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postheadericon 2007

postheadericon Démocratie people...

Régis Debray est une plume originale, libre et qui se définit de façon provocatrice comme « gaulliste d’extrême gauche » dans un entretien paru dans l’édition du samedi 20 octobre du journal « Le Parisien ». Sa critique du spectacle politicien actuel, critique acerbe et désenchantée, a le mérite de montrer les vices d’un régime qui prend de plus en plus les aspects d’une « démocratie émotionnelle », voire « pulsionnelle ». Selon lui, le grand reproche que l’on peut faire aux politiques, c’est « de confondre la fonction officielle avec la vie privée et de livrer leur intimité au lieu de remplir leur rôle. De se mettre en avant soi-même au détriment de la cause que l’on défend ou du peuple que l’on représente. » Il est vrai que, après la séparation du couple Royal-Hollande annoncée à grands coups de trompette le soir d’une élection législative, le divorce du couple « concurrent » et présidentiel, lui aussi largement médiatisé à travers les multiples couvertures de la presse du cœur et, surtout, de la presse dite « sérieuse », le propos de Debray n’en a que plus d’écho…

S’il se met toujours en scène, et si, dans les Monarchies d’hier comme d’aujourd’hui, il n’hésite pas à user du spectaculaire et du faste pour se donner le « prestige d’être », le Pouvoir ne peut reposer exclusivement sur cette confusion entre sphère publique et sphère privée : lorsque la Monarchie française rend public les moments forts de la vie privée (mariages ; naissances, y compris les accouchements eux-mêmes pour éviter toute contestation de légitimité quant à l’enfant né ; deuils…), elle préserve dans le même temps une solennité utile pour agir efficacement, tout comme elle conserve le secret sur les affaires qui ne concernent que l’Etat. Or, dans nos démocraties et en particulier dans une République dont le magistrat suprême est élu au scrutin majoritaire, la tentation d’instrumentaliser sa vie privée pour légitimer sa position et, éventuellement, gagner quelques points dans une Opinion qui raisonne plus en termes d’affect que d’idées ou de projets fondateurs, cette tentation porte en elle une déchéance possible de l’Etat si le nouvel élu ne profite pas du « sacre électoral » pour abandonner la posture du candidat et « devenir l’Etat », ce que de Gaulle et Mitterrand, dans des styles fort différents (et parfois contestables), ont su faire en leur temps. La Monarchie a cet avantage qu’elle intègre le « spectaculaire » sans atteindre à la dignité ni à la légitimité de l’Etat, cette dernière ne naissant pas, en elle-même, du spectacle ni des « mobilisations people » (celles-là mêmes qui ont remplacé les engagements des intellectuels…). Quand, aujourd’hui, un Johnny Hallyday ou un Doc Gynéco semblent plus importants dans une campagne électorale politique que les argumentaires les mieux établis (même s’ils restent toujours, par essence, discutables), et que même les magazines politiques consacrent leurs « Unes » aux mésaventures des « couples » engagés dans la bataille présidentielle, au risque de brouiller l’appréciation politique au profit de l’émotion, quel prestige peut garder la fonction ainsi convoitée, voire conquise, de la magistrature suprême de l’Etat ?

S’il n’est d’Etat durable sans une part de sentimentalité, il n’est pas souhaitable que les sentiments s’imposent à la politique elle-même : s’ils peuvent être un moyen de la pérennité institutionnelle et de la fluidité des relations entre la tête de l’Etat et les citoyens, ils ne doivent pas en devenir le seul mode de gouvernement et, encore moins, le seul mode de communication. La Monarchie peut résoudre cette équation devant laquelle la Démocratie émotionnelle, elle, se trouve dépourvue et par laquelle elle est désormais, à l’heure de la transparence obligatoire (« voyez-vous les uns les autres, jugez-vous les uns les autres… »), piégée… D’ailleurs, Régis Debray le sait sans doute, lui qui écrivait il y a quelques années : « à la République, il manque une famille royale »…

 

postheadericon Actualité turque.

La Turquie est proche de l’Europe, c’est-à-dire qu’elle est sur le point d’entrer dans l’Union Européenne : je ne discute pas cette situation, je me contente d’en prendre acte, car ce n’est pas l’objet de la présente note.

En effet, la Turquie connaît une actualité qui, sur le plan politique comme géopolitique, n’est pas anodine. Ainsi, dans une indifférence totale de la presse française, a eu lieu un référendum portant sur le mode de désignation du président de la République : désormais le chef de l’Etat sera élu sur le modèle français au suffrage universel direct, élu pour cinq ans, renouvelable une fois. C’est le moyen, intelligent, qu’ont trouvé les « ex-islamistes » (c’est ainsi qu’ils sont qualifiés par « Le Monde ») de l’AKP, parti au pouvoir, pour contourner les obstacles posés par l’armée et les kemalistes, inquiets de la poussée des « confessionnels » et de leur volonté d’en finir avec l’ancien ordre laïque établi par le fondateur de la Turquie moderne sur le modèle de la IIIe République française (modèle d’ailleurs fort critiquable). L’évolution vers la modération des « ex-islamistes », conjuguée à la volonté d’intégrer dans de bonnes conditions l’Union Européenne, se poursuivra-t-elle ou, grisés par leurs succès électoraux et économiques, auront-ils tendance à « retrouver leurs fondamentaux », ce qui poserait de multiples problèmes à l’équilibre même de l’Union Européenne ? Ne préjugeons pas de l’avenir qui n’est jamais vraiment écrit avant que d’avoir lieu, même si cela n’empêche pas la prospective et la prudence, voire l’espérance selon les cas… Mais suivons cette actualité intérieure turque avec attention, car la Turquie n’est pas un « détail », elle est une puissance majeure de la Méditerranée, héritière de l’empire ottoman dont les rois de France se sont toujours préoccupés, sans aversion aucune dans la plupart des cas.

C’est aussi pour cela que les récentes attaques des séparatistes kurdes du PKK qui ont fait, pour la seule journée de dimanche 21 octobre, une douzaine de morts parmi les militaires turcs, sont inquiétantes car elles risquent d’entraîner un conflit supplémentaire dans une région déjà énormément déstabilisée sans profit depuis l’intervention états-unienne de 2003. La semaine dernière, le 17 octobre, le parlement turc a voté l’autorisation pour l’armée de mener une opération militaire au-delà des frontières du pays (c’est-à-dire, clairement, en Irak ou, plutôt, dans le Kurdistan irakien presque indépendant…), valable pour une durée d’un an. Dès hier, les hélicoptères turcs ont poursuivi les assaillants du PKK jusqu’à la région d’Amadya, à l’extrême nord de l’Irak, détruisant un pont et mitraillant des combattants kurdes. Devant une telle situation, le président irakien a demandé aux hommes du PKK de déposer les armes ou de quitter l’Irak, tout en annonçant que son pays se défendrait contre toute agression extérieure, ce qui paraît illusoire eu égard à la guerre interconfessionnelle (entre autres…) qui mine déjà Bagdad et le reste du pays, encore occupé par plusieurs armées étrangères. A moins que cela soit une occasion pour le pouvoir central irakien de reprendre pied et de réaffirmer son autorité dans une région largement autonome et riche en pétrole, ce qui n’est pas négligeable…

Les Etats-Unis, de plus, sont fort gênés dans cette affaire car les Kurdes d’Irak (souvent solidaires de leurs « frères » de Turquie) sont leurs seuls alliés sûrs dans ce pays livré à l’anarchie et, en même temps, ils ne peuvent se mettre à dos la Turquie, déjà très énervée depuis la semaine dernière par le vote des parlementaires états-uniens reconnaissant le « génocide arménien ».

Les difficultés des Etats-Unis à trouver une stratégie satisfaisante pour leurs propres intérêts sont une occasion d’affirmer une diplomatie française « médiatrice » qui reconnaisse le rôle prépondérant de la Turquie dans la région et s’investisse dans la construction d’un nouvel axe géopolitique Paris-Berlin-Moscou-Ankara qui soit une véritable alternative à la diplomatie atlantiste et « suiviste » des pays de l’Union Européenne majoritairement attachés à l’idée du « parapluie américain », véritable tombeau de l’indépendance du continent et de ses nations.

Oui, décidément, il ne faut pas négliger la Turquie et son actualité…

 

postheadericon Résistance, au delà de Guy Môquet.

La commémoration de la mort du jeune Guy Môquet dans tous les lycées de France à travers la lecture de sa dernière lettre a soulevé une vaste polémique au sein du corps professoral, pour des raisons fort diverses et qui ne tiennent pas toujours à l’Histoire elle-même. Personnellement, j’ai fait lire cette lettre par une élève, jeudi dernier, n’ayant pas cours ce lundi 22 octobre : mais je ne me suis pas contenté de cette simple lecture, j’en ai profité pour aborder avec les quinze lycéens de cette classe le contexte et les enjeux historiques de la Résistance, et les éléments de la polémique née de la décision présidentielle.

Tout d’abord, j’ai rappelé que Guy Môquet n’était pas, en tant que tel, un résistant mais un otage, ce qui n’a pas exactement ni le même sens ni la même valeur, et qu’il avait été arrêté parce qu’il distribuait des tracts, non pour résister à l’Occupation, mais pour dénoncer le « grand capital » responsable de la défaite et la « guerre impérialiste » menée par l’Angleterre (alors bombardée par la Luftwaffe). A l’époque le Parti communiste, auquel appartenait Guy Môquet et son père (le député Prosper Môquet), n’était pas encore rentré dans la Résistance, le pacte germano-soviétique étant toujours en vigueur et le PCF s’inscrivant dans une logique de sabotage dont l’armée française de 1940 allait faire les frais…

Evidemment, en octobre 1941, les choses ont changé et Guy Môquet, malgré son jeune âge, est fusillé par les Allemands en représailles d’un attentat qui a coûté la vie à un officier des troupes d’occupation à Nantes. Son martyre devient alors un symbole pour un Parti communiste en quête de reconnaissance et soucieux de faire oublier ses compromissions antérieures…

J’ai aussi évoqué à mes élèves la diversité des engagements dans la Résistance dont le point commun était d’abord la résistance à l’occupation allemande : en somme, un réflexe « nationaliste », le refus de l’occupation étrangère, le sentiment qu’il n’y a pas de liberté possible pour les personnes dans une nation asservie. « De toutes les libertés humaines, la plus précieuse est l’indépendance de la patrie »  affirmait Maurras…

Dimanche, en terrasse de mon café habituel, sur la place du marché de Versailles, je relisais quelques pages du livre écrit par François-Marin Fleutot, « Des royalistes dans la Résistance », livre qui rappelle quelques figures de résistants dont Honoré d’Estienne d’Orves, premier officier de la France Libre à être fusillé pour faits de résistance, le 29 août 1941, et qui écrivait, quelques jours avant sa mort, en condamnant l’antisémitisme des journaux parisiens : « On parle beaucoup dans les journaux d’une certaine catégorie de nos concitoyens ; ces attaques, quoiqu’elles soient maintenant bien vues des autorités, ne diffèrent guère de ce qu’on lisait autrefois dans les journaux d’extrême droite. (…) Mais notre fierté d’être français est basée sur la conscience de nos droits, sur les souvenirs de notre histoire, et non sur la conscience d’une supériorité innée. Ce ciment qui nous unit, ce n’est pas la race, c’est la nation constituée au cours des siècles, avec au départ des races différentes. C’est un ciment de la raison, qui est de devenir celui du cœur et qui n’en est pas moins fort. » Un texte à méditer, me semble-t-il…

Pour revenir sur la polémique née de la lecture dans les lycées de la lettre de Môquet, il faut bien avouer que certains enseignants ont montré là le peu de cas qu’ils font de la France, qu’ils jugent parfois « dépassée » au point d’en nier la fonction « médiatrice » et « fédératrice » des habitants de cet espace territorial né de l’Histoire. Ce que résumait à sa manière un de mes amis serveurs au « franco-belge », mon refuge habituel du soir, en me faisant remarquer qu’il vibrait plus pour la France, lui qui n’est « que » résident (selon ses propres termes) et est né au Maghreb, que beaucoup de « Français de souche » qui se veulent « Européens » et ne pensent qu’à dénigrer leur pays de naissance et d’éducation au nom d’un modèle « efficace » qui n’a rien à voir avec nos traditions particulières, celles qui font notre charme et qui attirent, d’ailleurs, de nombreux intellectuels (entre autres) du monde entier…

Par contre, je rejoins ceux de mes collègues qui craignent, au-delà de la lecture de la lettre, l’établissement (ou, plutôt, le rétablissement) d’une « Histoire officielle » qui, à travers les « lois mémorielles », gênent, non seulement la recherche historique mais aussi la liberté d’enseigner en imposant des thèmes et des concepts « historiquement corrects » : les manuels en portent souvent la marque, héritiers en cela de la IIIe République « républicanisante » qui avait donné comme mission à l’Ecole de faire de « bons petits républicains »… Mais demain n’est pas très rassurant, comme le souligne un article du « Figaro » publié le lundi 15 octobre dernier : l’association Liberté pour l’Histoire « vient de découvrir l’existence d’une directive européenne, prise sur le modèle des lois mémorielles en France, et qui doit s’appliquer à l’ensemble des législations européennes. Un pas de plus vers cette Histoire officielle dont les historiens français espéraient se libérer… ». Puisqu’il est question de résistance dans cette note, sans doute faudra-t-il la pratiquer, non dans le drame et les affres d’une guerre, mais dans le cadre du débat public et politique.

 

postheadericon Pays réel ?

Le nouveau traité européen va être ratifié en France par la voie parlementaire au mois de décembre, au grand dam des partisans du « Non » de 2005 qui se plaignent d’un procédé peu démocratique : il est vrai que « l’évitement du peuple » que semble être la procédure du Congrès versaillais peut apparaître un déni de démocratie mais c’est oublier que notre système repose d’abord sur le principe de la « démocratie représentative », beaucoup plus que sur celui de « démocratie directe », même si le référendum figure dans la Constitution française. Mais il est évident que le résultat négatif de mai 2005 l’a sans doute condamné aux yeux des européistes et des démocrates qui acceptent mal que le peuple se substitue à sa représentation légale… Cette méfiance du « pays légal » creuse un peu plus le fossé entre les citoyens et une construction européenne de moins en moins lisible et de plus en plus insidieuse, faute de foi et d’espérance.

Pour autant, le référendum est-il l’expression du « pays réel » tel que le conçoivent les souverainistes ou les nationalistes ? Ce n’est pas certain et il ne faudrait pas confondre « majorité référendaire » et ce fameux « pays réel » qui tient parfois plus du mythe et de l’illusion que de la réalité : n’oublions pas que la « majorité » est un concept qui n’est efficient que dans le cadre du « pays légal » et que si elle peut, à l’occasion, coïncider avec le « pays réel », elle n’en est pas forcément l’incarnation.

La grande question qui se pose à ceux qui mettent en avant le « pays réel » est celle de son incarnation politique et de ses « territoires » institutionnels : on en viendra sans doute à une formule d’assemblées provinciales élues mais aussi à des assemblées professionnelles et sociales, sans négliger des conseils municipaux aux responsabilités plus étendues. Les « nouvelles agoras » seront la tentative de rapprocher du plus qu’il est possible « pays légal » et « pays réel » mais il faudra à cette architecture institutionnelle un « magistrat suprême », incarnation politique et symbolique de l’Etat susceptible d’indiquer les grandes orientations du pays, en particulier sur le plan diplomatique et de grande politique nationale : en somme, « libertés à la base, autorité et arbitrage au sommet » ou, mieux encore, « les républiques françaises sous le patronage du Roi »… Cela n’empêchera pas de penser à l’Europe mais en limitera, par une subsidiarité active, les dérives réglementaires qui la transforment en carcan kafkaïen et, de plus en plus, en « prison des peuples ».

 

postheadericon Un jour sur Terre.

Je profite souvent du lundi soir pour aller au cinéma à la séance de 18 heures, petit loisir et plaisir hebdomadaire que j’apprécie particulièrement en cette période lourde de corrections de devoirs. Ainsi, au moment où le rapport Attali commence à être connu et commenté, approuvé par les « forces de Progrès » que se revendiquent être les libéraux et grandes sociétés financières, j’ai pris le contre-pied de cette folie scientiste et consumériste en visionnant le beau film « Un jour sur Terre » qui, en quelques poignées de minutes, nous montrent quelques unes des richesses de notre planète fragile, richesses de paysage comme de faune : le léopard de l’Amour, race de félins en cours d’extinction (victime du braconnage, entre autres) dont il reste une quarantaine de spécimens ; le paradisier, oiseau dont la parade de cour est un véritable festival de couleurs ; le requin blanc, redoutable carnassier des mers aux dimensions impressionnantes ; etc. Ce film se range dans la catégorie des (beaux) films animaliers dont mon enfance a été bercée. Il a le mérite de rappeler que le cinéma peut aussi donner à voir de superbes spectacles qui, sans montrer l’homme, le prend à témoin (et à coeur) de ce monde qu’il s’agit de transmettre aux générations futures, de ces beautés qui ne doivent rien à l’action humaine mais peuvent être, aujourd’hui, menacées par l’irresponsabilité et le développement d’une humanité qui aurait perdu la mesure et l’humilité (qui n’est pas soumission) devant la Création.


Les dernières images du film nous ramènent à cette réalité actuelle d’un réchauffement climatique dont, si on n’en connaît pas tout à fait les mécanismes, on peut supposer que les activités industrielles en portent une grande responsabilité par les rejets massifs depuis deux siècles de CO2 : la mort d’un ours polaire sur la banquise, mort de faim... Un image terrible qui annonce, à l’échéance d’une vingtaine d’années, l’extinction de cette espèce animale, avant beaucoup d’autres...


Ce beau film, qui se termine en forme d’avertissement, mériterait d’être montré aux élèves des collèges et lycées de France, en attendant le prochain film de Jacques Perrin, « Océans », qui doit sortir sur les écrans au printemps prochain : dans une société d’images tapageuses et publicitaires, il est encore de la place pour des beautés naturelles, et c’est dès maintenant qu’il importe de sensibiliser les jeunes générations à ces chefs-d’oeuvre d’une nature si nécessaire à l’équilibre de notre planète et de ses habitants.

 
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