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postheadericon 2009

postheadericon La vengeance de Nicolas Fouquet.

L’affaire Clearstream m’est complètement incompréhensible et je ne vois dans le procès qui se déroule depuis quelques jours que de tristes règlements de compte et la vengeance d’un homme qui n’a ni le sens de l’Etat ni celui de l’honneur, et cela malgré le poste qu’il occupe et qui devrait l’obliger. Mais, après tout, et comme le disait Maurras avec une pointe d’amertume : « tant vaut l’Etat, tant vaut sa raison ». On devrait parler ici de déraison, d’ailleurs, tant l’acharnement de M. Sarkozy sur celui qui fut son Premier ministre de tutelle et son rival véritable ressemble plus à une psychose qu’à la recherche d’une hypothétique vérité…

 

Triste spectacle que nous donne la République, et qui a, une fois de plus, le prétoire comme théâtre : la pièce est-elle complètement écrite ? Là encore, je n’en sais rien, et j’ai le souvenir de procès qui n’ont pas tourné, au regard de l’Histoire, à l’avantage de ceux qui les avaient initiés… Mais il est vrai que l’appareil politique et judiciaire de la Monocratie sarkozienne est tout entier mobilisé dans la vendetta contre celui qui, pourtant, fut, un jour de l’hiver 2003, la voix et l’honneur de la France, celui qui reprit les accents gaulliens pour marquer la liberté et la fierté de la France, envers et contre l’Empire étoilé, et pour rappeler au monde que la Force brute et déraisonnable ne pouvait être le remède véritable à une tyrannie orientale qui, au moins, parvenait à contenir des forces bien pires encore que celles incarnées par Saddam Hussein…

 

Il est vrai qu’à l’époque M. Bernard Kouchner, actuel ministre des Affaires étrangères, était favorable à la guerre de M. Bush, et que M. Sarkozy, s’il n’a pas contredit alors la politique chiraco-villepiniste, rongeait son frein en attendant de pouvoir défaire ce que ses prédécesseurs avaient engagé.

 

Ce procès n’est pas le procès de quelques fausses listes et de leur utilisation abusive, dans la plus pure tradition barbouzarde chère à notre République, de Robespierre à nos jours : il est juste l’élimination d’un clan par un autre, ou du moins sa tentative !

 

Comment pourrait-il en être autrement dans une République qui est en « présidentielle permanente » et qui ne vit que de la victoire d’un parti sur un autre, d’une faction sur une autre, d’un intrigant sur un autre ? Ce que le septennat avait limité, le quinquennat l’a libéré, et cela n’a fait qu’amplifier un mal qui est consubstantiel à la République, la lutte des Féodaux pour la première place, au risque de dévaloriser l’Etat et sa magistrature suprême et de diminuer le crédit de la France à l’étranger.

 

Oui, décidément, la France mérite mieux que cette République des clans et de leur lutte pour le Pouvoir ! Il serait temps de penser à libérer l’Etat de ces Nicolas « Fouquet’s » comme le roi Louis XIV l’a libéré de l’avide Nicolas Fouquet en 1661. Rendre à la magistrature suprême de l’Etat sa dignité et son rang au-dessus des querelles de factions passe par un mode de désignation et de transmission qui ne doive rien à l’élection et à ses calculs, voire à ses fraudes… N’est-ce pas l’un des grands avantages et mérites de la Monarchie successorale ?

 

postheadericon Cochon mondialisé, non merci !

La mondialisation est un fait, elle n’est pas forcément un bienfait. Si les médias et les économistes font souvent de celle-ci une sorte de fatalité obligatoire ou d’Eden des affaires, elle révèle parfois, au hasard des anecdotes, des aspects étranges et plutôt inquiétants.

 

Ainsi, l’anecdote contée par Alain Rémond dans son billet paru mardi 22 septembre 2009 dans « La Croix », et qui mérite d’être rapportée, car elle est emblématique de la mondialisation actuelle et de ses défauts :

 

« Un lecteur vient de me faire parvenir l’étiquette d’un paquet de haché de porc, acheté dans une grande surface. Il s’agit d’un « haché régime de porc maigre » de 0,324 kg vendu 2,12 euros. Jusque là, rien à dire. Mais ce qui est écrit en dessous, en tout petit, est proprement stupéfiant. Ce haché provient d’un porc « né au Canada, élevé en Australie, abattu et découpé en Belgique ». D’après mon correspondant, il y a à peu près 17 000 km entre le Canada et l’Australie et quasiment autant entre l’Australie et la Belgique. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce porc, de port en port, aura vu du pays. Que conclure de ce périple, sinon qu’au Canada, on sait faire naître les porcs, mais on ne sait pas les élever, qu’en Australie on sait les élever mais pas les abattre et qu’en Belgique, on sait les abattre et les découper mais ni les faire naître ni les élever. Quant au bilan carbone, mieux vaut ne pas y penser. Personne, d’ailleurs, n’y pense. »

 

On a là la démonstration d’une mondialisation qui ne cherche que le profit maximal par la recherche des moindres coûts de production, sans égard pour les conséquences écologiques ni pour les bêtes elles-mêmes, susceptibles de faire 36 000 km dans leur courte vie avant de se retrouver au rayon boucherie d’une grande surface française : quel gâchis énergétique et environnemental !

 

Alors, que faire, à notre modeste échelle ? Tout simplement, et c’est à la portée de tous, commencer par préférer la boucherie locale (il en reste encore quelques unes en ville comme à la campagne, même si elles sont de plus en plus menacées par la concurrence agressive des grandes surfaces), et se « contenter » (au sens fort et heureux du terme, bien sûr) de viande française, produite dans des conditions les plus conformes possibles à l’équilibre naturel, autant des bêtes elles-mêmes que de l’environnement.

 

Bien que consommant désormais peu de viande rouge (mais un peu plus de viande blanche), j’ai pris la (bonne) habitude de me fournir dans une boucherie « traditionnelle » à Lancieux, comme à Rennes ou à Montfort-L’Amaury. Je n’ai jamais eu à m’en plaindre, loin de là, et je me dis que les quelques euros dépensés profiteront plus utilement à des compatriotes (éleveurs et bouchers) soucieux de la qualité plutôt que de la quantité, que s’ils avaient été dépensés dans une grande surface dont les prix bas dissimulent souvent des conditions de production peu ragoûtantes et peu fiables, malgré toutes les assurances fournies par les étiquettes promotionnelles…

 

Un choix simple… qu’il n’est pas difficile de faire, pourvu que l’on considère que « nos emplettes sont nos emplois », comme l’affirmait jadis une campagne pour le « consommer français », et que tout achat doit être, sinon « citoyen » (ce qualificatif employé à toutes les sauces m’agace, et c’est peu dire !), du moins responsable : socialement, nationalement, écologiquement

 

postheadericon Producteurs de lait abandonnés.

Cet été, lors de mes pérégrinations bretonnes, j’avais remarqué ces panneaux placés sur le bord des routes ou au milieu des champs, et qui annonçaient une « grève du lait » pour le mois de septembre : nous y sommes, et les producteurs laitiers ont commencé il y a une semaine à mettre leur menace à exécution, multipliant dans le même temps les distributions gratuites de lait aux consommateurs mais aussi en détruisant des millions de litres, de désespoir et de rage, voire d’impuissance devant la logique terrible du « libre marché » défendue par la Commission européenne actuelle.

 

Combien faudra-t-il de suicides d’éleveurs pour que l’Opinion publique s’émeuve et commence à réagir à cette dictature d’une idéologie qui oublie les hommes pour ne voir que la « libre concurrence non faussée », idéologie terrible et homicide qui est en train d’achever notre agriculture nationale et ses derniers particularismes, ceux-là mêmes qui font de notre pays ce royaume du bien-vivre et de la gastronomie ?

 

Pour l’heure, les éleveurs sont bien seuls, et il est frappant de voir à quel point la classe politique est, à quelques exceptions près, particulièrement silencieuse : terrible aveu de sa trahison, prisonnière qu’elle est de son millénarisme européiste, cette sorte de « fin de l’histoire » impolitique et fataliste ! Quant à la République officielle, représentée près des agriculteurs par le pâle Le Maire, elle se contente du « programme minimum », cherchant d’abord à éteindre rapidement l’incendie pour, dit-elle, être en position de force dans les prochaines négociations sur la réforme européenne de la Politique Agricole Commune… Si cette stratégie peut se comprendre par temps calme (ce qui ne signifie pas qu’elle soit la meilleure ni la plus juste), elle est particulièrement malvenue en temps de crise, quand les agriculteurs de notre pays se retrouvent en danger au risque, pour les plus faibles, de disparaître purement et simplement.

 

La crise du lait n’est qu’un des aspects d’une crise plus large et plus profonde du monde et de la vocation agricoles : la réponse n’est pas seulement dans le changement de quelques règles ou l’aménagement d’amortisseurs sociaux, au niveau français ou européen, mais bien dans une politique qui, au-delà des aspects économiques et sociaux, se devra de poser la question même du mode de société, voire de la civilisation, dans laquelle nous voulons vivre, pour nous et nos descendants. Je doute fortement que la République soit en mesure de poser cette question, prisonnière qu’elle est de ses principes et de ses tabous, coincée entre deux élections et en « présidentielle permanente » quand il faudrait inscrire sa politique et sa stratégie dans le long terme, dans un rythme « paysan » qu’elle a oubliée depuis trop longtemps…

 

postheadericon Zola, chantre des grands magasins ?

J’ai un vieux contentieux avec Emile Zola : il remonte à la fin des années 70, plus précisément à l’hiver 1978, 2ème trimestre de l’année scolaire. Dans un devoir remis à mon professeur de français, madame S., je comparais deux livres du susdit Zola, trouvant des qualités au « Bonheur des Dames » quand « Le ventre de Paris » m’avait fort déçu… A la remise des copies corrigées, j’eus droit à un véritable « savon » de la part de l’enseignante qui me jugeait fort présomptueux de critiquer ainsi l’un des monuments de la littérature française et des programmes scolaires… Cette indignation professorale me valait donc un 7/20 dans une matière dans laquelle, d’ordinaire, je n’étais pas trop mauvais !


J’ai rouvert « Au Bonheur des Dames » presque trente ans après cet incident : je n’ai pas été déçu par l’écriture mais plutôt par le message qui en ressort. En effet, Zola semble fasciné par le progrès symbolisé par les grands magasins et n’a guère d’égards pour le petit commerce, définitivement condamné par le cours du temps et le progressisme de l’écrivain. Là où on aurait pu attendre la défense des « petits » contre le triomphe de l’Argent, on a, en fait, la démonstration de la victoire de la grande distribution : victoire désirée, victoire flattée…


D’ailleurs, la lecture des carnets de Zola confirme cette impression : « Je prendrai … un mercier, une lingère, un bonnetier, et je les montrerai ruinés, conduits à la faillite. Mais je ne pleurerai pas sur eux, au contraire, car je veux montrer le triomphe de l’activité moderne : ils ne sont plus de leur temps, tant pis. » Ainsi, il forcera le trait, présentant une image qui, sans être forcément irréaliste, n’est pas vraiment juste et, surtout, est trop partiale pour être totalement convaincante, du moins pour l’historien. Cela étant, Zola n’écrit pas pour les historiens mais pour le « grand public » qui, lui aussi, est fasciné par la marchandise « facile », celle-là même qui attire la clientèle, en particulier féminine à l’époque, par l’entremise de la « réclame » des grands magasins.


Zola est effectivement de son temps : il est dans cette logique, nouvelle pour les sociétés du XIXe siècle, selon laquelle la mode se confond avec le progrès et le renouvellement permanents, cette « néophilie » dénoncée par Konrad Lorenz, et qui présente, en définitive, la consommation permanente comme l’apanage de la « femme moderne ». La modernité sans frein, la consommation sans fin, voire « sans faim »…


Ce qui peut paraître surprenant, c’est que dans le même temps, Zola dénonce l’exploitation ouvrière, celle-là même qui permet la production à bas coût de produits de plus en plus nombreux et de moins en moins chers pour les consommateurs ainsi « ferrés » : le triomphe de la compétitivité et de la logique des « profits capitalistiques » (c’est-à-dire « privatisés » pour quelques uns).


Le coût social du « Bonheur des Dames » (représentation du « Bon Marché » parisien, « le » grand magasin par excellence en 1883, date de la publication du livre) n’est pas totalement négligé mais apparaît comme une sorte de mal nécessaire à un Zola qui voit l’existence et l’extension des grands magasins comme l’affirmation d’un monde où le culte de la marchandise remplace « utilement » (y compris à travers le superflu) celui des figures du Passé, divines comme historiques, ces figures fondatrices qui doivent disparaître devant les forces nouvelles du matérialisme et de la modernité : c’était aussi l’intuition (sans regret) d’un Karl Marx.


Rêves (ou illusions ?) d’un Zola dont on aimerait savoir, un siècle après, s’il apprécierait encore ce monde né du triomphe de la « marchandise facile »…


 

postheadericon Coïncidence, éminemment monarchiste...

Il est de drôles de coïncidences : en voici une qui ferait sourire Léon Daudet qui y verrait peut-être ce qu’il nommait un « intersigne »…

 

En effet, il y a quelques jours, j’achète sur la Toile un exemplaire du « Panache », revue royaliste illustrée qui vécut de 1902 à 1914, et qui donne, en définitive, de précieuses informations sur le royalisme de cette époque de l’avant-première-guerre, sur ses personnalités et ses actions militantes. Cette revue s’inscrivait, d’une certaine manière, dans la lignée du « Triboulet » des années 1880-1890, de même tendance politique.

 

En ouvrant la grosse enveloppe matelassée contenant mon précieux achat, je me rends alors compte de la coïncidence : c’est le 5 septembre de cette année que j’ai acheté le numéro du « Panache » du … 5 septembre 1909, celui d’il y a exactement cent ans ! Et, en feuilletant ce journal monarchiste, je repensais à ce siècle écoulé, celui-là même qui a vu la disparition de tant d’empires, la chute de tant de trônes, la violence de la Technique exaltée dans des guerres d’un genre nouveau et d’autant plus brutales, sinistres, dévastatrices, mais aussi l’intrusion envahissante des Machines dans notre vie quotidienne…

 

Ce siècle fut celui des extrêmes, pour reprendre l’expression de l’historien marxiste Eric J. Hobsbawm, et il a vu le triomphe de l’Argent (mais aussi de la barbarie la plus élémentaire) sur l’honneur et les traditions, sur l’enracinement et le service… Pouvaient-ils penser, ces jeunes rédacteurs royalistes du Panache (dont Georges Bernanos, « notre capitaine »), que leur sang irait se déverser quelques années plus tard dans les sillons de l’Argonne ou les tranchées de Verdun, et que ce sacrifice, en définitive, consoliderait une République récupératrice de la victoire de 1918 et pourtant si peu prévoyante  de la guerre de 1914 ? Pouvaient-ils craindre que l’idée royale connaîtrait, malgré toute leur ardeur, tout leur dévouement mille fois renouvelé, une terrible éclipse en cette deuxième moitié de XXe siècle ? Auraient-ils pu imaginer que la France, encore si forte en 1909 malgré le gouvernement républicain si maladroit et agressif, que cela soit sous Briand ou sous un autre, en serait à redouter son ombre et la Commission européenne en 2009 ?

 

Je feuillette la revue d’un doigt presque tremblant, ému et furieux à la fois des occasions manquées, des tragédies survenues malgré les mises en garde des Maurras et Bainville, Cassandre « inutiles » aux yeux de leurs contemporains, de cette démission républicaine et de la peur de nos politiciens face à la liberté et à l’histoire de notre pays. Cent ans après… J’essaye d’imaginer quel est celui qui, comme moi je le fais aujourd’hui, lisait avidement les comptes-rendus des réunions monarchistes de l’été ou les commentaires politiques, et découvrait les caricatures dénonciatrices des mœurs républicaines et politiciennes : était-il de ces royalistes de tradition qui poursuivaient l’histoire familiale et dont parle si bien Jean d’Ormesson dans son livre « Au plaisir de Dieu » ? Etait-il, au contraire, de ces nouveaux convertis à l’idée royale qui faisaient confiance aux Camelots du Roi pour « étrangler la Gueuse » ? Lisait-il le Panache à la terrasse des cafés ou dans l’autobus, au coin du feu ou sous les combles d’une chambre d’étudiant ? Rêvait-il d’une Monarchie sociale qui accorderait toute leur place aux ouvriers, par la « propriété du métier », ou d’une Monarchie fédérale qui rendrait aux provinces leurs libertés particulières ? Peut-être était-ce, d’ailleurs, une lectrice qui priait, le soir, pour le « retour des lys » ou qui écrivait à ses amis pour les convaincre de la nécessité du Roi « pour la paix et la grandeur de la France » ?

 

1909 : tout était encore possible, et les guerres n’avaient pas détrompés les espoirs monarchiques…

 

2009 : est-ce encore possible ? La seule raison semble nous souffler que la Monarchie s’est perdue dans les brumes du souvenir… Mais la nécessité nous impose de ne pas être seulement raisonnable : et notre passion française nous sauve du désespoir ! Si la Monarchie paraît lointaine et difficile à atteindre, cela n’enlève rien à son urgence, et cela n’enlève rien à notre espérance… Rien de grand ne se fait sans passion !

 

Pour que, au-delà du temps, le rêve politique et historique du lecteur de 1909 devienne une réalité institutionnelle en ce XXIe siècle dont il reste à écrire l’histoire…

 
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