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postheadericon L'ambiance du Camp 1982.

Le Camp Maxime Real del Sarte 1982 se tenait dans les Landes : pas question, donc, de faire des feux de camps comme l’année précédente en Vendée. Mais cela ne nuisait pas vraiment à l’ambiance et les repas étaient toujours aussi animés : chants royalistes ou traditionnels, agrémentés parfois de productions « locales », voire de parodies. On ajoutait souvent de nouveaux couplets au chant des camelots en y intégrant les noms de responsables ou de militants : c’était parfois très potache…
Les grandes planches de bois qui servaient de tables de conférence comme de restauration étaient recouvertes de graffitis, chacun indiquant son lieu et sa section : de véritables catalogues complétés par des slogans « guerriers » ou humoristiques, ces derniers étant la spécialité des Rouennais et, en particulier, de Frédéric Rouvillois. Les lavages de fin de camp abîmaient à peine ces œuvres militantes et, en 1982, on apercevait encore les traces de militants depuis devenus « dissidents »…
Les tentes des garçons étaient évidemment séparées de celles des filles : nous étions installés en contrebas d’un grand champ que surplombaient les tentes de conférences, en lisière d’un sous-bois, et, la nuit, les conciliabules y allaient bon train. C’est là que j’entendis évoquer pour la première fois les prémisses d’une possible ou d’une future dissidence : il s’agissait de refaire, comme toujours, une « grande AF », rêve partagé par de nombreuses générations successives de jeunes militants. Dans ces nuits de juillet 1982, certains évoquaient un nom de revue ou de groupe, comme « le lys noir », titre qui ne me semblait pas le meilleur : mais, n’étant pas partie prenante au « complot », je ne suivais pas toutes les discussions du petit groupe. Sous toutes les tentes, on parlait politique et les stratégies s’affrontaient, mais personne ne doutait que, tôt ou tard, viendrait « l’heure de l’Action Française ».
Nous parlions aussi politique sous les grandes tentes de conférences avec les conférenciers, cadres ou invités : Bernard Pascaud, Bernard Bonnaves ou Michel Fromentoux, par exemple, étaient mes interlocuteurs habituels et je les écoutais répondre à mes questions avec un grand respect.
Parfois, quelques discussions dégénéraient en disputes, voire en « excommunications » : ainsi, les frères Théry (mais leur sœur Odile était là aussi), venus en nombre de Lille avec quelques militants comme Paul Bernard, quinquagénaire la pipe toujours vissée au bec, étaient en butte à l’hostilité de Jean Dupin et, suite à un incident pourtant sans importance, ils furent exclus du Camp qu’ils quittèrent tout en restant dans la région. Du coup, ils profitèrent de cette exclusion pour aller peindre au blanc d’Espagne de grands slogans monarchistes, de Lourdes à Pau, en fait sur tout le parcours que nous devions prendre le jour de l’excursion dans le « pays »… D’ailleurs, cela nous réjouissait fort de voir ces marques de la présence monarchiste, mais Jean Dupin ne partageait évidemment pas notre enthousiasme.
De plus, les Théry, lors de leur départ, avaient fait éclater de nombreux pétards pour ne partir discrètement, ce qui avait plongé Jean Dupin dans une colère noire.
A part cet affrontement, l’ambiance restait bonne et détendue, et les campeurs studieux, même si la trop longue conférence d’Etienne Malnoux (près de deux heures d’un discours prononcé d’une voix forte mais d’un ton monocorde) avait provoqué, la chaleur aidant, l’assoupissement de nombre d’entre nous… Le directeur de « La Revue Universelle » rallié à l’AF après la réunion de la FURF avec la RN ne s’en formalisa pas, du moins devant nous…
Il est vrai que la chaleur pouvait servir, comme le vin local, d’alibi à certaines fatigues…