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postheadericon Municipales 1983 à Rennes.

Quelques semaines avant les élections municipales, une grande affiche manuscrite proclamait, non loin du Café de la Paix : « Les Rennais ont un maire et vont bientôt en changer », affiche qui reprenait, en sa première partie, le slogan de l’équipe municipale rennaise sortante, dirigée par Edmond Hervé, mais qui en détournait en sa deuxième partie le sens. Cette affiche anti-Hervé était signée d’une main qui brandissait une fleur de lys : était-elle l’œuvre de militants royalistes ? C’est ce que pensèrent, moi le premier, de nombreux Rennais. Mais je n’en étais pas l’auteur, ni (à ma connaissance) les militants d’AF qui s’agitaient à mes côtés, et je n’ai jamais su qui en était l’astucieux concepteur… En tout cas, cette affiche resta visible une bonne semaine.
Si nous étions farouchement opposés à Edmond Hervé, nous n’en étions pas moins ouverts à des propositions qui n’étaient pas forcément de droite : ainsi, nous rendîmes visite aux écologistes qui avaient ouvert une permanence rue Hoche, non loin de l’ancienne permanence de « L’Action Française » d’avant 1940. Nous discutâmes longuement avec les quelques écolos présents, surpris (mais pas hostiles), et je récupérais tous les tracts (sur papier recyclé grisâtre) qu’ils avaient imprimés pour leur campagne, tracts que j’ai gardé précieusement jusqu’à aujourd’hui. Nous avions des points communs avec ces militants barbus et chevelus et nous ne sentions pas en terre totalement étrangère : mais les discussions ouvertes n’allèrent, en définitive, pas beaucoup plus loin…
La Droite rennaise présentait le professeur Claude Champaud, qui officiait, me semble-t-il, à la fac de Droit ou d’Economie : c’était un brave homme, sympathique et bien décidé à battre Hervé en profitant du mécontentement général à l’égard des socialistes. Discrètement, ma mère m’avait poussé à participer à cette campagne électorale et à soutenir Champaud : j’y voyais aussi l’occasion d’élargir la base sympathisante du mouvement monarchiste dans les milieux de Droite en montrant notre bonne volonté pour « combattre le socialisme ». Ainsi, je fis plusieurs affichages avec la famille Bodin, qui résidait non loin du Foyer Saint-Benoît et que je connaissais depuis longtemps. J’amenais même la longue perche télescopique qui me servait d’ordinaire pour coller les affiches royalistes sur les grands panneaux d’affichage du type Giraudy, le plus en hauteur possible pour les rendre à la fois le plus visibles possible des passants et des automobilistes, et le plus inaccessibles pour les éventuels « décolleurs ».
Si les affichages se passèrent bien et me permirent de rencontrer quelques opposants à l’équipe municipale socialiste et, donc, de vanter les mérites de l’Action Française, je ne fis pas d’adeptes nouveaux dans ces milieux en définitive beaucoup moins réceptifs que l’on aurait pu imaginer et qui, en fait, ne voyaient dans les royalistes que des alliés un peu encombrants, pratiques pour la « main d’œuvre » mais « politiquement (républicainement ?) irrécupérables »…
En définitive, Champaud ne parvint pas à conquérir la mairie de Rennes dont Edmond Hervé restera maire jusqu’au printemps… 2008…
Quant à moi, je compris, cette fois encore, que notre politique d’intégration ou, plutôt, d’alliance à une coalition de Droite, qu’elle soit étudiante ou municipale, était, malgré toute notre bonne volonté, vouée à l’échec : cela ne m’empêcha pas de retenter l’expérience, persuadé que, sans allié ou sans soutien parmi les grandes forces de Droite, notre action était condamnée à une éternelle marginalité sans avenir… Vaine stratégie, sans doute…