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postheadericon 2008

postheadericon La chance d'un pétrole cher ?

Le baril de pétrole a franchi la semaine dernière la barre symbolique de 100 dollars. Cela n’est pas forcément une mauvaise nouvelle si les Etats en profitent pour impulser une nouvelle politique de l’énergie et des transports basée sur la sobriété et le partage, la mise en commun des modes de déplacement, dans la mesure du possible et le respect des libertés de chacun. En somme, cette hausse prévisible des prix de l’énergie peut même apparaître comme une véritable chance si nos entreprises, soutenues par une action intelligente des pouvoirs publics, savent saisir l’occasion de faire avancer la recherche et de développer des alternatives au « tout-pétrole ». Pour l’instant, les marques françaises sont en retrait par rapport aux sociétés japonaises comme Toyota, qui a joué précocement la carte de la voiture hybride, ou par rapport à la marque indienne Tata qui vient de prendre en main la commercialisation prochaine de la voiture à air comprimé, créée par un ingénieur français qui n’a pas trouvé parmi nos entreprises nationales de débouché… (Voir la note suivante : http://www.leblogauto.com/2007/02/mdi-moteurs-a-air-comprime-en-inde.html ). C’est là que l’on peut regretter l’absence d’une politique audacieuse et « colbertiste » de l’Etat telle que celle pratiquée sous la présidence de Gaulle : le libéralisme français trouve là une de ses limites, périlleuse à moyen terme si l’on n’y remédie pas.

 

postheadericon Des opposants à la logique inéluctable de la construction européenne...

Dans une précédente note, j’ai commencé à évoquer les remarques que me suscite l’article de Catherine Chatignoux sur la construction européenne ; en voici la suite, à partir de la 2ème remarque…

 

 

2° : Comme je l’ai écrit en 1°, il n’y a pas de « sens de l’Histoire », c’est-à-dire de « sens obligatoire », d’inéluctabilité politique. Mais d’autre part, contrairement à ce que croit Catherine Chatignoux, il est des gens qui contestent la direction et le caractère obligatoire que prend cette construction européenne, et le fait qu’ils soient minoritaires, souvent adversaires les uns des autres, parfois de mauvaise foi, n’enlèvent rien à l’existence d’un courant sceptique à l’égard de cette construction artificielle. Le problème est sans doute qu’il n’a pas grande visibilité ni lisibilité et que, dans la plupart des cas, il s’agit d’un sentiment d’hostilité confus et qui ne propose aucune alternative crédible. J’ai bien dit « dans la plupart des cas », ce qui signifie que, heureusement, ce n’est pas dans la totalité des cas… Effectivement, il est, à gauche comme à droite, des personnes qui réfléchissent au sort de la France (et, plus largement, des nations et des Etats politiques) au-delà même du sort de l’Union européenne et qui ne confondent pas l’une avec l’autre, l’une dans l’autre. Il suffit de lire, par exemple, le périodique de Paul-Marie Coûteaux, le « créateur » en France du concept de « souverainisme », ou de lire les livres de Jean-Pierre Chevènement pour s’en rendre compte. Le site www.lesmanantsduroi.com y fait régulièrement référence, ainsi qu’au général Gallois, l’un des fondateurs de la doctrine de dissuasion nucléaire française appliquée par le président de Gaulle. Par contre, d’autres contestataires se contentent de râler sans rien proposer : attitude vaine sur le long terme mais parfois, on l’a vu en 2005 dans certains débats sur le traité constitutionnel, fort efficace sur le court…

La géopolitique n’est peut-être pas une science mais elle est, en tout cas, éminemment politique, et c’est son étude et la recherche prospective en ce domaine qui peuvent ouvrir, proposer, pratiquer des voies nouvelles, et sortir des impasses actuelles, de cet élargissement sans fin ni fond qui transforme l’UE en un grand Marché impolitique, tenté par la seule « alliance occidentale » qui ferait des Etats-Unis le maître de cet ensemble économique européen… Se contenter de cette « logique historique inéluctable de la construction de cette Europe élargie », comme le dit Mme Chatignoux, serait suicidaire pour nos sociétés politiques. Les quelques opposants à cette logique l’ont compris, même confusément pour la plupart.

Le jour où il n’y aura plus personne pour remettre en cause cette « logique inéluctable », c’est qu’il n’y aura plus personne pour remettre en ordre les équilibres dans les relations internationales…

Attention néanmoins à ne pas commettre une erreur d’interprétation de mes propos : je ne suis pas un « idéologue » ou un « artificialiste » qui oublieraient les réalités et bâtirait un « ordre idéal » sur quelques idées fumeuses. Aujourd’hui, c’est à partir de la construction européenne et de ce que j’en vois et en pressens que je raisonne, tout comme à partir des réalités et des situations géopolitiques que je conteste cette « logique » ou, plutôt, son inéluctabilité comme je l’ai évoqué dans le 1°. C’est parce que je constate que la construction européenne actuelle se fait de manière idéologique et sur la base de préjugés, en particulier économiques, que je suis réservé à son égard, voire fort critique. S’agit-il, pour autant, de la défaire ? La réponse n’est pas si simple…

 

 

(à suivre)

 

postheadericon Pas de sens obligatoire de l'Histoire.


2008 sera une année européenne, qu’on le veuille ou non, dans le sens que c’est cette année-là qui doit voir la ratification de la Constitution européenne, plus exactement du traité modificatif signé à Lisbonne en décembre, traité qui reprend les grandes lignes de la précédente mouture née sous la direction de M. Giscard d’Estaing. C’est aussi celle pendant laquelle la Slovénie, qui préside l’Union européenne, va chercher à accélérer l’entrée dans l’UE des différents pays des Balkans et, pourquoi pas, de l’Ukraine, voire de la Géorgie, dans une sorte de fuite en avant qui se marque plus par un élargissement frénétique plus que par un approfondissement raisonné : c’est d’ailleurs ce que signale Catherine Chatignoux dans un article, certes européiste mais fort réaliste, paru dans « Les échos » du vendredi 4-samedi 5 janvier 2008. Ainsi, elle écrit : « L’élargissement de l’Europe ne fait donc aucun doute. Et, à l’exception peut-être de la Turquie dont le rattachement à l’Europe pose un vrai problème géographique et politique, personne sur le Vieux Continent ne conteste la logique historique inéluctable de la construction de cette Europe élargie. Ce qui reste vague, en revanche, c’est le projet. Plus l’ensemble s’élargit, plus il perd en cohérence. Plus il est hétéroclite, plus le projet commun perd en consistance. Cette question-là reste taboue. Et si elle n’a jamais été abordée, c’est parce qu’elle divise, profondément. Certains pays membres se contenteront d’un marché de plus d’un demi-milliard d’habitants, vaguement harmonisé. D’autres rêvent d’une Union plus intégrée où s’organisent des politiques communes qui poussent à la convergence des niveaux de vie et des valeurs. Entre élargissement et approfondissement, l’Union européenne a toujours balancé. La pression de l’histoire et l’absence de volonté politique sont en train de la faire basculer inexorablement du côté de la facilité. »

Plusieurs remarques s’imposent :

1° : La « logique historique inéluctable » de la construction européenne n’est pas autre chose qu’une forme de messianisme géopolitique qui s’appuie sur une idée jadis récupérée par les marxistes et les régimes qui se réclamaient de Lénine, c’est-à-dire « le sens de l’histoire » qui devrait forcément mener à un nouvel Eden pour l’humanité, en l’occurrence un monde sans Etats ni classes, globalisé et libéralisé, dont l’UE serait une étape obligatoire… Or, l’Histoire nous enseigne plus d’humilité et son étude doit nous rappeler qu’elle est pleine de surprises et de retournements : si elle peut être prévisible, elle n’en reste pas moins le règne de l’inattendu : elle n’est jamais écrite une fois pour toutes ! Ne reproduisons pas l’erreur occidentale de la « fin de l’Histoire » qui a illusionné les années 90 avant les réveils tragiques des guerres en Yougoslavie et du 11 septembre 2001… Se limiter à un seul « avenir possible » c’est se condamner à ne pas se préparer à l’avenir concret et à se laisser aller au fil de l’Histoire comme le chien crevé au fil de l’eau comme s’il s’agissait d’un long fleuve toujours tranquille. D’autre part, c’est faire peu de cas du Politique et de son sens profond, de son autonomie indispensable qui doit lui permettre de ne pas être qu’un appendice de l’Economie. C’est négliger les hommes, les peuples, les nations, les mémoires, les idées…

J’ai à maintes reprises évoqué d’autres « avenirs possibles », parfois plus prévisibles qu’on le dit généralement… D’où mon rappel fréquent de cette formule gaullienne : « les alliances sont saisonnières ». Ce qui n’empêche pas, bien sûr, de souligner les « lignes de force » de la géopolitique mais qui, justement, semblent négligées par les européistes, au risque de subir les revanches d’une Histoire parfois rancunière et colérique… Doit-on rappeler que ce qui était « impossible » aux yeux des européistes des années 20, des Aristide Briand et autres Jean Monnet, a balayé de la façon la plus terrible les rêves de la SDN et des « Etats-Unis d’Europe » (formule d’ailleurs reprise par les collaborationnistes parisiens des années 40, persuadés que « l’Europe » se faisait, illusion soutenue par la propagande de la « Grande Europe » hitlérienne…) ? Il ne faut jamais souhaiter le pire mais savoir qu’il reste toujours possible et s’en prémunir le plus qu’il est possible sans s’empêcher de vivre et, justement, pour vivre encore demain : l’espérance est une belle fleur qu’il faut soigner et protéger pour qu’elle donne sa plus belle floraison…



(à suivre)

 

postheadericon Les libertés et le Politique.

Je suis en Bretagne, à Rennes plus exactement, où j’ai installé mes « quartiers d’hiver » pour quelques jours encore. Les cafés dans lesquels je vais lire et écrire sont désormais entièrement non fumeurs et il est vrai que cela est plus agréable pour travailler. Contrairement à ce que certains disaient avant le 1er janvier, la mesure d’interdiction de fumer dans les bars et restaurants a été appliquée rapidement et sans résistances particulières, hormis peut-être dans les petits villages. Mes poumons en sont fort contents, il faut bien l’avouer, même si je n’étais pas forcément favorable à une telle interdiction générale, pour des raisons éthiques mais aussi politiques.

Ce qui est intéressant, c’est de noter la rapidité avec laquelle les résistances à cette mesure sont tombées, en une époque qui se vante toujours d’être celle des « rébellions » et des libertés individuelles, voire individualistes… Il est vrai que les amendes annoncées étaient dissuasives, en particulier pour le débitant de boissons : cela a suffi, semble-t-il, pour étouffer dans l’œuf toute velléité d’opposition.

Tout comme pour la sécurité routière et les radars fixes installés sur le bord des routes, c’est la force de frappe sur le porte-monnaie qui a été la plus efficace, et non l’esprit de responsabilité ou de liberté des personnes. Tant que l’Etat est capable de tenir cette force-là, il semble encore le maître alors, qu’en définitive, ce n’est sans doute déjà plus entièrement le cas, qu’il n’est plus, dans certains cas, qu’un exécutant des volontés de l’économique et non plus le lieu de la décision et de l’exécution politique. L’impression est aussi que l’Etat, en voie d’ « apolitisation », se contente de mesures morales ou humanitaires, ou de détruire tous les obstacles à la liberté des échanges et des services et au processus de globalisation et d’uniformisation actuel, tant vanté par nos « modernes »…

Cela m’amène à penser, de plus en plus fortement, que le déclin du Politique entraîne en définitive celui des libertés personnelles et de l’esprit de responsabilité qui doit ordonner celles-ci, de plus en plus menacés par un Système dont il est difficile de savoir où est le cœur car il distille un état d’esprit parmi tous. Du coup, c’est le « regard de chacun sur chacun, de tous sur tous » qui devient le meilleur moyen de contrôle social et l’Etat devient de moins en moins nécessaire et de moins en moins légitime aux yeux de citoyens qui se croient de plus en plus libres quand ils savent de moins en moins ce qu’est la liberté, en particulier dans le domaine de la réflexion politique ou de la dégustation gastronomique… Triomphe du « politiquement correct » qui n’a rien de très politique, d’ailleurs, car il confond sciemment politique et morale. L’exclamation d’un des fondateurs de « L’Action Française », Henri Vaugeois, « nous ne sommes pas des gens moraux », est aujourd’hui encore plus nécessaire qu’hier pour remettre les choses à leur place et éviter la fin du Politique qui serait la fin des libertés. Quand les anarchistes clament qu’il faut détruire l’Etat, confondant par cette formule le Politique avec celui-ci, ils commettent une dramatique erreur et ouvrent la voie à une loi de la jungle qui ne profite qu’aux forts : ils favorisent le néo-féodalisme contemporain tout en s’affirmant libertaires, ce que résume un propos de M. Deniau-Morat, anarchiste du début XXe siècle dans « Le Libertaire » du 1er septembre 1907 : « Quand bien même il serait avéré que l’établissement de notre bonheur est la proche disparition de l’espèce, nous serions encore pour notre bonheur »…

Le combat des prochaines années devra viser à refonder le Politique, et cela se fera aussi par un renforcement de l’Etat, non pas un engraissement déjà trop marqué, mais par un véritable travail de musculation et de reconquête intellectuelle. Les républicains et les démocrates, dont les motivations sont de plus en plus éloignées quand on y regarde bien, ne peuvent mener à bien cet ouvrage nécessaire : les républicains parce qu’ils se figent sur une idée stérile et dogmatique des devoirs et de la nature de l’Etat ; les démocrates parce qu’ils cherchent à déposséder l’Etat de ses prérogatives au profit d’une « société civile » aux contours flous…

Il faudra bien alors poser la question des institutions en France pour mener au mieux ce combat du Politique, et oser évoquer, voire mieux encore, la Monarchie « à la française », celle qui délivre l’Etat et lui rend sa force politique en l’émancipant des forces économiques et financières.

 

postheadericon 1er janvier de la fidélité...


Mardi 1er janvier, premier jour d’une année qui en annonce 366… Il est presque 8 heures et Paris est désert, à peine troublé par quelques rares voitures sur l’avenue de Rivoli. J’entre dans la cour du Louvre, palais des rois capétiens : là encore, personne, et même les pigeons semblent avoir pris congé… Ambiance tout à fait irréelle, vraiment particulière.

Je crois en la force des symboles comme Mitterrand croyait aux forces de l’esprit : aussi, au milieu de cette cour que nos rois d’antan traversaient pour se rendre à leur paroisse de Saint-germain l’Auxerrois, je lance à forte et intelligible voix, à trois reprises, comme une formule magique destinée à changer les formes de notre monde (au moins politique…), celle qui résume ma fidélité et mes espérances : « Vive le Roi ! ». Dans cette cour immobile, les mots s’appuient sur les murs pour rebondir et finir en roulement de tambour, comme si j’étais cent voix à la fois…

Toujours dans cette cour déserte, j’entonne à tue-tête le refrain de « La Royale » que n’entendront, cette fois encore, que les pavés et les murs et, peut-être, quelques vigiles cachés derrière les fenêtres du Louvre.

8 heures sonnent de je ne sais où, comme pour mettre un terme à cette cérémonie symbolique, et me voilà reparti vers le Quartier latin, sifflotant gaiement sur le pont des Arts et devant l’Académie française, reprenant le chant de « la Jeunesse Royaliste » composé par Théodore Botrel à la fin du XIXème siècle et le « Vive Henri IV », hymne traditionnel des monarchistes d’avant l’Action Française, sans oublier « le chant des Camelots du Roi » en arrivant rue Saint-André-des-arts (en particulier devant le 33…). Puis, je finis mon petit périple « de fidélité » devant la statue de celui qui en représente l’exact inverse, par ses multiples revirements et corruptions, et que les républicains, sans honte, ont voulu honorer au cœur du Paris des intellectuels, le régicide Danton… S’installer au pied de cette crapule et déployer les épreuves du numéro de « l’Action Française » à paraître est un acte, là encore, éminemment symbolique et un rien provocateur…

Tout cela s’est fait dans un Paris désert, avec pour seuls témoins quelques moineaux et corbeaux, et les multiples fantômes de l’Histoire qui hantent cette ville et en font aussi le charme.

Acte inutile ? Sans doute au regard de l’efficacité politique immédiate mais cette forme de rituel n’est pas, pour moi, négligeable, et il faut des temps consacrés à la méditation et à l’expression personnelle de cette fidélité qui anime tant ma vie et éclaire mes engagements.

Pour que cette année 2008 ne soit pas désespérante…