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postheadericon 2007

postheadericon Le familistère de Godin.

La fin de trimestre a été rude et j’ai passé le plus clair de mon temps à corriger des copies, en plus de préparer des cours sur les perspectives géopolitiques en Europe mais aussi sur l’Espagne (cours de 1ère ES désormais prêt pour la rentrée). Vendredi, en l’avant-dernière journée de cours, nous sommes partis, deux de mes collègues et moi, à Guise visiter avec des élèves de Première le familistère créé par Jean-Baptiste Godin dans les années 1860, dans la lignée des « utopies socialistes » et de Charles Fourier.

Godin avait fondé une manufacture (qui existe toujours) de poêles en fonte de fer et il avait accompagné cette activité industrielle de la mise en pratique de ses idées inspirées de Fourier : ainsi le familistère qui, selon son créateur, était conçu comme un « palais social »  où les familles des ouvriers vivaient en communauté. Cela était dans la logique du socialisme français originel, celui dont Pierre Leroux (« l’inventeur » du terme) disait qu’il était la critique et l’opposé de l’individualisme social symbolisé par les lois révolutionnaires (et économiquement libérales) de 1791 (d’Allarde et Le Chapelier).

« La cité édifiée à côté de la fonderie (…) devait offrir « les équivalents de la richesse » aux familles des employés de l’usine. Le Palais comprend d’étonnants pavillons d’habitation collective et de nombreux équipements de service : des magasins, une buanderie et une piscine, un jardin et des promenades, une crèche, des écoles, un merveilleux théâtre. (…) Au sein de l’Association coopérative du Capital et du Travail, les travailleurs participent à la gestion et aux décisions ; ils deviennent propriétaires de l’usine et du Palais ».

Le paradoxe de cette expérience unique d’une véritable « autogestion » par les employés de l’usine de leur cadre de vie et de travail est qu’elle a disparu en … 1968, l’année même où les idées mises en pratique par Godin et ses ouvriers étaient mises en avant par des étudiants contestataires…

La visite de ce familistère nous a montré combien cette cité n’était pas livrée à l’anarchie mais qu’elle reposait sur des principes clairs de respect de chacun et d’organisation, symbolisés par l’existence d’un règlement intérieur rigoureux et obligatoire, avec des sanctions en cas de violation de celui-ci. Bien sûr, cette utopie réalisée d’une forme de « contrat social » ne laissait pas de place à la religion en tant que telle (même si Godin était personnellement très croyant), ce qui a sans doute empêché la jonction avec les catholiques et royalistes sociaux de l’époque. D’autre part, il n’est pas impossible de penser que cette vie collective pouvait être pesante à certains, en particulier dans un monde et une époque où le matérialisme et l’individualisme progressaient sous la forme d’une « société de consommation » qui accordait moins de place au « service » et aux devoirs des uns envers les autres. Mais cette idée d’association du Capital et du Travail que Godin réalise à travers son familistère, cette forme de « république du travail », n’est pas, en définitive et avec le recul, si éloignée que cela des idées avancées par un La Tour du Pin ou un De Mun. Au-delà de la question de la religion et de sa place dans la société et son encadrement, c’est peut-être celle de la décision (sociale ou économique) et de la forme de ses instances au sein de la société qui a pesé dans le débat (s’il a eu lieu…), tout comme cette pression, ce « regard de tous sur tous » que d’une certaine manière cette forme d’habitat suppose.

Néanmoins, cette « république du travail » me semble une expérience à méditer pour ceux qui veulent penser la question sociale au-delà de l’alternative piégée « étatisme ou libéralisme » : les royalistes sociaux d’aujourd’hui auraient tort de méconnaître cette « république » qui pourrait facilement trouver sa place dans une « Monarchie fédérative des peuples et républiques de France ». « Sub rege, rei publicae », disait-on jadis : et pourquoi pas demain ?

 

postheadericon Démocratie européenne.

La semaine dernière, dans une indifférence quasi-totale, a été signé le traité de Lisbonne, réactualisation, à peine modification, du traité constitutionnel européen refusé par référendum par les électeurs français et néerlandais. Cet événement, majeur et sans doute le plus important de l’année dans l’actualité institutionnelle de l’Union Européenne, aurait mérité une large couverture médiatique : et là, rien, à part quelques articles de presse en pages intérieures des quotidiens… Cette étrange occultation d’un fait majeur de la vie de l’UE m’interroge : pourquoi « l’Europe » se cache-t-elle de ceux-là mêmes qui, dans une démocratie (si j’en ai bien compris le principe…), fondent sa légitimité ? Pourquoi les citoyens sont-ils laissés à l’écart de cette construction européenne qui, jadis, était évoquée comme une véritable « révolution », la marche glorieuse vers un nouvel Eden terrestre de paix et de prospérité ?

Une répartie agacée du ministre des affaires étrangères, M. Bernard Kouchner, à un député qui demandait l’autre jour la tenue d’un nouveau référendum populaire sur ce traité modificatif, a résonné étrangement, l’autre jour, à l’Assemblée nationale : « Il y a déjà eu un référendum : on a vu le résultat ! ». Quel terrible aveu ! Je ne suis pas certain que le ministre ait exactement pesé ses propos qui laissent supposer que la démocratie, tout compte fait, est trop sérieuse pour être laissée au peuple (tellement déraisonnable, n’est-ce pas ?), et que, si le peuple vote mal (on ne peut pas lui faire confiance !), il suffit de contourner celui-ci par une ratification « entre gens sérieux », c’est-à-dire les représentants politiques du corps électoral dans toute démocratie parlementaire. En somme, M. Kouchner, déçu par le peuple, s’en remet à « la sagesse » des députés et sénateurs, beaucoup moins versatiles que les électeurs et tellement plus « conscients » des enjeux : voici, pour cet ancien militant communiste, une belle interprétation de la théorie de « l’avant-garde consciente du prolétariat » qui n’a jamais été autre chose que la confiscation du pouvoir par ceux qui prétendaient parler au nom du peuple… Les fidèles de Charles Maurras y verront, eux, la confirmation de la césure, voire du divorce, entre « pays réel » et « pays légal ».

Personnellement, je ne suis pas un fanatique du référendum, même s’il peut parfois révéler de bonnes surprises. Mais je ne limite pas l’action du politique à la seule activité et décision électorales, et je ne suis pas de ceux qui mythifient le « vote démocratique » et en font la source de tout pouvoir, de toute légitimité. L’élection, le vote ne sont que des moyens, mais pas des fins en eux-mêmes : si je leur accorde une grande importance, voire même une certaine nécessité, en particulier à l’échelon politique local, communal, régional et même national, ou professionnel et syndical, je n’en fais pas un absolu, une « théocratie laïque » qui empêcherait tout autre type de médiation politique. Pragmatique, je suis prêt à accepter l’idée d’un référendum mais je ne me sens pas tenu par un résultat qui me semblerait aller à l’encontre des intérêts majeurs de notre pays : certains pourraient alors me rétorquer que j’adopte le même raisonnement que Bernard Kouchner mais ce n’est pas totalement exact car je n’ai pas l’ambition de me proclamer « démocrate » (ni « antidémocrate » d’ailleurs, ce qui me semble tout aussi vain et pose mal le problème) comme ceux qui nous gouvernent aujourd’hui et je ne revendique pas « le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ». Mais, si j’étais démocrate, je n’aurai pas le front de me passer du peuple ou de le mépriser avec le cynisme d’un Kouchner. Etant démophile, si je doute des qualités intrinsèques de la démocratie électorale (même référendaire), je n’épouse pas cette morgue qui consiste à penser pour le peuple (en lieu et place du peuple) ou cette naïveté qui amène à croire que sa pensée est forcément parole d’évangile : je préfère prendre les réalités comme elles sont, ce qui ne veut pas dire que je m’y abandonne mais que c’est à partir d’elles que j’agis, éventuellement pour les changer. J’ai déjà dit maintes fois que le Pouvoir qui n’écouterait que le peuple courrait à sa perte mais que le Pouvoir qui le négligerait n’aurait que le tombeau comme destin…

Dans la construction européenne, les peuples ont été mis à l’écart et, du coup, il est peu probable que ceux-ci sortent de cette « léthargie démocratique » qui se signale à chaque élection des représentants au Parlement européen par de forts taux d’abstention au contraire des référendums de 2005 en France et aux Pays-Bas. La paranoïa d’un Kouchner et la discrétion des signataires du traité de Lisbonne (jusqu’à Gordon Brown, premier ministre britannique absent de la photo officielle…) ne sont que les symptômes inquiétants de la profonde fracture entre les citoyens et les oligarques qui sont censés les représenter et les diriger : cette « discrétion » est-elle l’annonce d’une forme de « cryptocratie » qui tenterait les eurocrates ? Après tout, les « pères fondateurs » Jean Monnet et Robert Schuman baignaient déjà dans cette étrange atmosphère que de Gaulle dénonçait en son temps par quelques haussements d’épaules révélateurs…

 

postheadericon La Turquie disponible.

La Turquie est aux portes de l’Europe, à tous les sens du terme, pourrait-on ajouter : cela n’oblige pas à rentrer dans le débat sur son entrée dans l’Union Européenne mais il est fort utile de suivre ses évolutions dans un contexte mondial comme local agité ou, en tout cas, apparemment imprévisible. Les bombardements de l’aviation turque ces jours derniers sur les bases du PKK situées au Kurdistan irakien ne sont donc pas anodins et il est étrange qu’ils soient passés, à ce jour, si inaperçus. Ils mettent d’ailleurs en difficulté les autorités irakiennes car ce ne sont pas elles qui ont donné le « feu vert » à l’opération turque mais… les Etats-Unis… Comme si les Etats-Unis avaient désormais conscience que l’Etat irakien n’est plus maître du jeu sur son propre territoire « officiel », et que les peshmergas kurdes qu’ils ont soutenus depuis 1991 ne sont guère disposés à sévir contre leurs « frères combattants », au nom d’une solidarité « nationale » qui, décidément, reste la plus forte face à l’étranger et, en particulier, face aux Turcs.

Mais ce soutien états-unien est aussi une tentative pour « sauver » leur relation particulière avec la Turquie, de plus en plus indépendante de la politique américaine : la dernière affaire en date qui le montre est celle que rapporte l’hebdomadaire « Marianne » dans son édition du 15 au 21 décembre 2007 : « Ankara renonce à acquérir un satellite-espion israélien. La Turquie aurait dû s’engager à ce que l’engin -250 millions de dollars- ne soit pas utilisé pour espionner l’espace aérien israélien. Et le Pentagone exigeait que le satellite ne puisse pas photographier les installations militaires américaines. Pas question que le gouvernement turc accepte ces deux exigences. Un nouveau signe de l’indépendance vis-à-vis de Washington que le gouvernement islamiste expérimente lentement mais sûrement ». La Turquie, en s’éloignant peu à peu de son allié traditionnel, cherche aussi de nouveaux, et plus fiables, « amis privilégiés » : c’est sans doute la chance des pays d’Europe et, peut-être, de la Russie. La stratégie diplomatique ébauchée en 2003 par la France d’un axe Paris-Berlin-Moscou pourrait trouver un nouveau souffle en y adjoignant Ankara, puisque cette capitale va être de plus en plus « disponible ». Le problème est que l’UE a du mal à se concevoir indépendamment du « parapluie américain » et que les dirigeants allemands comme français d’aujourd’hui ne partagent guère l’optique qui pouvait être celle d’un Chirac et d’un Schröder hier : et pourtant ! Quelles possibilités nouvelles et passionnantes ouvriraient un « anneau diplomatique » Paris-Berlin-Moscou-Ankara ! D’autre part, cela pourrait compléter utilement l’idée développée (malgré l’hostilité affichée d’Angela Merkel à celle-ci) par Nicolas Sarkozy d’une « union euroméditerranéenne » qui, en soi, n’est pas mauvaise et rappelle la « Mare nostrum » de l’empire romain qui avait stabilisé et sécurisé toute la Méditerranée en son temps. Cela n’empêche pas évidemment de maintenir des liens euroatlantiques forts mais cela peut fonder un nouvel équilibre géopolitique qui accorde une plus grande liberté aux pays d’Europe et anticipe les difficultés des Etats-Unis à maintenir son statut d’ « hyperpuissance » dans un monde de plus en plus complexe, qui a tendance à se multipolariser depuis l’émergence et la montée en puissance (c’est le cas de le dire !) de l’Inde et de la Chine.

Tout compte fait et aussi étrange que cela puisse paraître, l’avenir de l’Europe n’est peut-être pas entre les mains de l’Union Européenne mais entre celles des grandes nations historiques du continent européen et de ses « marches » : le reconnaître est le meilleur moyen de ne pas se laisser surprendre par demain et, au contraire, préparer l’avenir dans de bonnes conditions, au-delà des idéologies et des nostalgies souvent mortifères…

 

postheadericon Les horreurs de la guerre.

Mercredi matin, quelques collègues et moi-même avons emmené nos élèves de Première voir le film intitulé « Les fragments d’Antonin », film qui évoque les traumatisés de la Grande guerre à travers l’histoire d’un soldat affecté aux transmissions colombophiles et choqué au point de ne plus pouvoir avoir de vie sociale viable. Les images d’archives qui ouvrent le film sont fort impressionnantes, montrant des traumatisés incapables de réprimer des tremblements convulsifs permanents ou de se tenir droit, tordus comme de l’intérieur : elles ne sont pas sans rappeler les pathologies évoquées aujourd’hui pour les « anciens » d’Afghanistan ou d’Irak qui ont tant de mal à reprendre une vie normale de retour des zones de conflits. D’ailleurs, les sociétés ont encore du mal à prendre en compte ou, tout simplement, à accepter ces « blessures invisibles » qui détruisent les gens au fond d’eux-mêmes.

Ce film montre aussi toutes les autres horreurs de la guerre et, en fait, de toutes les guerres modernes, industrielles et techniciennes, où les hommes ne sont plus que les servants des Machines, ce qu’avait bien vu et dénoncé Bernanos, lui-même combattant de la Première guerre. Relire « La France contre les robots » est, à cet égard, éclairant et montre comment la guerre est à l’image de la société industrielle et de consommation, profondément déshumanisante et barbare : les causes défendues, aussi nobles et légitimes soient-elles, n’enlèvent rien à l’horreur.

Lorsque les traités de paix des années 1919-1920 sont signés par les anciens belligérants, on aurait pu croire que la tragédie qui avait ensanglantée l’Europe ne se reproduirait plus jamais : il n’en fut rien, comme la suite allait le montrer pour le pire. L’horreur sera même plus terrible encore puisqu’elle aboutira à l’extermination d’une population, femmes et enfants compris, pourchassée pour des raisons raciales…

Sommes-nous à l’abri de nouvelles horreurs de guerre ? Certes, depuis 1945, mis à part les guerres coloniales et les interventions circonstancielles et souvent humanitaires des armées des pays d’Europe, notre continent est à l’abri de tels conflits et de leurs conséquences. Mais le terrorisme islamiste revendiqué par Al-Qaida n’est-elle pas une guerre d’un autre type qui menace nos sociétés, au risque d’en briser la tranquillité et la sécurité ? Pour l’heure, ce n’est qu’une menace plutôt virtuelle malgré les attentats de Madrid (2004) et Londres (2005), mais il n’est pas impossible qu’une campagne d’attentats puisse ébranler la confiance des pays européens et de leurs citoyens. D’autre part, l’horizon géopolitique est-il totalement « dégagé » au point de baisser la garde ? Personnellement, je ne le pense pas. Aussi, pour éviter d’autres barbaries sur notre continent, encore faut-il conserver et renforcer les moyens d’une défense qui ne doit pas être que militaire mais aussi politique et psychologique.

La paix contemporaine est, aussi choquant que cela puisse être, un héritage paradoxal des barbaries d’antan : ne l’oublions pas et ne tentons pas le diable. « Si vis pacem, para bellum »…

 

postheadericon Biodiversité.

J’étais lundi en Bretagne et j’en ai profité pour aller me promener sur la plage de mon enfance, à Lancieux, petit village des Côtes d’Armor situé sur la Côte d’émeraude, en plein milieu de la tempête. J’étais seul, et l’ambiance était tout à fait magique, comme à chaque coup de vent : la mer moutonnait et les roches semblaient mener un combat inégal avec l’écume blanche des vagues qui se brisaient sur elles en mille éclats cristallins. En montant sur les rochers, j’ai eu la chance de découvrir un petit groupe d’oiseaux d’ordinaire plus farouches et discrets, des « pétrels de tempête », qui semblaient se moquer de moi, drôle d’humain emmitouflé dans ma parka brune, déséquilibré par la violence du grand souffle venu de la mer… Ils m’ont laissé approcher comme pour me démontrer qu’ils savaient que, d’un coup d’ailes, ils seraient déjà loin quand, moi, je trébucherai encore sur les pierres ou glisserai sur les algues.


Nous sommes restés, eux et moi, à quelques mètres de distance durant près d’une dizaine de minutes, tandis que des cormorans venaient, l’un après l’autre, se joindre à notre petit groupe. Ils ont dû bien rigoler lorsqu’ils m’ont vu obligé de mettre les pieds dans l’eau pour regagner la plage : j’avais, dans mon dialogue muet avec les oiseaux, négligé la marée montante et je m’étais retrouvé encerclé sur « l’islet » par la mer.


Je suis reparti le cœur léger vers Dinard (correction de copies oblige…), et heureux que la nature, malgré les agressions permanentes de nos sociétés dévoreuses d’espaces et grandes prédatrices devant l’éternel, reste, malgré tout, riche et belle pour qui sait la regarder et la respecter. Une formule, apprise il y a plus de vingt-cinq ans dans un cercle d’études d’Action Française, me revient en mémoire : « on ne commande à la nature qu’en lui obéissant ». Nos sociétés, perdues dans un individualisme qui confine à l’égoïsme, semblent avoir oublié cette règle simple et, pourtant, vitale. Ainsi, un article publié mercredi 12 décembre par « Le Parisien » évoquait la dramatique réduction de la biodiversité et donnait la parole au sénateur socialiste Claude Saunier, co-auteur d’un rapport sur ce triste et dangereux processus : « Aujourd’hui, plus de 16.000 espèces, animales et végétales, sont menacées d’extinction. Le rythme de disparition des espèces a été dix à cent fois plus important que les rythmes naturels d’extinction au cours des deux cents dernières années. En 2050, il pourrait être de 100 à 1.000 fois supérieur au rythme naturel. (…) En trente ans, la Beauce a perdu plus de 30 % des composés organiques de son sol. Chaque jour en France, 165 hectares de milieux naturels sont détruits pour faire des constructions. 7 % des espèces marines ont disparu depuis 1950. 60 % des coraux sont affectés par l’activité humaine et 20 % ont disparu en trente ans. La déforestation des forêts tropicales humides se poursuit à un rythme de 13 millions d’hectares dont 6 millions d’hectares de forêts primaires alors que ce milieu héberge la moitié de la flore mondiale.


Le baiji, dauphin d'eau douce de Chine, déclaré éteint il y a quelques années déjà : une victime oubliée d'une société de plus en plus consumériste et destructrice de la biodiversité.


Est-ce si grave pour l’homme ?

Evidemment. Prenez l’exemple du poisson. Le monde puise 90 millions de tonnes de poissons par an alors que la ressource s’épuise. En atlantique Nord, 18 % des stocks sont déjà épuisés. Au rythme actuel, le thon rouge disparaîtra bientôt de la Méditerranée. Si on ne fait rien d’ici à 2050, on privera l’humanité de 20 % des protéines animales. C’est irresponsable.

Mais que nous apporte la biodiversité ?

L’effondrement des colonies d’abeilles dans le monde est inquiétante car près de 20.000 espèces apparentées aux abeilles contribuent à la survie et à l’évolution de plus de 80 % des espèces de fleurs. Plus de la moitié des molécules de nos médicaments proviennent de la nature (…). »


Il y a effectivement urgence à réagir, et, puisque les grands intérêts économiques ne peuvent, en société libérale et consumériste, se discipliner, il revient au Politique d’intervenir, par le biais de l’Etat, pour empêcher le pire et rappeler la formule d’un respect nécessaire des ressources que la nature nous confie, que nous devons transmettre aux générations qui viendront après nous : c’est un message que je répète fréquemment, y compris sur ce blog (la semaine dernière encore…). Cette répétition peut agacer mais elle montre, malgré les alarmes qui se font entendre de toute part, la grande difficulté qu’il y a à faire entendre raison aux industriels de l’agroalimentaire et à nos sociétés de consommation-consumation.


Cela étant, je ne cède pas au désespoir car cela serait, comme en politique, la « sottise absolue » selon l’heureuse formule de Maurras : mais il faut sensibiliser au plus vite nos contemporains sur ces sujets et militer pour ce nécessaire investissement du Politique dans la lutte pour la préservation et la transmission de ce patrimoine qui ne nous appartient pas en propre puisqu’il appartient à l’humanité toute entière, par delà les siècles et les générations qui se succèdent depuis que l’homme existe…


Et ces pétrels aperçus l’autre jour sont aussi les passagers de cette immense Arche de Noé que la Terre ne doit pas cesser d’être au milieu de l’univers et des temps…


 
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