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postheadericon 2006

postheadericon Intégration communautaire ?

Au début des années 1990, sous l'impulsion de Nicolas Portier, véritable théoricien du royalisme contemporain, de nombreuses pistes de réflexion avaient été ébauchées en de multiples domaines, en particulier sur la nation et les défis contemporains qu'elle avait à affronter. Le problème des "banlieues" se posait déjà, avec des crises à répétition, et Portier se faisait fort critique envers le mode d'intégration que la République mettait alors en avant, mode d'intégration individualiste et qui, déjà, montrait ses limites.

Aussi est-il fort intéressant de retrouver sous la plume de Daniel Cohen, dans l'édition du mardi 11 janvier du quotidien "Le Monde", des propos que Portier évoquait il y a 15 ans: "Les jeunes des cités sont privés des solidarités intrafamiliales qui rendent le "modèle français" supportable aux autres jeunes. La question "culturelle" apparaît ici, mais sous une forme inverse de celle ordinairement posée. Contrairement à l'image d'Epinal d'un communautarisme fort qui serait en soi un facteur d'exclusion, l'existence sociale des jeunes dans les banlieues  est fragile du fait d'un lien communautaire faible.

"L'exemple américain, même s'il est inacceptable en France, montre que l'intégration des minorités est bel et bien fonction de la force des solidarités intracommunautaires. (...)

"La crise des banlieues ne se comprend pas si on l'interprète comme l'expression d'un communautarisme fort ; ce serait plutôt le contraire. Ce constat ne veut certes pas dire qu'on doit le regretter. Il signifie que la République française doit prendre conscience du fait que son système fonctionne sur des solidarités privées dont sont dépourvus les plus démunis. Faute d'y suppléer elle-même, elle ne devra pas s'étonner que le communautarisme se présente comme une solution au problème qu'elle n'aura pas su résoudre".

Effectivement, pour éviter les dérives communautaristes et la "ghettoïsation" de nombreux jeunes, déracinés socialement car culturellement, il apparaît nécessaire de penser, au-delà du seul mode d'intégration individuelle, de nouvelles approches "communautaires" (sans être "communautaristes") de l'intégration, non plus seulement à une société de consommation, forcèment insatisfaisante sur le plan culturel comme spirituel, mais à l'histoire et au devenir de la nation française. Cela nécessite aussi une conscience claire de ce qu'est la nation, dans son être historique et politique.

 

postheadericon Mitterrand royaliste ?

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François Mitterrand, président socialiste de la République, a-t-il été royaliste ? De nombreuses rumeurs ont couru sur cette présumée appartenance politique de jeunesse, mais l'intéressé lui-même les a démenties régulièrement, sans toujours d'ailleurs être très convaincant. Pierre Péan dans son livre "Une jeunesse française. François Mitterrand.1934-1947" évoque d'ailleurs cette interrogation et les dénégations du dirigeant socialiste, tout comme Guy Gauthier dans un livre récent, "François Mitterrand, le dernier des Capétiens".



J'ai retrouvé aujourd'hui un vieil article paru dans "Aspects de la France" de février 1984 sous la plume de Jean Roche-Boitaud, ancien condisciple de Mitterrand, qui précise les relations de ce dernier avec les milieux d'Action française. Roche-Boitaud avait fondé le "Cercle Balzac" (lycéens et collégiens d'A.F. de Charente) et éditait un journal de jeunes royalistes, "L'Action Angoumoisine", de 1927 à 1929, à l'école catholique Saint-Paul d'Angoulême que fréquentait (de 1926 à 1934) le futur président. Proche des milieux royalistes maurrassiens, Mitterrand l'était. De plus, son père, contrairement à ce qui souvent a été affirmé, était, lui, royaliste et semble avoir été abonné à l'organe des cheminots d'A.F., "Le Rail", même si la lecture de "L'Action française" se faisait plus discrète après la condamnation vaticane de ce quotidien en 1926.




C'est dans cette école sus-citée que Mitterrand rencontrera des militants royalistes dont il restera l'ami toute sa vie, comme, par exemple, Pierre Guillain de Bénouville qui, si je ne me trompe, veillera sur le corps de son ami en janvier 1996.



Sans doute Mitterrand, comme il le reconnaîtra lui-même devant Bertrand Renouvin dans les années 80, était-il "intéressé par le royalisme". Il semble même qu'il ait été possesseur d'une carte d'Etudiant d'A.F. pour l'année scolaire 1934-1935, selon le témoignage de Georges Calzant, alors vice-président de la Fédération Nationale des Etudiants Collégiens et Lycéens d'Action française", carte qu'il n'a pas renouvelée à la rentrée 1935.



En mars 1939, lecteur régulier du journal "Courrier Royal" édité par la Maison de France, Mitterrand, avec plusieurs amis monarchistes, va rencontrer le Comte de Paris en Belgique, terre d'exil du Prétendant à la Couronne de France: voilà ce qu'en dit, des années après, Mitterrand : "L'homme était sympathique, charmeur, il avait le prestige de sa lignée. J'ai noué avec lui une relation qui dure jusqu'à aujourd'hui" (cf le livre de Pierre Péan).




Je me souviens avoir rencontré dans les années 80, dans les rues de Rennes, un ancien compagnon de captivité de Mitterrand (en 1940-41, en stalag en Allemagne) qui m'a affirmé, en parlant des idées de celui qui était alors président de la République, que celles-ci étaient plus proches des miennes que je ne le croyais... Cela m'avait, alors, beaucoup surpris...

 


 

postheadericon Famine au Kenya.

Une information est passée inaperçue après les fêtes, et pourtant, elle aurait mérité une grande diffusion: la famine menace 2,5 millions de personnes au nord-est du Kenya, en raison de pluies insuffisantes depuis 2004.

 

Il est facile de "regretter" mais cela n'est pas suffisant. En effet, en cette période où l'on nous vante les mérites de la mondialisation et de la rapidité des communications, il est choquant de constater une certaine apathie des grandes puissances face à ce problème de la sous-alimentation, voire une lourde indifférence. Il serait pourtant nécessaire d'organiser des institutions internationales capables, non seulement de prévenir (celles-ci existent déjà), mais de mettre en place très rapidement, avec l'aide de quelques Etats volontaires et prêts à mettre à disposition une flotte (par exemple) d'avions gros-porteurs ou d'autres moyens techniques, de véritables ponts aériens avec les zones en grande détresse alimentaire, sur des périodes courtes mais suffisantes pour, sinon régler le problème, au moins éviter le pire. La France pourrait proposer une initiative en ce sens, et cela provoquerait peut-être une prise de conscience des autres pays économiquement puissants et, donc, susceptibles de pouvoir s'engager dans cette structure destinée à répondre aux urgences alimentaires, surtout quand elles menacent la vie de millions de personnes: cela vaut pour le Kenya mais aussi pour le Cachemire, doublement menacé par le froid et la faim.

 

Bien sûr, cette politique humanitaire ne peut pallier les insuffisances propres à tous les pays en difficulté, et c'est sur le long terme, par une politique intelligente et raisonnée de mise en valeur des territoires aujourd'hui menacés par les sécheresses ou les invasions de criquets (sans oublier les problèmes liès à des surpopulations locales qui affectent la disponibilité et le renouvellement des ressources naturelles ou agricoles), que les problèmes alimentaires pourront se faire moins dramatiques.

 

Il me semble que la France pourrait jouer un rôle plus important dans cette diplomatie humanitaire et permettre à des jeunes parfois désoeuvrés en certains quartiers défavorisés (mais pas seulement en ces endroits, loin de là) de participer à ces actions de "service humanitaire": cela pourrait être l'occasion de donner aussi un sens à la vie de beaucoup de jeunes qui souffrent aujourd'hui d'être considérés (ou de se considérer eux-mêmes) comme inutiles. Cela pourrait jouer le rôle intégrateur que l'école ou le service militaire, malgré tous ses défauts, jouaient jadis. Cet "investissement humanitaire", qui ne résoudrait pas là encore tous les problèmes (je ne crois pas aux "solutions-miracles" mais à des solutions multiples, complémentaires et pragmatiques, capables de "faire avancer les choses", là où c'est possible), me semble une idée à creuser. Encore faut-il que l'Etat donne l'impulsion ou, au moins, soutienne et développe ce qui existe déjà en ce domaine.

 

Sous l'ancienne Monarchie, le roi devait à ses sujets protection, justice et charité: l'Etat actuel, face au problème de la faim dans le monde (y compris, de façon moins extrême, dans notre pays), doit poser des actes forts et, au sens noble et exemplaire du terme, symboliques. Cela serait l'honneur de notre nation, celle-là même qui a donné des Pasteur, des Lyautey et des Charles de Foucauld. La République osera-t-elle cette politique qui ne sera pas de l'assistanat mais de "l'action vraie" contre les misères du monde ?

 

postheadericon Mon bilan politique pour 2005.

Cette année qui vient de disparaître des calendriers a marqué une reprise de mes activités politiques militantes, en particulier depuis le mois de juin dernier. Etait-ce une façon de fêter dignement mes 25 ans de royalisme ? Pourquoi pas ! En tout cas, j'ai cherché à faire progresser les idées qui me sont chères tout au long de ces derniers mois, avec plus ou moins de succès mais avec la ferme intention de poursuivre , à ma modeste mesure, cette "royalisation du pays" qui me semble fort nécessaire.

 

Le débat sur la Constitution européenne a occupé une part importante de mes activités à l'hiver et au printemps 2005. Il est vrai que cela faisait bien longtemps que le pays tout entier ne s'était préoccupé de politique et ce débat a "réveillé" l'envie de politique des citoyens, ce dont on ne peut que se féliciter: combien de personnes, en particulier des jeunes, se sont éveillées pour la première fois au débat politique en cette occasion ?

 

Quant à moi, qui doutait (et doute toujours) que ce traité constitutionnel européen soit la meilleure réponse aux enjeux et défis contemporains, j'ai eu l'occasion d'évoquer en janvier dernier à Perpignan "les positions de l'Action française face à la question européenne depuis la CECA": une conférence historique qui trouvait, en cette période, des accents très actuels.

 

Cette campagne référendaire fût aussi pour moi l'occasion de nombreuses discussions avec des personnes fort diverses, y compris des lycéens et des collègues, eux aussi fort partagés sur cette question constitutionnelle européenne. Des discussions souvent passionnantes, durant parfois plus de deux heures d'affilée dans les couloirs ou sur les pelouses du lycée.

 

Suite au remaniement ministériel de juin, M. Devedjian annonçait au début de ce mois qu'il souhaitait retrouver son siège de député: ce fût l'occasion de me lancer dans une campagne législative dans la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine et, par la même occasion, de me "lancer sur la Toile": ce blog fût la première action de la campagne mais pas la dernière, loin de là.

 

L'été 2005 fût "militant": affichages quasi-quotidiens, de la région parisienne à l'Ardèche, du Berry à ma chère Bretagne; rédactions et distributions de tracts, particulièrement sur la circonscription; participation à la session du Groupe de liaison royaliste et à l'Université d'été "Maxime Real del Sarte"; nombreuses notes sur ce blog; etc.

 

Septembre fût le mois le plus "lourd" sur le plan militant, le premier tour de l'élection se déroulant le 25 septembre: présence quasi-quotidienne sur les 4 villes de la circonscription (Antony; Bourg-la-Reine; Chatenay-Malabry et Sceaux). Quelques photos de cette campagne sont encore visibles sur le site www.royaliste92.com et un article rédigé par une journaliste indépendante (article intéressant et sympathique malgré quelques petites erreurs d'interprétation),  http://perso.wanadoo.fr/veronique.cassarin-grand/ , ainsi que sur www.lesmanantsduroi.com/articles/article6139.php .

 

78.000 professions de foi furent envoyées aux électeurs et plus de 20.000 tracts distribués, le principal objectif étant de faire connaître à un vaste et nouveau public les idées et propositions royalistes. Le résultat strictement électoral, lui, fût modeste, mais plutôt encourageant pour une première fois, sans beaucoup de moyens mais avec grande volonté : 255 voix, soit 0,94 % des suffrages exprimés. Surtout, cette campagne a permis à de nombreux jeunes royalistes de descendre dans la rue, de débattre directement avec les électeurs et de se former pratiquement à l'action électorale (même si elle n'est pas une fin en soi, mais un simple moyen d'action). Elle a aussi permis à des mouvements royalistes fort différents de se retrouver derrière un candidat d'abord royaliste, sans étiquette partisane d'un mouvement ou d'un autre, aussi sympathique qu'il me soit. Ce fût une expérience intéressante d'union royaliste concrète, sur le terrain, pour un objectif déterminé.

 

L'automne fût essentiellement centré sur les activités sur la Toile, en particulier autour du blog, de ses notes et de sa promotion, malgré des disponibilités en temps fort réduites. Le "café politique" initié par ce blog a démarré doucement en novembre dernier. La "crise des banlieues" a aussi été l'occasion de quelques articles et réunions, dont une fort mouvementée à Lyon en décembre.

 

Et maintenant ? L'année qui commence va être l'occasion de poursuivre des activités militantes sur la Toile et de continuer à travailler sur les "chantiers" royalistes, sur le plan des théories comme des propositions concrètes: ce blog s'en fera régulièrement l'écho. Bien sûr, je poursuis mes affichages et je prévois d'organiser des distributions de tracts sur la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine, mais aussi sur d'autres endroits comme la région versaillaise ou celle de Montfort-L'Amaury (entre autres). Mais j'ai aussi l'intention de reprendre mes recherches et mon travail d'archives et de publications sur l'histoire des royalistes depuis la Révolution française: un site internet consacré à ce sujet est en projet ainsi que de nouveaux articles pour la revue "Lys rouge" à laquelle je participe. En somme, 2006 ne sera pas une "année blanche" même s'il est possible que les nuits blanches, elles, se multiplient...

 

P.S.: les notes les plus intéressantes de ce blog seront regroupées dans un petit recueil imprimé, ainsi que les meilleurs débats suscités par celles-ci.

 

postheadericon Manque d'eau.

Après la sécheresse de 2005, sans doute faut-il s'attendre à une sécheresse pire cette année, ne serait-ce que parce que, dans de nombreuses régions françaises, les précipitations de cet automne n'ont pas atteint 30 % de ce qu'elles sont d'ordinaire, ce que signale "Le Monde" dans son édition de samedi.

 

Aussi, c'est dès maintenant qu'il faut agir pour atténuer les effets de cette situation sur nos campagnes et pour les populations, urbaines comme rurales. Une nouvelle gestion de l'eau s'avère nécessaire, plus axée sur les économies et une meilleure répartition des quantités distribuées. Intensifier les campagnes d'information et de responsabilisation du grand public mais aussi des agriculteurs et des industriels, est une nécessité. Il n'est pas certain que cela soit suffisant, malheureusement, mais au moins faut-il le faire. Tout comme il est urgent, avec les agriculteurs, de réfléchir à des productions agricoles moins consommatrices d'eau: à plus ou moins long terme, le maïs devrait céder la place à des cultures moins exigeantes en eau. D'autre part, sans doute faut-il mettre en place une nouvelle politique de l'irrigation, en réduisant la pratique trop gaspilleuse de l'irrigation par aspersion et en privilégiant celle du "goutte-à-goutte", par exemple.

 

Il faudra aussi réfléchir, là aussi, à un aménagement intelligent du territoire: est-il logique de poursuivre, dans certains endroits, une rurbanisation qui entraîne une trop forte pression de la demande en eau (et, donc, des difficultés croissantes à assurer la distribution de celle-ci de façon satisfaisante et équitable) tandis que d'autres zones, pourtant bien pourvues en sources ou en moyens de distribution d'eau, continuent à se vider, faute d'une politique de soutien et de renforcement des services publics dans ces campagnes dites "profondes" ?

 

Mais il y a aussi une absurdité politique sur cette question. Alors que l'on sait que "gouverner, c'est prévoir" et que c'est aussi "prévenir", la ministre de l'écologie Nelly Olin, qui ne cesse d'alerter sur la sécheresse à venir, annonce dans le même temps que l'examen à l'Assemblée nationale de la loi sur l'eau (qui évoque justement la gestion des sécheresses) est reporté au mois d'avril... Or, avril, c'est fort tard, surtout quand on connait les délais pour faire entrer une loi dans la pratique. Alors, pourquoi retarder ce qui est urgent et nécessaire ? S'agit-il, comme certains le murmurent, d'une "stratégie électorale" : les mesures annoncées, qui devraient faire appel à l'effort de chacun (agriculteurs, industriels, collectivités locales, particuliers) et seront parfois contraignantes,  ne prendraient ainsi effet qu'en ... 2007, après l'élection présidentielle. Si c'est cette seule raison qui explique ce report peu judicieux, cela n'est alors qu'une preuve supplémentaire de la démagogie d'une République qui méconnaît les intérêts réels du pays et de ses habitants pour satisfaire à quelques ambitions électoralistes... Ce n'est ni honnête, ni civique.

 
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