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postheadericon 2016

postheadericon La vertu du prince, pour le règne inaugural. (1)

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Que devra être et faire « le monarque inaugurateur », expression que j’emprunte à l’un de mes récents interlocuteurs, et qui me semble une formule heureuse mais qu’il faut préciser ? C’est la question la plus délicate, peut-être, et dont la réponse ne nous appartient pas complètement, puisque nous ne sommes pas « le roi », que nous ne pouvons nous substituer à sa personne et à sa conscience, et que nous ne savons ni le lieu ni l’heure de l’événement « inaugural ». Mais nous pouvons néanmoins y réfléchir et poser quelques éléments de réponse, que certains interpréteront comme des conseils au futur monarque, comme, en leur temps, les « mémoires » de Louis XIV « pour servir à l’instruction du Dauphin ».


Mon interlocuteur posait qu’il devait être, selon lui, « vertueux, fin et très populaire », si ce moment inaugural précédait la construction d’une véritable démocratie, mais que si, à l’inverse, les murs de la démocratie précédaient la monarchie, le roi pourrait en apparaître et en être une clé de voûte tout à fait acceptable et surtout logique aux yeux des citoyens, sans que cela nécessite des qualités extraordinaires pour le monarque : c’est fort possible et il est intéressant d’étudier les deux options, et de s’y préparer, dans l’un ou l’autre des cas.


Premier cas, qui peut apparaître comme le plus complexe mais qui ne me semble pourtant pas forcément le plus problématique : la monarchie inaugurée avant le renouvellement de la démocratie ou, plus largement, de la Res Publica (la Chose publique). Il y faudra certes « l’homme et l’événement », comme le soulignait de Gaulle, et les qualités personnelles du monarque compteront sans doute fortement, mais pas seulement, et il me faudra y revenir ultérieurement.



« Vertueux » ? Si cela signifie que le roi doit être d’une grande probité et qu’il se doit d’être un saint en cette période inaugurale de la nouvelle monarchie, pourquoi pas ? Cela peut aider à sa reconnaissance publique et inspirer à la classe politique (animatrice des jeux démocratiques, pour le meilleur moins souvent, malheureusement, que pour le pire, au regard des mœurs politiciennes actuelles) un « monarchisme de fidélité » à défaut de l’être de conviction, mais cela n’est qu’un moyen, pas une fin en soi.


L’exemple relativement récent du roi Juan Carlos, au milieu des années 1970, en est un cas d’école, et a montré comment un roi, non pas méconnu mais mal connu de ses contemporains espagnols (et des autres), pouvait « manœuvrer et grandir », et instaurer une démocratie qui, jusque là, n’avait jamais trouvé le temps ni le terreau pour s’enraciner durablement en terre ibérique. Bien sûr, l’on peut considérer que cette démocratie parlementaire suscitée par le roi Juan Carlos est bien imparfaite et qu’elle a entraîné un retour malheureux des démagogies dans les jeux politiques, au détriment de l’Espagne et des Espagnols, mais la faute en incombe à ceux qui n’ont saisi que leur intérêt particulier quand il aurait fallu penser, encore et d’abord, en termes de Bien commun. Sans le roi et Juan Carlos comme roi, l’Espagne n’aurait sans doute pas connu cette période de paix civile sans dictature qui a permis à ce pays de retrouver une part de sa place historique sur la scène internationale, en particulier au sein de l’Europe et dans le monde américain : ce n’est pas rien, tout de même !


Dans ce cas, la vertu du roi n’est pas « morale » et d’ordre privé, elle est politique et publique : peu importe que le souverain ait une vie privée chaotique et parfois répréhensible aux yeux des principes familiaux, car ce qui compte, c’est sa vertu politique et sa « colonne vertébrale », sa capacité à « être le roi » et à mener la barque de l’Etat sans faiblir et sans faillir. Là encore, Juan Carlos a été « vertueux », politiquement parlant, quand, au même moment, ses frasques sentimentales avaient déjà éloigné la reine Sophie du lit conjugal…



Si l’on considère le cas de la France, notre royaume, peut-on évoquer cette notion de « prince vertueux » ? En relisant les écrits du dauphin de France actuel issu de la lignée des Orléans, le prince Jean, ou en l’écoutant, il est aisé de constater que celui-ci a une haute idée de ce que sont et doivent être les devoirs d’un roi, et les principes qui guident sa pensée et son action publiques trouvent leurs sources dans sa foi catholique, au point qu’il apparaît comme « un prince chrétien » beaucoup plus que ses prédécesseurs (sans, d’ailleurs, que cela préjuge de leur foi respective) : sans doute cela préfigure-t-il une attitude politique qui prenne en compte la nécessaire justice sociale et le respect des libertés fondamentales plus que tous les discours politiques des candidats à l’élection présidentielle qui, eux, s’inscrivent dans une immédiateté qui néglige le « temps long » pour se concentrer sur l’approbation « immédiate », élections obligent, un quinquennat n’étant guère plus long, désormais, qu’une campagne présidentielle… Quand la République pense en termes « d’état d’urgence », le monarque aurait tendance naturelle à penser en termes « d’urgence, l’Etat », c’est-à-dire l’inscription d’un exercice de l’Etat dans le temps qui ne confonde pas vitesse et précipitation et ne soit pas prisonnier d’un calendrier électoral qui pousse plus aux promesses intenables qu’aux réalisations pérennes.


Il n’en reste pas moins que la vertu du prince, vertu qui se doit d’être qualité politique et non idéologie comme celle de la Terreur de Robespierre (l’une n’allant pas sans l’autre en République, si l’on suit la pensée de « l’Incorruptible »), ne sera totalement prouvée que par l’épreuve même du Pouvoir, épreuve qu’il faudra considérer sur la longueur du règne et non sur le seul temps électoral de la démocratie parlementaire. Ce sera un enjeu majeur pour le monarque inaugurateur du règne inaugural

 


(à suivre)

 


 

postheadericon L'élévation de l'âge légal de départ à la retraite n'est pas une bonne idée.

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Les candidats aux primaires de la Droite et du Centre présentent des programmes qu’il n’est pas inutile de lire même si, nous le savons d’expérience, ceux-ci ne seront pas forcément appliqués, ou que les circonstances forceront à des révisions déchirantes, et les menaces renouvelées du commissaire européen aux affaires économiques, M. Moscovici, sur la question du déficit public de la France, si elles peuvent aussi servir d’avis, n’incitent guère à l’optimisme sur ce qui attend notre pays au sortir des épisodes électoraux du printemps 2017.


Que disent ces programmes du temps de travail et de la question (épineuse) des retraites ? Tous, de M. Sarkozy à M. Juppé, insistent sur la volonté d’augmenter le temps de travail des Français, sur le court comme sur le moyen terme, certains évoquant à nouveau l’idée de « travailler plus pour gagner plus » sans se poser la question de la relation au temps et au travail de chacun : je ne suis pas sûr que tous veuillent gagner plus, ou, plus exactement, qu’ils veuillent, même contre monnaie sonnante et trébuchante, travailler plus d’heures dans la semaine… En revanche, l’augmentation de la valorisation financière des heures supplémentaires, à l’époque de la présidence Sarkozy, avait visiblement permis une meilleure motivation et respiration des classes moyennes, y compris dans la Fonction publique, et son abrogation, au début de la présidence Hollande, avait été une erreur (la première mais pas la dernière…) qui devait plus au ressentiment du nouveau pouvoir à l’égard de l’ancien qu’à des considérations économiques ou sociales.


Néanmoins, au regard des différents programmes, je constate que l’orientation actuelle est désormais un peu différente : il s’agit d’abord de faire des économies plus que d’améliorer le pouvoir d’achat, et repousser l’âge légal de départ à la retraite est au programme de tous les postulants de la primaire de la Droite et du Centre. Ainsi, M. Juppé propose-t-il, comme son concurrent M. Fillon, le passage de 62 à 65 ans (en huit ans, entre 2018 et 2026, pour le maire de Bordeaux), quand M. Sarkozy propose 63 ans en 2020 et 64 ans en 2026… L’Union européenne avait, il y a quelques années et sous l’influence de l’Allemagne, évoqué 67 ans, ce qui est désormais une réalité dans de nombreux pays d’Europe, tandis que, aujourd’hui, la Bundesbank milite pour le passage de cet âge minimal de départ à la retraite à 69 ans, en deçà de la proposition de l’institut IW de Cologne, allemand lui aussi, de… 73 ans !



L’argument de la progression durant ce siècle de l’espérance de vie générale ne suffit pas à me convaincre de la nécessité de ce rallongement de la période de travail individuel, pour quelques raisons que je rappelle ici. Tout d’abord, évoquons ce fameux critère de l’espérance de vie, qui est une moyenne et qui reste incomplet, au regard des réalités vécues par nos concitoyens : en effet, il faudrait plutôt s’intéresser à l’espérance de vie en bonne santé (appelée aussi espérance de vie sans incapacité), et la prendre en compte plutôt que de l’ignorer comme les économistes et les politiciens le font systématiquement. En France, elle est de 62 ans et 5 mois, selon les derniers chiffres rendus publics il y a quelques années : il est d’ailleurs curieux que cette notion d’espérance de vie en bonne santé soit si méconnue du grand public et si peu valorisée, au risque de paraître « cachée », ce qui ne peut que nourrir les rumeurs et les phantasmes sur celle-ci et ceux qui feraient obstacle à sa bonne visibilité.


D’autre part, comment peut-on évoquer le rallongement du temps de travail sur une vie quand le chômage frappe autant de nos concitoyens et amoindrit ainsi les cotisations destinées à financer les retraites en cours, tandis qu’elle pénalise, pour plus tard, les personnes actuellement dépourvues d’un emploi professionnel ?



En tout cas, ce n’est pas en retardant l’âge légal de départ à la retraite que l’on résoudra équitablement la question du financement des retraites et de l’accueil des retraités dans notre société. Ce qui ne signifie pas qu’il faille interdire, à ceux qui le souhaitent sincèrement, de partir tardivement, à l’âge de leur choix, en retraite ! Militer contre l’élévation de l’âge légal de départ à la retraite, c’est d’abord militer pour la possibilité d’un choix (partir ou rester au travail), et contre l’obligation de devoir poursuivre une activité professionnelle jusqu’à un âge qui, pour certains, est bien trop tardif au regard de leur santé ou de leur propre espérance de vie, ou même au regard d’un choix de vie qui peut consister à s’extraire d’une activité marchande ou tarifée, cela pour travailler ou vivre autrement, voire simplement "pleinement".

 



(à suivre : propositions pour financer les retraites et mieux accueillir les personnes âgées dans notre société)

 


 

postheadericon Propositions pour Alstom et combat royaliste.

 

Voici la suite de mon intervention sur l’affaire d’Alstom-Belfort au banquet de rentrée du Groupe d’Action Royaliste, à Paris : après le constat d’une impuissance congénitale de la République des partis face aux développements actuels de la mondialisation et de ses grandes féodalités, voici le temps de quelques propositions, non exhaustives, et de la conclusion (qui n’en est pas complètement une, mais plutôt l’évocation du moyen politique nécessaire à l’efficacité économique et à la justice sociale en France)…

 


2nde partie : Propositions et conclusion monarchique.

 


Pourtant, et malgré tout, des solutions existent ! Et les pressions de l’Etat sur la SNCF (dont il est l’unique actionnaire, à ma connaissance) ne sont pas vraiment infondées : après tout, la SNCF vit aussi des subventions de l’Etat et de l’argent des contribuables (et cela depuis 1937), et cela lui donne quelques devoirs, me semble-t-il !


Ainsi, le développement du ferroutage, nécessaire pour diminuer le poids de la route dans l’économie des transports et des échanges, mais aussi les rejets de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique dont on connaît les effets dévastateurs sur la santé des Français, apparaît-il hautement souhaitable et permettrait de donner quelques années de travail supplémentaires aux salariés de Belfort.


Quant à l’usine Alstom de Belfort elle-même, sans doute n’est-il pas impossible d’engager une certaine mutation de l’outil industriel, par exemple vers la construction de nouveaux équipements, comme l’a suggérée le maire de la ville de Lourdes, Mme Bourdeu, qui souhaite la fabrication de trains médicalisés pour acheminer les malades vers sa ville, lieu de pèlerinage catholique mondialement connu mais plutôt mal desservi depuis quelques années par une SNCF peu motivée par cette activité de transport pour personnes handicapées.


De plus, l’on pourrait imaginer que l’usine de Belfort s’oriente aussi vers une logique de « récupération et réparation » des matériels déjà existants mais nécessitant des aménagements pour répondre à d’autres options ou à d’autres clients que leurs propriétaires initiaux.



Ce ne sont que quelques propositions, mais elles existent et elles ne sont pas, là encore, exhaustives : encore faut-il bien vouloir y réfléchir, et c’est aussi le rôle de l’Etat de soutenir ces réflexions et les efforts d’imagination qui peuvent permettre de sortir de la seule logique comptable


Mais, avant tout, il nous faudrait un Etat digne de ce nom, un Etat véritablement stratège, un Etat qui décide et dirige, non pour faire peser un insupportable étatisme sur les entreprises, mais pour en orienter intelligemment l’activité et impulser (et soutenir, évidemment) de nouveaux projets, dans le cadre d’un nécessaire redéploiement industriel et de l’aménagement équilibré du territoire (ou, plus exactement, des territoires).


Il y a tant à faire ! Ce ne sont pas les idées, les projets, les volontés qui manquent en France, pays où la matière grise est un gisement parfois sous-exploité : c’est surtout la volonté politique et l’Etat qui manquent à l’appel et à ses missions, et les royalistes ne cessent de le clamer depuis des décennies, en particulier depuis la fin de la République gaullienne !


Disons-le haut et fort : si vous avez résolu d’être « patriote économique », vous devez, et la raison et l’expérience le commandent, conclure à la Monarchie « à la française », monarchie éminemment politique, stratège et sociale.



L’histoire nous le rappelle : il n’y a pas de Colbert en France qui vaille et qui tienne s’il n’y a pas le Roi qui lui permet d’être et de durer, en toute indépendance et en pleine efficacité !


En attendant le roi des temps présents, les royalistes ne doivent pas oublier d’assurer cette sorte de « régence politique et sociale » nécessaire, et il est de notre devoir de poursuivre notre travail de proposition et de soutien, pour les ouvriers d’Alstom comme pour tous ceux qui, aujourd’hui, sont abandonnés par une République qui ne pense qu’à se perpétuer quand c’est le pays tout entier qu’il faudrait, encore et toujours, encore et d’abord, conforter et réconforter

 


 

postheadericon Les salariés d'Alstom victimes de l'impuissance de la République.

 

Dimanche dernier se tenait le banquet de rentrée du Groupe d’Action Royaliste, banquet qui avait pour thème « Nos raisons pour la Monarchie » : un titre qui ouvrait la voie à de nombreux discours (il y en eut six en tout), dont celui que je reproduis ci-dessous (sous la forme d’un résumé en deux parties) sur « l’affaire Alstom », affaire qui montre que la République n’est plus capable (si elle l’a jamais été…) de s’imposer aux féodalités économiques, à cette « Fortune anonyme et vagabonde » souvent cynique et avide, telle que la dénonce le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz. D’où l’urgence, aussi, de poser la question des institutions et de l’esprit de l’Etat, pour protéger au mieux ce qui doit l’être et préparer l’avenir « que tout esprit bien né souhaite à sa patrie », comme l’exprimait Maurras.



1ère partie : Constat de l’impuissance de la République.


L’affaire Alstom de Belfort nous rappelle que nous sommes dans une ère d’économie sauvage (que l’on peut appeler mondialisation pour faire simple), et qui se définit par la libre concurrence internationale sans limites, mais, qui est en fait une sorte de guerre économique de tous contre tous, dominée par quelques grandes multinationales milliardaires (comme on le voit avec le rachat de Monsanto par Bayer pour… 59 milliards d’euros !) et chapeautée par une « gouvernance » sans légitimité politique, qui veut déposséder le Politique de ses moyens face à l’Economique.


Beaucoup de nos compatriotes oublient cela (ou ne le savent pas ?) et sont persuadés que la situation affreuse des classes ouvrières au XIXe siècle en Europe et en Amérique du Nord n’était qu’un « moment nécessaire » ou un « malheur temporaire » qui a permis de « développer le monde » et d’accéder à la société de consommation. Peu réfléchissent aux conséquences sociales de cette société de consommation qui joue de la séduction, par la publicité et le crédit, pour se légitimer et perdurer : ainsi, elle est la forme la plus habile et la plus agréable, confortable pourrait-on dire, d’une « servitude volontaire » qui en appelle aux appétits plutôt qu’à l’esprit ou à l’intelligence… et dont les conséquences peuvent être les délocalisations industrielles, l’exploitation la plus infâme des ouvriers des pays du Sud et le chantage à l’emploi à l’égard de ceux du Nord, dont les salariés français.


Or, dans les démocraties contemporaines, le Pouvoir politique appartient aux séducteurs, aux charmeurs (à défaut de prince charmant…), à ceux qui sauront « se vendre » pour mieux conquérir ce Pouvoir (ou son apparence brillante) qu’ils n’auront de cesse, ensuite, de vouloir conserver à leur service, alors qu’il faudrait que cela soit l’inverse, c’est-à-dire qu’ils servent plutôt que de « se » servir.


Le royaliste en colère Georges Bernanos résumait en son temps cette situation par une formule vengeresse expliquant que la « Démocratie » n’était que la forme politique, institutionnelle, du capitalisme : se trompait-il, au regard de l’actualité présente ? Pas vraiment, malheureusement.


Le cas d’Alstom est, aujourd’hui, fort intéressant à étudier, au-delà même du nécessaire combat pour la sauvegarde de l’outil industriel à Belfort et des 400 emplois qui restent (quand il y en avait plus de 1.000 il y a encore une dizaine d’années).



Alstom est un de nos anciens fleurons industriels, en partie bradé à l’entreprise états-unienne « General Electric » en 2014, et aujourd’hui soumis, pour sa branche transports, aux oukases de ses clients étrangers et des intérêts de ses actionnaires, dont l’Etat qui ne semble pas, et c’est ce qu’on peut légitimement lui reprocher, prendre son rôle au sérieux jusqu’à ce que la catastrophe arrive !


Disons-le simplement : la République ne sait pas défendre l’intérêt public et celui des producteurs, entreprises comme ouvriers, et Alstom nous en donne, après Florange, après Clairoix, après tant d’autres exemples ces dernières années, une nouvelle preuve, terrible pour l’emploi à Belfort… Car si ces 400 emplois disparaissent, c’est une nouvelle étape dans la désindustrialisation accélérée du pays et dans le processus de mise sous dépendance (sous tutelle, devrait-on dire) de notre économie par les grandes féodalités internationales, au moment même où l’entreprise Alstom engrange de mirifiques contrats à l’étranger et qu’elle construit des usines… à l’étranger !


Le réveil de l’Etat, dans cette affaire, est bien tardif, sans doute insuffisant, et peu convaincant en cette période de campagne présidentielle qui se prête à de nombreuses promesses et à de grandes mascarades…


Mais le fait que la direction d’Alstom soit si peu disposée à obéir à l’Etat est aussi la marque de l’impuissance de la République à se faire respecter en tant qu’Etat quand, pourtant, il s’agit de secteurs stratégiques sur le plan économique et industriel : quel spectacle ! Quel triste spectacle ! Quelle absence, aussi, d’autorité et de vision à long terme !


Et, pour couronner le tout (si je puis dire), le gouvernement français est menacé par la Commission européenne de Bruxelles d’être poursuivi pour certaines de ses mesures de sauvegarde de l’emploi à Belfort (mesures annoncées par le secrétaire d’Etat aux transports, M. Vidalies), et cela au nom de la sacro-sainte « libre-concurrence non faussée », plus favorable, en définitive, aux actionnaires qu’aux travailleurs.



Quelques questions se posent alors, sans doute avec quelque colère : où est l’Etat ? Où est sa puissance, où est son autorité ?


La République semble ne plus être désormais qu’une sorte de « gouvernorat » au sein d’une Union Européenne qui n’écoute même plus les représentants de la France, comme on peut aussi le constater dans l’affaire du Traité transatlantique : quelques jours après que le secrétaire d’Etat français Matthias Fekl chargé du commerce extérieur ait annoncé que la France souhaitait l’arrêt des négociations entre l’UE et les Etats-Unis, M. Juncker, dans son discours à l’Union du 14 septembre, affirmait que ces mêmes négociations se poursuivraient et seraient menées à leur terme ! Mais, quand M. Juncker se moque ainsi ouvertement de la France, c’est aussi parce que la République, elle, se moque de nous, par son inconstance et son impéritie : ne s’est-elle pas, depuis longtemps, abandonnée aux griffes d’une « Europe » forcément atlantiste et libérale ?


Et pourtant ! Est-ce une fatalité ? Est-ce le sens obligatoire de l’histoire ? Ne peut-on rien faire ?

 

 


(à suivre : Propositions)

 

 


 

postheadericon Quand la République se moque des travailleurs d'Alstom...

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Ainsi, le gouvernement savait : c’est M. Montebourg qui l’affirme, s’appuyant sur sa propre expérience de ministre du président Hollande et sur les déclarations des élus locaux de Belfort ! Il savait et il n’a rien fait, alors même que l’Etat est actionnaire d’Alstom, mais aussi le seul actionnaire de la SNCF, cliente de cette entreprise… A ce niveau-là d’incompétence ou de dilettantisme (ou les deux à la fois), peut-être de cynisme, il y a de quoi se mettre en colère, mais il est encore plus approprié de réfléchir aux causes de ce désastre économique et social, mais aussi politique ; cela sans négliger de lutter, aujourd’hui et maintenant, contre une délocalisation vers l’Alsace qui ne serait rien d’autre, en définitive, que l’annonce d’une délocalisation prochaine plus lointaine, toujours au nom de la « compétitivité », cette même compétitivité qui sert actuellement d’argument à la direction d’Alstom pour supprimer 400 emplois locaux. Défendre et sauver l’emploi à Belfort aujourd’hui, c’est défendre et sauver l’emploi en Alsace demain, et, plus généralement, rappeler les entreprises multinationales françaises à leurs devoirs sociaux, à cette forme de « nationalisme économique » nécessaire pour pérenniser une économie française digne de ce nom et indépendante des grandes féodalités mondiales.


Bien sûr, il n’y a pas une cause unique à l’affaire Alstom de Belfort, mais il faut souligner les responsabilités politiques et les mentalités économiques qui ont présidé à ce que l’on peut qualifier de gâchis industriel. Si le gouvernement n’a pas voulu entendre ce qui se tramait au sein d’un conseil d’administration dans lequel l’Etat a sa place, c’est qu’il est acquis, de longue date et cela à gauche comme à droite, aux présupposés (aux préjugés ?) libéraux et « mondialistes » (c’est-à-dire promoteurs de la mondialisation dont on sait qu’elle n’a pas qu’un visage et qu’elle n’est pas forcément heureuse pour tous…), et que ceux-ci supposent l’acceptation du libre-marché et de ses règles, fussent-elles si peu sociales et aussi bien destructrices des emplois que des paysages… Acquis aussi à un européisme et à une Union européenne (en fait, la Commission européenne) qui ont inscrit ses mêmes règles dans le marbre des traités et le bronze des directives édictées à Bruxelles, du bureau des groupes de pression au siège des institutions de cette « Europe-là », en passant par un Parlement imbu de lui-même…



D’ailleurs, quelle marge de manœuvre l’Union européenne laisse-t-elle à l’Etat dans ses tentatives de sauver à Belfort ce qui peut (et doit) l’être ? Déjà, les fonctionnaires de la Commission de Bruxelles rappellent la France à ses « obligations » de respect de la « libre concurrence non faussée », faux nez de la violence sociale à l’égard des travailleurs, et condamnent certaines des mesures d’urgence annoncées par le ministre français des transports, y décelant une « rupture » des engagements libéraux pris par la France… Mais où est donc « l’Europe sociale » que les socialistes ne cessaient d’évoquer dans quelques campagnes électorales européennes passées ? Elle n’existe pas, et elle ne peut exister, au regard des traités eux-mêmes, de Rome à Amsterdam, et Pierre Mendès-France, dès 1957, l’expliquait, à la suite (bien involontaire pour lui) des royalistes d’Action Française qui l’affirmaient avec force chaque semaine depuis la fin des années 40 dans Aspects de la France ou dans les Dossiers d’Action Française du temps de Georges Pompidou…


De ce triste état de fait, la République est doublement coupable, et plus encore depuis qu’elle se républicanise en renonçant à ses racines « monarchiques » héritées de la volonté et de la présidence gaulliennes : coupable d’avoir renoncé, par son ralliement à un libéralisme anglo-saxon qui motive la mondialisation et l’Union européenne (qui en mourra peut-être, l’avenir nous le dira…), à une voie économique française, à ce modèle qui laisse au politique toute sa place mais rien que sa place, et qui n’oublie pas, que derrière toute activité ou statistiques européennes, il y a des hommes, des familles, des territoires avec leurs particularités et leur désir de vivre pleinement et librement un destin qu’ils puissent s’approprier (et non subir des contraintes venues d’un centre lointain).


Coupable aussi de ne plus se comporter en Etat digne de ce nom, dont la légitimité repose aussi et surtout sur la capacité à défendre les intérêts de la nation et de ses citoyens, et à assurer la paix intérieure comme la défense extérieure, si besoin est. Alors que l’Etat devrait s’imposer aux féodalités économiques (ce qui ne signifie pas détruire les puissances industrielles mais les plier aux besoins de la nation et les accorder aux équilibres internationaux), il hésite, tergiverse et, en définitive, leur cède en arguant des nécessités de la mondialisation ! Quand l’Etat devrait être « Louis XIV », il n’est désormais plus que « Foutriquet » face aux « Fouquet » contemporains



La nature de cette République, désormais prisonnière du quinquennat présidentiel, empêche aussi toute politique et toute stratégie industrielle, sociale et même environnementale, sur le long terme : faute d’une magistrature suprême arbitrale digne de ce nom et de sa fonction historique, la République (toujours en campagne présidentielle permanente) est impuissante et indigne, et ce sont les travailleurs et les territoires français qui en font les frais… Ce n’est plus, ce n’est pas et cela n’a jamais été acceptable, et nous ne pouvons l’accepter : ainsi, logiquement, faut-il remettre en cause cette République avant qu’elle ne ruine définitivement le pays qu’elle a déjà tant endetté et dont elle a bradé tant de joyaux industriels, sacrifiant emplois et salariés locaux à une logique mortifère et à cette « Fortune anonyme et vagabonde » qui se moque bien de cet avenir que tout esprit bien né souhaite d’abord à sa patrie.

 

En plagiant certaine citation célèbre, l’on pourrait dire : si vous souhaitez faire vivre le tissu industriel et le travail français, il faudra bien vous résoudre et conclure à la nécessité de la Monarchie, éminemment politique et sociale, et c’est la raison et l’expérience qui vous le commandent…

 

 


 
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