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postheadericon 2006

postheadericon Arcelor.

La récente OPA "inamicale" de Mittal sur l'entreprise Arcelor nous rappelle que le Marché est aujourd'hui le "maître" de l'économie mondiale, au détriment des économies nationales et des conditions sociales du monde ouvrier, considéré désormais comme une simple "variable d'ajustement". Il faut être clair : que Mittal Steel l'emporte, et c'est tout un pan de l'industrie française et européenne qui échappe à la France comme à l'Union Européenne, au profit d'une société, d'ailleurs plus "mondiale" (ou "apatride") qu'indienne...

 

Malgré les propos rassurants de Lakshmi Mittal, on peut légitimement s'inquiéter des perspectives pour l'emploi d'une telle opération: doit-on rappeler comment Mittal s'est développé dans les années 90 et quel sort fut, en définitive, réservé aux salariés des entreprises rachetées ? Mittal ne passe pas particulièrement pour être un philantrope...

 

Il est tout de même surprenant de constater comment l'Etat français, au moment de la privatisation d'Usinor (qui s'est fondu avec d'autres entreprises européennes pour créer Arcelor), n'a pas conservé de moyen de pression, par exemple sous la forme d'une participation actionnariale, alors que des milliards de francs de fonds publics (c'est-à-dire financés par l'impôt...) ont été engloutis dans cette entreprise dans les années 80-90 pour lui permettre de survivre, de maintenir une activité industrielle dans des régions déjà fortement éprouvées par la désindustrialisation.

 

Aussi, le "patriotisme économique" évoqué par M. de Villepin, s'il n'est pas soutenu par un "projet novateur" et conquêrant (ne serait-ce que de reconquête du Marché intérieur en France et, plus largement, en Europe, dans un premier temps), s'il n'est pas d'abord soutenu par une volonté politique forte et décidée à garder la maîtrise du destin national, de la protection sociale de ses populations, ne sera qu'une illusion de plus, une de ces "grandes formules" qu'on agite quand on ne sait plus quoi faire ni quoi dire.

 

La France a besoin d'un Etat qui, sans verser dans l'étatisme ou le dirigisme, soit capable de volonté, d' imagination, de projets; un Etat politique qui, malgré les oukazes des partisans du "Tout-Marché" et du néolibéralisme, soit aussi soucieux du sort des populations ouvrières qui vivent et travaillent sur son territoire; un Etat qui n'hésite pas à engager de grands chantiers industriels, dans le cadre, par exemple, de l'Aménagement du territoire ou de la communication.

 

En somme, un Etat qui ne soit plus la proie des partis ou des hommes d'argent, mais qui soit libre de ses décisions régaliennes, au service des intérêts de chacun, dans la longue suite des générations.

 

postheadericon Le risque démocratique.

Jeudi matin, alors que je me rendais au lycée, la radio annonçait, vers 7h30, la victoire supposée du Fatah aux élections palestiniennes, par 42 % contre 35 % au Hamas des islamistes. Alors que j'allais sortir de voiture, une information nouvelle bouleversait la donne et semait la panique parmi des commentateurs qui n'avaient rien vu venir: le Fatah reconnaissait la victoire, écrasante, des islamistes...

 

Ainsi, démocratiquement, c'est-à-dire par la voie des urnes, les électeurs palestiniens, dans leur grande majorité, ont choisi d'accorder leurs suffrages aux islamistes, à ceux-là mêmes qui, officiellement, dénie à une nation, Israël, de vivre, d'exister; à ceux-là mêmes qui, à Bethléem, ont décidé de faire payer un impôt à ceux qui ne sont pas musulmans; à ceux-là mêmes qui veulent l'application de la Charia, la loi islamique, sur la société palestinienne et qui obligent les femmes au port du voile...

 

Ce n'est pas la première fois dans l'Histoire que la démocratie sert de marche-pied à des mouvements extrêmistes ou totalitaires, parfois au sein même de l'Europe, aux portes de la France. Ce n'est pas la première fois qu'elle "légitime", au nom de la majorité des suffrages exprimés, au nom de cette "volonté générale" chère à Rousseau, des idéologies pourtant reconnues et dénoncées comme dangereuses.

 

Ainsi, il faut bien reconnaître que, parfois, la démocratie n'est pas un obstacle au "pire" et, même, au contraire, elle peut servir de "bouclier" à ces élus "par le Peuple", puisque ceux-ci peuvent se prévaloir d'être choisis par "le plus grand nombre", principe de base de la démocratie. Ainsi la formule, terrible, de l'écrivain royaliste Georges Bernanos, qui énonce que "les totalitarismes sont les fils de la démocratie", trouve ici une redoutable confirmation. Il est heureux que la démocratie ait d'autres fils...

 

Mais, dans un monde où elle est souvent trop sacralisée pour pouvoir être discutée, les résultats électoraux de Palestine, sans pour autant préjuger de l'évolution future du Hamas et de ses positions, nous rappellent que la démocratie n'est pas toujours "la" solution mais parfois un "problème" dont la solution elle-même peut être extérieure aux principes démocratiques... Reste à penser, ainsi, les possibilités et les formes, civiques et intellectuelles, de cette "post-démocratie" qui s'annonce...

 

postheadericon 2005, année chaude...

Non, il ne s'agit pas des "banlieues", mais de la chaleur sur le globe : "Le Monde" nous apprend, dans son édition électronique du 25 janvier, que "2005 a été l'année la plus chaude depuis plus d'un siècle", alors que 2002, 2003 et 2004 ont, elles aussi, été plus chaudes que les années des décennies précédentes.

 

D'après les scientifiques, ce réchauffement serait lié aux émissions de gaz à effet de serre, donc aux activités humaines, en particulier industrielles mais aussi commerciales et domestiques. Ce constat n'est pas vraiment rassurant, mais cela ne semble guère émouvoir les opinions publiques, ni certains Etats comme les Etats-Unis, l'Inde ou la Chine, considérés comme les plus gros pollueurs de la planète.

 

Alors, que faire ? Sans doute faudrait-il déjà, en France, donner l'exemple d'une véritable politique écologique visant à la réduction des gaz à effet de serre, par une mise en valeur des énergies renouvelables et de la recherche en ce domaine: l'un des grands projets de la France pourrait être de remplacer en dix ans tout, ou presque, le parc des transports routiers (camions, autobus et voitures) fonctionnant aujourd'hui au pétrole par des véhicules hybrides (électrique-essence) ou utilisant d'autres sources d'énergie (gaz; biocarburants, etc.). Un autre grand projet pourrait être le développement du ferroutage et du transport combiné en France, dans des délais relativement courts, ce qui aurait l'avantage de repenser et de réactiver l'Aménagement du territoire. D'autre part, de multiples pistes énergétiques restent à "creuser", ne serait-ce que celles des courants marins, par exemple (une piste actuellement étudiée par nos voisins britanniques). Sans négliger les nécessaires changements dans les modes de consommation des populations...

 

Encore faudrait-il que la volonté politique de l'Etat soit claire et que les grands discours sur ce thème soient suivis, non plus d'effets d'annonce, mais de véritables effets et efforts. Il n'est pas certain qu'une République qui ne pense qu'aux "prochaines élections" et au moyen de conquêrir ou de conserver la magistrature suprême, objet de toutes les convoitises, soit la mieux placée, institutionnellement parlant, pour engager cette nécessaire politique "écoloraisonnable"...

 

postheadericon TVA et Union Européenne.

L'échec français à faire accepter par l'Union européenne une baisse à 5,5 % de la TVA sur la restauration est un véritable camouflet pour M. Jacques Chirac. Que cela soit l'Allemagne, à travers le gouvernement d'Angela Merkel, qui en soit la cause n'est guère rassurant quant à l'orientation de la politique allemande, désormais peu décidée à plaire à notre pays, et quant au poids de la France dans l'U.E.

 

Mais n'y a-t-il pas une erreur de stratégie pour la France de mettre tous ses oeufs dans le même panier ? A force de ne croire "qu'en" l'U.E., de ne se vouloir plus qu'un simple "partenaire" au sein de l'Union bleue étoilée, la France ne se prive-t-elle pas d' ouvertures stratégiques intéressantes vers d'autres pays d'Europe (je pense, entre autres, à la Russie) et du "Sud" ?

 

Après tout, l'U.E. n'est peut-être qu'un "moment" de la scène européenne et mondiale, et non la "fin de l'Histoire" de la France, comme certains disciples de Monnet et Schuman le proclamaient il y a peu encore. "Les alliances sont saisonnières" affirmait le général de Gaulle: il ne serait pas inutile de méditer cette étrange formule...

 

Qu'on me comprenne bien : il ne s'agit pas pour moi de prôner la disparition de l'U.E., ou d'appeler au retrait de la France de cet ensemble imparfait, mais de réfléchir à une nouvelle politique dans l'U.E. et au-delà de celle-ci. Cela éviterait, d'une part, des dérives trop "européistes", trop idéologiques (les réalités s'accordent souvent mal aux idéologies...) pour être politiquement efficaces; d'autre part, des désillusions cruelles quand la France ne peut plus décider, même si c'est parfois à tort (les Etats ne sont pas infaillibles non plus...), de sa propre politique économique, fiscale ou sociale, prisonnière qu'elle est d'un système "trop dur pour ce qu'il a de mou, trop mou pour ce qu'il a de dur", d'un système qui ne met pas en valeur les intérêts nationaux, ni la souveraîneté des politiques d'Etat.

 

Le grand débat sur la nature de l'U.E., sur le rôle que la France peut y jouer (et la France n'est pas seule dans cette partie), sur la stratégie d'avenir possible de l'une et de l'autre, de l'une avec l'autre ou de l'une par rapport à l'autre, ce débat éminemment politique n'a été qu'ébauché en 2005 lors de la campagne référendaire : il me semble utile, pourtant, de le reprendre et, surtout, de l'approfondir.

 

La querelle sur la TVA à taux réduit peut, et en cela elle ne sera pas totalement négative, en fournir une nouvelle occasion, ne serait-ce que pour poser, même dans l'urgence, une définition et une application de la subsidiarité qui pourrait, en France comme en Europe, satisfaire les uns sans gêner les autres.

 

postheadericon Chirac-Merkel à Versailles.

M. Chirac, président de la République, reçoit Mme Merkel, chancelière d'Allemagne, à Versailles et a inauguré avec elle, au château, une exposition sur les trésors de Dresde. C'est la première fois depuis 1965 qu'un président reçoit en ces lieux un chef de gouvernement étranger pour un tête-à-tête politique.

 

Ainsi, la République, aujourd'hui "souffrante", se cherche un peu de chaleur et de gloire au soleil du "Grand Roi"...

 

Quelle ironie, quel aveu...

 
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