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postheadericon La République antifamiliale de madame Morano.

La question des retraites n’est sans doute qu’une conséquence, et non une cause ni un problème « isolé » : il faut la repenser en fonction de deux facteurs déterminants (mais pas forcément exclusifs), la démographie et l’emploi. S’abstenir de le faire, c’est risquer de ne rien comprendre aux enjeux actuels et à venir et, donc, s’empêcher de construire cet avenir que « tout esprit bien né souhaite à sa patrie », selon la fameuse formule de Maurras.

Or, l’actuel gouvernement a tendance à prendre systématiquement le contre-pied de toute politique familiale digne de ce nom et qui pourrait aider à soutenir notre démographie : ainsi, la semaine dernière, quand le Parlement européen, pour une fois bien inspiré, a prôné et voté l’allongement du congé de maternité minimal à 20 semaines, Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille, a tout de suite dénoncé cette décision ! Les raisons invoquées n’étaient d’ailleurs pas très claires mais montrent bien que ce gouvernement, puisqu’elle exprimait l’avis de celui-ci sur cette question, est l’un des plus anti-familialistes de l’histoire de France, y compris sous la République… Doit-on s’en étonner quand on a vu une Christine Boutin, représentante d’une Droite qui se voulait « chrétienne sociale », sortie sans ménagements du gouvernement et ensuite marginalisée, voire détruite, par l’UMP, y compris lors de l’élection législative des Yvelines où son successeur (issu du parti chrétien de Mme Boutin) a été si peu soutenu par le parti sarkoziste (voire même combattu à peine discrètement, comme certains témoignages me le confirment de Rambouillet…) et a été battu par une candidate des Verts qui symbolise d’ailleurs bien un certain changement sociologique dans les campagnes de plus en plus rurbanisées des Yvelines.

La République de M. Sarkozy a choisi son camp et qu’elle soit qualifiée de « République des riches » est assez révélateur quand on se souvient qu’au XIXe siècle une certaine bourgeoisie se signalait par son refus de faire plus d’un enfant par crainte de disperser l’héritage et de freiner son ascension sociale, et appelait les ouvriers les « prolétaires », ce qui veut dire « ceux qui n’ont que des enfants comme richesse », en les moquant de « ne pas savoir se retenir »… Il suffit par exemple de relire l’ouvrage de Zola intitulé « Pot-Bouille » pour le remarquer ! Comme quoi, les « li-li », ces « libéraux-libertaires » qui gouvernent la République sont les dignes héritiers et continuateurs d’une certaine bourgeoisie égoïste (Toutes ne le sont pas, Dieu merci) peu soucieuse de l’avenir et de partager ce monde avec ceux à venir…

 

postheadericon Sarkozy, oligarque plus que monarque...

J’étais en début de semaine en Auvergne pour accompagner des classes de Première en sortie « géologie », au cœur des volcans et non loin, le premier jour, de la colline de Gergovie, ancienne capitale des Arvernes, surplombant la ville de Clermont-Ferrand. Bien sûr, la figure de Vercingétorix hante les lieux, et sa défaite finale, honorable mais cruelle, mérite sans doute quelques remarques : d’abord, n’a-t-il pas été victime, avant toute autre chose, d’une certaine trahison des élites gauloises, plus enclines à défendre leurs intérêts propres que ceux de leurs propres compatriotes, et à chercher dans le ralliement à l’Empire romain une sécurité menacée par des peuples gaulois prêts à donner leur consentement à un chef capable d’incarner « l’unité » et de diminuer le pouvoir des aristocrates maîtres des assemblées ? En somme, n’est-ce pas là le vieux combat qui court tout le long de l’histoire de France entre les « oligarques » et le « monarque » ? Le combat entre les nobles de « la Fronde » et l’Etat royal, la lutte entre les partisans du régime parlementaire et un de Gaulle partisan d’un Etat libre au-dessus des partis ?

Vercingétorix a perdu et César, lui aussi, sera confronté à la même animosité des aristocrates républicains de son camp, jusqu’aux coups de poignard des ides de mars 44 avant J.-C., coups mortels portés par son propre fils adoptif Brutus, qui mettront un terme à ses ambitions mais ouvriront, au grand dam de ses assassins, la voie à l’Empire d’Auguste, son autre fils adoptif…

Mais le « pouvoir d’un seul » est-il toujours une Monarchie telle que le vieux royaliste que je suis l’entend ? Sans doute, non ! L’actuelle monocratie sarkozienne est bien plutôt, malgré l’apparente personnalisation du Pouvoir en place, un régime qui sert une classe d’oligarques mondialisés, une cour d’économistes conformistes et de journalistes bien-pensants… Sarkozy n’est ni Vercingétorix ni de Gaulle, encore moins Louis XIV ! Quand la légitimité d’un roi capétien repose sur la nécessité de « faire bonne justice », celle d’un Sarkozy, indéniablement électorale, n’est pas vraiment assurée…

 

postheadericon Justice.

Jérôme Kerviel est coupable… et il est condamné, non seulement à de la prison, mais à verser 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts à son ancien employeur, la Société générale ! A l’écoute du verdict à la radio, je n’ai pu m’empêcher de hausser les épaules, sans doute agacé par la bêtise d’une telle sanction qui fait penser aux jugements états-uniens qui condamnent des prévenus à quelques centaines d’années de prison… Mais plus sûrement énervé par le « deux poids, deux mesures » que manifeste ce jugement, en particulier au regard d’autres affaires récentes !

A écouter les discussions au comptoir des cafés et dans les rames du métro, hier et ce soir, mon agacement n’est visiblement pas isolé, et la presse elle-même se déchaîne contre le ridicule et le scandaleux de la situation : ainsi, dans « La Tribune », François Lenglet écrit justement : « A prononcer une condamnation fantaisiste, les juges prennent le risque de décrédibiliser leur institution qui n’en a guère besoin. A cogner comme des sourds sur un lampiste, fût-il coupable, ils s’exposent au reproche de rendre une justice biaisée, protégeant les puissants et s’acharnant sur les faibles. » Et c’est bien l’impression qui domine dans l’opinion, de plus en plus mécontente de voir par une décision douteuse un Bernard Tapie empocher 220 millions d’euros versés par ces mêmes contribuables à qui l’on demande de se serrer la ceinture, ou d’apprendre que madame Bettencourt, pour la seule année 2010, a « récupéré » plus de 30 millions d’euros au titre du bouclier fiscal, tandis que son ex-ami François-Marie Banier a reçu, de cette même riche héritière, environ 1 milliard d’euros sous forme d’œuvres d’art ou de cadeaux divers…

Par son jugement d’hier, la Justice française semble accréditer l’idée qu’elle est au service des puissants et d’un système économique et social de plus en plus ressenti comme injuste. Or, quand la Justice ne suscite plus le respect des justiciables, des citoyens et des observateurs étrangers, il y a un risque de la voir dépassée par d’autres formes de justice, plus expéditive, plus coléreuse, donc plus dangereuse pour l’équilibre social… Quand la Justice semble, trop souvent (et même si cela peut parfois être à tort), injuste, surgissent des « justiciers » qui, parfois, aggravent le mal au lieu de le soigner : je me méfie de la justice « populaire », vite terrible et pas toujours appropriée…

Que l’Opinion manifeste sa colère et son désir d’une Justice digne de ce nom, rien de plus normal et, même, de sain ! Mais il s’agit de remettre la Justice à son éminente place, de lui rendre sa légitimité et son autorité, de la libérer du règne des Puissants et de l’Argent dont elle semble trop souvent la captive, et non de « se faire justice soi-même ».

Entre le roi saint Louis rendant la justice sous le chêne de Vincennes et des magistrats visiblement déraisonnables et ayant perdu tout sens de la mesure, mon choix est vite fait ! La main de justice, symbole royal par excellence, doit être relevée : pas certain que la République, telle qu’elle apparaît aujourd’hui aux mains de l’oligarchie (de la ploutocratie, diraient certains), puisse accomplir ce relèvement… Sans doute faut-il revenir aux sources de l’arbitrage justicier pour relever le défi d’une Justice indépendante, sachant « raison garder » et « rendre droite justice »…

 

postheadericon Pour une colère positive.

Le bouclier fiscal n’en finit pas de soulever des polémiques après l’annonce qu’il a coûté encore plus cher cette année à l’ensemble de la collectivité que l’an dernier (679 millions d’euros en 2010 au lieu de 559 millions en 2009, soit une augmentation de plus de 23 %...), et de renforcer ce sentiment partagé par de nombreux Français que l’actuel Pouvoir est d’abord celui des riches et non celui de « tous les Français » : effet dévastateur encore renforcé par les 220 millions d’euros versés à M. Bernard Tapie, homme d’affaires (au double sens du terme, d’ailleurs…) au passé et aux méthodes non moins troubles que celles de certains margoulins de la IIIe République, réputée pour ses scandales à répétition ! « Décidément », se dit l’homme de la rue qui a du mal à joindre les deux bouts avec son salaire aujourd’hui de plus en plus, à l’image de son pouvoir d’achat, écorné par les hausses d’impôts (car elles existent bien !) et les taxes diverses, voire les augmentations variées de cotisations en tout genre (dont celles sur les retraites pour les fonctionnaires, par exemple), « on ne donne, ne redonne et ne prête qu’aux plus riches » ! Un propos que l’on entend de plus en plus souvent, comme une évidence acquise et « éternellement » confirmée, dans les réunions de famille, les conversations au comptoir ou dans les bureaux autour de la machine à café. Un refrain lancinant qui, d’affaires en affaires, de révélations en scandales, atteint gravement la confiance que nos concitoyens peuvent placer en la politique et ses représentants, et, au-delà, en cette République qui, à trop donner de leçons de morale et en pratiquant une « légalité » qui, elle, n’est pas toujours morale, se décrédibilise aux yeux de tous, et surtout des plus jeunes…

Je constate chaque jour ce discrédit dans lequel s’enfonce l’Etat républicain et, en particulier, dans les discussions avec mes collègues et mes anciens élèves au sortir du lycée. Que la République en tant que système institutionnel perde de son crédit ne m’émeut guère, n’étant pas exactement républicaniste, mais je m’inquiète de cette sorte de nihilisme qui s’empare des esprits et des intelligences au risque de ne plus voir l’essentiel. Car ce désarroi des citoyens les rend disponibles pour le fatalisme et l’abandon à n’importe quelle solution, ou « non-solution », pour d’éventuelles haines et violences inappropriées à la situation de notre pays et, de plus, malsaines et maléfiques… La colère en politique ne doit pas mener à la destruction vaine mais s’ordonner, au-delà de l’instant présent, au bien commun et à celui des générations à venir : oublier cette exigence éminemment politique, voire éthique, c’est creuser le tombeau de tout humanisme et préparer les lendemains qui déchantent et les terreurs qui s’apaisent à peine au-dessus des charniers…

« La politique du pire est la pire des politiques » disait avec raison Maurras qui n’a pas toujours été aussi prudent que sa propre formule aurait pu l’y inciter… Détruire un système, fût-il républicain, pour le seul plaisir de détruire n’a guère de sens et pourrait bien entraîner « le pire » qu’il ne faut jamais souhaiter, ne serait-ce que par égard pour nos contemporains et l’avenir de notre pays et de ses enfants. « Détruire pour rebâtir », voilà une autre perspective qui me convient mieux : il ne s’agit d’ailleurs pas, dans le cas présent, de tout défaire de ce que la Cinquième République, restauratrice d’un certain sens de l’Etat et de son service, a pu elle-même fonder ou, plus exactement, refonder, en particulier dans une certaine pratique capétienne. Mais il s’agit d’en finir avec cette confusion du Pouvoir avec des féodalités qui imposent leurs vues, en finir avec cette collusion entre les puissances d’argent et une République devenue « bling-bling », en finir avec ce mépris des administrateurs français gérants de la mondialisation néolibérale pour les peuples de France, leurs traditions et leurs manières d’être, diverses et pas toujours quantitatives, au monde !

La colère, si elle veut être utile et juste, doit permettre la refondation du Politique sur de nouvelles bases ou, plus encore, sur des bases qui ne doivent rien aux jeux d’argent et de clientèles : le débat et la confrontation politiques ne sont pas affaires de simple concurrence ou d’échanges de coups, mais bien plutôt de propositions et de discussions, au-delà des préjugés et des facilités de langage, pour permettre l’équilibre social et la défense de la dignité de tous au sein de la société, pour préserver les conditions de « l’avenir que tout esprit bien né souhaite pour son pays » et garantir les « droits du présent sans méconnaître ceux de l’histoire et des enfants qui viendront ».

Il est des révoltes nécessaires… Les nouvelles chouanneries qui s’annoncent seront aussi politiques, éminemment royales comme celles des années 1792-1800, si elles veulent être « positives » et fondatrices ! Pour que la colère vise juste…

 

postheadericon Deux propositions pour financer les retraites...

Les grèves et les manifestations du jeudi 23 septembre seront-elles autre chose qu’une sorte de baroud d’honneur syndical sans lendemain mais pas sans ressentiment ? Car, soyons clair, la Gauche socialiste n’a guère brillé par ses propositions dans le débat sur les retraites, quand la Droite, elle, se contentait de quelques recettes à court terme et guère plus imaginatives que celles initiées jadis par la Gauche… Et les syndicats ont paru bien désarmés devant le rouleau compresseur libéral gouvernemental et européen !

Et pourtant ! Il ne serait pas trop difficile d’ouvrir de vraies pistes de réflexion pour le financement des retraites et, au-delà, sur la nature même de celles-ci selon les métiers et les régions des personnes concernées : après tout, les niveaux de vie, comme ceux de revenus, dépendent aussi du lieu de travail et de retraite, et travailler et être retraité à Paris n’a pas le même coût qu’en Bretagne ou dans le Berry !

Deux pistes, parmi beaucoup d’autres : d’abord, limiter l’émigration des jeunes diplômés de nos grandes écoles qui, aujourd’hui, préfèrent travailler dans des entreprises multinationales étrangères pour des raisons principalement financières. Pour cela, une revalorisation (pas seulement salariale) de leurs débouchés en France s’impose (pour motiver leur installation dans les meilleures conditions possibles en France, « au pays ») mais aussi l’obligation pour les entreprises étrangères désireuses de « piocher » dans le vivier français de rembourser toutes les sommes investies par l’Etat dans la formation des jeunes intelligences convoitées, et de signer une sorte de « contrat de transfert d’intelligence » avec la France dont les tarifs varieraient selon les domaines considérés et les personnes recrutées selon ce contrat. Au regard de la situation actuelle, ce sont des dizaines de milliards d’euros qui pourraient être récoltés aisément par ce procédé et qui alimenteraient utilement nos propres activités de formation et de recherche & développement françaises !

Deuxième piste : la mise en vente d’une partie des œuvres d’art entassées dans les caves de nos musées dans lesquelles elles s’ennuient et vieillissent parfois fort mal, faute de financement suffisant pour les entretenir… Mieux vaut rendre ces œuvres à la lumière, même si c’est sous d’autres cieux et dans d’autres cadres, y compris privés ! De plus, vendre ces toiles, sculptures ou manuscrits n’est pas priver la France de son patrimoine mais le diffuser au-delà de notre pays et c’est aussi accroître la trace de notre culture dans le monde, tout simplement. D’ailleurs, cela peut aussi permettre de dégager des moyens nouveaux, au-delà des sommes ainsi récoltées pour aider au financement des retraites, pour entretenir le patrimoine immobilier français, en particulier toutes ces chapelles, ces châteaux, ces vieilles demeures ou ces quartiers urbains médiévaux qui font le charme de la France et attirent tant les touristes étrangers en quête d’histoire et « d’authenticité » (sic, car le terme me semble plus tenir de la facilité d’expression que de la réalité…). De plus, chaque époque, en France, a enrichi le patrimoine pictural, littéraire ou architectural français : alors, faire de la place dans les caves de nos musées n’empêcherait pas que les artistes français auraient tôt fait de remplir à nouveau les quelques vides créés dans les collections de nos centres culturels ou artistiques ! La France est une éternelle source d’inspiration et une terre de créativité !

Voici deux propositions simples pour trouver quelques revenus supplémentaires aux caisses de l’Etat et qui évitent de s’adresser toujours aux mêmes vaches-à-lait que sont les classes moyennes mais deux propositions qui tiennent compte et profitent des appétits des multinationales étrangères et des prix très élevés aujourd’hui du marché de l’art…

Dommage que les manifestants du 23 septembre ne s’emparent pas de ces quelques idées pour faire avancer utilement le débat… A la place, nous risquons d’avoir la litanie triste des slogans vengeurs mais impuissants ! Oui, dommage !


 
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