes.


Mais, s'il est souvent question d'Europe, ne serait-il pas utile d'évoquer, au-delà du Brexit qui agite beaucoup les salles de rédaction et les états-majors des candidats, le cas de la Grèce et du traitement qui lui est actuellement infligé, dans une indifférence quasi-générale en Europe et parmi les opinions publiques d'un ensemble « Union européenne » qui se veut « cohérent » et, surtout sous la plume des éditorialistes europhiles, « solidaire » ?


Cela fait désormais plus de sept ans que la Grèce s'enfonce chaque jour un peu plus dans le marasme et la misère sociale, depuis qu'il a été démontré que ce pays avait, avec le soutien de la banque états-unienne Goldman Sachs, triché sur ses comptes pour intégrer la zone euro qui devait lui garantir, si l'on en croit les promesses faites depuis le traité de Maëstricht, sécurité financière et prospérité. Il suffit de relire les articles et les livres écrits à la veille de la décennie 2000 pour constater, au regard des réalités de 2017, que l'euro n'a évidemment pas tenu ses promesses, à part celle de pouvoir circuler avec la même monnaie dans près d'une vingtaine de pays de l'Union : maigre consolation pour les Hellènes que de voir la chouette d'Athéna sonner sur les comptoirs parisiens ou berlinois...



Vendredi dernier, le gouvernement de M. Tsipras, issu d'une Gauche qui a renoncé à sa radicalité présumée pour passer sous les fourches caudines des institutions financières et politiques de l'Union européenne et du FMI, a accepté une dixième ou douzième fois de rogner encore sur les retraites des vieux Grecs et de resserrer encore le licol fiscal sur des populations déjà largement désargentées : cela n'a pas fait les gros titres de la presse française. Qui, d'ailleurs, se préoccupe encore de Grecs dont le président de l'Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem déclarait il y a près d’un mois, avec cette morgue propre aux riches féodaux, qu'ils ne peuvent réclamer quelque solidarité que ce soit de l'Union quand ces Méditerranéens, forcément paresseux à le lire, ne pensent qu'aux femmes et à l'alcool ?


Qu'en pensent les quelques européistes qui manifestent aujourd'hui en France ou ailleurs pour dénoncer les atteintes à « leur » Europe ? Je me souviens d'avoir discuté à Saint-Germain-en-Laye et à Rennes avec quelques uns d'entre eux et d'avoir été gêné par leur totale méconnaissance de la situation grecque ou, dans d'autres cas, par leur argumentation et leur virulence contre des Grecs forcément coupables de l'endettement de leur pays : cet ensemble de postures m'a confirmé dans mon dégoût de cette « Europe légale » qui oublie ou méprise « l'Europe réelle » et les plus faibles de celle-ci.


Or, de nombreux électeurs ont peur d'un changement de l'orientation idéologique européenne, en particulier les plus « mondialisés » pour qui, déjà, l'Europe est trop petite et qui ne pensent plus qu'en termes de rendements et de profitabilité et non en termes d'histoire, de civilisation ou de justice sociale : comme si le monde n'était destiné à n'être plus qu'un vaste supermarché ouvert à tous les vents et dominé par les seuls critères économiques ! Cette conception étroite du monde comme de l'Europe n'est pas la mienne, loin de là.


Il me semble que le monde et l'Europe en particulier, puisque c'est d'elle dont il est question ici, ne peuvent se définir comme des ensembles économiques homogènes qui seraient obligatoirement ordonnés autour des idées de libre-échange et de libre-circulation « sans frontières ni classes », dans une logique où les lieux et les appartenances culturelles, historiques et sociales, laisseraient la place à un monde unique de consommateurs seulement différenciés par leur capacité financière de consommation. Bien au contraire, le monde et l'Europe sont des mosaïques composées de nations, de provinces, de communes, de métiers, de religions, de cultures, de paysages... qui ont trouvé (ou cherchent encore) leur équilibre et jouent, plus ou moins bien, une harmonie qu'il est parfois dangereux de vouloir remettre en cause pour des « principes » ou des utopies qui oublient la nécessaire humilité devant le réel, y compris pour le changer. Si l'imagination est un moteur de l'histoire qu'il ne faut surtout pas négliger, l'erreur consiste parfois à en oublier les limites et à vouloir imposer les rêves de certains sans considérer qu'ils peuvent devenir des cauchemars pour les autres... L'histoire est fort cruelle à cet égard.



Pour en revenir à l'Union européenne et à la Grèce, il est tout de même saisissant de constater que rien ne semble devoir émouvoir les Allemands et les Néerlandais (du moins leurs gouvernants), et que, sous la férule de ces europhiles revendiqués, un peuple entier paye les inconséquences de dirigeants grecs qui, eux, ont fait de l'Union européenne leur fond de commerce et leur alibi pour imposer à leurs concitoyens un traitement qui ignore même les besoins des malades et des plus pauvres, désormais seulement aidés par quelques associations et la puissante Église orthodoxe, « derniers recours » d'une population exsangue...


Où est donc la solidarité européenne que nous vantent à longueur de colonnes les europhiles urbains ? S'il y a un risque de conflit et de tensions au sein de l'Union européenne, il n'est pas d'abord, ni seulement, le fruit des poussées identitaires, aussi dangereuses puissent-elles être, mais bien plutôt de l'écrasement économique et social des peuples, et de leurs réactions, non de peur, mais de désespoir et de colère.


« Le pas des mendiants fera trembler le monde », disait Bernanos : aujourd'hui, c'est l'Union européenne qui engendre ces miséreux qui pourraient bien, un jour ou l'autre, risquer de renverser la table de la « mondialisation heureuse » et du « banquet des satisfaits »... Et ce sont les bulletins de vote qui, désormais, se transforment en pavés !

 


 


(à suivre : les candidats face à la construction européenne ; faut-il soutenir ceux qui parlent de sortir de la zone euro ou de l'Union européenne ? ; quelle Union européenne possible, et comment y parvenir ? ; etc.)

 


 

postheadericon Propositions pour la nouvelle Monarchie : et si on votait pour désigner le Premier ministre ?

 

La Sixième République n'aura pas lieu, malgré les efforts de MM. Hamon et Mélenchon, et cela même si ce dernier l'emportait au second tour de l'élection présidentielle, ce que le premier va tout faire pour empêcher, préférant un Macron avec qui il lui est possible de s'accorder ou un Fillon auquel il lui est loisible de s'opposer...


Pourtant, il est indéniable que la Cinquième apparaît à bout de souffle et que les derniers quinquennats ont favorisé cet essoufflement politique, dégradant la qualité de la magistrature suprême de l’État en la livrant, à chaque fois un peu plus, à l'ambition de quelques prétentieux qui l'ont transformée en une sorte de chasse gardée, aussi bien privée que partisane. Mais ce n'est pas une raison pour aggraver le mal en la républicanisant plus qu'elle n'est !


D'ailleurs, plus qu'une hypothétique Sixième République, ce que souhaitent les électeurs et abstentionnistes de ce pays, c'est le changement de classe politique et, sans doute, de pratiques dans l'exercice du pouvoir : peu leur importe le numéro ! Et il va être compliqué aux partisans de MM. Mélenchon et Hamon de faire passer près des électeurs l'idée de se dessaisir de l'élection du Chef de l’État même s'ils ne sont pas forcément ravis du choix qui leur est proposé, et cela malgré l'offre politique variée des onze candidats du moment... Paradoxe d'une opinion publique déboussolée par le spectacle pitoyable d'une République coincée entre les promesses non tenues et celle, d'aujourd'hui, non tenables ; par les affaires, de Cahuzac à Fillon, plus crapoteuses les unes que les autres, et par une Justice plus que jamais intrusive dans le débat politique tout en se voulant elle-même intouchable ; par la restriction des libertés d'expression et de discussion, au nom d'un étouffant « politiquement correct » ; par les injustices sociales et leur apparente impunité... Le discrédit de l'actuel locataire de l’Élysée est aussi celui de la parole politique, et la marque de l'impuissance actuelle du politique face aux oukases de l'économique et à l'arrogance d'une Finance qui n'en finit pas, par le moyen de la mondialisation, d'être « anonyme et vagabonde ».



Or, la Sixième République ne ferait qu'ajouter un peu plus au trouble de l'opinion et à son désarroi devant ce sentiment de dépossession qui la travaille en profondeur : lui ôter la possibilité de choisir, à travers la figure d'un homme (ou d'une femme), les grands axes de la politique qui lui semble la plus intéressante (pour elle-même, sans doute, ce qui pose le problème de son efficacité concrète, il faut bien le reconnaître) n'apparaît ni très adroit ni très pertinent, et cela n'améliorera pas le regard qu'elle porte sur la vie politique. La révocation des élus que M. Mélenchon propose risque bien vite de tourner court, faute de combattants, et d'engendrer une pagaille qui ne pourrait favoriser que l'irruption de forces moins compréhensives à l'égard des électeurs... En disant cela, que l'on me comprenne bien, je ne défends pas l'élection du Chef de l’État au suffrage universel : ce serait sans doute le comble pour un royaliste qui, justement, veut sortir la fonction de magistrat suprême de l’État de sa dépendance à l'égard des féodalités électoralistes (les partis ou les appareils) et qui veut en finir avec un choix qui risque bien d'empêcher tous les autres, dans les différentes strates de la vie politique nationale (des régions aux communes et aux quartiers). Je persiste à penser qu'il faut « libérer » la magistrature suprême de l’État de l'élection et de ceux qui la « font », ces derniers n'étant pas, en définitive, les électeurs appelés à valider un choix restreint entre deux ou trois solutions « valables » (le fameux « vote utile »,sic!), mais bien plutôt ceux qui hantent les couloirs du Pouvoir avant que d'en prendre la lumière, pour certains, et les profits pour d'autres...


En fait, je propose de « descendre d'un étage » l'élection politique majeure du pays : en effet, et dans une logique éminemment royaliste, il ne me semblerait pas inintéressant de faire voter nos concitoyens, à intervalles réguliers, pour le poste de Premier ministre (ou de président du Conseil du Roi, le monarque régnant restant l'autorité décisionnaire suprême et arbitrale) destiné à « représenter » une certaine ligne politique près de celui-ci et en accord avec la majorité parlementaire du moment. La « première place » de l’État étant occupée sans rien devoir aux puissances politiques et financières, le Premier ministre, tout en devant son pouvoir à l'expression des électeurs et à l'accord du roi, ne risquerait pas de menacer la continuité et la pérennité de l’État et des grandes lignes de son fonctionnement et de sa stratégie (y compris diplomatique) à long terme. Dans le même temps, cette élection satisferait le désir des électeurs d'être pris au sérieux dans leurs choix sans menacer l'équilibre institutionnel et sans remettre en cause tous les cinq ans la tête de l’État et la « grande politique » de celui-ci.



Conjuguer le long terme au sommet de l’État tout en favorisant le renouvellement des élites ministérielles et gouvernementales dans des temps raisonnables redonnerait crédit et force à la France et à son État, sans nuire, bien au contraire, aux libertés d'expression et de choix de nos concitoyens, dont les pouvoirs à tous les échelons de la pyramide institutionnelle (hors son faîte, constitutionnellement sanctuarisé) seraient élargis et renforcés : « Sub Rege, Rei publicae », (« Sous le Roi, les républiques françaises ») proclamait un vieux proverbe français... En somme, c'est tout le programme royal pour notre pays !

 

 


 
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