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postheadericon Minority report.

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En sortant du lycée, je me suis arrêté pour discuter quelques minutes avec des élèves fort sympathiques, et nous avons évoqué le film "Minority report" et certaines des questions qu'il soulève. En effet, ce film aborde le problème du contrôle de la société permis par les nouvelles technologies et, en particulier, par la biométrie. Le monde qui nous est montré ici n'est plus si éloigné du nôtre... Après tout, au nom de la sécurité, certaines sociétés ne sont-elles pas, désormais, prêtes à accepter la soumission à un "Ordre technique", à une forme électronique du "Politiquement correct", à cette "dictature des Machines" que dénonçait déjà Georges Bernanos dans "La France contre les robots" ?


 

 

 

Le danger d'une telle société est sa "déshumanisation", sa confiance (ou son abandon) en la Machine et, à l'inverse sa défiance à l'égard des hommes réels, quelles que soient les situations et les personnes. Si l'on suit sa logique, elle laisse peu de place aux sentiments, mais surtout à l'espérance... En somme, par les nouvelles technologies et le message qu'elles diffusent, il s'agit, d'une certaine manière, d'appliquer la formule de Rousseau "Nous les forçerons à être libres"..., sans tenir compte de la réalité des hommes, ni de leurs défauts, ni de leurs qualités, de tout ce qui fait que l'homme est homme, fragile, faillible, mais aussi parfois capable de grandes choses, de bonté et de beauté, et de tant d'autres raisons et passions, justes ou malheureuses. Ainsi, le rêve de créer une Humanité parfaite trouve une aide précieuse dans ces nouvelles possibilités techniques qui peuvent permettre, à l'instar de l'oeil divin dans le poëme de Victor Hugo, de voir tout, de poursuivre tous les Caïn que nous sommes jusqu'aux tréfonds de nos ordinateurs et, à travers eux, de savoir ce que nous regardons, lisons, et, donc, pouvons penser...




Néanmoins, faut-il désespérer ? Il me semble que, même soumis à ce genre de regard, pour autant qu'il s'intéresse à nous, la liberté de penser, de réfléchir, d'écrire ou de débattre, dépend d'abord, dans nos sociétés qui rêvent de "transparence" et en deviennent "voyeuses", de notre capacité à être nous-mêmes, sans crainte et sans honte. C'est sans doute aujourd'hui la meilleure manière de comprendre et d'appliquer le conseil de Maurras : "les libertés ne s'octroient pas, elles se prennent"...