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postheadericon 2005

postheadericon Le Plan et le long terme.

L'actualité récente dans les banlieues françaises a remis en lumière la nécessité d'une réflexion sur la stratégie de l'Etat. Aussi, les propos d'Alain Etchegoyen, ancien commissaire au Plan "remercié" par le gouvernement, propos publiés dans "Le Monde" du 3 novembre dernier, méritent l'attention:

 

"Voici une vraie contradiction. On supprime le Plan alors que, jamais, sous la dictature du court terme, on n'a eu autant besoin d'une institution qui fasse du long terme son horizon quotidien. La prospective sert à préparer l'avenir. Surtout quand les décisions sont urgentes. Sous la pression des événements, chaque décision doit pouvoir être située dans un scénario qui permet de penser ses conséquences à dix ou quinze ans, même si ces échéances échappent au temps électoral. (...)

 

"Quoi de plus nécessaire, alors que l'Europe et la décentralisation obligent à redéfinir, pour les quinze ans à venir, les contours de l'Etat et les manières d'assurer l'intérêt général".

 

Ces propos, au-delà de la défense d'une institution menacée, résument bien ce que peut être l'argumentation monarchiste sur la nécessité d'une politique de long terme, et, donc, d'un Etat pour l'incarner au-delà du "temps électoral". Notre République, obnubilée par l'élection et la réélection, n'est pas la mieux placée pour tenir ce rôle. La Monarchie héréditaire, cet Etat dynastique qui a, vaille que vaille et au fil de huit siècles pas toujours tranquilles, fondé et construit la France, reste le moyen institutionnel, de par sa nature même, d'inscrire la politique dans le "temps long". Ce temps qui peut être un allié face aux défis contemporains mais aussi à ceux de demain.

 

postheadericon Café politique, prochain rendez-vous.

L'idée d'un café-politique devient peu à peu réalité autour des thèmes développés sur ce blog. Aussi, je propose pour la prochaine séance qui se tiendra à Versailles la date du samedi 26 novembre, vers 16 heures, et comme thème, hier d'actualité:

 

les banlieues,  situations et propositions.

 

Plusieurs notes de ce blog, publiées ces deux dernières semaines pourront ouvrir le débat ainsi que l'article que je viens d'écrire à la demande de L'Action française 2000 et qui sera publié jeudi 17 novembre dans ce journal qui m'ouvre régulièrement en toute sympathie (et liberté d'esprit) ses colonnes.

 

"Le désordre dans la rue n'est que la conséquence du désordre des esprits": cette citation peut aussi éclairer la réflexion sur les problèmes actuels que traverse notre société, désarçonnée par les récentes violences urbaines.

 

postheadericon 11 novembre 1940.


Il y a 65 ans, le 11 novembre 1940, avait lieu la première manifestation publique de résistance à l'occupation allemande: elle était l'oeuvre d'étudiants et de lycéens de Paris, qui voulurent honorer leurs aînés de 1914-1918 en déposant des fleurs sur la tombe du soldat inconnu, malgré l'interdiction et la répression des troupes allemandes. Parmi ces jeunes, des gaullistes, des socialistes et beaucoup de royalistes (en particulier du lycée Jeanson de Sailly) comme Ebstein-Langevin ou Pertuzzio qui participeront ensuite à la Résistance.


Ce soir, sur les Champs-Elysées, les jeunes royalistes de 2005 iront commémorer cette page souvent méconnue de la guerre 39-45 et rendre hommage aux "étudiants de France" comme l'indique la plaque fixée sur un mur de l'avenue, en face de l'Arc de triomphe.

 

postheadericon Tombeaux.

Chaque 11 novembre depuis une dizaine d'années, je relis quelques pages de "Tombeaux", recueil d'articles nécrologiques écrits par Charles Maurras et qui présente quelques figures d'une génération royaliste disparue dans la fournaise de la guerre de 1914-1918. Des noms aujourd'hui oubliés par le plus grand nombre, y compris dans les milieux monarchistes: Henri Lagrange, "le prince de la jeunesse"royaliste du Quartier Latin entre 1911 et 1914; Léon de Montesquiou, véritable théoricien de la raison d'Etat et l'un des plus brillants intellectuels de l'Action française; Henry Cellerier, auteur d'un livre passionnant mais aux nombreuses pages censurées lors de sa publication en 1916, "La Politique fédéraliste"; Jean-Marc Bernard, poète dauphinois auteur d'un des plus beaux poèmes, un des plus poignants aussi, sur les tranchées dans lesquelles, d'ailleurs, il trouvera la mort; etc. Quel cimetière de jeunes intelligences!

 

Cette guerre terrible est, à nos yeux de contemporains, absurde. Mais elle a mobilisé 65 millions de personnes sur tous les champs de batailles (9 millions, je crois, de Français) sans vraiment de révoltes ni de mutineries, à quelques exceptions près."Quand la guerre est là, qu'il y a danger aux portes de la Cité, il n'y a plus qu'à la faire,et à la gagner", expliquaient alors les monarchistes, pourtant méfiants à l'égard de la IIIème République qui gouvernait alors le pays. Les générations d'après-40 reprocheront beaucoup à ceux de 1940 de n'avoir pas su la faire, et la gagner... L'Occupation montra, avec toutes les horreurs liées à l'application de l'idéologie nazie, que la défaite ou la soumission (même au nom du pacifisme), est la pire des catastrophes pour les "occupés". Cela permet aussi de mieux comprendre l'acharnement des soldats de 1914-1918 "à ne pas céder", malgré l'horreur de cette première "guerre industrielle".

 

Mais lorsque retentit le clairon de l'armistice, les combattants espèrent que leur souffrance, le sacrifice de leurs compagnons et de leurs ennemis, n'ont pas été vains. Malheureusement, la Paix des traités de 1919-1920 était déjà grosse des guerres suivantes, de celles de 1939-1945 et des Balkans dans les années 1991-1999, comme le soulignait dès 1920 dans son ouvrage "Les conséquences politiques de la paix" l'historien Jacques Bainville, le spécialiste des affaires étrangères de l'Action française.

 

Aujourd'hui, la guerre a pris d'autres formes et, si elle s'est apparemment "absentée" du continent européen, elle reste un risque, y compris pour nos vieilles nations désormais amies, confrontées à des périls qu'elles n'arrivent pas encore à exactement cerner. Aussi ne faut-il pas baisser la garde et maintenir notre défense à un niveau d'excellence qui lui permette de dissuader toute agression extérieure. La paix est un bien trop précieux pour que l'on néglige de la préserver.

 

postheadericon L'échec de la République.

Les événements des deux dernières semaines dans les banlieues font couler beaucoup d'encre : les analyses pour tenter de comprendre la "crise des banlieues" sont fort nombreuses mais n'ont pas toutes le même intérêt, loin de là. Néanmoins, mon dossier sur ce thème ne cesse de grossir et j'y rajoute chaque jour une bonne vingtaine de pages découpées dans la presse, quotidienne ou hebdomadaire.

 

Un article de Dominique Quinio paru dans "La Croix" vendredi 4 novembre mérite d'être cité et complété : sous le titre "Autorité et cohérence", la journaliste écrit :"Les échecs que ces émeutes révèlent sont les échecs des gouvernements successifs, de gauche comme de droite: qu'il s'agisse de politique de la ville, d'emploi, d'urbanisme, d'intégration des populations d'origine immigrée, de cohésion familiale, d'éducation, aussi".

 

Il est vrai que, depuis une trentaine d'années, malgré quelques effets d'annonce et des mesures parfois intéressantes mais pas assez soutenues par la volonté politique, la situation des "périphéries" ne s'est guère améliorée. A bien y regarder, la "crise des banlieues" n'est que le révélateur d'une crise de la société mais aussi, plus profondément, d'une crise de civilisation et d'une faillite des institutions. Ce que, d'ailleurs, souligne d'une certaine manière Dominique Quinio en évoquant la question de "l'autorité" : "L'autorité est au coeur de ces événements. L'autorité de l'Etat, l'autorité des différentes institutions (police, justice...), l'autorité des parents aussi (...). Quelle image de cette autorité si ceux qui sont censés l'incarner [au niveau de l'Etat] se déchirent à belles dents, se jettent des anathèmes? Quelle efficacité de cette autorité, si certains sentent qu'ils peuvent s'engouffrer dans quelque brèche, mettre un coin à l'intérieur d'une équipe ministérielle? "

 

Ainsi, tandis que les ambitions présidentielles se faisaient fort bruyantes ces derniers mois, l'autorité de l'Etat, elle, ne cessait de faiblir : or, la nature, sociale comme politique, a horreur du vide, et l'affaiblissement de cette autorité institutionnelle entraîne mécaniquement le renforcement des comportements "féodalistes" (et c'est vrai aussi en économie), que cela soit dans les allées du Pouvoir ou celles des banlieues "chaudes".

 

A travers ces voitures et ces quartiers qui flambent, c'est tout l'échec d'une République coincée entre deux élections, d'une République livrée aux ambitions politiciennes, d'une République qui s'agite mais n'agit plus vraiment en profondeur, véritable "paralytique" institutionnelle...

 

Oui, vraiment, quel échec ! Il faudra bien, lorsque les feux auront été ou se seront d'eux-mêmes éteints, repenser une véritable politique de l'aménagement des territoires urbains, de la remise en ordre de ceux-ci et de la remise en cause des "grands principes" qui n'ont que trop échoué à saisir les réalités d'aujourd'hui.

 

Il ne faudra pas, comme cela est trop souvent arrivé dans le passé, "oublier" en attendant la prochaine explosion. Concilier l'autorité et la patience, l'écoute et l'action, l'ordre et la discussion, voici l'oeuvre nécessaire d'un Etat qui ne doit pas, pour être efficace en ce domaine, être soumis aux continuelles alternances gouvernementales, mais qui soit capable d'une vision et d'un engagement sur le long terme. "Gouverner, c'est prévoir", dit le proverbe: c'est aussi "prévenir", me semble-t-il. La République n'a su faire ni l'un, ni l'autre... Elle s'est ainsi condamnée à parodier l'autorité, incapable qu'elle est, désormais, à l'incarner...

 
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