Nous avons 104 invités en ligne
A propos de l'auteur
Menu principal
Souvenirs politiques
Citations royalistes
Bannière

postheadericon 2007

postheadericon Nouvelles d'Irak.

Il est des informations qui passent inaperçues et qui, pourtant, mériteraient une grande attention, ne serait-ce que parce qu’elles sont significatives ou révélatrices : ainsi, cette décision du Sénat des Etats-Unis qui, le mercredi 26 septembre, « a voté (...) en faveur d’une résolution non contraignante sur un plan de partition de l’Irak, présenté par ses défenseurs comme la seule solution pour mettre un terme aux violences », contre l’avis de l’administration Bush, comme le signale « La Croix » dans son édition du vendredi 28 septembre. Ainsi voit-on que la crainte de la France exprimée en 2003 de voir l’Irak se fractionner en trois pays différents, division qui risque de déstabiliser les équilibres géopolitiques de la région, était avérée : d’ailleurs, il suffisait de lire les notes des principaux groupes de réflexion néoconservateurs (les fameux « think tanks ») pour constater que c’était une de leurs idées maîtresses...

 

D’autre part, la guerre civile intercommunautaire qui ravage la Mésopotamie depuis la chute de Saddam Hussein, dictateur laïque et « nationaliste » c’est-à-dire unitariste, annonçait cette « conclusion » d’un Sénat des Etats-Unis belliciste en 2003 comme pouvait l’être le président Bush. D’ailleurs, depuis quelques semaines, l’armée états-unienne construit un mur de séparation entre chiites et sunnites au coeur même de la capitale Bagdad, une sorte de nouveau « mur de Berlin » contemporain dénoncé, sans succès, par le premier ministre et le président de la République d’Irak que l’état-major des « troupes d’occupation » à la bannière étoilée n’écoutent même plus... Cette arrogance des Etats-Unis est aussi l’une des causes de leur échec et de leur impopularité dans le pays.

 

En veut-on un autre exemple ? L’hebdomadaire « Marianne », dans son édition du 29 septembre, publie un article court mais révélateur : « Savez-vous que l’armée américaine en Irak (160 000 sodats) n’est que le deuxième membre de « la coalition » vantée par George Bush ? Non après les Britanniques (...), mais derrière les PMC, les « services militaires privés ». Au nombre de 180 000, les employés de ces entreprises, rouages essentiels de l’occupation, assurent l’approvisionnement et la protection des diplomates et civils américains. Leur rôle a été exposé au grand jour lorsque le gouvernement irakien a décidé d’expulser la société Blackwater, accusée d’avoir, à de multiples reprises, tué des civils irakiens lors de bavures. Du coup, l’ambassadeur américain et ses diplomates se sont retrouvés confinés dans la « zone verte » de Bagdad, faute d’escorte. C’est la rançon d’une guerre menée au rabais, où le patriotisme est remplacé par les billets verts qui servent à payer les mercenaires.

 

L’affaire Blackwater a encore montré que les Irakiens ne sont pas maîtres chez eux. En 2004, l’Américain Paul Bremer a promulgué une loi : aucun prestataire de services américain ne peut être traduit devant la justice. L’immunité des occupants est totale. »

 

En se lançant dans cette guerre absurde parce que mal préparée et ne tenant aucun compte des réalités politiques et géopolitiques de la région, en proclamant qu’il s’agissait de « répandre la démocratie », les Etats-Unis refont l’erreur de l’Athènes de Périclés, cette forme d’ « impérialisme démocratique » qui a valu à la cité grecque l’isolement et, pire, l’hostilité de ses propres alliés, voire le retournement et, en fin de compte, la guerre et le déclin... De plus, ils mettent dans l’embarras les pays européens qu’ils ont entraîné dans cette aventure et, surtout, ils ont déplacé la ligne de front, au risque de voir la Méditerranée devenir, comme le signalait Yves Lacoste il y a déjà deux ans à Bourg-la-Reine, la prochaine ligne de front : la France, alors, risque de se trouver en première ligne face à des extrémistes islamistes, sans doute plus sûrement sunnites (comme les troupes de Ben Laden) que chiites (comme l’Iran), au moment même où son effort militaire est déjà insuffisant pour assumer tous ses engagements internationaux.

 

« Armons, armons, armons » criait Maurras dans les années 30 en voyant monter les périls : cette incantation, malheureusement vaine dans une IIIe République persuadée de sa puissance (« Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts »...), redevient d’actualité. Mais elle risque d’être à nouveau vaine si l’Etat français persiste dans sa « politique de renoncement » et n’assume pas sa fonction politique et sa mission historique, celle dont les Capétiens ont tracé les grandes lignes au cours des siècles de leur règne et dont de Gaulle a cherché à reprendre le dessein...

 

postheadericon Dimanche férié.

A l’occasion de la fête nationale du 14 juillet qui, cette année, tombait un samedi, de nombreux centres commerciaux et grandes surfaces avaient décidé d’ouvrir leurs portes pour ne pas « perdre un samedi » en cette période de soldes : ce fut le cas à Parly 2, situé aux portes de Versailles, malgré l’opposition des syndicats de salariés et la grogne de nombreux commerçants du centre lui-même. En fait cette ouverture fut un demi-échec puisque la fréquentation n’atteignit pas les espérances des promoteurs de cette ouverture : 60.000 personnes au lieu de 90.000 attendues. Mais le mal était fait.

 

En fait, cette ouverture, était un « test » quelques semaines après la mise en place d’un gouvernement où les partisans de l’ouverture maximale des centres commerciaux sont légion : derrière le « 14 juillet », jusque là préservé (c’était la première fois depuis l’inauguration de Parly 2 en 1969 que ce centre ne respectait pas ce jour férié et chômé…) alors que les autres jours fériés sont, depuis déjà quelques années, « ignorés » par les grandes structures commerciales (sauf, pour l’instant, Noël et le Jour de l’An), c’était le dimanche chômé qui était visé. L’affaire de Plan-de-Campagne, grand centre du sud de la France, à qui les tribunaux ordonnent le respect de la fermeture dominicale et à qui, dans le même temps, le préfet donne le droit, pendant un an (le temps que la loi change…), d’ouvrir ses portes tous les dimanches est, à cet égard, révélatrice. L’actuelle ministre de l’Economie et des Finances, Christine Lagarde, dans le cadre de la politique du « travailler plus pour gagner plus », est elle-même favorable à la fin de cette « restriction » dominicale, au nom, bien sûr, de « l’intérêt de l’emploi » et de celui des consommateurs… Elle est soutenue par le président de la République qui vient encore de réaffirmer cette position dans ses récentes déclarations télévisées. En somme, il s’agit d’une offensive générale contre le « repos dominical », au nom de « l’intérêt économique », notion qu’il est bon d’encadrer de guillemets pour en montrer toute l’hypocrisie. La loi de juillet 1906 instaurant le repos hebdomadaire du dimanche et qui était jusqu’alors considérée comme un progrès social semble avoir vécue. Pourtant, cette loi qui permettait aussi quelques dérogations sans en faire la règle était un bon équilibre entre les intérêts des uns et des autres et, jusqu’à une période récente, ne soulevait guère d’opposition : les temps, ou l’état d’esprit du moment, a visiblement changé sans que cette « rupture » puisse être considérée comme une bonne chose.

 

Car évidemment, le gouvernement s’appuie sur des sondages qui donnent une large majorité de nos concitoyens favorables à cette ouverture dominicale et sur les salariés, souvent étudiants, prêts à venir ainsi travailler le dimanche, avec l’espoir d’être plus payés que les autres jours de la semaine. Or, il faut bien constater que cette pratique a été le meilleur moyen de ne pas augmenter les salaires des salariés « habituels » et que, dans le cadre du travail saisonnier, les salariés n’ont pas vraiment, contrairement à ce qui est dit, le choix de refuser le travail dominical : le faire c’est s’exposer à des vexations ou à des mesures de rétorsion, en particulier sur l’organisation des horaires de travail…

 

Les arguments qui évoquent la forte disponibilité des consommateurs le dimanche sont souvent mis en avant mais, s’ils peuvent paraître logiques dans une société qui a érigé la consommation en principe vital (« consommer pour produire » est le mécanisme même de la « société de consommation »), ils ne doivent pas pour autant déterminer toute organisation du travail sans prendre en compte la nécessaire « respiration sociale » que permet la fermeture dominicale. Bien sûr, il s’agit de préserver la vie familiale en permettant aux salariés de disposer de ce jour « chômé » commun aux enfants scolarisés et aux parents, et cela est d’autant plus important dans une société où les liens sociaux ont tendance à se distendre, voire à disparaître au profit des « mondes virtuels », ludiques ou non. Mais, pour les étudiants sans attaches familiales particulières durant l’année ? Leur emploi dominical n’est-il pas une manière de ne pas toucher aux familles tout en permettant une activité commerciale ouverte à ces mêmes familles pour qui la grande surface serait devenue « l’église de substitution » ? Cet argument est en fait utilisé pour « défaire le dimanche », c’est-à-dire le banaliser et en faire un jour comme un autre, qui serait « travaillé » comme les autres et, une fois officialisé, rapidement payé comme les autres : c’est ce que demandent déjà certains patrons au nom des principes de libre concurrence et, plus habilement, en s’appuyant sur l’interdiction de pratiques qui « fausseraient la concurrence » (c’est, par exemple, l’argumentation d’un Pierre Bergé) ... Après tout, pourra considérer le législateur européen ou français, pourquoi maintenir une quelconque différence, même de traitement, entre les jours, de toute façon tous travaillés ? C’est une conséquence à laquelle de nombreux Français, qui pensent en consommateurs mais pour beaucoup ne seraient pas d’accord pour travailler eux-mêmes le dimanche, ne réfléchissent guère : le leur rappeler pourrait ouvrir quelques yeux…


En fait, au-delà de ces considérations, il faut garder le dimanche comme un symbole d’un temps de repos nécessaire pour les personnes, comme un jour « différent » des autres qui se marque par cet « éloignement » à l’égard du « temps marchand » : il reste encore six jours dans la semaine pour acheter et, dans notre société, il est rare (et de toute façon peu souhaitable) que les gens travaillent plus de cinq jours, ce qui en laisse toujours un qui puisse être, pour ceux qui ne peuvent s’en passer, celui des « courses »… Préserver le dimanche chômé c’est montrer que la vie des êtres humains n’est pas réductible à la seule activité consommatrice ou à la fonction commerçante.

 

postheadericon Cave inondée et royalisme...

Un incident fâcheux m’a empêché d’assister à la réunion de rentrée des étudiants royalistes d’Action Française de Paris ce vendredi 28 septembre : en effet, ma cave, dans laquelle j’ai entreposé tant d’archives monarchistes et de documents divers, en particulier livres et revues historiques, a été victime d’une inondation… Je dois avouer que, lorsque l’intendant de la résidence m’a téléphoné, j’ai connu à la fois un grand moment de solitude et de panique : j’imaginais toutes mes photos militantes détruites et mes collections du « Courrier Royal », le journal du comte de Paris d’avant-guerre (1934-1940), ou de « la Nation Française » (l’hebdomadaire de Pierre Boutang), flottant tristement, imbibées d’eau et condamnées à la poubelle… En fait, dans mon malheur, j’ai plutôt eu de la chance car quelques cartons seulement ont été irrémédiablement abîmés, et ce n’était pas ceux des « archives anciennes » mais ceux des publications ou des imprimés plus récents : ainsi, un carton d’affichettes de la section royaliste de Rennes du début des années 80, affichettes manuscrites en couleur ou photocopiées et pas encore collées ; quelques affiches bleues de l’AF nationale « La République se meurt, vive le roi », financées en 1981 par le camionneur Joyau ; des affichettes de la section royaliste de Besançon d’il y a vingt ans ; des numéros de la revue « Les épées » en ses débuts ; etc. J’ai pu sauver un maximum de ces documents en les décollant les uns des autres, en les nettoyant et en les étalant sur toute la surface de mon studio, ce qui a rajouté à la pagaille ambiante…

 

Cet incident, dont les conséquences, sans êtres anodines, sont en fait minimes, m’incite à accélérer ma politique de duplication et de diffusion de mes archives royalistes : j’ai commencé à en photographier les principales pièces afin de les mettre sur la Toile, mais les dizaines de kilos de documents en ma possession vont nécessiter un certain temps avant d’être tous numérisés et mis en ligne. Néanmoins, je me rends compte qu’il me faut accélérer le rythme, car je ne suis pas à l’abri d’un incident plus grave et il serait dommage que ce qui constitue le patrimoine du royalisme français soit perdu à jamais ou, ce qui n’est guère mieux, inexploité : il y a, en France, des tonnes d’archives royalistes qui s’abîment dans des granges, des greniers ou des caves, à mon grand désespoir…

 

La revue « Lys rouge », dont le prochain numéro est en préparation et qui publiera, entre autres, des articles sur le royalisme cambodgien, a aussi, à mon avis, vocation à faire connaître des documents qui éclairent l’histoire du royalisme français et à en tirer matière à réflexion : car il faut remarquer que le royalisme (les royalismes ?) est fort complexe et diversifié, contrairement à ce que certains pourraient croire au regard de son actuelle faiblesse numérique (dans le sens démographique du terme…), mais surtout qu’il possède une épaisseur politique et intellectuelle, voire idéologique, que beaucoup de courants politiques n’ont pas et que la plupart des royalismes étrangers peuvent aussi nous envier, même si le « passif » du royalisme peut paraître aussi plus lourd…

 

Mais les royalistes eux-mêmes connaissent mal leur propre patrimoine et je m’attache (ainsi que d’autres, bien sûr) à le faire revivre et à le faire connaître, en particulier dans un monde universitaire qui a, jusqu’à présent, accordé une attention somme toute réduite à ce courant politique pourtant riche, sauf en ce qui concerne « L’Action Française » sur laquelle existent déjà de nombreuses études et qui connaît un renouveau d’intérêt certain, comme l’a montré le colloque de Sciences Po en mars 2007 à Paris.

 

Cela étant, il ne faudrait pas que les royalistes se contentent de remuer des « vieux papiers » et se barricadent dans une nostalgie stérile en arguant de la difficulté actuelle d’exister dans le paysage politique français : c’est pourquoi il me semble important d’être présent dans les débats contemporains et de s’engager dans les combats politiques de l’écologie, des questions nationale et sociale, ou ceux de l’aménagement du territoire et de la « postdémocratie », etc.


Comme je l’ai déjà maintes fois déclaré, il ne s’agit pas de « mourir royaliste » mais de tout mettre en œuvre pour « vivre en Monarchie » : cela devrait largement suffire à m’occuper durant les prochaines décennies…

 

postheadericon Michel Denis, professeur d'histoire.


Quelques lignes dans la rubrique nécrologique du « Monde » m’ont appris le décès et les discrètes obsèques de Michel Denis, ce professeur d’histoire contemporaine que je n’hésite pas à ranger dans la catégorie de « mes maîtres », de ceux qui ont vraiment compté dans ma manière de penser l’histoire et, plus généralement, la politique. Pourtant, cet homme à la figure bonhomme et à la voix si particulière n’était pas « de mon camp », mais de celui d’une Gauche « traditionnelle » tout en étant à l’écoute des débats du moment. Mais il était d’une grande courtoisie et d’une intelligence qui intégrait aussi les qualités du coeœur.


Avant de l’avoir comme professeur, je me souviens l’avoir interpellé lors d’un débat sur la politique , débat qui avait lieu à l’université Rennes-2 et qui complétait une exposition d’affiches politiques dans laquelle, d’ailleurs, on pouvait aussi admirer quelques unes des nôtres (« Je suis royaliste, pourquoi pas vous ? » entre autres) : il avait fait une analyse des rapports entre politique et argent qui, lui disé-je alors, rappelait celle faite par Maurras dans « L’avenir de l’intelligence »… Il s’était récrié, avec un geste amusé, devant une telle affirmation : en fait, je ne savais pas alors qu’il était aussi un excellent connaisseur des idées monarchistes, ayant consacré sa thèse d’Etat aux « Royalistes de la Mayenne et le monde moderne, XIXe-XXe siècles », publié aux éditions Klincksieck en 1977, un ouvrage de 600 pages tout à fait passionnant et sur lequel je travaille actuellement pour un dossier sur « Les royalismes de l’Ouest » destiné à être publié dans « Lys Rouge ».


J’ai suivi ses cours en licence et en maîtrise, puis en préparation CAPES, avec toujours le même plaisir et intérêt : c’était un prof passionnant qui nous donnait envie d’aller voir les lieux qui servaient de décor aux événements qu’il nous racontait et expliquait, à Vienne ou à Moscou… Ayant pris l’habitude de répondre systématiquement (et, en général, justement…) aux questions qu’il nous posait mais aussi d’en poser à mon tour, voire de le contredire ou de présenter (courtoisement) un autre point de vue, il me laissait parler et me reprenait parfois, toujours avec un grand respect, même s’il trouvait que j’exagérais parfois...… Ses cours me servent toujours et je les relis sans ennui, vingt ans après.


C’est tout naturellement sous la direction de Michel Denis que je fis mon mémoire de Maîtrise qui portait sur « L’Action Française, de Mai 68 à mai 71 : du renouveau à la « dissidence » », mémoire que je soutins dans son bureau au mois de juin 1989.


Dans les années 90, mon « exil » dans la région parisienne m’éloigna, par la force des choses de l’université rennaise, malgré mon inscription en DEA dont je n’achevai jamais la rédaction du mémoire, malheureusement : sans doute mon plus grand regret, ma plus grande « faute » intellectuelle (et professionnelle).… Sans doute l’ai-je ainsi bien déçu, alors qu’il avait accepté de faire partie du jury qui devait juger mon travail.


En ces jours où l’Histoire est de plus en plus la victime ou l’otage du « politiquement correct » ou, plutôt, de l’ « historiquement correct » dénoncé à juste titre par Jean Sévillia, il me semble que Michel Denis a donné, à rebours de l’ambiance actuelle, l’exemple d’une grande rigueur et honnêteté intellectuelles, et qu’il a su transmettre à ses étudiants, aux destins fort divers (n’est-ce pas, Eric, David, Sidonie…), la passion d’apprendre et d’enseigner, et qu’il l’a renforcé chez ceux qui l’avaient déjà.


Merci, monsieur Denis.

 


 

postheadericon L'alliée de la Birmanie.

La junte au pouvoir en Birmanie a commencé à réprimer les manifestations de bonzes et de civils malgré les menaces des pays occidentaux d’appliquer des sanctions financières et économiques en cas de fusillades des contestataires. De nombreux journalistes signalent que la Chine pourrait demander à son allié birman de ne pas être trop « rude » à la veille des Jeux Olympiques de Pékin de l’été 2008, cela pour ne pas gâcher la réussite de ceux-ci, très importante pour le régime communiste chinois dans la reconnaissance de sa puissance économique et politique.

 

Mais n’y a-t-il pas là une erreur de perspective ? Est-ce la Chine qui a besoin de l’Occident, ou l’inverse, c’est-à-dire l’Occident qui ne peut plus se passer de la Chine ? Un journaliste états-unien faisait remarquer il y a peu qu’il était, aux Etats-Unis, de plus en plus difficile de trouver des produits véritablement locaux, la plupart des textiles, des jouets ou des composants électroniques étant désormais fournis par le géant chinois, considéré comme « l’atelier du monde »...

 

En fait, la Chine est en position de force et elle ne me semble pas encline à céder aux pressions des pays occidentaux, en particulier au regard des enjeux géopolitiques de la région. Aussi, je ne pense pas (mais je peux me tromper, bien sûr) que la Chine fera un grand effort pour convaincre la junte birmane de ne pas céder à ses penchants violents. De plus, si les pays occidentaux se font trop pressants, il serait fort possible que cette même Chine les rappelle à l’ordre, en arguant du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », sans ingérence étrangère, et en menaçant les pays trop favorables à l’opposition birmane de rétorsions économiques : or, les multinationales du Nord prendront-elles le risque de voir leurs intérêts remis en cause en Chine, nouvel « Eldorado » des entreprises occidentales ? Personnellement, j’en doute, et il est facile de constater que le Tibet, occupé depuis un demi-siècle par les troupes maoïstes, ne trouve guère d’alliés parmi les hommes d’affaires ni même parmi les capitales européennes ; quand il arrive qu’un gouvernement (comme celui d’Angela Merkel la semaine dernière) reçoive le dalaï-lama, les industriels et les financiers (allemands dans ce cas précis) condamnent cette initiative comme « dangereuse pour les intérêts économiques » de leur pays...

 

Cette situation devrait pousser les Etats européens, et la France en particulier, à « penser une nouvelle stratégie » à l’égard des nouvelles puissances économiques et politiques et, sans doute, à éviter de croire que les déclarations d’intention suffisent à faire plier les « plus puissants » : « faire force » est la condition préalable à toute diplomatie active en Asie. Encore faut-il avoir l’ambition de cette politique et la mener à bien sans laisser l’Economique imposer ses règles et ses intérêts particuliers...

 
Plus d'articles...