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Souvenirs politiques
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postheadericon Fac de Droit, année 82-83.

En fac de Droit, dans cette année 1982-83, j’allais rencontrer des étudiants qui venaient de tous les établissements de la ville et bien au-delà, et cela me semblait une bonne occasion d’élargir notre « public ». Le meilleur moyen pour susciter de nouvelles sympathies à l’égard du royalisme était d’être le plus possible présent, en particulier physiquement et, très vite, je passais tout mon temps à la fac, bien sûr pour suivre les cours mais aussi pour discuter à la cafétéria qui devint vite un point de contact privilégié. Fleur de lys accrochée à l’imper ou au blouson, journaux « Aspects de la France » à la main ou dépassant du cartable, tout était bon pour signaler mon royalisme. D’autre part, je n’étais pas seul et, même s’ils n’étaient pas tous royalistes, j’avais quelques amis dans la fac, ce qui m’évitait d’apparaître isolé et facilitait les échanges avec autrui.
Mes bons contacts avec Marc Bellay, le responsable de l’UNI (syndicat étudiant de droite, en fait sous-marin du RPR de Jacques Chirac), m’ouvrait quelques portes et quelques espoirs de ce côté-là : je fis ainsi la connaissance d’Hervé Bégaudeau, personnage longiligne et haut en couleurs qui devint vite un de mes meilleurs amis et qui, sans croire vraiment à la Monarchie, n’y était pas hostile et participa à quelques « aventures » monarchistes.
Mais, avec le recul (c’était il y a 25 ans, déjà !), je ne suis pas certain que cette stratégie de rapprochement visible avec l’UNI ait été, en définitive, très profitable car, en voulant recruter dans cette mouvance, nous risquions d’y être assimilés et de voir certains sympathisants, en fin de compte, rejoindre cette organisation au nom de « l’efficacité » : ce qui pouvait être considéré au départ comme de l’entrisme destiné à nous donner quelques appuis supplémentaires et à diriger d’autres groupes pas explicitement royalistes devenait vite une « perte sèche » de militants… Cela étant, j’avais, en même temps, réussi à donner une image et une identité fortes au mouvement royaliste d’Action Française ce qui, du coup, empêchait certains amalgames malheureux et évitait de perdre du temps en explications historiques vaines. Tout cela peut paraître paradoxal mais, en définitive, cela montre que je n’avais pas encore saisi toutes les subtilités de la stratégie politique…
En fait, dans l’action quotidienne, j’essayais d’être le plus pragmatique possible tout en gardant un certain idéalisme, voire une certaine naïveté, et en quelques mois, la visibilité du royalisme à la fac de Droit était devenue une réalité tangible : la grande majorité des étudiants savaient que le royalisme existait, que c’était l’Action Française qui en portait les couleurs, et que les idées monarchistes pouvaient être crédibles. Les premiers objectifs étaient atteints et les manifestations contre la réforme universitaire d’Alain Savary, au printemps 1983, allaient le démontrer…