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postheadericon 2014

postheadericon L'histoire de Bretagne, c'est de l'histoire de France.

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La Bretagne n’a pas toujours été française, comme semblent l’oublier de nombreux manuels d’histoire et les derniers jacobins qui confondent parfois liens féodaux et appartenance à un ensemble national : la formation de l’unité française a été longue, dure, parfois cruelle mais aussi indécise, et il a fallu près d’une dizaine de siècles pour que la France devienne ce qu’elle est, cette sorte d’évidence qui n’en était pas une à l’origine et que certains oublient pour se réclamer d’une utopie européenne qui est, d’abord, une idéologie de la négation de l’histoire mais aussi de l’avenir « au pluriel »…


Or, l’histoire de France est un patrimoine commun à tous les Français, même à ceux qui ne la connaissent pas ou ne s’y reconnaissent pas pour des raisons diverses qui ne sont pas toujours bonnes. Elle est aussi celle des provinces, y compris quand elles n’étaient pas encore françaises ! Or, lorsque j’étais enfant, à l’école primaire, puis au collège et au lycée à Rennes, je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu parler de l’histoire de la Bretagne et, d’ailleurs, elle n’apparaissait dans aucun programme ni manuel d’histoire de l’époque (ni d’aujourd’hui, d’ailleurs), même pas pour rappeler son rattachement à la France à la fin du XVe siècle… Et pourtant, je croisais des traces de celle-ci en allant à l’école maternelle (puis à Sciences-Po, pour quelques conférences publiques) rue de la Duchesse-Anne, en étudiant à l’école Saint-Melaine, du CP au CM2, puis au lycée Anne-de-Bretagne, dans lequel je fus professeur quinze ans après y avoir été élève… Mais, une fois passées les grilles de l’école et installé sur les bancs de celle-ci, plus rien ne filtrait de l’histoire de ma province natale, pourtant si originale ! Il me fallut attendre d’entrer à l’Université de Rennes2, aussi appelée Université de Haute Bretagne, pour entendre enfin évoquer le passé de la Bretagne, en particulier de son passé médiéval.



Aujourd’hui, l’enseignement de l’histoire au collège comme au lycée fait une place de plus en plus réduite aux grandes figures de l’histoire de France et, à en suivre les programmes, il est difficile de saisir les particularités de la formation de l’ensemble national français ou les diversités réunies sous l’autorité de l’Etat central… Ainsi, en classe de Seconde, rien ne permet de comprendre comment est né notre pays ni les grandes difficultés et les « grands miracles » qui lui ont permis de ne pas disparaître comme tant d’autres ensembles territoriaux ! L’histoire « désaccordée » des programmes scolaires n’est plus la source d’une « mémoire créatrice » qui est pourtant si nécessaire au « vivre-ensemble » national, surtout à l’heure de la mondialisation et des inquiétudes populaires : cette histoire-là n’est plus qu’une sorte d’« éducation à la citoyenneté » qui confine au formatage des pensées plus qu’à la formation des intelligences, et c’est fort regrettable mais aussi bien dommageable…


Sans doute faudrait-il, non pas simplement refaire les programmes ou les manuels d’histoire, mais les réinsérer dans l’espace historique local, qu’il soit régional ou communal, et, au-delà, national, ce qui, évidemment, n’exclut pas de traiter de l’histoire plus large encore, celle des grands ensembles, des découvertes, des religions ou des affrontements européens ou mondiaux, par exemple. Longtemps, la République n’a voulu enseigner, pour la France, qu’une histoire « une et indivisible », à l’image de sa propre définition idéologique : c’était et c’est toujours mutiler la mémoire et le mystère de la France !


« Nous sommes des héritiers », insistait Maurras tandis que Bainville expliquait que « le peuple français est un composé » : la richesse de l’héritage et la diversité des mémoires ne sont pas des obstacles à l’unité française mais, au contraire, son terreau et son enrichissement… D’ailleurs, Maurras rappelait que c’est aussi par l’étude de l’histoire de sa Provence natale qu’il s’est ouvert à la politique, et que c’est par le fédéralisme qu’il a nourri son amour de la France avant que, dans le même mouvement logique de réflexion historique (« l’histoire est notre maîtresse en politique », disait-il…), de conclure à la monarchie, cette « royauté fédérale des peuples de France » pour laquelle il a ensuite tant lutté !



Il y a quelques jours, le 9 janvier, la Bretagne commémorait, dans le grand silence des institutions nationales républicaines, le 500ème anniversaire de la mort d’Anne de Bretagne, duchesse de Bretagne et deux fois reine de France, inlassable combattante des libertés bretonnes : peu de jeunes Bretons savent pourtant qui elle est, et encore moins de Français… Pourtant, sans son mariage avec Charles VIII puis Louis XII, il manquerait à la France ce cap breton qui lui permet de s’élancer dans l’Atlantique, vers les lointaines Amériques ; il manquerait à la France cette part d’elle-même, si belle en ses paysages et si rebelle en ses hommes…


L’histoire de France, c’est aussi une histoire de ses provinces…

 


 

postheadericon Les ouvriers de Goodyear face au mépris de la République et des multinationales.

 

La séquestration de deux dirigeants de l’entreprise Goodyear a pris fin dans l’après-midi de ce mardi mais elle est véritablement révélatrice, à plus d’un titre, d’une part de l’hypocrisie du gouvernement socialiste et de l’absence d’un dialogue social digne de ce nom d’autre part. Hypocrisie d’un gouvernement qui, depuis qu’il est en place, n’a eu de cesse de freiner l’esprit d’entreprise en France et, dans le même temps, de Mittal à Florange à Goodyear à Amiens-nord, de céder aux injonctions de multinationales qui semblent ridiculiser à loisir le politique et l’Etat en s’appuyant sur les préceptes d’une mondialisation et d’un libéralisme qui ne s’avèrent, ni l’un ni l’autre, de bon aloi pour les ouvriers, devenus la simple variable d’ajustement des grandes entreprises et de leurs actionnaires. Les insultes des ouvriers d’Amiens qui, ce soir, ont fusé contre M. Hollande et la gauche de gouvernement semblent bien vaines contre la violence sociale d’un certain patronat oublieux de ses devoirs et contre la violence légale d’une République qui est de plus en plus forte à l’égard des faibles quand elle est tristement bienveillante à l’égard des puissants de l’Argent : le discours électoral du Bourget dans lequel M. Hollande s’en prenait aux puissances de la finance apparaît comme une sinistre farce dont les dindons sont les travailleurs de ce pays, abandonnés par ceux-là mêmes qui leur doivent leurs situations présidentielle et gouvernementale… Il est facile de comprendre le profond discrédit de cette classe politicienne dominante près des électeurs des classes populaires et la tentation populiste et celle de l’abstention, qui ne sont ni l’une ni l’autre inciviques mais bien plutôt des formes, plus que d’un appel au secours, d’une colère (de moins en moins…) sourde des « petits », des « sans voix », contre les « méprisants de la République », élus ingrats d’une démocratie trop « représentative » (confiscatoire ?) pour être honnête…


A Rennes, il y a quelques mois, j’ai eu l’occasion d’entendre des ouvriers de PSA-La Janais (dont l’un, syndiqué de longue date à la CGT, m’avouait préférer le royaliste social que je suis aux petits messieurs proprets de la social-démocratie hollandiste…) s’encolérer contre une Gauche oublieuse de ses promesses et incapable d’avoir une stratégie face aux oukases de Bruxelles et des multinationales, souvent jetés dans le même panier d’infamie : des mots très durs avaient été lâchés, et j’en avais marqué une certaine surprise, qui n’était pas pour autant de l’incompréhension… L’ami cégétiste, bon et fier travailleur, me déclarait alors ne plus vouloir autre chose que l’explosion finale, preuve d’une sorte de désespoir profond et d’une grande impuissance, notre démocratie électorale n’accordant plus, à son sens, aucun crédit à la parole ouvrière ! « Que ça pète, et qu’ils disparaissent tous, qu’ils aillent au diable ! » : et ce sont des larmes qui perlaient au bord des yeux…



Ce soir, alors que tournent en boucle les images des ouvriers de Goodyear huant les dirigeants piteux sortant de l’usine occupée, retentissent dans ma mémoire les mots crus du syndicaliste de PSA : j’ai l’impression que ce sont aussi ceux des occupants de l’usine d’Amiens-nord ! Il faudrait bien que les oligarques qui dirigent la République les entendent à leur tour avant que le pire n’advienne : il est des colères qui préparent les révolutions du lendemain, les revanches parfois violentes des méprisés de la veille…


Certains me diront que séquestrer des dirigeants d’entreprise, « cela ne se fait pas » : bien sûr, je peux entendre cet argument mais que pèse-t-il face au désarroi des centaines d’ouvriers français jetés à la rue, non pour avoir manifesté ou mal travaillé, mais simplement parce que, comme l’explique avec cynisme un Maurice Taylor, patron de Titan et sinistre exemple états-unien de la cupidité financière, « ils coûtent trop cher », et que des travailleurs exploités, quasiment esclavagisés dans des pays en plein développement industriel comme l’Indonésie ou le Vietnam, peuvent faire le même travail dix fois moins cher, sans protection sanitaire ni sociale ?


Image d'hier aux Etats-Unis, réalité d'aujourd'hui en Indonésie ou au Vietnam...


Maurras, à la suite de La Tour du Pin, rappelait que, dans ces « affaires sociales »-là, ce n’était pas le prolétariat qui avait commencé et que les réactions ouvrières étaient, à défaut d’être toujours justes, étaient au moins légitimes ! Un autre royaliste des années 1970, « gaullo-gauchiste » catholique aujourd’hui malheureusement bien oublié, Maurice Clavel, ne disait pas autre chose quand il évoquait le combat des ouvriers de l’usine Lip, et il n’avait pas tort, là non plus…

 


 

postheadericon Lire, pour réfléchir et pour penser l'action.

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La période des vacances est toujours l’occasion pour moi de me plonger dans les nombreux ouvrages que j’achète au cours de l’année ou que l’on m’offre à la période des fêtes : il n’est pas dit, pour autant, que j’arrive à tout lire, tant le nombre de livres qui s’entassent dans mon appartement, mais aussi dans ma voiture, est élevé ! Néanmoins, c’est une activité à laquelle je consacre, même en temps normal et au-delà des nombreux journaux et revues que je me procure quotidiennement (y compris le dimanche, au grand dam de mon épargne…), quelques heures chaque jour, et je n’ai pas vraiment l’impression de perdre mon temps.



La lecture d’un essai ou d’un document d’histoire, par exemple, n’est pas qu’un loisir divertissant, c’est parfois aussi l’abord de nouvelles pistes idéologiques ou de nouveaux chantiers intellectuels, et la réflexion s’en trouve encore plus stimulée, y compris par l’agacement que je puis éprouver à certaines pages : ainsi, ces livres rédigés par les néo-robespierristes, nombreux autour de M. Mélenchon, et qui voient en Lorànt Deutsch ou en Jean Sévillia d’ignobles réactionnaires à chasser des bibliothèques et des plateaux télévisés, mais qui ont, en même temps et parfois a contrario, le mérite de montrer que la recherche et le débat historiques sont toujours d’actualité en notre pays et que ce sont des enjeux diablement importants ! Que certains veuillent faire taire ou marginaliser ceux qui ne sont pas « dans la ligne » de l’Education nationale officielle est révélateur des tentations permanentes de la censure qui s’exprimèrent (et pas toujours du même côté politique) avec tant de hargne aux heures sombres de notre histoire, des années de la Terreur républicaine à celles de l’Occupation : tentations bien vaines aujourd’hui si l’on veut bien se donner la peine d’ouvrir les livres et, de plus en plus, d’allumer l’écran d’ordinateur qui, lui-même, ouvre tant de voies bibliophiliques nouvelles pour qui est curieux et pas seulement opportuniste.


Mais, au-delà des cris d’orfraie des amoureux de Maximilien et des murmures plus insidieux des Girondins et du Marais, la Révolution française, car c’est le plus souvent autour d’elle que se crispent le plus les attitudes et les postures, n’est plus ce « temple des principes et des valeurs » que la IIIe république a voulu ériger et que l’école issue de Jules Ferry avait pour tâche de faire vénérer à tous les élèves de France, y compris, comme le faisait remarquer Marcel Pagnol avec justesse, au détriment de la simple vérité historique ! Les livres de Gaxotte jadis, de Furet hier, ou de Sécher et Deutsch aujourd’hui, ne sont pas pour rien dans la ruine du temple des illusions « francorévolutionnaires »… Le livre est une arme de papier parfois terrible !



Je ne lis évidemment pas que des ouvrages sur la période ouverte par 1789, et je me suis penché, sans doute influencé par l’actualité récente de ma province natale, sur les livres et revues consacrés à Anne de Bretagne, dont on commémore cette année le 500e anniversaire de la mort comme reine de France et duchesse de Bretagne, et sur ceux posant la question de l’identité bretonne, comme « être Breton ? », de Jean-Michel Le Boulanger, et d’autres encore évoquant les révoltes bretonnes dans l’histoire, jusqu’aux tentations nationalistes (ou européistes…) des années 30 à nos jours… De quoi alimenter de prochaines notes sur mon site personnel !


La lecture n’est pas un simple acte intellectuel, elle doit mener, d’une manière ou d’une autre, à l’action : « On a raison de se révolter », cet ouvrage écrit à trois mains par Sartre, Gavi et Pierre Victor (devenu ensuite Benny Lévy, passé « de Mao à Moïse », selon sa propre expression), rappelle, d’une certaine manière, le texte court et acéré de Maurras « Si le coup de force est possible », véritable « bible » des militants monarchistes des années post-68, et, dans les deux cas, la lecture promeut (certains diraient « promet », ce qui semble moins mobilisateur…) l’action politique, réfléchie, stratégique, déterminée, celle qui doit faire l’histoire ou qui en est le moteur, pensent Sartre comme Maurras… J’avoue avoir puisé quelques éléments extrêmement intéressants (malgré un fatras de théories difficilement soutenables sur le plan intellectuel) dans le texte des trois fondateurs de Libération, en particulier autour de la grande question de la légitimité et de l’illégalité, question qui est déjà celle que Sophocle pose dans son « Antigone ».



Combien de livres ouverts en cette période de vacances qui s’achève ? Peut-être une vingtaine… sans doute un peu plus ! Ce sont ces lectures nombreuses, variées, parfois antagonistes, qui nourrissent ma réflexion et enrichissent mon action, et inversement… Je ne lis pas pour lire ou seulement pour lire : je lis pour me provoquer, et agir !


Et j’y retourne, l’ordinateur à peine éteint !