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postheadericon Dockers en colère.

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Lundi dernier, des milliers de dockers venus de toute l'Europe ont manifesté, fort vivement, à Strasbourg pour protester contre une directive rédigée par la commissaire Loyola de Palacio avant son départ de la Commission et présentée ces jours-ci devant le Parlement européen. Cette directive prévoit une libéralisation des services de pilotage, de remorquage et de manutention dans les ports, et cela se traduit par la possibilité pour les armateurs d'appliquer le principe de "l'auto-assistance" (utiliser son propre personnel de bord pour un navire marchand) pour assurer les services à quai, sans faire appel aux dockers dont c'est pourtant le rôle dans un port.

 

En fait, il s'agit de favoriser un véritable "dumping social" pour abaisser les frais des armateurs en utilisant un personnel, souvent peu formé et sous-payé (ou payé sur la base des salaires du "pays d'origine", ce qui revient au même), recruté aux Philippines ou en Inde, là où la main d'oeuvre est abondante et peu revendicative, par peur de se retrouver à la rue (c'est-à-dire à la misère...).

 

Ainsi, la mondialisation, pas toujours heureuse, passe par les ports et par cette libéralisation qui cherche, partout où elle le peut, à "diminuer les coûts"...

 

Les dockers d'Europe, très syndicalisés (pas toujours pour le meilleur...), n'ont pas hésité à s'en prendre au Parlement européen, dont quelques vitres ont volé en éclats, même s'il semble que cette directive a de fortes chances d'être rejetée par les eurodéputés. Mais, sans doute s'agit-il d'un véritable avertissement sans frais au Parlement quelques semaines avant l'examen d'une directive qui, elle aussi, met le principe du "pays d'origine" en valeur, la fameuse "directive Bolkestein". Celle-ci, soi-disant "enterrée" en mai dernier (avant le référendum français...), mais qui est aujourd'hui défendue par les députés (y compris travaillistes et sociaux-démocrates) des pays de l'Europe centrale et orientale, ainsi que du Royaume-Uni, au nom de la "libéralisation des services", risque d'être adoptée "eurodémocratiquement". Cela prouvera que "l'Europe sociale" n'est, en définitive, que le "village Potemkine" d'une Union Européenne qui a, depuis longtemps, renoncé à toute ambition sociale, au nom d'un "sens de l'Histoire" qu'elle ne pense plus que sous l'angle économique...