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postheadericon 2008

postheadericon La Monarchie ne réécrit pas l'histoire, elle l'assume.


L'Histoire est pleine de surprises et d'imprévus. Certes, la possibilité d'une instauration monarchique en France paraît fort lointaine et, surtout, difficile. Mais rien n'est impossible: l'exemple espagnol est la preuve que ce qui paraît improbable peut arriver. Pour la France, il y a le fort attachement des Français à 1789 et ses suites: c'est moins vrai aujourd'hui qu'il y a 20 ans. D'autre part, hormis le fait que la part "positive" de la Révolution selon l'opinion (qui n'a pas forcément raison au demeurant) est antérieure à l'établissement même de la République en 1792, une monarchie nouvelle n'aurait pas à rentrer en conflit avec l'Histoire, fût-elle désagréable pour les rois et les royalistes, mais à l'assumer (ce qui ne signifie pas pour autant s'y "rallier"..) et à la dépasser.

 

Le regret n'est pas une politique et la monarchie nouvelle, qui sera évidemment attendue sur ce point, devra veiller à ne pas être une nostalgie romantique. La monarchie devra être habile et faire ses preuves dans un délai fort court, mais l'impulsion d'une vaste décentralisation et d'une politique régalienne audacieuse peut lui permettre de s'ancrer dans le pays, comme cela s'est fait en Espagne en quelques années. Le point d'inconnu c'est évidemment l'"événement" fondateur de cette nouvelle monarchie. Encore faut-il aujourd'hui, en attendant ce moment, "dédramatiser" la monarchie, la rendre plus "lisible" aux Français en faisant tomber les préjugés. J'essaie, pour ma part, de le faire autour de moi et par mes écrits, et je prône une monarchie qui ne soit pas la caricature que nous apercevons trop souvent à travers les récits de la presse pipol ou par les hagiographies d’un certain royalisme irréel...


Quant au roi, qui serait-il? Un prince de la famille d'Orléans, le comte de Paris aujourd’hui, le prince Jean, son fils, demain, qui, discrètement, sillonnent la France et le monde pour écouter et proposer: ils sont formés à la politique depuis leur plus jeune âge et ils la considèrent comme un métier et un devoir. Ont-ils une chance? Ce n'est pas impossible...


Post-scriptum : une question m’a été posée hier sur ma position à l’égard d’une affiche des débuts de l’Action Française, affiche qui fait montre d’un extrémisme et de sentiments peu honorables, tout en vantant les mérites de la monarchie (affiche dont le texte a été lu et étudié dans le cours d’une collègue il y a peu). Si je suis effectivement devenu royaliste grâce à l’AF, je le suis resté aussi malgré l’AF et en cherchant à « défalquer le passif » de celle-ci, persuadé que le royalisme politique devait se nettoyer de certains déshonneurs qui entachaient gravement son histoire et l’empêchaient de peser intelligemment sur l’histoire et sur la politique concrète contemporaine. En somme, pour répondre à la question posée par cet élève de ma collègue madame M., je ne me reconnais pas dans cette affiche : si j’assume l’histoire des royalismes français, dans leurs diversités, différences, espérances et même errements et erreurs, je n’en accepte pas tous les aspects ni toutes les positions, comme le montrent mes écrits d’ici et mes propos de toujours, d’hier comme d’aujourd’hui.


 

postheadericon Décentralisation : réponse (incomplète) à Romain.

Un débat intéressant s’est engagé à travers les commentaires de ce blogue : ainsi, Romain m’a-t-il posé quelques objections auxquelles il me semble utile de répondre, sans esprit de polémique mais dans un souci d’échange et de partage intellectuel : en particulier quand il écrit qu’ « une question demeure : quand vous proposez "les pouvoirs locaux à la base, aux citoyens" s'agit-il d'une démocratie locale ? Auquel cas je pense que le problème des partis ne serait que déplacé, translaté du sommet à la base. ». Voici quelques éléments de réponse, avant un article postérieur plus long et argumenté que je pense rédiger aux environs de Noël sur le thème de la « France fédérale » :

L’une des principales doctrines des monarchistes du XIXe siècle fut la décentralisation, au point que le comte de Chambord, Henri V de jure, y consacra une de ses célèbres lettres politiques, et que le jeune Charles Maurras, fédéraliste d’origine provençale, parvint à la Monarchie par la réflexion sur les libertés locales et la nécessité d’y trouver une réponse institutionnelle. Autant dire que cette question est importante dans l’histoire comme dans la réflexion contemporaine des monarchistes, et qu’elle mérite attention, surtout au moment où la mondialisation semble bien uniformiser plus que diversifier…

La formule des « libertés à la base », libertés conjuguées et permises par « l’autorité au sommet », est bien celle d’une forme de démocratie locale mais sans forcément être celle d’une démocratie partisane qui serait juste la représentation à plus petite échelle des jeux de partis parisiens : en fait, rendre des pouvoirs aux communes et aux provinces (ou régions, le département étant appelé, dans un avenir plus ou moins proche, à disparaître), c’est réactiver les « républiques françaises » que l’ancienne Monarchie nationale acceptait et avec lesquelles elle composait, le roi se voulant « le père des peuples de France » jusqu’à la convocation des états-généraux de 1789, le pluriel (dans la formule) marquant la diversité reconnue du royaume et la paternité revendiquée du souverain l’unité de l’Etat.

Néanmoins, le risque est effectivement celui, double, d’une sorte de « féodalisation du pays » avec l’apparition de barons politiques locaux et d’une reproduction des jeux partisans à l’échelle locale : mais ce risque, dans le cadre d’un Etat fort (ce qui ne veut pas dire « autoritaire ») et qui a les moyens statutaires de « l’arbitrage », reste limité par la présence et l’incarnation de la magistrature suprême de l’Etat par un monarque qui, justement, ne doive rien aux jeux électoraux et à la flatterie de clientèles habituelles des partis. Que les partis poursuivent leurs manœuvres n’est pas, en soi, particulièrement gênant à partir du moment où les institutions locales ne sont pas que politiques et parlementaires mais également professionnelles et sociales : la décentralisation souhaitable ne doit pas être une simple déconcentration des jeux politiciens mais une véritable refonte des institutions communales et provinciales, limitant le rôle des partis par la mise en avant simultanée des syndicats, des associations professionnelles et sociales, et des citoyens eux-mêmes par la possibilité d’avoir recours aux « consultations référendaires locales » ou au « droit d’adresse » dont il appartiendra à chaque échelon administratif et politique de définir la nature et les possibilités, sans que celles-ci soient forcément identiques d’une région à l’autre. En somme, cette « fédéralisation » de la France est l’application concrète du fameux « principe de subsidiarité » évoqué, sans beaucoup de foi, dans le traité de Maëstricht des années 1990. Les partis y voient alors leur rôle fortement diminué au profit des autres corps locaux.

 

(à suivre)

 

postheadericon Royalistes, ou royalistes ?

J’en ai assez d’entendre parler dans tous les médias de « royalistes » pour évoquer les partisans de madame Royal, sans même de guillemets dans la presse écrite. Mais cela m’agace d’autant plus quand certains sites journalistiques sur la Toile censurent purement et simplement les commentaires qui rappellent le sens exact des mots.

Ainsi, le site de « Libération » qui, lundi 8 décembre, titrait un article sur le Parti socialiste par la « résistance royaliste » à la nouvelle direction du PS : j’avais alors écrit un petit commentaire de quelques lignes qui soulignait que le terme de royaliste avait un sens politique précis, celui de « partisan du roi, de la royauté », et que certains de ces royalistes, de sentiment comme de raison ou de tradition, s’étaient illustrés dans la Résistance, celle qui s’est manifestée en France contre l’occupant allemand entre 1940 et 1945, tels Honoré d’Estienne d’Orves (fusillé en 1941), le colonel Rémy, Jacques Renouvin (mort en déportation), ou Luc Robet (décédé en 1992), que j’ai personnellement connu lors de réunions de la Fédération Royaliste de Bretagne. Ce très court texte n’a pas eu l’heur de plaire au « modérateur » qui ne l’a pas accepté…

En fait, ce n’est pas la première fois que ce site censure des interventions royalistes et, en particulier, les miennes, comme si ce terme de « royaliste » était désormais réservé aux socialistes pourtant républicains (enfin, a priori…), et comme s’il fallait désormais « effacer » cette tradition politique monarchiste qui, depuis la Ière République, continue d’exister, de survivre (difficilement), certes presque invisible, mais bien réelle, toujours présente, au moins à travers quelques feuilles de chou (et ce n’est pas péjoratif !), certaines de grande qualité et pourvue d’un lectorat pas totalement insignifiant, mais aussi par quelques personnalités qui ne cachent pas leur attachement à la famille royale des Bourbons-Orléans et à ce qu’elle incarne d’espérance historique.

Le plus drôle (ou triste, c’est selon), c’est que les journalistes français qui se servent à tort et à travers d’un vocabulaire qu’ils ne comprennent sans doute pas vraiment, se sentent obligés, pour certains, de rajouter le qualificatif d’ « ultra » au mot de royaliste pour évoquer les manifestants thaïlandais des semaines dernières qui se référaient au roi Bhumibol (le doyen des monarques régnants aujourd’hui), sans doute pour faire la différence avec les partisans « raisonnables » de Ségolène Royal…

Bon, restons zen, et retournons la difficulté : régulièrement, la lecture du bimensuel « Royaliste » dans les cafés ou le métro me vaut des sourires entendus et des malentendus certains, et cela m’a aussi permis, maintes fois, de préciser le sens politique du terme et d’évoquer la monarchie à des personnes qui ne soupçonnaient pas qu’elle puisse être une piste institutionnelle contemporaine… Etonnant, non ?

 

postheadericon Avertissements sur l'environnement.

Je suis parfois désespéré lorsque je regarde, comme ce soir en DVD, les émissions du photographe Yann Arthus-Bertrand sur l'état de la planète et les dégradations que les activités humaines, agro-alimentaires ou industrielles, liées à la société de consommation, provoquent sur cette seule Terre vivante que nous connaissons. Désespéré, parce que ce ne sont pas les avertissements qui manquent mais que ceux-ci se heurtent à l'indifférence, parfois au déni, souvent à l'incrédulité ou au fatalisme.

Je comprends mieux, à cet égard, le chagrin en 1939 (à la déclaration de guerre) de ce vieux nationaliste français, ce Démosthène des années trente, qui n'a cessé de dénoncer les risques d'une nouvelle guerre avec l'Allemagne en pointant le réarmement allemand, le danger de cette unité de l'Allemagne maintenue après 1918, les menaces contenues dans le livre d'Hitler, « Mein Kampf », allant jusqu'à demander que ce manifeste nazi soit traduit en français pour avertir les Français du danger hitlérien car tout y était annoncé... En vain ! Maurras, Cassandre extrémiste, vit la triste réalisation de ses prédictions et ne s'en consola pas vraiment...

L'Histoire semble parfois se répéter et tous les avertissements des Nicolas Hulot, des Arthus-Bertrand ou des Corinne Lepage, n'arrivent pas vraiment à faire changer sensiblement les habitudes de consommation ou à imposer raison aux décideurs économiques, à les forcer à réorienter leurs activités en tenant compte des nécessités planétaires et environnementales.

Et pourtant ! Nous commençons à connaître les conséquences des pressions humaines sur l'environnement : disparition des morues de Terre-Neuve (et des bigorneaux de Lancieux...), pollution des cours d'eau en Bretagne et invasion des algues vertes sur les plages de celle-ci, dérèglements climatiques et fonte de la banquise arctique, etc.

Faut-il attendre les prochaines catastrophes pour réagir ? Là encore, le politique a le devoir de responsabiliser les citoyens, à travers l'action de l'Etat, en particulier. Le temps électoral ne suffit pas et, même, il a tendance à empêcher, de par sa nature, le lancement de grandes politiques à long terme, pourtant nécessaires comme le soulignait l’ancien ministre Charles Pasqua sur RTL (aux « grosses têtes » de Bouvard…) ce lundi 8 décembre. Tout l'intérêt d'une monarchie royale est de permettre au temps d'être l'allié de l'Etat, et non son adversaire. Ce temps qui n'est jamais de trop dans la mise en place de grands projets, industriels comme environnementaux, durables et respectueux des générations présentes comme à venir...

 

postheadericon Crise immobilière à la campagne.

Je passe quelques jours à la campagne, et cela est fort reposant après plusieurs semaines de cours et, surtout, de corrections de copies. C'est aussi une autre manière d'aborder et de voir le monde, d'en constater parfois les « débordements » et de retrouver quelques accents ou couleurs de temps plus anciens, immémoriaux peut-être, même si je me méfie des nostalgies qui figent le temps au risque de ne plus saisir les réalités présentes.

Dans ma promenade matinale, autour de Saint-Léger-en-Yvelines, ce village où le comte de Paris rencontrait secrètement, sous la Quatrième République, le général de Gaulle, plusieurs signes attestent de la crise financière en cours : des agences immobilières sont fermées et leurs locaux à vendre ou à louer, ce qui est bien le comble pour ce type d'agence ; des panneaux « A vendre » fleurissent un peu partout et certains, déjà, se couvrent de mousse, devant des propriétés pourtant peu anciennes ; les « lotos » de village semblent se multiplier, plus nombreux désormais que les Marchés de Noël...

Des amis, rencontrés hier, me confiaient que plus rien ne se vendait dans la région, et que certains craignaient à plus ou moins long terme, désormais, une chute des prix immobiliers, chute tout aussi irrationnelle que celle actuelle des prix des produits pétroliers. Déjà, les chantiers de construction se ralentissent, ce qui, d'ailleurs, n'est pas forcément négatif au regard des ravages du mitage dans nos campagnes : cela va peut-être inciter à entretenir et à rénover ce qui peut (et parfois doit) l'être, et enrayer la folle consommation de terres que provoquait la poussée rurbaine depuis plus de vingt ans.

Cette crise immobilière qui, si l'on regarde bien ce qui s'est passé aux Etats-Unis à l'été 2007, est aussi en grande partie la cause de la crise financière, économique et sociale qui affecte en priorité les pays occidentaux, va sans doute pousser à repenser le rapport à la propriété immobilière de nos sociétés : ce rapport, qui n'était plus que financier dans de nombreux cas et n'avait plus de lien avec un enracinement territorial et mémoriel (familial, par exemple), participait, sans que cela soit perçu ainsi la plupart du temps, à cette forme de « néo-nomadisme » contemporain qui est le corollaire d'une « déterritorialisation des communautés et des familles ». Je ne dis pas que ce processus était toujours négatif mais simplement qu'il a parfois déstructuré des sociétés au point de n'en plus voir les solidarités traditionnelles qui, en temps de crise, seraient tout de même bien utiles pour amortir les « chocs » économiques comme sociaux.

En tout cas, les campagnes franciliennes, si peu communautaires par rapport à celles des provinces moins proches de Paris-capitale, vont sans doute connaître une atténuation progressive des effets « durs » de la rurbanisation, par l'intérêt de plus en plus évident pour les rurbains récents de devenir, véritablement et originalement, des « néo-ruraux », c'est-à-dire d'adapter leur mode de vie encore trop urbain aux réalités particulières de « la campagne ». Il n'est pas dit que cette révolution des mentalités se fasse en un jour, loin de là, mais il semble tout de même que ce processus soit déjà engagé et qu'il ait de fortes chances de se pérenniser, la crise aidant et forçant à des révisions de forme comme de fond de la part de nos contemporains...

Je me souviens vaguement d'une citation du « président Mao », dictateur chinois très en vogue après Mai 68 parmi ceux-là mêmes qui sont aujourd'hui les admirateurs du Dalaï-lama, qui affirmait que l'avenir est aux villages : il n'est pas impossible que, tout compte fait et alors que le processus de métropolisation n'est pas achevé au Nord ni celui de l'urbanisation au Sud, cette prédiction s'accomplisse dans les décennies prochaines, au moins partiellement...

C'est d'ailleurs une conviction que j'avais déjà évoquée lors de ma campagne électorale royaliste à Vitré en 1995, comme me le rappelle ma récente relecture des textes que j'avais alors publiés et distribués dans les rues de la petite ville d'Ille-et-Vilaine... Il est tout aussi vrai que j'y évoquais les possibilités qu'offrait le recours au télétravail et que, là encore la crise aidant, certains redécouvrent, comme le prouve un excellent dossier sur ce sujet publié il y a quelques semaines par le quotidien « La Croix ». Comme quoi, tout arrive à qui sait prendre le temps...

 

Post-scriptum : merci à Erwan Th. qui m'a donné envie l'autre jour, après réception de son amical courrier (auquel je vais répondre, je te rassure !), de rouvrir la boîte des archives de cette campagne législative que nous avons menée ensemble : la preuve ci-dessus...

 
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