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Souvenirs politiques
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postheadericon Maurras, vous avez dit Maurras ?

La première fois que j’entendis parler de Maurras, c’était en classe de Seconde, en 1977-78, au lycée Jean-Macé : un cercle d’étudiants nationalistes et royalistes, composé d’Olivier M. et de Jean-Christophe Paul (qui se faisait aussi appeler Hugues de Rohan), avait pris ce patronyme et organisait des réunions dans le lycée, réunions plus ou moins autorisées par l’administration en ces années encore post-68 et très politisées.
Mais c’est surtout lors de l’anniversaire de mes 15 ans, le 23 décembre 1977, que maman m’offrit, en même temps que le disque des Sex Pistols (« Never mind the bollocks »…), un gros livre de Maurras à la couverture orange et intitulé « Œuvres capitales ; Essais politiques », livre dans lequel je me plongeais aussitôt mais auquel je ne compris pas alors grand-chose, à part que « les nations sont des amitiés », phrase que je m’empressais de recopier au marqueur sur les tables du lycée, avec cette signature que je voulais prestigieuse de « Charles Maurras ». Le seul chapitre auquel j’avais accroché était le dernier du livre : « L’avenir du nationalisme français », sans doute parce que c’était alors le nationalisme qui m’intéressait bien avant la question des institutions elles-mêmes.
Maman avait sans doute pensé me faire plaisir, voyant mon penchant pour les idées nationalistes et craignant peut-être que je m’égare dans des impasses ou en des lieux mal famés de l’engagement politique…
En tout cas, c’était mon premier livre « théorique » politique : ce ne devait pas être le dernier. Néanmoins, il fallut attendre quelques années pour que je rouvre ce livre, avec un œil plus avisé et un esprit plus dégourdi, au début des années 80. C’est à ce moment-là que Maurras commença à « me parler » vraiment…

 

postheadericon Premières ventes massives en 1981.

Les premières ventes au Marché des Lices, dès l’année 1981, furent l’occasion de nouvelles rencontres mais aussi d’affrontements, plus ou moins violents selon les moments et les contradicteurs. Au lendemain de la victoire de François Mitterrand en mai 1981, qui avait effrayé grand nombre de militants de Droite mais aussi de simples électeurs, je décidais de multiplier les ventes d’ « Aspects de la France », en particulier dans les rues du centre-ville de Rennes, au-delà même des Lices et des églises qui étaient notre première « source de revenus ». Les slogans étaient souvent plus d’opposition au socialisme qu’à la République mais j’insistais quand même sur l’étiquette royaliste de l’hebdomadaire. En tout cas, cette stratégie de ventes quasi-quotidiennes fût payante et le nombre d’exemplaires vendus atteignit parfois des dizaines par jour, le record étant, je crois, de plus de 80 en un après-midi de juin… J’étais aidé par Olivier M. dont les slogans percutants ne laissaient jamais indifférents les badauds…
Lorsque les vacances arrivèrent, après le Camp Maxime Real del Sarte, véritable Université d’été de L’Action Française, je décidais d’aller vendre le journal tous les après-midi devant les plages de Dinard, Saint-Briac et Saint-Lunaire, avec des succès variés et, parfois, des incidents comme le jour où le garde-champêtre de Saint-Briac voulut m’empêcher de lancer mes slogans et de poursuivre ma vente : il me menaça de me casser la gueule et, devant mes réponses peu diplomatiques (j’étais jeune…), enleva sa veste de fonction pour joindre (légalement, dit-il…) le geste à la parole, ce qu’il renonça à faire lorsque d’une grosse voiture descendit un touriste, habitué du lieu et visiblement « influent », qui me tendit un billet pour m’acheter un numéro…
Les ventes marchèrent bien tout le mois d’août et, sur mon vélo, j’avalais les kilomètres sans compter pour porter la bonne parole, me levant aussi tôt le dimanche matin pour aller proposer le journal devant l’église de Saint-Lunaire et le marché qui avait lieu le même jour. Là encore, beaucoup de numéros vendus et des discussions parfois surprenantes : je me souviens d’un acheteur qui prit ma défense près d’opposants en se déclarant « radical » (façon Herriot), et d’autres qui venaient me voir en regrettant (je l’ai entendu souvent) que la NAR (Nouvelle Action Royaliste, ex-Nouvelle Action Française) ait appelé à voter Mitterrand, ce que j'avais moi-même du mal à comprendre.
En tout cas, cette activité estivale, fatigante et parfois frustrante (vendre quand les gens bronzent…), a permis de financer toutes les opérations militantes de l’année suivante et a donné une grande visibilité en Ille-et-Vilaine à notre mouvement royaliste naissant : des débuts encourageants…

Mis à jour (Jeudi, 26 Mai 2011 08:58)

 

postheadericon Premiers affichages à Rennes, années 80.

Les premières affiches d’AF que je collais dans l’hiver 1980-81, comme les autocollants, n’avaient d’autre message que de la publicité pour « Aspects de la France », « dans la ligne de l’Action française » : l’une d’entre elles, d’ailleurs, avait été placardée dans le fond d’une classe du lycée privé Saint-Vincent par un lycéen, Patrick R., qui avait pris contact à peu près en même temps que moi avec l’AF et qui devait s’en éloigner assez rapidement, lui reprochant son côté trop « droitiste ». Mais c’est cette affiche qui devait être remarquée et citée par un journaliste de « Ouest-France » dans un article paru au printemps 1981 sur les jeunes et la politique, affiche qui voisinait avec, me semble-t-il, une affiche communiste… Et le journaliste d’en conclure que la campagne électorale présidentielle en cours n’intéressait pas vraiment les lycéens de Saint-Vincent.


Au printemps 1981, nous étions trois à coller les affiches d’AF : Jean-Yves B., militant nationaliste tenté par le mouvement breton ; Pierre M., fils d’un professeur de Droit de Rennes-1 et colleur de papillons de l’UNI, syndicat étudiant de droite. Nous serons vite rejoint par Olivier M., qui sera le premier à prendre sa carte de « La Restauration Nationale » (appellation légale de l’AF) après moi-même.


Nous affichions de jour et un peu partout dans la ville, en particulier sur les nombreux panneaux d’affichage libre et les colonnes Morris, surtout celle, stratégique, située près de la Salle Omnisports, avenue de la Liberté. Nos grandes affiches, de couleur jaune et verte (un jaune et un vert bien « passé »), faisaient un peu « vieux jeu » par rapport aux affiches des autres mouvements, mais cela n’était pas grave : l’essentiel était de montrer la présence des royalistes à Rennes, aussi ténue fut-elle alors…

 

Mis à jour (Vendredi, 09 Mars 2012 23:40)

 

postheadericon Premiers contacts.

Quelques jours après avoir écrit à l'A.F. pour commander des autocollants de promotion d'Aspects de la France, je recevais, en plus de ceux-ci, une lettre du secrétaire général des étudiants d'AF, Hervé Dulac, accompagnée d'un exemplaire de "L'Action française étudiante". Celle-ci titrait en couverture "Militer à l'Action française" et était illustrée par une photo de jeunes portant un drapeau tricolore à la fête de Jeanne d'Arc. Personnellement, je n'étais pas un fervent particulier de la Pucelle d'Orléans mais j'ai vite constaté combien elle avait d'importance dans les milieux monarchistes maurrassiens, parfois de façon un peu exagérée à mes yeux... J'avais l'impression que la politique, ce n'était pas que des commémorations ou des invocations permanentes (et impuissantes...) à la Sainte de la Patrie.


En tout cas, Dulac me précisait, en quelques lignes, les objectifs de l'AF et signalait, me semble-t-il, les différences avec l'extrême-droite européiste (l'eurodroite était alors le cheval de bataille du Parti des Forces Nouvelles, alors très actif).


Mais c'est la rencontre avec Jean Chollet, alors responsable de la "Restauration Nationale" pour la région Ouest, qui allait, au-delà de la réflexion intellectuelle, s'avérer déterminante pour mon engagement militant. Il n'avait pas encore 40 ans et était représentant de commerce en spiritueux, je crois, et il venait, parfois tardivement, me voir et discuter politique à la maison, avec l'autorisation de ma mère, pourtant "réservée" envers le militantisme politique... De plus, Jean Chollet, qui avait vite repéré que j'étais tenté par une forme d'activisme plus romantique que politique, organisa des cercles d'études à Rennes, près de la gare: le premier eut lieu en présence de "Pierrot" Philippeau, personnalité attachante de l'AF (décédé au printemps 2006), et de François Pascaud, professeur à Paris et frère de Bernard, responsable des royalistes bordelais.


Auparavant, j'étais allé à Nantes suivre, le samedi après-midi, quelques cercles d'études dans le local royaliste, baptisé "Centre Pierre Juhel", en présence de Bernard Pascaud. C'est aussi à Nantes que j'assistais à ma première galette des rois organisée par l'AF: Pierre Sergent, ancien dirigeant de l'OAS qui avait été protégé par l'AF et "Guillaume" (pseudonyme de Pierre Juhel pour ses activités clandestines d'"Algérie française"), y dénonçait la candidature de Michel Debré à la présidentielle du printemps 1981. J'y rencontrais, là aussi pour la première fois, Pierre Pujo, directeur de l'hebdomadaire "Aspects de la France".


Dans le même temps, j'avais commencé à vendre "Aspects", tous les dimanches matins, devant les églises du centre-ville de Rennes: ma première vente eut lieu devant la cathédrale, sans doute au mois d'octobre 1980, et il me semble me souvenir que mon premier acheteur fut M. Lamy, le père d'une camarade de classe de ma Terminale A du lycée Chateaubriand.

 

Mis à jour (Vendredi, 09 Mars 2012 23:29)

 

postheadericon Souvenirs, souvenirs...

 

Cela fait des années que je me répète intérieurement qu'il faut que je rédige mes souvenirs politiques: il faut dire qu'ils sont nombreux, depuis ce jeudi 24 juillet 1980, il y a 31 ans, où j'ai acheté pour la première fois un journal royaliste, Aspects de la France, alors sous-titré l'hebdomadaire de l'Action française. C'est d'ailleurs ce sous-titre qui m'avait accroché l'oeil, quelques jours auparavant, chez ce même marchand de journaux de la petite cité balnéaire de Saint-Lunaire, non loin de Dinard. Mais j'avais attendu ce jeudi 24 pour l'acheter, alors que je faisais du vélo avec un ancien camarade de classe, Vincent Colliaux.


Dès le lendemain, je rédigeais une lettre pour acheter des autocollants de promotion d'Aspects de la France, lettre à laquelle je joignais un billet de 10 francs et que je glissais dans la boîte aux lettres de la poste de Saint-Lunaire dès le samedi 26. Coïncidence étrange: c'est ce même samedi que le destinataire "officiel" de cette missive, Pierre Juhel, fondateur de la Restauration Nationale en 1955 (mouvement chargé de la "propagande royaliste et d'Action française"), décédait...


J'achetais à nouveau Aspects le jeudi suivant: la photo de Pierre Juhel et l'article annonçant sa mort étaient encadrés de noir. C'est sur la promenade de la plage de Saint-Lunaire surplombée par le golf que je lus ce numéro, devant le regard parfois suspicieux de quelques badauds.


la tombe de Pierre Juhel, à Paris, au cimetière de Vaugirard.


Je crois que c'est dans cette semaine-là que je faisais mon premier graffiti "vive le roi", toujours à Saint-Lunaire, sur une affiche publicitaire: c'était le premier d'une très longue série, pas encore achevée à ce jour...

 


Mis à jour (Jeudi, 28 Janvier 2016 21:58)