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postheadericon 2005

postheadericon La faim, aujourd'hui...

Dans la France d'aujourd'hui, lorsque l'on a faim, il suffit d'ouvrir le frigo ou d'aller au restaurant pour répondre à ce besoin, parfois à cette "envie"...

 

Mais il ne faudrait pas négliger pour autant qu'il est des personnes, dans notre pays, à côté de nous, qui ne mangent pas tous les jours à leur faim: l'an dernier, les "Restos du coeur" ont servis plus de 66 millions de repas (au lieu de 8,5 millions il y a 20 ans).

 

Si l'on regarde au-delà de nos frontières, vers le "Sud" (terme qui désigne les pays "en voie de développement", jadis qualifiés de "tiers-monde"), la situation est beaucoup plus dramatique encore car, là, c'est (en moyenne) une personne qui meurt de faim toutes les quatre secondes. Calculez ce que cela donne en une minute, une heure, une journée, une année: les résultats sont effrayants. Mais, au-delà de ces chiffres, c'est surtout scandaleux, en particulier au regard des gaspillages des pays du "Nord": la planète a les moyens de nourrir toutes les populations qui y vivent et, pourtant, cela ne se fait pas...

 

Nos sociétés privilégiées auraient tort de négliger le souci alimentaire et, au-delà, la simple justice sociale. Bernanos disait, me semble-t-il: "Le pas des miséreux fera trembler le monde". Le Sud, ce géant affamé qui regarde avec envie nos vitrines bien garnies et nos assiettes toujours pleines, pourrait bien se mettre en marche, et les assauts dramatiques des migrants d' Afrique subsaharienne contre les barbelés de Ceuta et de Melilla sont un coup de semonce contre les certitudes de nos démocraties consuméristes...

 

La faim est un spectre qui hante le monde, pourrait-on dire en paraphrasant Karl Marx; sans doute faudrait-il que la France prenne, en ce domaine délicat, une part plus importante à ce combat qui se mène à quelques centaines de kilomètres du continent européen, en des terres où l'on parle notre langue. Un combat qui ne soit pas qu'humanitaire mais aussi politique, ne serait-ce que pour rappeler aussi à certains potentats la sagesse et leurs responsabilités dans ce drame humain. Un combat pour la dignité des hommes, sans la démagogie de certains donneurs de leçons qui ne cessent d'accuser sans discernement les "pays riches" quand ils s'interdisent eux-mêmes de critiquer les dérives de la Décolonisation. Cette participation à ce combat est le devoir de la France, c'est aussi son honneur. La France n'a pas, ne doit pas avoir un tempérament et des calculs de boutiquiers, comme le soulignait là-encore le royaliste Bernanos.

 

Bien sûr, un seul pays ne peut tout faire, ni tout assumer: mais il importe de donner l'exemple.

 

 

 

Post-scriptum: l'édition du vendredi 14 octobre du journal "La Croix" a consacré de forts intéressants articles sur le sujet de la faim dans le monde: j'y reviendrai sans doute dans une prochaine note, car le sujet est d'importance et il n'est pas possible de l'ignorer. La note ci-dessus est un constat, elle n'apporte pas de réponses ni de propositions concrètes: cela sera aussi l'objet de la note annoncée plus haut.

 

postheadericon Photos de classe.

Hier jeudi, c'était le jour des traditionnelles photos de classe et tous mes élèves s'y sont rendus avec bonne humeur et, parfois, avec des tenues originales...

 

J'ai, dès le soir, ressorti mes vieilles photos scolaires et j'y ai retrouvé de nombreux souvenirs et une certaine émotion. Celles des années "lycée" me semblent très proches. Et pourtant ! À l'époque, il y avait un mur à Berlin, Léonid Brejnev au Kremlin, un parti communiste à 20 % lors des élections, Mao venait de mourir et la Chine ne s'était pas "éveillée", Giscard allait céder la place à Mitterrand.

 

Dans mon lycée, il y avait des affiches et des autocollants politiques, les tables étaient recouvertes de slogans inscrits au gros feutre, et j'utilisais toutes les coleurs possibles pour dessiner des fleurs de lys dont l'esthétique n'était pas toujours goûtée par l'administration... Les murs eux-mêmes étaient de beaux supports pour les mots d'ordre de tous les mouvements possibles et imaginables; là aussi, je participais activement à leur "décoration", persuadé qu'"une fleur de lys tracée, c'est un peu de liberté gagnée et un pas de plus vers la Monarchie".

 

En regardant ces photos de classe de ma jeunesse, je croyais encore entendre les débats de l'époque, le bruit des affrontements parfois, des discussions animées dans les couloirs devant le "bahut" (le lycée Châteaubriand à Rennes).

 

Le temps a passé, les photos me le prouvent aussi, mais le problème institutionnel n'est toujours pas réglé. Le quinquennat voté en 2000 a aggravé la lutte permanente des hommes (beaucoup plus encore que des partis, fort divisés en leur sein, UMP comme PS...) pour la charge suprême de l'État.

 

Dans une Union européenne passée aujourd'hui à 25 Etats (il n'y en avait que 9 en 1980...), la France, ballotée d'une "alternance" à l'autre, n'a pas toujours la "voix" qu'elle mériterait, faute d'une vision à long terme, faute d'une diplomatie capétienne, celle-là même que, malgré les erreurs et les illusions, le général de Gaulle avait cherché à restaurer durant la période 1958-1969...

 

Le temps a passé, la Monarchie n'est pas encore faite et elle paraît même lointaine ; mais si elle s'éloigne dans le temps, elle se rapproche aussi dans l'avenir : c'est une conviction héritée de mes années "lycée" et à laquelle, non seulement je n'ai pas renoncé, mais je crois fermement.

 

Que ce blog soit l'occasion de discussions sur les idées, les conceptions, les applications royalistes, me semble la confirmation que la Monarchie n'est pas  une "grande et belle morte" mais au contraire, la "possibilité d'un avenir français". Bertrand Renouvin, dans les années 80, évoquait ainsi "la République au roi dormant", une formule qui me semble fort bien adaptée à la situation contemporaine. Certes, la route vers la Monarchie est longue et je mesure, au regard de mes souvenirs, les efforts parfois vains, les erreurs commises, les illusions envolées... Mais je ne me contente pas de ce constat : s'il faut une grande humilité devant l'Histoire, il n'est pas honorable, ni convenable, de céder au fatalisme comme l'a maintes fois souligné Georges Bernanos. Des "expériences" passées, il faut tirer des leçons et les mettre en forme et en pratique. C'est un défi permanent, tout comme la vie et la volonté de vivre... Un défi à relever, nécessairement.

 

postheadericon Discrédit du "pays légal".

Un sondage paru ce lundi 10 octobre dans Le Parisien indique le décalage entre les hommes politiques et les citoyens: 59 % des sondés trouvent que les politiciens ont une vision trop électoraliste, et 71 % ont une mauvaise opinion des élus.

 

Ainsi la distinction évoquée par Maurras entre le "pays légal" (issu des urnes) et le "pays réel" semble trouver ici une indéniable confirmation. Un tel constat restera vain si les élites politiques se contentent de "prendre note" et d'oublier tout aussi vite cet avertissement...

 

Un autre élément de ce sondage signale que les Français souhaitent plus de grands débats politiques (76 %): cela avait déjà été constaté lors de la campagne référendaire du printemps dernier.

 

Ainsi, ce n'est pas la politique que les Français récusent, mais bien plutôt une classe politique juste motivée par le Pouvoir et les élections pour l'atteindre (l'actuelle "présidentielle permanente" en est la triste illustration), une classe politique oublieuse de ses devoirs et de ses électeurs.

 

Mais sans doute est-ce le principe même d'une "démocratie représentative" où les citoyens sont les simples alibis de la légitimité, convoqués les jours d'élection et négligés le lendemain, jusqu'à la prochaine campagne électorale... Cette "royauté d'un jour" des électeurs apparaît comme l'une des plus grandes escroqueries politiques qui soient, s'il n'y a pas une Autorité supérieure à ces jeux électoraux; une Autorité qui soit libre de toute clientèle, politique ou économique; une Autorité qui ne doive rien à l'élection mais soit capable d'écouter les citoyens et de leur rendre, à travers des institutions locales (les "républiques de proximité") leurs pouvoirs concrets sur les "affaires qu'ils connaissent".

 

Rendre à la politique son crédit, c'est rendre à l'Etat, en France, sa dynastie historique et légitime, celle qui n'a pas peur des citoyens et  garantit leurs libertés et l'exercice de celles-ci. Rendre le Pouvoir d'Etat, la magistrature suprême de l'Etat, non à un seul homme, mais à une famille, incarnée aujourd'hui par le Comte de Paris et son fils, le Prince Jean... Ainsi, les hommes politiques, moins obsédés par la conquête du Pouvoir suprême, seront-ils plus libres pour s'investir dans les tâches et le service politiques.

 

postheadericon Michel Vauzelle et la décentralisation.

Un de mes interlocuteurs réguliers, sur le blog comme au lycée, m'a transmis un article publié dans Le Monde daté du 29 septembre et signé du président (PS) de la région PACA, Michel Vauzelle. Le commentaire de mon correspondant écrit en marge de l'article me signalait que ce point de vue "montre la décentralisation-arnaque de l'intérieur". En fait, il y aurait une majuscule à rajouter à ce dernier mot, car c'est aussi le gouvernement et son ministère de l'Intérieur qui est largement responsable (comme le souligne d'ailleurs Vauzelle) de cette "décentralisation-arnaque", véritable négation d'une décentralisation bien comprise et bien menée.

 

Michel Vauzelle, qui appartient à un parti qui s'est longtemps signalé par un jacobinisme ardent, "au nom de la République Une et Indivisible", dirige une région qui a donné à la France de grands écrivains et penseurs du régionalisme, voire (le mot est certes piégé, en particulier du fait de sa récupération par les européistes, mais il reste pourtant valable) du "fédéralisme", comme Frédéric Mistral ou encore Charles Maurras, celui qui a relié le problème de la décentralisation à la question des institutions. Je relisais il y a peu l'un des ultimes ouvrages de Maurras, "Votre bel Aujourd'hui", qui m'a, en ses quelques pages sur "Le second bien public de la France", profondément marqué, en particulier en tant que Français d'origine bretonne soucieux de voir vivre sa région et de la voir se développer sans menacer pour autant l'unité française.

 

Je cite ces quelques lignes qu'il m'arrive fréquemment de citer dans mes articles ou mes discours: "Notre essentiel vital, qui est de ne pas être envahis, nous a contraints à concentrer les pouvoirs confédéraux et fédéraux, disons mieux : nationaux, dans l'enceinte de l'unique Etat royal. Alors décentrons tout le reste. Que tout ce qui n'est pas essentiel à cette autorité protectrice de la sûreté nationale revienne donc à chacun de ses maîtres normaux : provinces, villes, pays, villages, métiers, associations, corps, compagnies, communautés, églises, écoles, foyers, sans oublier la personne d'aucun de nous, citoyens et hommes privés. Tout domaine que l'Etat s'est approprié indûment doit être redistribué entre tous, dans la hiérarchie de la puissance et des compétences de chacun".

 

Michel Vauzelle, sans le savoir (sans le vouloir...), reprend une thématique toute maurrassienne quand il écrit: "Le système parisien de communication leur ["ceux qui gouvernent la province depuis Paris"] permet d'écraser aisément sous l'injure de "populisme" toute forme de protestation provinciale. Et ce sont les mêmes qui étouffent, dans le même temps, la démocratie participative de proximité. La droite ultralibérale et la gauche jacobine travaillent dans le même sens". Bien sûr, Maurras aurait préféré au terme de démocratie le terme de "république" ou de "libertés" locales pour signifier la nécessaire respiration civique et "participative" des citoyens, des communes et des provinces...

 

Néanmoins, que M. Vauzelle, si loin des positions royalistes d'Etat, défende avec virulence le droit des provinces contre ce qu'il qualifie aussi de "politique people" (mais n'est-ce pas la suite logique de la "spectacularisation" de la politique évoquée jadis par les situationnistes mais aussi par les royalistes des années 70 ?), ne peut que me renforcer dans mes convictions : l'Etat doit retrouver sa place et ses pouvoirs régaliens, et doit être le "trait d'union" entre les provinces, et non ce monstre administratif, trop pesant et peu plaisant. Mais la République, de par sa nature et son idéologie en France (qui n'est pas forcément celle des autres Républiques d'Europe), n'est pas le meilleur moyen d'atteindre à la juste redistribution des pouvoirs et à la nécessaire unité pour les arbitrer et les garantir.

 

Les royalistes décentralisateurs du XIXe siècle évoquaient "les républiques françaises sous le patronage du roi de France"; Maurras parlait du "roi des provinces unies"... Michel Vauzelle devra bien finir par conclure à cet Etat "fort en son centre, habile en ses membres" qui, en France, porte un nom et de multiples espérances : la Monarchie, active et fédérative. Elle est la condition de la décentralisation équilibrée et raisonnée, elle n'en est que la condition, mais elle est la seule préalable au reste...

 

postheadericon "Insolente euphorie boursière"...

C'est l'un des titres du quotidien Le Monde daté du vendredi 7 octobre et c'est une information qui peut choquer: alors que l'économie française n'est pas au mieux de sa forme, alors que licenciements et délocalisations se multiplient ces dernières semaines, les financiers et les actionnaires font de "bonnes affaires". Ainsi, le CAC 40 a-t-il progressé de plus de 20 % depuis janvier dernier tandis que la croissance du PIB de la France n'affiche que 1,5 % au compteur de 2005. Il ne faut pas oublier néanmoins que l'indice du CAC 40 ne concerne que les plus grandes entreprises françaises, engagées de plain-pied dans une mondialisation qui méconnaît les frontières et, souvent, l'intérêt des populations, ce dernier sous-évalué ainsi par rapport à leurs "intérêts propres", d'abord financiers.

Sans doute faut-il penser à réduire la dichotomie entre "l'économie réelle" du pays et "l'économie financière": ce ne sera pas chose facile pour des Etats qui ont souvent abandonné leur rôle premier de "défense et protection de leurs populations", mais il faudra bien que le politique s'impose à nouveau face à la toute-puissance de l'Economie mondialisée ("globalisée" conviendrait d'ailleurs mieux...). Il faut surtout rappeler, aux gouvernants comme aux financiers et à ceux qui ne cessent de moquer toute action et toute légitimité de l'Etat, à ceux qui ne cessent de dévaluer son rôle dans l'arbitrage des rapports sociaux, il faut leur rappeler cette formule qu'a prononcée en un jour bien inspiré le général de Gaulle, reprenant en cela la doctrine du royaliste social La Tour du Pin: "La politique de la France ne se décide pas à la Corbeille".

Rendre à l'Etat ses moyens d'action et d'arbitrage sans tomber dans les travers du dirigisme et de l'étatisme (tout aussi détestables que le libéralisme sans frein), telle devra être la tâche, éminemment politique, de la Monarchie active "à la française". Son indépendance, de nature et de position, peut permettre cette véritable "révolution", ce "retournement" nécessaire...

 
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