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postheadericon 2005

postheadericon Un geste de paix.

En ces jours un peu tristes, il n'est pas inutile de signaler ce beau geste, dans des lieux souvent battus par le vent mauvais des haines, au Proche-Orient: un père palestinien, dont le fils de douze ans venait d'être tué par des soldats israéliens, a accepté de faire don des organes de son enfant pour des patients... israéliens. Ce beau geste a permis à quatre enfants juifs d'espérer vivre à nouveau normalement, voire de vivre tout court.

 

"L'espérance, c'est le désespoir surmonté", disait Georges Bernanos : ce geste en est la plus belle des illustrations...

 

postheadericon Ebauches de propositions pour les banlieues.

 

Dans la "crise des banlieues" actuelle, de nombreuses propositions sont évoquées par les élus locaux, les associations ou même les simples citoyens. Sans doute faudrait-il organiser de véritables "états-généraux de la ville" qui puissent, non pas sortir des solutions-miracles (il n'y en a pas en ce domaine) mais alimenter la réflexion et permettre aux acteurs sociaux de s'exprimer et de chercher de "nouvelles pistes" pour tenter de refonder "l'harmonie sociale", aujourd'hui bien mal en point.

Il me semble que, même si elle n'est qu'un moyen parmi d'autres et qu'elle ne peut tout résoudre, l'Ecole a un rôle à jouer dans cette nouvelle politique urbaine à initier. Voici quelques propositions, qui peuvent être évidemment discutées, mais qui m'apparaissent au moins susceptibles d'engager le débat sans "a priori":

- 2 professeurs par classe lors d'une même heure de cours, en particulier lors des Travaux dirigés, pour mieux encadrer les élèves et permettre de passer plus de temps avec ceux qui connaissent des difficultés ou seraient enclins à perturber le cours;

- Une politique de jumelage entre établissements réputés difficiles et établissements plus calmes, avec des échanges d'enseignants et d'élèves, sur la base du volontariat et d'un "projet de classe", ainsi que l'organisation de voyages scolaires en commun et, pourquoi pas, une aide aux devoirs mise en place par des élèves-référents ou des enseignants volontaires: des projets communs pourraient créer une "synergie positive" et sortir des élèves des établissements difficiles de la logique de l'enfermement sur leur seul "quartier";

- La mise en place d'un véritable enseignement manuel susceptible de permettre aux élèves d'apprendre à "créer de leurs mains" et le renforcement (ainsi que l'intégration dans les structures collégiennes) de l'Apprentissage professionnel;

- La mise en place d'un "projet patrimonial et historique" pour les établissements scolaires (de banlieue comme de centre-ville) qui soit l'occasion de "découvrir les héritages" de notre pays et, donc, d'insérer les élèves dans une continuité ou, en tout cas, dans un cadre qui leur soit un "point de repère" sans être pour autant un "carcan"; etc.

Ces quelques propositions ne sont pas exhaustives, mais il est urgent de réfléchir à une véritable politique d'aménagement des territoires urbains si l'on veut éviter de revivre tous les deux ans les scènes éprouvantes que connaît aujourd'hui notre pays: encore faudrait-il aussi que nos hommes politiques cessent de penser uniquement à "leur" stratégie présidentielle. Est-ce vraiment possible en République ?  Les événements des jours derniers me confortent dans ma conviction monarchique : pour mener une "politique des banlieues" qui ne soit ni démagogique ni seulement brutale, l'Etat doit disposer du "temps long de la continuité dynastique" et d'une légitimité qui repose, non sur le discours ou le "coup de menton", mais sur le "service", historique comme politique.


 

postheadericon Des écoles qui brûlent...

A plusieurs reprises ces derniers jours, des écoles ont été incendiées dans les banlieues "agitées": ce n'est pas anodin. Moi-même professeur, je suis souvent critique à l'égard de l'Education Nationale qui ne remplit pas entièrement, à mon avis et avec de nombreuses nuances, son rôle d'instruction publique. Mais brûler une école, c'est le signe d'une volonté de s'en prendre, non seulement à un symbole de l'Etat, mais aussi à l'idée même d'instruction et de formation des intelligences: il n'est pas certain que cela soit une bonne nouvelle! Car l'Ecole est, aussi, une chance pour de nombreux jeunes de pouvoir "s'en sortir", par le travail et l'instruction, la maîtrise d'un savoir-faire et l'apprentissage de la réflexion, même si ce n'est pas le seul vecteur de réussite et de connaissances.

 

J'ai moi-même longtemps enseigné dans une banlieue qualifiée de "chaude": c'était au collège Jean-Vilar, aux Mureaux. Certes, ce n'était pas rose tous les jours et, parfois, j'avais l'impression d'être "dépassé", de ne pas pouvoir "exprimer le meilleur de moi-même", selon la formule consacrée: mais je suis très fier de ces années-là et, je l'espère, il me semble avoir fait "oeuvre utile", malgré tous mes échecs et déconvenues. Si ce collège avait été incendié (il y a eu des tentatives il y a quelques années...), je me serai senti un peu "orphelin"...

 

Post-scriptum: je profite de cette note pour saluer amicalement tous les "anciens" de Vilar, professeurs, surveillants, personnels administratifs et de service et, bien sûr, les élèves avec qui j'ai travaillé durant neuf années consécutives. Même si je suis désormais "loin" des Mureaux, je ne les oublie pas.

 

postheadericon Deux victimes oubliées...

Au-delà des voitures brûlées et des magasins dévastés des derniers jours, les émeutes des banlieues "chaudes" ont fait deux victimes supplémentaires: l'angélisme "humanitariste" et la "laïcité laïcisante".

 

Certains viennent de découvrir qu'il y avait des problèmes sur les marges de nos grandes agglomérations et que tous les milliards investis dans les "politiques de la ville" n'avaient pas suffi à les résoudre, preuve que ce n'est pas qu'un problème d'argent; que les émeutes ont, au-delà de la violence, montré la lâcheté de certains émeutiers, plus rapides à caillasser les pompiers qu'à sortir une personne handicapée d'un bus enflammé par une bouteille incendiaire: cet "ensauvagement" de certains, malgré les efforts des éducateurs et des enseignants, montrent bien les limites d'une idéologie qui croit (croyance parfois bien vaine, même si elle peut être sincère: la sincérité n'est pas la vérité...) que l'Homme naît et est naturellement bon, et que c'est l'éducation qui lui permet d'exprimer cette bonté dans un monde qu'il ne peut alors que changer dans un sens plus harmonieux... Cet angélisme ne peut servir de principe de réalité car il n'est qu'une idéologie qui délaisse le réel pour une vision décalée (même si elle peut apparaître rassurante) de la nature profonde des hommes qui, tous différents dans leur être et dignité, n'ont pas tous la même définition de ce qui est bien ou mal, de ce qui est nécessaire ou ne l'est pas. La réflexion politique doit faire preuve d'humilité devant les réalités humaines: c'est d'ailleurs ainsi qu'on peut agir sur elles et, éventuellement, les changer. "L'Homme ne commande à la nature qu'en lui obéissant", doit être la règle de toute action politique et sociale. Faute de l'avoir compris, les "angélistes", qui s'inspirent peut-être de l'Emile de Rousseau, sont condamnés à voir leurs rêves s'envoler... en fumée!

 

Autre victime des émeutes de banlieue: la "laïcité laïcisante" qui refuse de voir que l'Homme n'est pas qu'un sujet de consommation mû par la seule utilité sociale ou matérielle, mais un être pensant et sentimental, qui regarde aussi parfois vers le Ciel. Lors des affrontements de lundi soir, ce ne sont pas des élus locaux, des animateurs de quartier ou des pompiers qui ont joué le rôle de médiateurs, mais des imams des mosquées voisines des lieux d'incidents. Aux cris de "Allah est grand", ils se sont interposés, avec plus ou moins de succès, entre les émeutiers et les forces de l'ordre. Les édiles municipaux reconnaissent d'ailleurs aisèment que rien n'est possible sans les associations musulmanes qui s'imposent ainsi dans le dialogue entre "adversaires". La "laïcité laïcisante" semble avoir disparu du champ social dans les banlieues:faut-il s'en inquiéter, au regard de la stratégie de certains extrêmistes islamistes prompts à récupérer la misère matérielle et spirituelle de certains jeunes? En tout cas, cela force à repenser la nature du lien social dans ces banlieues appauvries. La République est-elle vraiment capable de cet effort? Il est à craindre que, au lendemain de la fin des émeutes, l'indifférence retombe sur ces lieux que le Pouvoir, depuis trente ans, laisse ouverts "à tous les vents" sans se soucier des tempêtes que cela peut, à la longue, provoquer...

 

postheadericon Jospin et les "nouveaux aristocrates".

Lionel Jospin, qui profite de sa "retraite" (ou de sa "traversée du désert"?) pour écrire, vient de publier un livre d'autojustification qui ne rencontre certes pas un grand succès de librairie, mais s'en prend avec raison au "nouveau groupe dominant", "alliance implicite entre des grands dirigeants d'entreprise, des financiers et des cadres élevés de l'industrie et des services, certains hauts fonctionnaires de l'Etat et des privilégiés des médias". Il qualifie ces puissants du jour (et de la République actuelle...) de "nouveaux aristocrates": sans doute vaudrait-il mieux les évoquer sous le terme plus approprié d'"Oligarques"... Car, à bien y regarder, notre République apparaît de plus en plus coupée du réel et des peuples de France, comme l'ont montré les récentes consultations électorales aux résultats fort peu conformes aux intérêts déclarés du "pays légal". D'ailleurs, Lionel Jospin n'a-t-il pas été lui-même un de ces Oligarques que le "pays réel" regarde avec défiance? Et sa chute du 21 avril 2002 n'a-t-elle pas été un coup de pied des électeurs contre le Siège des Oligarques?

 

Qu'il rejoigne, bien malgré lui sans doute, une analyse que font les royalistes depuis déjà longtemps, ne peut que nous réjouir: mais nous irons plus loin que lui. Pour réduire le pouvoir des Oligarques, l'Etat doit retrouver de sa visibilité et de sa force, et doit rendre au Politique sa légitimité et sa place au faîte de l'Etat. La Monarchie active est la plus à même, en France et suivant sa tradition millénaire, d'incarner cette nécessaire domestication des Oligarques, malgré tous les Saint-Simon à la langue assassine...

 
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