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postheadericon Rentrée 1982.

A la rentrée 1982, je débutais des études de Droit à l’université de Rennes I, malgré mon désir de faire de l’Histoire, désir contrarié par ma mère qui, au regard de ma réputation de militant royaliste, préférait me voir loin de l’université de Rennes II (Villejean) où elle enseignait… Et puis, elle considérait qu’il y avait assez de profs d’Histoire dans la famille pour ne pas en rajouter !
Quoiqu’il en soit, j’allais profiter de mes deux années en cette fac de droit pour tenter d’implanter et développer l’Action Française : le terrain pouvait sembler favorable, puisque les mouvements de Droite y jouissaient d’une réelle liberté d’expression, ce qui n’était pas le cas à Villejean, contrôlée par l’extrême gauche. Olivier M. et moi-même y avions bien fait, un matin, une intrusion en ce bastion des « révolutionnaires », des affiches sous le bras et le seau de colle à la main, et nous avions couvert plusieurs panneaux d’affichage mais aussi des baies vitrées de la fac d’affiches d’AF, sous les yeux étonnés de quelques étudiants. Nous avions été interrompus par l’arrivée, fort prudente, de personnels d’entretien qui nous avaient déconseillé de telles pratiques au motif de la « transparence » des vitres, mais aussi par l’intervention moins paisible d’un militant de la Ligue Communiste Révolutionnaire, Bruno Darrien, qui avait décollé et déchiré rageusement une de nos affiches en nous menaçant, mais sans plus… Nous apprîmes quelques heures après qu’une rumeur avait couru dans la fac de Villejean qu’un « commando », forcément « fasciste » (c’était le terme pour désigner tous ceux qui n’étaient pas de gauche…) avait fait une intrusion « victorieusement repoussée » par les « étudiants »… Mythomanie et paranoïa des militants d’extrême gauche…
La fac de Droit était beaucoup plus calme, bien sûr, et il y avait déjà nos affiches collées sur deux panneaux d’affichage depuis l’année précédente, sans oublier les autocollants « Aspects de la France » qui ornaient, comme les fleurs de lys faites au marqueur, les lampadaires et les panneaux de stop, voire les parcmètres des environs. La rue Jean-Macé était un de nos « terrains de jeux » et c’est là que l’on comptait peut-être le plus d’inscriptions royalistes au mètre carré !
Mais comment agir efficacement avec si peu de moyens et un trop petit nombre de militants ? C’était une question qui ne nous préoccupait pas vraiment car nous militions en pensant que « le reste suivrait », c’est-à-dire que notre volonté suffirait à pallier nos insuffisances : ce n’était pas entièrement faux, d’ailleurs…