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postheadericon Souvenirs politiques

postheadericon Camp Maxime Real del Sarte 1982 : l'arrivée.

Après avoir obtenu, sans gloire, le baccalauréat à la session de 1982, je fus autorisé par mes parents à aller au Camp Maxime Real del Sarte 1982 qui se tenait, après la Vendée, dans les Landes, dans la propriété familiale de Jean Dupin, le responsable de l’AF à Pau : c’était, en fait, une exploitation viticole et les deux grandes tentes de conférences étaient plantées à la lisière des vignes.
Avant même d’y arriver, j’avais retrouvé Astrid Decker et Elisabeth Baston à Bordeaux, à la sortie de la gare, et nous avions repris le train ensemble pour la destination finale où nous devions être pris en charge par Loulou (Louis Garban). Au Camp même, de nombreuses têtes connues côtoyaient de nouveaux venus : les Théry étaient là, malgré leur animosité visible pour Jean Dupin (question de style, entre autres), mais aussi les Bonnaves, les Puvis de Chavanne (de Besançon aussi, je crois), les sœurs Sanchez, François Tabary, les Rouennais autour de Frédéric Rouvillois, etc. Il y avait aussi et à nouveau Thierry Jeannau et Chahis Dhoiffir qui, si je ne me trompe (ma mémoire n’est pas parfaite…), étaient sous-chefs de Camp auprès de Jean Dupin, hôte des lieux. D’autres manquaient à l’appel : Bruno Jouan n’était pas revenu, sans doute à cause de la crise du mouvement qui avait suivi le retour au sein de l’AF des sections de la FURF (Fédération des Unions Royalistes de France) et entraîné la mise à l’écart de Jean Chollet par Guy Steinbach, cela pour « faire de la place » à l’URBVM (Union Royaliste de Bretagne et Vendée Militaire, anciennement affiliée à la FURF) et à son « inspirateur » politique, le très controversé Philippe Legrand, professeur de philosophie et grand « soiffard » devant l’éternel…
La « réunification » avait quand même drainé vers le Camp de nouveaux militants dont les frères Beaune, de Nantes, les sœurs Hollender, de Montpellier, ou encore un militant quinquagénaire fort original, Jean-Robert Tron, juge à Marseille, membre de l’Union Royaliste Provençale (la fameuse URP, organisatrice des grands rassemblements royalistes des Baux), dont le coupé Peugeot blanc était décoré de fleurs-de-lys en laiton sur les portières et de l’emblême des Camelots du Roi de Provence, tandis qu’un petit « chariot » (je ne trouve pas le terme exact) y était attaché, recouvert de panneaux d’affiches monarchistes ; pour clore le tout, Jean-Robert Tron avait installé sur sa voiture un mégaphone qui permettait de lancer des slogans et des annonces royalistes en traversant les villages : c’était un véritable « homme-orchestre » du royalisme d’Action Française, toujours de bonne humeur et ayant transformé ainsi sa voiture en véritable « roycomobile »… D’autre part, il avait amené avec lui tout un invraisemblable matériel vidéo pour enregistrer les conférences et les activités militantes mais aussi pour nous faire visionner les conférences marseillaises. Un militant hors pair, dont je garde un souvenir attendri (il est décédé au milieu des années 90 d’une très grave maladie) et qui prouvait que l’on pouvait à la fois être un « notable » et garder une âme de « combattant » politique.
Pour compléter un peu ce tableau (fort incomplet, j’en suis désolé) des participants, je me souviens aussi de cette jeune femme blonde, de nationalité allemande, qui était venue au Camp (cela devait être une « première » au sein de l’organisation d’Action Française réputée pour son antigermanisme…) par amour pour son Chahis, son chevalier servant.

 

postheadericon Nostalgie de ma jeunesse...

En écrivant ces petites notes « de mémoire » me reviennent peu à peu d’autres souvenirs, tandis que certains se précisent de mieux en mieux, et il me faudra sans doute corriger ou compléter quelques unes de mes notes précédentes ; d’autre part, en rencontrant quelques amis des époques évoquées, il nous arrive de parler du « bon temps », celui de « notre » jeunesse, et les images, parfois fugaces, se bousculent alors…
Les photos ressortent des boîtes à chaussures et des albums, et je me retrouve plongé dans ce passé que j’essaye, maladroitement, de reconstruire sous la forme des quelques textes que vous pouvez lire au fur et à mesure sur ce blogue. Malgré ce que je puis en dire, il arrive que la nostalgie pointe sous le propos, peut-être parce que j’ai vécu intensément les années 80 et le tout début des années 90, avant de devenir un simple professeur d’Histoire qui, désormais, semblait plus la lire que la faire : j’ai longtemps vécu dans la belle illusion que je pouvais, avec quelques autres, changer le cours de l’Histoire, envers et contre tout, et que ma liberté d’esprit et de parole, mon engagement quotidien dicté par la phrase de Bernanos, « Qu’as-tu fait aujourd’hui pour le Roi ? » et ma force de conviction seraient évidemment assez puissants pour atteindre au but fixé, l’instauration de la Monarchie royale. Depuis cette époque formidable, il m’a fallu en rabattre mais je suis resté fidèle à cet objectif premier, même si ma pensée a fortement évolué tout comme ma vision de la politique : sans doute, cela est aussi lié aux évolutions et circonvolutions du temps, et il faut en tenir compte.
Ma jeunesse politique fut une belle jeunesse, même si elle fut parfois rude et qu’il m’est arrivé un certain nombre de mésaventures qui n’étaient pas toutes agréables… Au risque de choquer, il me semble parfois que je suis « mort à trente ans » lorsque l’Education nationale m’a « exilé » en Région parisienne à la rentrée 1992, me coupant de mes racines à tous les sens du terme… Je ne suis pas certain de m’en être jamais vraiment ou totalement remis, même quinze ans après…
Heureusement, il y a ma passion de l’Histoire et ma vocation de professeur, mes élèves d’aujourd’hui et d’hier qui me sont un fort soutien et à qui j’essaye de transmettre au moins la « curiosité », en particulier d’esprit. Il y a aussi ces textes que je commets sur mes blogues, mes discussions au café ou sur la Toile, et, de temps en temps, une campagne électorale ou une réunion, un affichage (que je fais souvent seul, par habitude et sans doute par choix) ou une soirée-peinture (cela me détend…), etc.
Sur mon cuir, j’ai toujours une fleur de lys et il m’arrive d’arborer des ticheurtes fort explicites sur mes idées, tandis que je « sors » ma plaque de Camelot du Roi lors de certaines grandes occasions, comme au mariage, il y a quelques années, de mon frère qui m’en avait, d’ailleurs, fait le reproche…
En somme, je garde ou n’exprime la nostalgie que sur ce blogue de « souvenirs politiques » : sans doute une manière, aussi, de « rester jeune »… Pour le reste, j’essaye de regarder autour et devant moi, non pour « actualiser » mais pour « pratiquer » un royalisme concret et fondateur, un royalisme réaliste et non fantasmagorique ou désabusé : cela interdit toute nostalgie politique même si cela n’enlève rien à certaine nostalgie personnelle sur « ma jeunesse » qui, en elle-même, ne porte pas sur les idées mais sur les années passées, ce qui n’est pas la même chose et n’a pas le même sens ni la même portée…
Mon blogue « actuel » et général : http://jpchauvin.typepad.fr : sur celui-là, vous n’y trouverez pas de nostalgie mais une volonté toujours actuelle d’agir, ici et maintenant, de proposer ou d’initier de nouvelles (ou simplement « différentes ») pistes de réflexion politiques.

 

postheadericon Premiers pas royalistes à la fac de Droit, 1981-1982.

L’année scolaire 1981-1982 fut l’année où nous prîmes pied à la fac de Droit : il est vrai que, redoublant ma terminale, il m’arrivait de me « libérer » de quelques cours pour aller traîner dans ce grand bâtiment gris aux impressionnantes baies vitrées et dans lequel nous avions, d’après les rumeurs, quelques amis monarchistes. Il y avait effectivement Olivier M. et quelques sympathisants et, très vite, nous commençâmes à placarder des photocopies d’articles (souvent, d’ailleurs, tirés de la revue corporative et royaliste « Notre Avenir Français », en particulier les articles sur la « propriété du métier ») et des affichettes, souvent manuscrites, ainsi que de vraies affiches qu’avait imprimée l’Action Française parisienne, et cela sur deux panneaux réservés d’ordinaire à des associations en ayant fait la demande à l’administration de l’université.
Benoît Rondot m’ayant procuré de grandes feuilles blanches normalement réservées à ses activités artistiques, nous en faisions des affiches toutes uniques et originales qui pouvaient rester quelques jours au vu et au su de tout le monde, même s’il y avait parfois du « décollage » ou du « graffitage ». Les panneaux que nous avions squattés étaient tournés vers les baies vitrées, et je passais quasiment tous les jours vérifier leur état : je profitais aussi de mon passage pour coller quelques autocollants sur les portes des amphis et, surtout, sur tous les lampadaires, affiches publicitaires ou boîte aux lettres de la poste avoisinants… J’usais aussi du marqueur, sans retenue ni même discrétion : à l’époque, cela choquait beaucoup moins qu’aujourd’hui et il est vrai que l’esthétique du mobilier urbain laissait fort à désirer… En tous cas, les fleurs de lys et les slogans siglés AF se multipliaient dans la ville et surtout dans le secteur qui menait de Maurepas à la rue Jean-Macé (celle de la fac de Droit).
A voir toutes ces inscriptions (nous ferons mieux et plus grand encore les années suivantes), nos affiches collées hebdomadairement sur les nombreux panneaux d’ « affichage libre » pas encore envahis à l’époque par les annonces de concerts, nos photocopies sur les panneaux de la fac de Droit, etc., certains auraient pu penser que nous étions fort nombreux : ce n’était pas le cas mais notre ardeur remplaçait avantageusement le nombre. Nous étions dans une logique de « visibilité » et notre première tâche était de faire connaître notre existence, en attendant de pouvoir peser vraiment. Cela nous apparaissait aussi comme le meilleur moyen d’attirer à nous de nouvelles énergies : « faire de la force » aurait pu être notre devise…
Peu à peu, d’ailleurs, j’étais connu et reconnu comme « royaliste » et d’abord comme royaliste, malgré les tentatives d’amalgame de nos adversaires qui me reprochaient des amitiés politiquement plus sulfureuses… Le royalisme était devenu, en moins de deux ans, « mon identité » : et je la revendique encore, plus de vingt-cinq ans après ces années de Terminale…

 

postheadericon Solidarité avec Solidarnosc, suite. (1981-1982)

L’émotion autour de la Pologne perdura quelques semaines et je portais sur mon imper un gros badge rond « Solidarnosc » tandis que la Gauche était divisée sur le sujet, les communistes, gênés aux entournures (après l’Afghanistan, cela faisait beaucoup…), se faisant assez discrets. Ce fut l’occasion des premiers communiqués de presse que j’envoyai à « Ouest-France » : en fait, pour éviter certaines confusions, c’est sous l’étiquette du « Mouvement Royaliste Français » que je rédigeai ceux-ci, sur le papier à en-tête de ce mouvement que m’avait envoyé, en quelques exemplaires, Fabien Desmeaux.
Ainsi, le mardi 15 décembre 1981, dans les pages Ille-et-Vilaine du quotidien breton, paraissaient, au milieu des nombreuses réactions politiques locales, ces quelques lignes : « Le Mouvement Royaliste Français fait circuler des pétitions dans les lycées et facultés pour protester contre les lois martiales et l’état de siège ». Ainsi, par ces quelques mots, nous devenions visibles et, en même temps, « Ouest-France » faisait, d’une certaine manière, « reconnaissance » de notre existence sur le plan local, ce qui n’était pas rien et nous ouvrait, pouvais-je croire, quelques perspectives nouvelles. Et puis, ces quelques lignes remplaçaient avantageusement les tracts que nous n’avions pas, touchant un public même lointain aux confins du département, « Ouest-France » étant lu par tous les foyers bretons, ou presque…
Quant aux pétitions, il me semble qu’elles n’ont pas été autre chose qu’une intention non suivie d’effets, faute de moyens et de temps pour les faire signer…
Un deuxième communiqué parut dans l’édition du samedi 30-dimanche 31 janvier 1982, toujours dans les pages « Ille-et-Vilaine » : « Le Mouvement royaliste français (Cercle Louis-Dimier) appelle les Rennais à porter les badges « Solidarité » et à écrire à l’ambassade de Pologne à Paris pour demander la libération des syndicalistes de « Solidarnosc ». » Je signais les communiqués d’un pseudonyme, Hervé Loudéac, gardant mon vrai nom pour les activités purement « Action française » ; quant au nom du Cercle, choisi par Fabien Desmeaux à Nantes, il était celui d’un dissident célèbre de l’AF dans les années 20…
Un an après le 13 décembre 1981, une manifestation se tenait à Rennes et j’avais convoqué quelques militants royalistes rennais, dont les frères Larcena, lycéens qui vendaient parfois Aspects de la France avec moi : nous nous retrouvâmes place de la Mairie et, dès mon arrivée, j’avais accroché sur un abribus une grande affiche faite à la main qui présentait une goutte de sang perlant d’un barbelé, et qui s’en prenait au « communisme assassin ». Visible une bonne heure durant, elle fut décrochée par des militants anarchistes lorsque nous partîmes pour suivre la manifestation qui s’engageait dans les rues de Rennes. Il y avait beaucoup moins de monde que l’année précédente et la Gauche y était majoritaire, cherchant d’ailleurs à nous isoler en nous encerclant : nous étions moins d’une dizaine de royalistes, menés par Olivier M. qui brandissait un drapeau blanc frappé d’une fleur de lys bleue, drapeau sans hampe qu’il tenait d’une main. Je crois bien que cet étendard avait été fabriqué par Benoît Rondot, étudiant aux Beaux-Arts de Rennes, qui nous avait rejoint depuis la rentrée de l’automne 1982 et qui allait être à l’origine de nombreux objets (parfois les plus insolites) fleurdelysés (en particulier dans sa période « punk »…).
Nous faillîmes être expulsés une première fois de la manifestation sur les quais, devant les grands magasins, et nous réussîmes à rester groupés, même si le plus jeune des frères Larcena disparût dans la bousculade pour ne réapparaître, heureusement sans dommage, qu’au moment de la dispersion. Quant à Olivier, il prit la décision, assez osée, de prendre la tête de la manif dont nous étions menacés d’expulsion : ainsi, à deux, nous tendions notre drapeau et nous plaçâmes d’office devant la grande banderole de la manifestation, ce qui provoqua un moment de confusion, avant que nous n’obliquions (tous les deux…) par la rue La Fayette, au grand soulagement des manifestants qui se retrouvaient ainsi débarrassés de notre présence inopportune, malgré le fait que Frédéric Larcena et quelques autres continuaient à défiler au cœur du cortège…
Le bilan de cette participation était « mitigé » : bien sûr, de nombreuses personnes avaient vu notre affiche et notre drapeau et avaient constaté que les royalistes n’hésitaient pas à se mêler à des manifestations de rue, y compris celles tenues par la Gauche (contre toute logique, d’ailleurs : mais la faute à qui ? Puisque la Droite ne s’en mêlait pas…) ; bien sûr, « Ouest-France » avait évoqué notre présence en nous mettant, comme les anarchistes, parmi les « seuls éléments de trouble » : « l’imperceptible apparition de quelques royalistes, étendard fleur de lys à la main » ; mais nous n’avions pas réussi à imposer notre présence jusqu’au bout et nous n’avions pas pu vraiment nous faire accepter des sympathisants affichés de « Solidarnosc », en fait trop dogmatiques (trop « démocrates » pourrait-on dire…) pour nous écouter ou nous entendre.
Cela étant, nous avions été logiques jusqu’au bout et, si nous pensions en termes d’anticommunisme, c’est aussi parce qu’il nous paraissait inconcevable de laisser le communisme poursuivre son œuvre de destruction des libertés à l’Est, et que le royalisme d’Action Française était la meilleure antidote à ce totalitarisme qui « survivait » (mais nous n’en avions pas encore conscience, persuadés que les chars soviétiques représentaient encore une « menace pour l’Occident »…) et que nous étions la « seule force d’opposition dans la rue », ce qui, à Rennes, était, malgré la faiblesse de nos moyens et de nos effectifs, tout à fait vrai.

 

postheadericon Coup d'état en Pologne, décembre 1981.

A l’automne 1981, la Pologne occupe l’actualité internationale et les Français se passionnent pour le combat des ouvriers de « Solidarnosc » et de Lech Walesa pour les libertés publiques face à un régime communiste de plus en plus isolé malgré le soutien du grand-frère soviétique : peu à peu, le communisme craque, mais, en France, le Parti Communiste est encore puissant et il est même, à Rennes, la principale organisation militante si l’on en juge par le nombre d’affiches et d’autocollants placardés autour du lycée Chateaubriand. Au moment de la campagne présidentielle de 1981, j’avais « monté » une opération de décollage systématique de ceux-ci que j’avais baptisé (sans explication plausible…) « Cobra » et qui s’était avérée très efficace sur mon quartier. Mais le PCF semblait inexpugnable et il rencontrait encore une large audience dans les lycées rennais, sans doute plus à Jean-Macé ou à Zola qu’à Chateaubriand, mais le lycée technique Joliot-Curie voisin fournissait encore des bataillons de communistes qui semblaient en faire un « bastion » de la Gauche marxiste…
Le dimanche 13 décembre 1981, le général Jaruzelski mettait fin (provisoirement) à la montée de Solidarnosc : c’est un ami, Jean-Pierre D. (aujourd’hui encore voisin, mais dans la région parisienne…), qui, alors que je vendais Aspects de la France devant l’église Saint-Germain (et sous la neige), m’annonça la nouvelle du coup d’état du général communiste en Pologne.
Dès le lendemain était organisée une grande manifestation pour la liberté de la Pologne (encadrée par la Gauche soucieuse de ne pas laisser la Droite faire ses choux gras de ce coup d’état communiste ou apparaître comme « humaniste ») et je m’y rendais, la fleur de lys en boutonnière avec quelques amis royalistes ou simplement anticommunistes : Olivier M. était là, bien sûr, ainsi qu’un de ses amis, Patrick, qui était un responsable du syndicat « corpo » et apolitique de la Fac de Droit, l’UAPE (Union Action et Participation Etudiante), et avouait des sympathies monarchistes. Lors de la manif, nous lancions des slogans anticommunistes sous le regard furibard de socialistes et d’extrémistes de gauche qui nous accusaient de tout mélanger, argument assez curieux en définitive au regard de ce qui se passait alors du côté de Varsovie…
Arrivés place de la Mairie, au moment de la dispersion, le service d’ordre de la Ligue Communiste Révolutionnaire qui avait cherché à encadrer la manif et à l’épurer de ses éléments « réactionnaires » voulut nous empêcher d’avancer en nous bloquant contre des abris bus et en commençant à frapper ceux qui nous suivaient, en particulier une jeune femme non loin de moi : notre réaction fut rapide et surprit nos adversaires lorsque nous fonçâmes (Patrick étant le plus déchaîné et le plus téméraire, me semble-t-il) au milieu du SO de la Ligue qui fut obligé de s’écarter devant notre poussée. Le choc fut bref mais intense, quelques coups volèrent mais la LCR se trouva débordée. Néanmoins, Patrick, trop enfoncé dans les lignes adverses, risquait de s’y trouver en difficulté et après quelques échanges d’insultes, les uns et les autres se séparèrent, fort contents quant à nous d’avoir fait reculer la Ligue et d’avoir été présent durant toute cette manifestation sans encombre. Ils nous semblaient d’autant plus logique d’y être que nous n’avions pas, historiquement et politiquement, attendu l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques en 1979 ou ce coup d’état de décembre 1981 pour savoir à quoi nous en tenir sur la nature réelle du communisme, et nous trouvions « fort de café » qu’une ligue qui se prétendait communiste (mais antistalinienne quand Staline était mort depuis presque trente ans…) ose revendiquer sa solidarité avec un syndicat qui combattait le communisme en se référant à l’Eglise catholique…

(à suivre)

 
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