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postheadericon Militantisme royaliste et Camp d'Action Française 1982.

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Le Camp des Landes n’était pas très éloigné de Dax et Mimizan, et ce sont ces villes qui étaient les cibles principales de nos activités militantes. Bien sûr, il y avait les ventes et je me souviens d’être parti à plusieurs reprises dans la voiture de Jean-Robert Tron (c’était d’ailleurs la grande attraction du Camp), jouant du mégaphone à notre passage dans les villages. Il y eut beaucoup de surprise devant cette voiture militante et nos slogans, parfois aussi de l’agacement, mais cela ne dégénéra jamais vraiment.
Ce qui motivait encore plus les militants lillois ou rouennais, c’était les affichages et, mieux encore, les « peintures » ou les « bombages », et c’est d’ailleurs à ce camp que je m’initiais à ces pratiques ou, plutôt, que je les observais. Les Lillois, autour des Théry, étaient les spécialistes du « blanc d’Espagne » et des grandes inscriptions signées d’araignées censées représenter des fleurs de lys. Les Rouennais et les Parisiens y ajoutaient les graffitis plus rapides à faire à l’aide de bombes à peinture… Frédéric R. était l’inspirateur des slogans « made in Rouen », souvent originaux et qui avaient le mérite de susciter la curiosité comme la citation signée du poète Baudelaire : « Je suis républicain comme je suis syphilitique »… C’est d’ailleurs à la suite de ce camp que je me lançais moi-même dans les bombages à Rennes et sur la Côte d’Emeraude, l’intérêt de ce genre d’activités étant de marquer notre présence, voire notre « territoire », à une époque où les graffitis politiques n’avaient pas été remplacés par les tags des « tribus urbaines » comme les appellent les sociologues.
Durant ce camp comme pour les autres, il y avait une journée consacrée à la découverte du patrimoine de la région : aussi, nous nous rendîmes à Lourdes (sous la pluie) et je fus choqué de voir tous ces « marchands du temple » qui vendaient de multiples « gadgets », souvent très laids, reproduisant la Vierge Marie. Je n’étais pas le seul à réagir ainsi dans le groupe, constitué majoritairement de catholiques traditionnels.
Dans un café de la ville, je m’amusais à décorer le pantalon de jean d’une des sœurs Hollender, de Montpellier, de belles fleurs de lys faites au marqueur… Sans doute était-ce pour tromper notre frustration de ne pouvoir exhiber nos beaux ticheurtes de couleur bleue marine « Vive le roi » dont nous étions très fiers.
A Pau, où la pluie avait cessé et où je reviendrai quinze ans après (Camp de 1997), nous fîmes honneur au « bon roi Henri » en entonnant, devant sa statue, ce qui fut le chant traditionnel des royalistes avant « La Royale », le « Vive Henri IV », cela avant de visiter le château dont le seul souvenir que je garde est la chambre dans laquelle on pouvait admirer la grande carapace de tortue qui servit de berceau au Béarnais.
Au retour, notre grand jeu fut de compter les peintures « Théry » qui agrémentaient les murs tout au long du trajet…