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postheadericon 2006

postheadericon La tentation législatrice.

J'ai déjà évoqué l'affaire des caricatures du Prophète Mahomet dans une note précédente. Mais, depuis deux semaines, cette affaire, à l'origine "danoise", a donné lieu à un vaste débat (ou plutôt "ensemble de débats") en Europe comme dans le monde entier, voire parfois à des violences qui ne laissent pas forcèment bien augurer de la suite des événements.

 

Mais, ce qui me paraît aussi inquiétant, malgré tout le respect que je porte aux croyants tout en combattant fermement les islamistes (pour des raisons autant politiques que philosophiques), c'est la volonté de certains d'entre eux de vouloir passer par le législateur pour faire condamner, officiellement et légalement, ce qu'ils qualifient d'"islamophobie". Or, et on le constate déjà avec le "délit d'homophobie", cette loi,  dont ils demandent la rédaction et le vote, risque de limiter les possibilités du débat et du dialogue, autant entre citoyens qu'entre communautés et institutions : car, où commence et où finit un tel "délit" ? Si, par exemple, je montre dans un cours sur l'Islam médiéval une représentation persane de Mahomet (puisque, dans la tradition persane, le Prophète peut être représenté), serai-je passible des tribunaux, puisque c'est cette représentation qui, pour les sunnites, pose problème ? Si j'évoque les débats sur la vie et la personnalité de Mahomet, serai-je condamné pour avoir blasphémé, alors même que je ne suis pourtant pas musulman et, dans ce cas, seulement professeur d'Histoire ?

 

Non, décidément, je ne crois pas que cette tentation de régler le débat sur l'Islam par une loi sur "l'islamophobie" soit une bonne chose. En religion comme en politique, le débat, le libre débat, avec tout ce qu'il a parfois de difficile, voire de blessant quand l'adversaire s'en prend aux "défauts de la cuirasse", à vos plus intimes convictions, est une nécessité pour la compréhension entre les uns et les autres, pour la réflexion (politique, philosophique, économique...) et, même, pour (là où c'est possible) faire avancer les choses, faire l'Histoire, ou, au moins, en infléchir le cours. Je crois au libre débat, et j'use de cette possibilité que m'offre aussi ce blog...

 

postheadericon Quelques affiches royalistes...

Il est toujours agréable de constater que ce que l'on fait n'est pas toujours inutile... Un petit exemple : considérant que le discours n'est rien sans la diffusion de celui-ci, il m'arrive fréquemment de coller des affiches dans les villes ou villages que je traverse ou qui sont non loin de ma résidence du moment.

 

Ainsi, au cours du mois de décembre, j'ai affiché dans des communes proches de Thoiry : Flexanville; Autouillet; Auteuil-le-Roi; La Queue-lez-Yvelines; Montfort-L'Amaury; Neauphle-le-Chateau; etc. Près de 2 mois après, la plupart de mes affiches sont encore visibles, un peu délavées parfois, mais bien lisibles, ce qui est le plus important. Bien sûr, d'autres ont été recouvertes ou déchirées, mais qu'importe, elles ne sont pas les plus nombreuses, pour une fois.

 

Néanmoins, je n'en tire pas de conséquences hasardeuses : tous les villages évoqués plus haut ne sont pas subitement devenus royalistes ! Mais la persistance de mes affiches montre que le royalisme ne provoque pas de rejet brutal ni d'attitude sectaire quand ses messages se font simples et clairs. Bien sûr, certains parleront d'indifférence à notre égard ou du fait que nous ne soyons pas gênants, ce qui n'est pas totalement faux, eu égard à la faiblesse de nos effectifs et à notre visibilité fort réduite... Mais il me semble que, là aussi, c'est par un travail quotidien, par tous les moyens qui nous sont donnés, que nous nous ferons entendre et, j'espère, apprécier.

 

Pour moi, le royalisme ne doit pas être une simple attitude intellectuelle, mais une action militante quotidienne permanente (la fameuse interrogation quotidienne de Georges Bernanos : aujourd'hui, qu'ai-je fait pour le Roi ? ) qui peut prendre plusieurs formes, du collage d'affiches à la rédaction d'une note pour le blog ou à la participation à un forum sur la Toile, de l'écriture d'un article à la distribution de tracts à la sortie d'une gare, etc.

 

En pleine "Présidentielle permanente", montrer la possibilité d'un "autre Etat", fondé sur la succession héréditaire et la notion de "service" me semble plus que jamais nécessaire.

 

postheadericon Défense de la frontière.

 

La revue royaliste "Les épées" vient de consacrer son nouveau numéro, le 18ème, à la notion de "frontière". A l'heure où il est de bon ton de nier son importance et de vanter la mondialisation sans limites, ce numéro évoque quelques thèmes "politiquement incorrects".


Il me semble intéressant de citer quelques extraits de cette revue, signés de l'universitaire E. Marsala : "Recourir à la frontière, c'est se réfugier dans la cape du souverain, en appeler à la volonté et à la politique contre la fatalité et la force. Alors que le libéralisme met en concurrence tous les peuples sous le joug du capital, la patrie apparaît plus que jamais comme la seule richesse du pauvre. La maîtrise de son destin, la défense du bien commun, supposent préalablement l'existence d'une communauté. Or il n'y a pas de communauté libre sans Etat souverain ni d'Etat souverain sans frontière. Aux sceptiques un rappel : parce que la frontière garde un ordre en son sein, elle permet aussi d'y échapper, de le fuir. Parce qu'il est un ailleurs, il y a une liberté possible dût-elle avoir le goût amer de l'exil. Mais lorsqu'il n'est plus de frontières, il n'y a plus que le pouvoir de l'argent et de la force. Lorsque le même oeil regardera par-dessus toutes les montagnes, que la même police contrôlera toutes les foules, alors espérons qu'il restera au moins la frontière du monde sauvage, pour que les forêts offrent aux hommes libres un ultime refuge contre la tyrannie".


Cela me rappelle l'inquiétude de l'écrivain Ernst Junger qui, lui-aussi, craignait ce monde "global", sans frontière ni refuge, et l'idéologie unique de ce monde, idéologie que j'ai jadis qualifié de "globalitarisme", et que, dans son beau roman intitulé "Globalia", Jean-Christophe Rufin dénonce à son tour...


P.S.: voici l'adresse de la revue : www.lesepees.com .


 

postheadericon Sondages et suffrage.

Depuis que je m'intéresse à la politique, je reste méfiant à l'égard des sondages, qui m'apparaissent le plus souvent comme un moyen d'influencer ou de manipuler (y compris par réaction) plus que comme une photo exacte de l'Opinion sur le long terme, par son principe même de l'instantanéité.

 

Je retrouve ces jours-ci le même sentiment sous la plume de Laurent Fabius, lui-même souvent "victime" des sondages de popularité (et d'impopularité...): "Entre les sondages et le vote réel, la différence est la même qu'entre astrologie et astronomie". Souvenons-nous que, durant cinq ans, de 1997 à 2002, les sondages prévoyaient un duel Chirac-Jospin et annonçaient la victoire du candidat socialiste (la "présidentielle permanente" ne date pas d'hier, comme on le voit...) au second tour. On sait ce qu'il en advint...

 

En fait, souvent (mais pas toujours, il faut le reconnaître) les sondages sont le reflet des désirs des élites, et du "pays légal": mais la réalité en politique est évolutive, et la vérité de la veille est démentie par le lendemain. Aussi, je reste prudent à l'égard des sondages actuels sur l'élection présidentielle d'avril 2007: le "sondage universel" n'est pas le suffrage universel. Et, en ce domaine comme en d'autres, "prudence est mère de sûreté"...

 

postheadericon Ségolène Royal et les enseignants.

La plupart des enseignants (mais pas tous: je suis prof, et royaliste...) se disent "de gauche". C'est d'ailleurs plus une posture ou une habitude qu'un véritable engagement politique réfléchi. En tout cas, le Parti socialiste a longtemps "chouchouté", parfois bien mal à propos, ce public particulier.

Mais Ségolène Royal risque, après Claude Allègre, lui aussi socialiste, de s'attirer les foudres des professeurs après ses récents propos sur le temps de travail des enseignants : effectivement, elle relance l'idée d'une plus grande présence de ceux-ci sur leur lieu d'enseignement, en indiquant qu'il faudra bien qu'ils se mettent aux 35 heures. Ainsi, elle reprend un discours désormais classique qui fait des profs des "hommes-à-tout-faire" dans l'école : "ceux-ci ne peuvent plus se contenter de transmettre du ou des savoirs: il leur incombe aussi un rôle d'animateur, de dialogue avec les enfants et les parents(...)", explique-t-elle. Autant le dialogue avec les élèves et les parents peut être intéressant, mais nous le faisons déjà, autant le rôle d'"animateur" me laisse perplexe : s'agit-il juste "d'occuper" des enfants pour éviter à leurs parents d'avoir à le faire, ou bien, ce qui serait plus utile, de mettre en place des activités de "soutien scolaire" ou de "découverte culturelle (avec un objectif d'intégration à la communauté de civilisation française)", en particulier pour les élèves en difficulté ou, plus simplement, volontaires ?

Malheureusement, il me semble que Madame Royal n'a pas d'idées très claires sur ce sujet et qu'il s'agit juste pour elle de s'attirer les bonnes grâces d'une partie de l'électorat qui considère, souvent à tort, que les profs sont responsables de l'échec scolaire et qu'il est scandaleux qu'ils ne travaillent "que" 18 heures par semaine, alors que, on l'oublie trop souvent, ce temps devant élèves n'est qu'une partie du travail des enseignants: reste le temps des préparations de cours, de corrections, etc. (on dépasse facilement, quand on le veut, les 40 heures hebdomadaires).

Personnellement, s'il nous est demain demandé d'encadrer des élèves dans, par exemple, leurs recherches documentaires ou l'approfondissement des cours, ou encore par la tenue de "formations supplémentaires à la culture générale", cela ne me dérange pas de le faire au-delà de mes heures officielles de cours. Mais, s'il s'agit juste de nous donner des classes supplémentaires pour "faire des économies", je ne pense pas, mais pas du tout, que cela soit une bonne idée, ni pour les enseignants, ni pour les élèves.

 
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