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postheadericon 2005

postheadericon "L'obsession du court terme".

Dans "La Croix" datée du lundi 31 octobre 2005, un article de Jacques Duquesne critique "l'obsession du court terme" en politique comme en économie avec des mots souvent fort justes; en voici quelques extraits significatifs:

 

"Ils ne pensent tous qu'à 2007. (...). Un spectacle déplorable qui (...) conduit surtout à s'interroger sur une Constitution qui fut taillée sur mesure pour le général de Gaulle, et, plus encore, sur la réforme récente qui a réduit à cinq ans la durée du mandat présidentiel. Comme si notre haut personnel politique ne vivait pas déjà, dans l'obsession de la réélection, c'est-à-dire du court terme".

 

Comment pourrait-il en être autrement dans un système politique qui privilégie l'effet d'annonce, le spectaculaire, le "zapping" électoral, tout en abandonnant ses responsabilités d'Etat et son rôle propre, ses éminentes obligations politiques, au sens noble du terme? Comme me disait un vieux Camelot du Roi il y a peu: "Ils veulent tous en croquer, du pouvoir. Ils sont républicains et ils ne pensent qu'à s'asseoir sur le trône de l'Elysée ou, pour les moins ambitieux, sur un fauteuil ministériel: ambiance IIIe-IVe République..." C'est aussi ce qu'évoquait dans un autre style le film "Le Président" avec Jean Gabin, un film fort critique à l'égard des moeurs politiques parlementaires...

 

 

Le candidat de 2007, le candidat de 2012...

 

Mais cette "obsession du court terme" touche aussi le monde de l'Economie, avec des conséquences tout aussi désastreuses, en particulier sur le plan social: l'actuelle toute-puissance des actionnaires repose sur l'obsession du profit rapide, sans "au-delà social", ce qui explique le peu d'investissements et de stratégies véritables de certaines "grosses valeurs" boursières... Résultats: "Pour être bien côtés en Bourse, il leur faut distribuer beaucoup aux actionnaires. Et baisser leurs coûts de production aux dépens des hommes et de la qualité". Le "cauchemar social", dont la Chine est l'exemple aujourd'hui emblèmatique, est la terrible démonstration de la "dictature" de cette fameuse formule de Benjamin Franklin, "Time is money" (Le temps, c'est de l'argent)...

 

Le rôle des royalistes, et des hommes de bonne volonté qui croient que l'Argent ne doit pas être ni devenir la seule finalité de l'économie, consiste à redonner au Politique sa place, toute sa place mais rien que sa place, face à une économie en voie d'ensauvagement. Rendre aussi à l'Etat son "temps long": la succession héréditaire propre au principe monarchique français n'est qu'un moyen, mais le moyen nécessaire, de rompre avec cette funeste "obsession du court terme"...

 

 

 

postheadericon Lectures de vacances.

La période des vacances est propice à la lecture, et j'en ai largement profité, même si ma bibliothèque compte encore de nombreux livres que je n'ai pas eu le temps d'ouvrir...

 

Voici quelques titres dévorés ces derniers jours: de Jean-François Parot, "Le crime de l'hôtel Saint-Florentin", enquête policière qui se déroule en 1774, au début du règne de Louis XVI, et qui fait suite à quatre précédents épisodes d'aventures de l'inspecteur Nicolas Le Floch sous le règne de Louis XV. L'auteur décrit avec beaucoup d'intelligence et de finesse, en bon historien (et gastronome...), l'ambiance et les "décors" de la société de la France d'Ancien régime, sans négliger la fidélité de son héros à la personne et au principe du Roi.

 

De Philippe Cohen et Luc Richard, "La Chine sera-t-elle notre cauchemar?", sous-titré "Les dégâts du libéral-communisme en Chine et dans le monde": ce livre, qui se lit comme un roman, me fait penser à celui de Jack London intitulé " Le peuple de l'abîme", reportage dans les quartiers miséreux de Londres au début du XXe siècle. Il montre le drame social en Chine (il suffit de constater l'effroyable exploitation des 150 millions de "mingong", paysans migrants et véritables esclaves industriels...) et prouve les mensonges de ces "économistes" qui cherchent à faire croire que les délocalisations profitent aux populations du Sud. A lire absolument!

 

J'ai aussi relu de nombreux textes de Karl Marx (dont "Les Luttes de classes en France", livre qui évoque la seconde République et le second Empire), de René de La Tour du Pin sur la "Question sociale", de Simone Weil, de Charles Maurras, etc. Des lectures qui me sont aussi utiles pour la préparation de mes cours, en particulier ceux de Première sur les Révolutions industrielles et la condition ouvrière.

 

Dernière lecture marquante de ces vacances: un recueil de textes sur la vie et le règne du roi Louis XII, acheté lors de mon séjour à Blois.

 

Toutes ces lectures vont, sans doute, nourrir les notes de ce blog dans les semaines à venir...

 

postheadericon Combattre les délocalisations abusives.

 

Les délocalisations sont aujourd'hui devenues une crainte pour de nombreux salariés, en particulier dans l'industrie, alors qu'elles sont présentées comme une "solidarité nécessaire" (sic !) par certains économistes et commissaires européens plus soucieux d'idéologie libre-échangiste que de justice sociale.

Dans un récent article de la revue bimensuelle "Royaliste", un excellent article de Jean Latour fait le point sur ce phénomène, ses conséquences et les propositions pour parer à ce problème, car c'en est un, parfois mortel comme nous le rappelle les suicides quotidiens de "licenciés" en France.

Ne pas voir que les délocalisations spéculatives sont un fléau social... c'est risquer un retour brutal à la réalité !

Les délocalisations condamnables sont celles qui répondent aux exigences de profit des actionnaires, peu concernés par les conséquences sociales dans les pays touchés, et elles doivent être combattues. Mais les solutions à cette "fuite des emplois industriels", qui s'accompagne aussi d'une véritable désindustrialisation, ne sont pas toujours simples à mettre en oeuvre. Ce qui est certain, c'est que le politique doit retrouver les moyens de freiner les excés du libre-échangisme quand ceux-ci menacent la simple justice sociale. Ce n'est pas une solution unique qui doit être avancée, mais un faisceau de solutions qui peuvent aller d'un "néocolbertisme à la française" à la "relocalisation" de certaines activités et productions destinées d'abord au marché intérieur national, ce qui participerait d'un aménagement intelligent et mesuré du territoire.

Mais sans doute faut-il aussi repenser le rapport des Français à la consommation: dans une société où la consommation est le moyen comme la fin, il paraît nécessaire de mettre en avant d'autres valeurs qui ne soient pas "consuméristes" ou monnayables, telles que le service et le don. Certains parleront d'une "révolution culturelle" ou d'une "mission impossible" (ou les deux à la fois...): je ne crois pas au fatalisme et ne suis pas enclin à la sinistrose, et je suis persuadé que notre pays et une part importante (et qui peut être déterminante) de sa population  souhaitent (parfois confusément) cette perspective d'un "retournement" qui rendrait aux femmes et hommes de France leur statut de citoyens responsables au-delà de leur seul "poids financier" individuel. Sans doute l'Etat et, en attendant qu'il retrouve sa légitimité monarchique, les royalistes ont-ils un rôle à jouer dans ce "retournement" pour placer "l'être" avant "l'avoir".

 

postheadericon Baisse des salaires...

C'est une dépêche de l'agence Reuters, datée du 6 octobre dernier, qui annonce ceci en titre: "Une baisse des salaires de 3,7% accroîtrait d'un point le potentiel de croissance de l'économie de la zone euro, qui ne devrait pas dépasser cette année 1,2% du PIB, estime la Commission européenne", et qui précise dans le texte ainsi titré: "Si des réformes en profondeur sont menées, le taux de croissance potentiel pourrait augmenter de 1%", selon Klaus Regling, directeur général pour les Affaires économiques et monétaires, travaillant pour la Commission européenne.

 

"Dans son rapport, la Commission estime que cela pourrait être possible dans un délai de trois ans grâce à un changement des règles de fixation des salaires, qui baisseraient de 3,7%, ce qui augmenterait la compétitivité des entreprises.

 

"La modération salariale stimule les dépenses d'investissement et conduit à une augmentation des niveaux de production et d'emploi et à un chômage plus bas, ce qui stimule également la consommation privée en dépit de la perte initiale de revenus", peut-on lire dans ce document.

 

La dépêche se termine ainsi: "Il s'agirait d'une chute importante de pouvoir d'achat, puisque l'exécutif européen estime que, du fait de la cherté du pétrole, le taux d'inflation devrait rester à plus de 2% dans les prochains mois (...)."

 

Ce rapport et cette "estimation" de la Commission européenne auraient dû faire bondir les médias, les partis politiques et, bien plus, les syndicats. Et pourtant, rien... ou pas grand chose! Comment doit-on comprendre ce silence des gouvernements, des eurodéputés et, plus inquiétant encore, le silence assourdissant de la grande presse, pourtant officiellement "libre" et généralement "réactive"?

 

S'agit-il d'éviter, après l'échec de la Constitution européenne, une nouvelle flambée antieuropéiste ou même, ce qui serait encore plus dévastateur pour l'idéologie dominante actuelle, "antieuropéenne"?

 

Pourtant, la Commission européenne ne se cache pas mais, au contraire, communique ses rapports et intentions au vu et au su de tout le monde, souvent, il est vrai, dans une grande indifférence des populations...

 

En tout cas, pour qui en doutait encore, les intentions de cette Commission ne sont pas vraiment "sociales": sa politique, qui privilégie des intérêts plus "économistes" qu'humanistes, risque de faire monter un peu plus la colère parmi les salariés de France comme des autres pays de l'Union. Une colère qui peut être incontrôlable. Destructrice ou fondatrice? Il faut souhaiter qu'elle ne se trompe pas de cible.

 

Néanmoins, il est aussi à remarquer que, face aux projets (qui ne seront pas, il faut en tout cas l'espérer, tous acceptés par les gouvernements et les eurodéputés) de la Commission, les Etats ont un rôle, leur rôle traditionnel, à jouer: protéger leurs citoyens. Ainsi, la nation française, souvent visée par les "eurocrates", peut-elle apparaître comme la "première protection sociale" de ses travailleurs. Encore faudrait-il que l'Etat se souvienne de ses devoirs régaliens. Oui, régaliens: le mot est choisi et son sens fort précis...

 

postheadericon Chambord et Blois.


Vendredi dernier, profitant d'une belle journée de vacances, je suis allé me promener en Touraine, et j'en ai profité pour (re)visiter les châteaux de Chambord et de Blois. J'y ai croisé le souvenir des Rois de la Renaissance, en particulier de Louis XII, le "père du peuple", et de François Ier, le "roi humaniste, protecteur des arts et des lettres", ces Rois éminemment politiques et grands bâtisseurs sur la Loire.


C'est l'occasion de se souvenir que l'art est aussi une "figure du politique" et que la Royauté y a toujours accordé beaucoup d'importance dans son histoire: sur le cahier destiné aux réactions des visiteurs de Chambord, l'un d'entre eux avait inscrit quelques mots élogieux sur le château et avait conclu par cette phrase que je cite (approximativement...) de mémoire: "Beauté, Liberté, Royauté résument Chambord". Cette formule mérite réflexion, au-delà même du lieu concerné.



Dans ce même lieu, sur les cheminées, de nombreux graffitis gravés dans la pierre de tuffeau (une pierre tendre)  témoignent des nombreux passages, à toutes les époques, de visiteurs aux motivations parfois fort différentes et pas toujours... touristiques! Au milieu de noms et de prénoms parfois enlacés, on discerne encore quelques rares "VHV" du temps du Comte de Chambord, prétendant (malheureux) à la Couronne de France: ces initiales signifient (mais qui le sait encore? La mémoire royaliste semble parfois s'effacer...): "Vive Henri V" et sont parfois accompagnées de fleurs de lys maladroitement tracées. Le Comte de Chambord qui, fidèle à ses principes et honnête jusqu'au bout, refusa le drapeau tricolore, au risque de manquer la restauration monarchique dans les années de l'après-guerre de 1870. Quel dommage et, sans doute, quelle erreur stratégique! Mais, au-delà de quelques regrets légitimes, il reste les textes du Comte de Chambord sur la question sociale et sur la décentralisation, textes oubliés mais pourtant remarquables par leur qualité et leur prescience. Il aurait été un grand Roi...



A Blois, les figures de Louis XII et d'Henri III se croisent, en deux styles différents, mais avec toujours le souci de l'Etat et de son unité, même si cela valut au dernier roi Valois la haine des extrêmistes et intégristes de l'époque, jusqu'à son assassinat par le moine fanatique Jacques Clément.


Cette journée fort agréable et instructive qui m'a mené du XIIIe siècle (belle exposition à Blois sur la 4ème croisade partie de cette ville) aux portes du XVIIe, m'a donné l'envie de revenir avec mes classes de seconde.


Après tout, pour le professeur que je suis, "transmettre" est plus qu'un devoir, c'est une vocation, à la base même de mon engagement, politique comme professionnel. Certes, il n'est pas toujours facile de "transmettre" dans un monde de plus en plus "horizontal", vivant dans (et de) l'immédiateté et du zapping permanent. Mais c'est un défi qu'il appartient au royaliste comme au professeur de relever, "pour voir loin, de génération en génération": c'est aussi la vocation politique de l'Etat couronné...

 


 
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