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postheadericon 2007

postheadericon Rugby et nation.

Comme vingt millions de mes compatriotes, j’ai regardé la rencontre de rugby opposant l’Angleterre (la perfide Albion, diraient certains...) à la France : comme eux, j’ai vibré, tremblé et été déçu par le résultat final défavorable à l’équipe tricolore. Mais ce qui m’a intéressé, au-delà même de la compétition, c’est l’esprit de ce sport qui, s’il est démonstration de force et d’énergie sur le terrain, ne donne pas lieu aux déchaînements ou aux contestations d’arbitrage désormais apanages des rencontres de balle-au-pied, malheureusement. Sans doute ce dernier sport devrait-il prendre exemple sur le rugby pour retrouver un peu plus de sérénité et de popularité.

 

Ce qui m’a frappé, c’est aussi que le « nationalisme » volontiers cocardier qui s’est manifesté lors de cette coupe du monde de ballon ovale n’avait pas ce caractère outrancier, voire belliciste, que l’on voit en d’autres occasions : en me promenant à Paris samedi après-midi, j’ai croisé des foules festives et animées, aux couleurs des deux équipes rivales, et qui riaient ensemble, sans agressivité, levant leur verre à leur équipe respective, dans une ambiance véritablement bon enfant. Pas de « hooligans », pas de cris de haine !

 

Pour les Français, cette coupe de monde a été l’occasion de « se retrouver » en un « nous » national, de reprendre les rites de l’appartenance que sont « la Marseillaise » et le drapeau tricolore, de se trouver de nouveaux héros comme le désormais mythique Chabal, sorte de Vercingétorix moderne ou de Surcouf rugbystique qui ose défier le « politiquement correct » en répondant (en anglais) à un journaliste britannique que « lorsque l’on est en France, on parle français », avant de quitter la salle de presse... Certes, cela n’est que du sport, mais c’est sans doute aujourd’hui une des modalités du « vivre ensemble » au moment où la nation elle-même doit faire face à des remises en cause de plus en plus brutales par la globalisation économique ou plus insidieuses par la « construction européenne » : la méconnaître ou la surévaluer serait également se tromper.

 

postheadericon Clé USB et informatisation scolaire.

Aujourd’hui mercredi, réunion des profs d’Histoire pour une initiation aux joies de l’informatique dans la réalisation de documents destinés aux élèves tandis que, dans le même temps, le Conseil régional d’Ile de France distribue une clé USB aux élèves des classes de Seconde et aux enseignants de celles-ci : la craie et le tableau noir s’éloignent... A tout cela, il y a un étrange paradoxe : au moment même où l’on parle d’économies d’énergie sur tous les tons et en tous les domaines, ce qui me semble fort honorable, on incite les profs comme les élèves à pratiquer l’ordinateur de façon intensive, durant les cours eux-mêmes comme à la maison, en insistant sur le côté ludique plus que sur l’effort ou le travail nécessaire pour acquérir des connaissances et développer la réflexion. Or, les activités informatiques restent encore fort énergivores et il me semble que les manuels, aussi incomplets et partiaux puissent-ils être, risquent fort, si cela continue, de ne plus servir qu’à caler la table quand celle-ci est branlante. Cette informatisation de l’activité enseignante, si elle peut être un moyen intéressant pour qui le maîtrise vraiment et sait aussi s’en passer, risque bien de réduire la fonction de transmission à celle, moins formatrice, de communication. Je ne suis pas certain que le métier de professeur en sorte grandi ou revalorisé, puisque les informations pêchées sur la Toile seront considérées aux yeux des consommateurs de connaissances comme valant dix fois (par la force de l’image et de la modernité) le discours ou le raisonnement, parfois plus abrupt et moins « festif », de l’enseignant... Il est vrai que ce n’est pas toujours immérité quand on entend les propos si peu historiques de certains qui se targuent d’être profs d’Histoire, en particulier lors de certaines manifestations « moralisatrices » et « politiquement correctes », et qui alignent préjugés et contrevérités devant des micros tendus complaisamment. J’ai assez souffert lors de mes études de lycéen de certaines pratiques professorales qui consistaient à nous fourguer une sorte de brouet malodorant à connotation marxisante (mais sans l’intelligence de Marx) et à réprimer le garnement qui rechignait à avaler ces sornettes, pour ne plus vouloir de ce genre de procédés si peu dignes du métier de professeur.

 

Cela dit, l’informatique appliqué à tout et à tous n’est que l’illusion de la connaissance et le substitut de la liberté et de la réflexion : en somme, un « cerveau de remplacement » qui répond d’un clic et évite la fatigue d’une pensée, puisque, suprême progrès, « la Toile pense pour vous »... Dans mes quêtes de documents historiques ou géographiques sur la Toile, j’ai constaté combien les moteurs de recherche pouvaient, malgré l’apparente profusion de liens et de pages annoncées, orienter vers des impasses ou, encore plus grave, « oublier » des pages pourtant fort pertinentes. Sans y déceler un hypothétique complot, j’y vois surtout une insuffisance dramatique, plus efficace que toutes les censures, puisque ce qui n’apparaît pas sur la Toile semble ne plus avoir d’existence pour ceux qui y cherchent toutes les solutions et réponses.

 

En somme, utiliser les possibilités formidables de l’informatique et de la Toile ne doit pas nous faire abdiquer notre liberté première de réfléchir et de chercher, à notre rythme et à notre mesure, à connaître et à comprendre, voire à critiquer. Liberté de l’esprit...

 

postheadericon BHL et les maurrassiens.

Ce mardi matin, Bernard-Henri Lévy, sauveur et penseur autoproclamé de la Gauche éclairée, était interrogé sur France-Inter à l’occasion de la parution de son livre « Ce grand cadavre à la renverse » consacré à l’état et au devenir de la Gauche, aujourd’hui bien mal en point. En train de savourer quelques biscottes tartinées d’omega 3 et un grand bol de céréales, j’écoutais d’une oreille discrète ce brillant représentant de la philosophie germanopratine disserter sur les « salopards » qui osaient s’en prendre à Ségolène Royal après l’avoir soutenue (comme la corde soutient le pendu...) durant la campagne présidentielle : rien que du convenu, avec une virulence de bon aloi, bien sûr.

 

Et puis la colère se fit fureur lorsque l’homme à la chemise immaculée évoqua « les deux maurrassiens » que compte (selon lui) le paysage politique français : Jean-Pierre Chevènement, ancien conseiller de madame Royal et Henri Guaino, plume officielle de Nicolas Sarkozy. Je tendis alors l’oreille, voire les deux, pour mieux saisir les mots qui se bousculaient sur la langue de cet honorable « résistant » à l’hydre maurrassienne dont j’appris qu’elle était le principal danger planant sur notre belle et douce Démocratie et que, même, elle prenait parfois des visages de Gauche pour mieux duper son monde...

 

La charge dura bien une bonne dizaine de minutes, sans que BHL ne s’abaisse à expliquer qui était Maurras, ce mystérieux et terrifiant Fantomas de l’idéologie française qu’il lui fallait pourchasser partout, et que, j’en suis bien persuadé, nombre d’auditeurs de France-Inter ne connaissent pas...

 

Si Charles Maurras ne m’est pas toujours sympathique, en particulier sur ses prises de position antisémites (que je récuse comme je l’ai maintes fois souligné) et sur ses aveuglements des années 40, sans doute le résultat d’un désespoir qu’il pensait dépasser par la dénonciation constante (et parfois profondément injuste) des anciens maîtres ou acteurs de la IIIe République, il ne mérite pas l’indignité auquel BHL veut le condamner, et je relis actuellement les textes sélectionnés pour le « Dictionnaire politique et critique » sans déplaisir, y trouvant, au milieu de vieilles ferrailles idéologiques (Maurras écrit sous une IIIe minée par un parlementarisme délétère, celle-là même que de Gaulle méprisera et ne regrettera pas en juin 40) quelques pépites de la pensée politique qui explique d’ailleurs pourquoi BHL le dénonce avec tant de virulence, des fois que quelques jeunes curieux aient l’idée saugrenue d’ouvrir ses livres...

 

En écoutant les éructations de Bernard-Henri, celui que moquait Pierre Desproges avec une grande constance et malice, je me disais que Maurras était, décidément, le grand « inconnu » de l’histoire politique française et, en même temps, sa « mauvaise conscience », son « Cassandre », celui auquel de Gaulle rendait un hommage paradoxal par cette formule étrange : « Maurras a eu tellement raison qu’il en devenu fou »... Pour BHL, j’ai parfois l’impression qu’il est fou sans avoir raison...

 

postheadericon L'exemple Vuarnet.

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En économie comme en politique, il n’y a pas de fatalité et l’actualité nous en donne encore des exemples récents : le fabricant Vuarnet, contrairement à de nombreuses marques, a décidé de rester en France pour fabriquer ses lunettes de sport et il a même ouvert la semaine dernière une nouvelle usine à Arbent, dans l’Ain. Comme le signale « La Croix » dans son édition du 8 octobre, « ce choix (...) mérite d’être salué. Bien des marques de luxe n’ont aucun scrupule à faire fabriquer à très bas coût en Extrême-Orient pour vendre à prix d’or dans des boutiques très cossues. Vuarnet cependant n’agit pas seulement par sens moral ou civique. Fabriquer en France est l’assurance d’une grande qualité des produits, d’économies sur les coûts de transport et de protection contre les risques de pillage des secrets de fabrication ».

 

En quelques mots sont évoquées les qualités d’une fabrication et d’une vente « au plus près », en France : il faut aussi, en ces temps de « Grenelle de l’environnement », souligner l’intérêt d’une proximité entre le lieu de production et celui de consommation, car c’est tout autant de CO2 en moins rejeté dans l’atmosphère, et cela devrait engager à ouvrir d’autres chantiers comme, par exemple et sans tomber dans ce seul paradigme mais en l’exploitant intelligemment, celui de la « relocalisation » de certaines activités industrielles ou, même, agroalimentaires. En effet, est-il normal de délocaliser des entreprises au risque d’entraîner des mises au chômage dans notre pays et la perte de savoirs faire parfois ancestraux, tout cela pour le bénéfice de quelques rentiers actionnaires ou des retraités états-uniens ?

 

Comme on le voit, produire au maximum ce que l’on consomme en France, loin d’être une simple maxime « nationaliste », est aussi un devoir écologique tout comme il est une garantie de voir respectées des règles sociales « oubliées » dans de nombreux pays du Sud qui ne s’embarrassent pas de considérations morales sur la condition ouvrière. Certains rétorqueront que cette pratique économique nous fermerait les marchés étrangers : mais cela est moins certain si la qualité française reste une référence (et une obligation) et si nous en faisons un point fort de notre « carte de visite ». D’autre part, il est des productions, en particulier agroalimentaires, qui sont attachées à nos terroirs et qu’il s’agit de promouvoir auprès de consommateurs français aujourd’hui plus sensibles à une nourriture de qualité et plus « naturelle ».

 

Bien sûr, cela remet en cause certaines habitudes prises depuis quelques décennies, mais notre pays comme ses citoyens y ont tout à gagner.

 

postheadericon Quelques propos sur la Monarchie.

 

Vendredi dernier, les étudiants d’Action Française m’avaient invité à traiter de « Royalisme et modernité » en leurs locaux parisiens de la rue Croix-des-Petits-Champs : comme d’habitude, j’ai préparé au dernier moment mon intervention, installé confortablement dans un café proche du « 10 », mes papiers et mes coupures de journaux envahissant la table, ne laissant que la place nécessaire pour la tasse.

En fait, mon intervention a été l’occasion de montrer comment le royalisme, loin d’être une nostalgie, apparaît comme la possibilité de relever les grands défis contemporains : ceux de la question institutionnelle, bien sûr, mais aussi ceux de l’écologie et de l’aménagement du territoire, par exemple. J’ai insisté, en cette période de « Grenelle de l’environnement », sur le fait que la question écologique réintroduisait la notion de « longue durée » dans le discours politique et comment les écologistes conséquents ne pouvaient que se poser, à terme, la question du régime susceptible d’inscrire la préoccupation pour les générations à venir dans sa propre constitution, et qu’ils ne trouveraient, s’ils voulaient concilier « continuité environnementale » et « libertés », que la Monarchie à transmission héréditaire, la plus « naturelle » qui soit, celle qui reproduit le cycle même de la nature et qui le résume dans cette formule rituelle « le roi est mort, vive le roi ». D’ailleurs, ceux qui veulent un « développement durable » ne peuvent vouloir qu’un « Etat durable », un Etat capable de dépasser les contingences ou les envies politiques et électorales du moment pour voir au-delà du simple « temps démocratique », forcément limité, et servir de trait d’union, à la fois entre les peuples de France (lien horizontal) et entre les générations qui se succèdent (lien vertical) sur son espace territorial.

J’ai aussi insisté sur l’indépendance que procure la naissance qui, contrairement aux élections, ne s’achète pas et donne au monarque une position naturelle d’arbitre qui ne doit rien aux clientèles électorales ou aux pressions financières et industrielles. Bien sûr, je parle de la Monarchie « à la française », c’est-à-dire active et éminemment politique, cette Monarchie qui ne se contente pas d’inaugurer les chrysanthèmes mais donne l’impulsion aux grands projets sans pour autant priver le gouvernement et les assemblées (nationale comme régionales et municipales) de leurs pouvoirs de représentation et d’administration des communautés françaises. Cette Monarchie qui répond à la fois à la « demande régionaliste » et à « l’exigence nationale ».

Cette Monarchie, si elle veut être crédible et renouer le lien tranché une dernière fois il y a près de 160 ans (un sacré bail...), si elle se doit d’être audacieuse et de ne pas décevoir, doit aussi prendre en compte les réalités et être éminemment pragmatique, cultivant ses qualités sans négliger celles qui peuvent surgir des forces politiques ou sociales du pays, y compris parmi les oppositions qui, soyons en sûrs, ne manqueront pas.

N’oublions pas que la Monarchie, dont la grande difficulté est, aujourd’hui, l’instauration au faîte de l’Etat, à la magistrature suprême de l’Etat, n’est pas un système « parfait » mais un « moyen institutionnel », politique et humain, pour assurer la vie et la transmission (« critique », c’est-à-dire débarrassée des erreurs passées et des expériences échouées, ou simplement des pratiques ou des idées dépassées au regard du moment considéré) de la société nationale. Vaste programme, s’amuserait le général de Gaulle qui, lui-même, a bien été tenté de refaire cette Monarchie mais s’est contenté d’une régence sans lendemain...

 
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