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postheadericon Argent, distraction et contestation.

Quelques universités s’agitent depuis la semaine dernière, sous l’impulsion de certains groupes politiques qui, défaits sur le terrain électoral, cherchent à se refaire une santé en soulevant une contestation étudiante contre les dispositions de la loi sur l’autonomie des universités adoptées l’été dernier. Dans une logique démocratique « intégrale », c’est le jeu et les mouvements étudiants, de quelque bord qu’il soit, y participent. Bien sûr, l’extrême gauche en profite, y voyant aussi l’occasion de recruter des troupes fraîches en annonçant « le grand soir » (toujours repoussé…). Quant à l’UNEF, syndicat étudiant marqué à gauche, c’est l’occasion de repérer les « jeunes pousses » qui, demain, seront intégrées à l’appareil du Parti socialiste : il est toujours amusant de voir la carrière de ceux qui, à l’automne 1986, promettaient la révolution et sont aujourd’hui, comme Darriulat (à l’époque dirigeant trotskyste), sénateurs ou députés socialistes.

Cela étant, la contestation qui monte est, en fait, au-delà même des raisons politiques ou politiciennes, un signe de l’agacement et de l’impuissance face à une manière de gouverner qui fait la part belle aux seuls critères économiques et semble vouée à favoriser les « déjà favorisés » au mépris du rôle propre du Politique qui se doit d’être indépendant des forces d’Argent pour être légitime ou, au moins, juste. Mais le président Sarkozy est à l’image de ce temps qui ne donne de valeur qu’à ceux qui réussissent financièrement, l’Argent ayant remplacé (en de nombreux cas) Dieu ou la patrie : en cela, il est aussi à l’unisson des autres dirigeants de la planète, imprégnés par cette « idéologie de l’Avoir » qui se conjugue avec une « Liberté » indexée sur l’Argent et non plus sur la vie des hommes. Mais il est aussi en phase avec une Opinion publique qui réclame plus sa « part de gâteau » que le renversement du Veau d’Or et qui raisonne d’abord en termes de consommation : j’en veux pour preuve les réactions à la hausse du prix de l’essence ou le désir de l’ouverture des magasins le dimanche, à rebours des acquis sociaux anciens…

Aussi, la contestation étudiante, si elle se cristallise dans les semaines prochaines au sein des facs et dans la rue, au-delà des conséquences sur les études de l’année universitaire, risque de ne pas poser les vrais problèmes et de n’être qu’une « distraction » dans une société qui a érigé la provocation et l’agitation en spectacle pour éviter toute remise en question plus fondamentale.

Cela ne doit pas empêcher de poser des vraies questions et de repenser le politique, de vouloir changer les rapports sociaux au profit d’une « philosophie de l’être », tout en ne se leurrant pas sur le spectacle que les uns ou les autres veulent faire jouer dans cette « comédie de l’affrontement » : s’il reste utile de discuter avec les uns et les autres, il nous appartient de refuser la fausse alternative que veulent mettre en avant les grévistes et qui ne peut que dévier toute contestation vers une impasse.

Quant à la loi qui donne l’occasion de cette agitation encore limitée (mais qui sait ?), il me faudra en reparler car elle n’est pas entièrement négative, loin de là, et elle réactualise une idée forte que les royalistes attachés aux libertés universitaires défendent depuis fort longtemps : l’autonomie des universités.

 

postheadericon Tchad : la politique des otages.

La triste histoire de « l’arche de Zoé » n’est pas qu’une affaire humanitaire mais bien une affaire politique qui dépasse largement les amateurs de cette association de « bons sentiments ». Bien sûr, elle est emblématique des dérives de notre société persuadée que l’on peut s’émanciper des Etats et des règles de la diplomatie au nom d’un humanitarisme universaliste, celui-là même qui est vanté jour après jour à travers les médias dominants : que de simples quidams sans expérience et peu au fait des réalités politiques et géopolitiques aient cru à ce que la télévision leur racontait, voilà qui n’est pas très surprenant et qui montre toute l’hypocrisie d’un système médiatique occidental qui se donne bonne conscience à peu de frais avant de lyncher ceux qui furent assez crédules pour prendre le discours « humanitariste » au premier degré.

Personnellement, tout en étant fort critique à l’égard de cette association de « pieds nickelés », je me refuse à hurler avec les loups et je considère comme scandaleuse l’attitude des autorités françaises qui, au lieu d’affirmer une solidarité au moins diplomatique avec ses propres ressortissants (n’est-ce pas le devoir de chaque Etat, ce qui n’enlève rien à l’exercice de la justice ?), préfèrent leur cracher dessus sans même leur accorder le bénéfice du doute ou de la bonne foi ni respecter le principe de la présomption d’innocence. Bien sûr, cette attitude est sans doute dictée par des nécessités diplomatiques mais il me semble qu’il y a « l’art et la manière » à respecter, et présenter une telle attitude risque de décrédibiliser notre diplomatie et notre pays, en particulier au regard des autres Etats qui n’ont pas l’habitude de « laisser tomber » leurs concitoyens en pays étranger, quitte à régler ensuite les comptes après le retour au bercail… D’autre part, comment les citoyens français qui travaillent et vivent en « expatriés » dans de nombreux pays d’Afrique vont-ils réagir au spectacle d’un Etat désormais peu enclin à les défendre ou, même, à les protéger ?

Quant au président tchadien, dont les « qualités humanistes » sont bien connues, ses propos accusant les humanitaires d’être des pourvoyeurs de réseaux pédophiles ou de trafic d’organes humains montrent bien que la vieille politique des otages et de la « rançon » fonctionne encore… Au-delà des bénévoles de « l’arche de Zoé », c’est la France qui se retrouve piégée (et Cécilia n’est même plus là pour les faire libérer…) et qui semble ne plus avoir les moyens de peser sur l’Etat tchadien, courtisé par d’autres puissances beaucoup moins regardantes que la France sur les « principes »…

Quand la France va-t-elle prendre la mesure de la situation et, au lieu de se réfugier dans une Union Européenne sans ambition ni grandeur, « faire de la force » (je n’ai pas dit « faire usage de la force », que l’on soit bien clair et que l’on ne me prête pas des propos que je ne tiens pas !), c’est-à-dire prendre les moyens de sa politique, de celle que les Capétiens ont forgé au fil des siècles et que de Gaulle a, un temps, poursuivi, fidèle à sa ligne directrice : « La France n’est rien sans la grandeur », phrase qui résonne étrangement aujourd’hui et qui sonne comme un rappel à l’ordre à nos dirigeants actuels. Au fait, et l’Union Européenne, dans cette affaire ? Après tout, il y a aussi des ressortissants espagnols dans le groupe des prisonniers (des otages ?), et des journalistes (la liberté d’information n’est-elle pas un des principes majeurs de l’Union ?) : mais l’UE me semble fort silencieuse, ou gênée…

Certains, à me lire, croiront peut-être que je suis en colère : ils ne se trompent pas, c’est bien le cas. Car, si je peux accepter le cynisme en politique pour raison d’Etat (c’est ma tendance « Richelieu »…), je ne supporte pas l’hypocrisie et la lâcheté, surtout quand elles règnent à la tête de l’Etat pour cinq ans renouvelables… Décidément, je ne serai jamais républicain !

 

postheadericon Royalisme à Rennes.

Samedi 27 octobre se tenait une petite réunion à Rennes où j’ai présenté, rapidement (moins d’une demi-heure…), quelques arguments politiques pour la Monarchie tandis que mon ami Henry Le Bal, écrivain et dramaturge, rappelait l’historique de cette Fédération Royaliste de Bretagne (Kevredad roueelour breizh, en langue bretonne) fondée en 1987 sous la présidence d’un authentique résistant (au sein du réseau Hector, de l’Organisation Résistance Armée), camelot du roi et ancien maire royaliste de Poullan-sur-Mer, Luc Robet, aujourd’hui décédé. Henry a aussi complété mon exposé par une argumentation philosophique originale et en évoquant, au cœur de son discours, la place éminente du Prince Jean, duc de Vendôme, Dauphin de France. Ce faisant, il rappelait qu’un royalisme sans prince est une fidélité sans objet, vaine ou nostalgique. Mais cela n’a rien à voir avec une quelconque idolâtrie qui s’appliquerait à un « homme sans lendemain » tel que le sont les politiciens actuels, plus férus de communication que de service, ou, pire, les dictateurs, eux aussi attachés à un culte de la personnalité qui est, sinon la forme de leur légitimité illusoire première, au moins l’alibi de leur Pouvoir du jour…


A cette petite réunion, organisée par Tudry, participaient quelques amis de longue date comme Jean-Luc, ou Philippe Castelluccio, fidèle d’entre les fidèles d’Action Française et qui m’avait accompagné dans ce périple breton… En fait, elle me rappelait les premières réunions que nous tenions au début des années 80 dans des cafés enfumés et dans lesquelles nous refaisions le monde, pleins d’espoir et d’idées : peu à peu nous avions réussi à faire du royalisme une force politique locale qui n’a pas, malheureusement, trouvée une formulation (ou un enracinement) institutionnelle et a décliné à la fin des années 90 pour devenir une simple ombre dans le paysage rennais, subsistant par quelques autocollants apposés et quelques journaux diffusés chez les commerçants locaux. La réunion de ce samedi est sans doute un nouveau départ pour le royalisme local et je dois avouer que cela me réjouit, après les désillusions et les échecs cruels des dernières années.


Cela montre aussi que le royalisme, malgré sa lisibilité et sa visibilité encore réduites, n’est pas mort, 160 ans après le départ précipité du roi Louis-Philippe, et c’est sans doute la conjonction de la permanence de fidélités anciennes et d’une « épaisseur idéologique » qui est propre au royalisme français, plus précoce (du fait de l’histoire même de notre pays et du tremblement de terre politique de la Révolution française) que la plupart des autres monarchismes du monde, pas toujours recommandables d’ailleurs…


Je n’oublie pas la devise qui était devenue mienne dans les années 80 et que je dois à Bertrand Renouvin : « il ne s’agit pas de mourir royaliste, mais de vivre en Monarchie »… Je vois, peu à peu, peut-être encore trop peu à mon goût et au regard de l’enjeu, se lever de nouvelles espérances monarchistes. Bien sûr, le chemin est (très) long mais ce n’est pas une impasse si ce n’est pas une autoroute… Je reprends la route…


 

postheadericon La Monarchie et le temps.

Je suis en vacances samedi 27 octobre à midi, après mes cours de la matinée, et je repars immédiatement pour Rennes où je dois donner une petite conférence sur ce qui fait de la Monarchie une solution nécessaire et crédible à la question institutionnelle française. Au moment où la commission Balladur commence à énoncer quelques unes de ses propositions, il n’est pas inutile de poser, non plus seulement la seule problématique de l’alternance mais celle de l’alternative politique que peut représenter la Monarchie.

Dans un monde globalisé dominé par la logique franklinienne du « time is money », la question du temps politique mérite d’être reposée : préserver la nécessaire indépendance du politique et de l’Etat passe par une distinction du temps économique et de ce temps politique que la démocratie a tendance à raccourcir comme pour l’affaiblir. Par la suite des générations que symbolise la transmission renouvelée de père à fils à la magistrature suprême de l’Etat, la Monarchie, si elle ne commande pas le temps (nul ne sait ni le jour ni l’heure…), permet de l’accompagner et, d’une certaine manière, d’inscrire l’Etat dans la longue durée : celle-ci, représentée par un monarque qui symbolise, incarne même au sens fort du terme, la « mémoire de l’Etat » (qu’il ait été Monarchie, ou même République ou Empire), est le moyen d’engager et de garantir la pérennité du travail politique. Or, les défis que la France doit aujourd’hui relever nécessitent d’engager de grands et longs chantiers de structure, tant sur le plan économique, social que politique : prise entre deux élections, la République n’a pas le privilège ni la force d’un Etat libre de tout clientélisme électoral.

Voici l’un des éléments que je développerai samedi, avec quelques autres. Mais j’essayerai aussi, durant les vacances, de creuser d’autres pistes de « raisons monarchistes » par la lecture de quelques numéros du journal de Pierre Boutang, « La Nation française », en particulier le débat avec le philosophe Maurice Clavel ; d’autres lectures suivront, comme celle du récent livre de Benjamin Barber sur « comment le capitalisme nous infantilise », fort intéressant à plus d’un titre… Ce modeste blog y fera sûrement écho dans les prochaines semaines.

 

postheadericon Grenelle de l'environnement, et après ?

Le Grenelle de l’environnement a débuté réellement ce mercredi mais, au-delà des effets d’annonce et de quelques mesurettes (c’est toujours mieux que rien), il semble que le résultat final (attendu jeudi 25 octobre) ne soit pas vraiment suffisant au regard des enjeux environnementaux contemporains. Il faut dire que les groupes de pression industriels ou commerciaux ne sont guère disposés à faire des efforts significatifs, ni, d’ailleurs, la grande majorité des consommateurs, comme on peut le constater à chaque fois que l’on touche à la sacro-sainte bagnole… Ainsi la réduction de 10 km/h de la vitesse maximale sur autoroute a été abandonnée et l’écotaxe sur les véhicules les plus polluants ou les plus consommateurs, si elle est apparemment acceptée dans son principe, entraînera sans doute de nombreuses contestations des constructeurs comme des automobilistes. Reste le moratoire sur la construction de nouvelles autoroutes, moratoire qui doit s’accompagner, pour être utile, de la réactivation de certaines voies ferrées aujourd’hui négligées et la construction de nouvelles « autoroutes ferroviaires » (deux sont d’ores et déjà annoncées).


Le rail est sans doute une des solutions pour réduire la surcharge des axes routiers, mais il ne faudrait pas non plus oublier le réseau fluvial qui, lui aussi, peut permettre la circulation des marchandises au sein du pays. Sans oublier non plus le nécessaire aménagement des territoires qui doit permettre aux populations de retrouver le chemin des « campagnes délaissées » et d’y faire revivre des activités tout comme des villages et des lieux aujourd’hui inexploités, voire inoccupés : réintroduire de la « proximité » c’est aussi limiter les déplacements et permettre une meilleure répartition des populations, au lieu de poursuivre dans cette rurbanisation actuelle qui, écologiquement, n’est pas vraiment de bon rapport.


Encore faudrait-il que l’Etat assume son rôle de « grand organisateur » et qu’il favorise une telle politique, non par la contrainte ou la subvention, mais par l’impulsion et la faveur : en a-t-il vraiment la volonté et les moyens ? Jusque là, la République n’a guère brillé par ses initiatives en ce domaine, au point d’être même à la traîne sur certains projets environnementaux par rapport à d’autres pays d’Europe, plus « volontaristes ».


Espérons que le Grenelle de l’environnement, malgré les limites que j’ai évoquées au début de cette note, permette au moins de faire avancer la prise de conscience de nos concitoyens. Mais il faudra aller plus loin et on ne fera pas l’économie d’une vraie réflexion politique sur ce « souci environnemental » qui doit devenir une composante majeure du souci politique de l’Etat français.


 
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