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postheadericon Le Blog de Jean-Philippe Chauvin

postheadericon Un peu de royalisme au café...

J'ai profité d'une belle matinée ensoleillée, en ce samedi 28 janvier, pour partir me promener aux marges et au-delà de la région parisienne, m'arrêtant dans quelques villages et petites villes dont les cafés constituent, comme le disait si bien Balzac, « le parlement du peuple » : on y entend, au comptoir ou en salle, des propos parfois dérangeants ; on y discute ferme et on s'y engueule souvent, sans trop de façons ni de rancune ; on y refait le monde à partir de son coin de terre...

 

 

A Verneuil-sur-Avre, après avoir déposé un lys devant le cénotaphe de Louis de Frotté, chef de la chouannerie normande assassiné sur ordre de Napoléon, et avoir fait quelques courses sur le marché près de petits producteurs locaux (de moins en moins nombreux, malheureusement), je me suis arrêté quelques minutes dans un petit café-restaurant appelé « Le Thiers ». J'avais en main le gros livre de Xavier Walter titré « Un roi pour la France », l'ouvrage très complet sur la vie et les engagements de feu le comte de Paris (1908-1999), que j'ai posé sur le comptoir. La discussion s'engage vite dans les cafés populaires et celle-ci, en quelques minutes, est passée de la fréquentation réduite du marché pour cause de fin de mois et d'attente de la paie pour de nombreux salariés à la question des retraites : visiblement, et ce n'est ni une surprise ni une nouveauté, M. Sarkozy a déçu les retraités et mon voisin de comptoir avouait qu'il ne (re ?)donnerait pas sa voix au président sortant, sans m'en dire plus sur son choix électoral. Dans cette discussion un peu désordonnée, il y a un élément qui m'a frappé : c'est l'absence de noms cités autres que celui de M. Sarkozy, noms juste remplacés par « les autres » de façon vague et désabusée... Et cette grande ironie à l'égard des politiciens, ironie sans doute facile mais qui n'est pas, en soi, tellement rassurante car elle marque aussi un abandon de la politique par les citoyens et le refuge dans une forme de « àquoibonnisme » ou de fatalisme qui n'est pas très constructive : visiblement, le « rêve » de M. Hollande n'a guère enthousiasmé, en définitive, au-delà des militants socialistes (et encore !) comme j'avais déjà pu le constater à travers les réactions amusées au discours du Bourget dans la salle des profs du lycée...

 

 

 

L'un des clients regardait avec insistance, dans le temps de cette petite discussion à bâtons rompus, la couverture explicite de mon livre : aussi, j'ai devancé la question... « Quand la République est le triste règne des bouffons, je préfère le Roi qui remet ceux-ci à leur place... » La formule a visiblement surpris mais elle n'a pas suscité de railleries, juste un hochement de tête discret mais bien réel de mes compagnons de l'heure, comme s'ils reconnaissaient là une évidence sans y avoir jamais pensé auparavant.

 

Que l'on me comprenne bien : je n'ai pas fait, par cette formule simple, six royalistes de plus, mais j'ai juste ouvert une porte qu'il appartient à d'autres de franchir, et j'ai rappelé, d'une certaine manière, que le désespoir en politique n'est jamais certain ni une solution en soi. Il n'y a pas de fatalité : la République, aujourd'hui mollement soutenue, n'a plus ces réserves d'espérance que l'idée royale, pourvu qu'elle sache se faire connaître (et chacun des royalistes y a sa part de responsabilité et de devoir...), peut encore déployer parce qu'il y a une attente, confuse mais certaine, « d'autre chose » que les discours convenus des candidats à l'Elysée ne peuvent apporter...

 

 

 

Post-scriptum : j'ai plagié, dans cette note, la célèbre formule de Charles Maurras, « le désespoir en politique est une sottise absolue » dont il me faut rappeler qu'elle ne s'adresse pas seulement, en fait, aux seuls royalistes. Bien sûr, Maurras veut dire que, malgré les échecs et les difficultés, les royalistes ne doivent pas désespérer ni abandonner le combat institutionnel, et c'est comme cela que l'entendent la plupart des lecteurs de cette formule. Mais il y en a un autre aspect qu'il ne faut pas négliger, c'est que Maurras s'adresse aux Français en général et qu'il signifie par là qu'ils ne doivent pas, eux non plus, s'abandonner au fatalisme ou à une forme de renoncement à leur intelligence et pratique civiques. Cette formule est d'une étonnante actualité et les royalistes auraient tort de ne se la rappeler que pour eux-mêmes : c'est, au contraire, en la martelant autour d'eux, parmi tous ceux de nos concitoyens qui ne croient plus « en rien » en politique, ou qui s'abstiennent de toute réflexion politique par rejet d'un système dit « démocratique » qui les oublie ou les néglige (en particulier les moins instruits et les plus défavorisés socialement), c’est en la répétant et en l’expliquant qu’ils pourront le mieux servir l’idée royale et, ce faisant, notre pays…

 

 

postheadericon L'erreur malthusienne.

Un certain discours malthusien revient aujourd’hui par le biais de quelques « têtes légères », souvent d’ailleurs minoritaires dans leur propre camp, qu’ils appartiennent aux milieux Verts ou à ceux vantant un libéralisme effréné et darwiniste… Ces adeptes du « Pas d’enfant » s’en prennent même aux parents de famille nombreuse, accusés de pensées plus financières qu’humaines !

 

Ce genre de propos m’agace et mérite d’être dénoncé, et c’est en simple citoyen politique, n’étant pas père moi-même, que je réagis !

 

Avoir des enfants, ce n'est pas seulement un calcul comptable, Dieu merci : c'est, en France, un choix et rarement une contrainte puisque la contraception existe comme la liberté de ne pas avoir d'enfants, et qu’elles sont légalement reconnues, avec ce risque parfois d’entraîner des abus et des pressions des hommes sur les femmes (2 avortements sur 3 seraient l’effet des volontés masculines et non du souhait des femmes elles-mêmes concernées...).

 

Néanmoins, certains semblent oublier que, pour payer les retraites, il faut des "actifs" et que, plus nombreux ils seront, plus les retraites seront assurées et moins il sera nécessaire de retarder l'âge légal du départ à la retraite...

 

 

 

Quant aux pressions sur l'environnement que feraient peser les nouveaux-nés français sur la planète (cet argument ridicule avancé par M. Yves Cochet, qui n’est pourtant pas un imbécile, loin de là !), elles dépendent surtout du mode de vie et il faut souligner que, en ce domaine comme en d'autres, la responsabilité de chacun est engagée mais aussi la volonté de l'Etat : il est certain qu'une république éternellement coincée entre deux élections présidentielles a peur de réformer sur le long terme et d'impulser un nouveau modèle de "sobriété économique" pourtant nécessaire...

 

Une peur que, par essence, la monarchie « familiale » peut surmonter, pensant en termes de générations et non d’élections !

 

 

La famille royale, la monarchie familiale...

 

 

postheadericon 14 novembre 1918 : la formidable et terrible clairvoyance de Bainville.

Je suis en train de préparer mes prochains cours de Première sur la fin de la guerre de 1914-18 et sur les traités de paix qui ont suivi, et Jacques Bainville m'est un guide utile s'il n'est pas forcément le bienvenu dans l'école républicaine, celle qui l'a tant ignoré, lui l'historien « amateur » qui a mieux vu que beaucoup d'universitaires professionnels la suite des événements et compris le « sens » de l'histoire (non pas la direction mais l'ontologie de l'histoire, et les raisons de celle-ci, de ses « suites logiques »). Bien sûr, il y a son livre constamment réédité depuis la chute du Mur de Berlin, « Les conséquences politiques de la paix », et qui annonce dès 1920, en fait et alors dans l'indifférence quasi-générale, la triste suite des années 30 (Bainville ne verra pas tout se dérouler, victime d'un cancer en février 1936, avant la tragédie guerrière de 1939), avec une prescience qui n'est rien d'autre que l'application d'un empirisme que Maurras, à la suite de Sainte-Beuve, qualifiait d'organisateur...

 

Bainville était aussi un journaliste du quotidien mais qui voyait loin, dans une optique capétienne, et ses articles dans « L'Action française » mériteraient une relecture attentive et une réédition générale, avec un bon appareil critique (pourquoi pas dans la Pléiade ?) pour les remettre en contexte et les expliquer aux lecteurs de notre temps.

 

 

 

Justement, l'un de ses articles a été republié dans le recueil intitulé « La monarchie des lettres », dans la collection Bouquins de Robert Laffont, et apparaît comme malheureusement visionnaire, comme celui d'une Cassandre que l'Opinion et les élites de la République n'entendent pas, ne veulent pas entendre, engoncées dans leurs certitudes et aveuglées d'illusions. Cet article c'est celui du... 14 novembre 1918, dans l'A.F. monarchiste qui sort exsangue d'une guerre qui l'a privée de sa jeunesse saignée dans la Somme ou à Verdun. Son titre : « Demain ? ». Il faudrait le citer en entier, même si, en définitive, sa lecture est éprouvante, presque désespérante lorsque l'on connaît la suite et que l'on constate que les avertissements de Bainville n'ont servi à rien : comme de Gaulle, je n'en éprouve que plus de mépris pour cette IIIe République imbécile et assassine par son aveuglement, sa lâcheté aussi face au pangermanisme et au nazisme des années 30, cette République qui se réfugiera dans les bras d'un vieux maréchal qu'elle ira chercher à son ambassade de Madrid avant de disparaître dans la catastrophe de mai-juin 1940...

 

Que dit Bainville, en ce jour de novembre, quelques dizaines d’heures après l’arrêt des combats ? Lisons : « Devant quoi la France, au sortir de la grande joie de sa victoire, risque-t-elle de se réveiller ? Devant une République allemande, une république sociale-nationale supérieurement organisée et qui, de toute façon, sera deux fois plus peuplée que notre pays. Cette république (si l'Allemagne reste une république, ce qui n'est pas encore assuré) ne sera pas, comme dirait M. Roosevelt, « du type flasque ». Elle sera productrice et expansionniste. Elle aura une politique étrangère et économique. Cette république des Allemands-Unis, qui aura achevé l'unité allemande, continuera l'empire. C'est contre elle, à un contre deux, que nous aurons à défendre notre industrie d'abord, et bientôt les provinces que nous lui auront reprises et auxquelles elle n'aura renoncé qu'en grinçant des dents. » Une république sociale-nationale : le nazisme sera l’abréviation des deux termes, national et social(isme)… L’empire sera ce IIIe Reich que le chancelier Hitler déclarera être l’achèvement de l’unité allemande et le totalitarisme nazi, pangermaniste, ce régime « supérieurement organisé » (n’est-ce pas la caractéristique affichée d’un système totalitaire ?) dira réunir tous les « Allemands », y compris au-delà des frontières officielles de l’Allemagne…

 

Relisez ce texte, relisez-le, et rappelez-vous qu'il a été écrit alors même que les canons de la Grande guerre viennent à peine de se taire, et que la France et ses alliés espèrent et affirment que la tragédie guerrière qui s'achève au bout de quatre longues années est « la Der des Der » !

 

 

 

Le 14 novembre 1918, Jacques Bainville, ce « Vergennes » de L'Action française méconnu de la République (pas totalement, en fait...), alarme la France sur les périls qui la menacent si elle ne gagne pas la paix : mais Bainville crie dans le désert d'une république amnésique et qui subira, pour le plus grand malheur de la France, la montée des périls sans pouvoir (sans vouloir ?) l'arrêter...

 

Dès 1918, c'est 1940 qui se prépare... « La République n'a pas de politique étrangère », disait Anatole France en haussant les épaules : c'est le moindre de ses défauts, diraient certains ; c'est le pire, au regard de l'Europe et du monde qui, eux, ont besoin, malgré (en attendant mieux...) la République, de la France !

 

Mis à jour (Lundi, 23 Janvier 2012 01:06)

 

postheadericon Costa Concordia : un naufrage éminemment symbolique ?

Un paquebot qui s'échoue près d'une île italienne, puis chavire et s'enfonce dans l'eau au risque d'entraîner avec lui les milliers de touristes qui s'y trouvaient : juste un siècle après, le luxueux paquebot Costa Concordia, véritable ville flottante et joyau de sa compagnie, a rejoué, en moins homicide tout de même, le drame du Titanic !

 

En écoutant les informations et les commentaires sur ce naufrage, il m'est venu quelques réflexions, que je livre ici, ne serait-ce que parce que ce drame est, en fait, beaucoup plus chargé de sens qu'on pourrait le croire au premier abord.

 

1. Ce qui frappe l'esprit lorsque l'événement survient, c'est d'abord « le déni de réalité » : alors que la coque est déchirée et que, dans certaines parties du bateau, les lumières sont désormais éteintes, faute d'électricité, l'ordre d'évacuation n'est pas donné et le commandant n'alerte pas les services de secours, et même (dans un premier temps) dément qu'il y ait un problème... Toute ressemblance avec la situation de la zone euro et la situation de certains pays comme la Grèce ou l'Italie serait pure coïncidence, bien sûr ! Et pourtant ! Il est intéressant et encore plus instructif de relire les premiers articles de la grande presse lorsque la Grèce commence à s'enfoncer gravement dans la crise de la dette, au printemps 2010 : à l'époque, la question de la sortie de la Grèce de la zone euro est un tabou qu'il ne faut pas violer et tous les éditorialistes insistent sur l'impossibilité d'un tel scénario et sur le fait que ce n'est pas une petite nation comme celle des Héllènes qui peut menacer la belle construction monétaire des années 2000... On sait ce qu'il advint, et la déchirure apparue sur le flanc sud de la zone euro n'a cessé, depuis lors, de s'élargir à d'autres membres de cette même zone ! Et les Allemands parlent désormais de jeter par dessus bord les Grecs sans beaucoup de cérémonie ni de scrupules, et encore moins d'esprit de solidarité, malgré le fait que 17 pays aient pris place dans le même bateau...

 

 

 

2. Le naufrage a révélé les désordres moraux de notre société et la décadence, mais aussi la survivance, de certaines valeurs, comme le courage et l'honneur : le capitaine a, au mépris de tous ses devoirs et de tout honneur, quitté le navire parmi les premiers quand il aurait dû, au contraire, en partir le dernier après s'être assuré de la bonne marche des opérations d'évacuation. De plus, il a refusé obstinément de retourner sur son bateau alors même que les secouristes avaient besoin de sa connaissance du paquebot pour mieux organiser les opérations de secours ! Attitude à la fois criminelle et indigne : la lâcheté et le déshonneur !

 

3. Au contraire de la couardise de ce commandant indigne, il faut signaler la bravoure de cet homme, mari amoureux, qui se sacrifie pour sauver sa femme en lui donnant son gilet de sauvetage et disparaît dans une mer trop froide pour pouvoir y survivre longtemps. Un acte fort d'amour et de courage, d'honneur aussi, « chevaleresque » disent certains. Ce sacrifice n'a pas été vain puisque sa femme a pu être sauvée à temps grâce à l’abnégation de cet homme qui n'a pas hésité une seconde à risquer sa propre vie pour sauver celle de la femme qu'il aimait : un bel exemple de ce qu'il y a de meilleur dans l'homme face à l'adversité, à la tragédie.

 

4. Le paquebot avait un équipage fort hétéroclite, d'Italiens, de Philippins, de Chinois, de Péruviens, de Bangladais, etc., symbole d'une mondialisation qui, en fait, n'est que le masque d'une recherche du profit maximal par l'exploitation d'une main-d'œuvre bon marché, la moins coûteuse possible : mondialisation malheureuse car elle ne respecte pas vraiment les règles minimales de sécurité et peut avoir des conséquences dramatiques quand elle tourne à la « tour de Babel » et qu'elle entraîne de véritables difficultés de communication entre les hommes d'équipage eux-mêmes et entre ceux-ci et les passagers affolés... De plus, selon les témoins du drame, cet équipage hétéroclite ne semblait pas vraiment formé à affronter une situation d'urgence !

 

On pourrait voir dans ce naufrage un mauvais présage pour les années à venir, comme le murmuraient certains de mes élèves en relevant l'analogie avec le Titanic et le centenaire de ce drame ancien, déjà fort symbolique en son temps de son époque. Personnellement, si je prête attention aux intersignes chers à Léon Daudet, ce n'est pas tellement la date qui m'interpelle mais plutôt les analogies avec la situation européenne actuelle qui, jour après jour, ressemble à une sorte de pilotage à vue d'un navire sans gouvernail, entre rodomontades de quelques capitaines européens ou candidats à la présidentielle (pour ce qui est de la France...) et écueils des crises économique et sociale, sans oublier les mauvais conseils des agences de notation et des eurocrates sans imagination, mais aussi le chant des sirènes eurofédéralistes qui pourraient bien nous entraîner vers le naufrage certain d'une Europe qui s'abandonne à la facilité pour ne plus sentir ses douleurs et la difficulté de vivre...

 

Que ce bateau se soit nommé « Concordia », à l'instar du projet initial de la Construction européenne, n'est pas forcément rassurant : les bons sentiments ne font pas les bonnes navigations !

 

 

 

postheadericon Alertes nouvelles sur la Grèce et l'Europe...

« Madame euro avait promis, madame euro avait promis... », pourrait-on chanter ironiquement au rappel des discours laudateurs des tenants de la monnaie unique des années 2000 et au regard des réalités actuelles, moins joyeuses que les promesses d'antan. Malgré les nombreux « sommets de la dernière chance » (sic !) qui se sont succédé l'année passée, la zone euro semble condamnée à glisser en son entier dans une spirale infernale, les pays latins et méditerranéens se rapprochant du fond (pour autant qu'il y en ait un...) plus rapidement encore que les autres et cela malgré les efforts des États français et allemand et du couple (si mal assorti) Merkel-Sarkozy.

 

La dégradation de la note de neuf États de l'Union européenne (dont celle de notre pays) le vendredi 13 janvier est-elle l'une de ces « prédictions auto-réalisatrices » qui font tant de mal aux États eux-mêmes et à leurs économies ? Ce qui est certain c'est que cette dégradation de groupe n'arrange pas les affaires d'une zone euro déjà maintes fois fragilisée ces derniers temps, et menace la pérennité et l'efficacité du fameux FESF, ce Fonds d'aide européen quasiment condamné à devenir à son tour un problème quand il devait être une solution !

 

Et pendant ce temps-là, « la Grèce risque à nouveau la faillite », comme le titre un article paru dans les pages économie du Figaro (samedi 14 janvier), et le changement forcé de premier ministre à Athènes en novembre dernier comme l'annonce de réformes draconiennes (mais en définitive peu crédibles car peu réalisables dans un pays dont la population se pense « occupée » par la « troïka » Union européenne-FMI-BCE...) n'ont pas été suffisants ni motivants pour sortir la Grèce de l'ornière. Dans quelques semaines, la Grèce pourrait faire défaut, comme l'anticipe l'agence de notation Standard & Poor's (une faute de frappe m'avait fait écrire, étrangement, « Satandard »... : peut-on y voir un de ces intersignes chers à Léon Daudet, grande plume de la presse monarchiste d'avant-guerre et annonciatrice des malheurs des années 40 ?). Le Figaro précise même dans ses colonnes : « la plupart des économistes allemands jugent une faillite de la Grèce quasi inéluctable. Pour Hans-Werner Sinn, président du très respecté institut IFO, « la Grèce ferait mieux de sortir de la zone euro et de négocier ses dettes en drachmes au lieu de mendier en permanence des aides supplémentaires ». »

 

Ainsi, comme le clame François Leclerc dans La Tribune du vendredi 13 (décidément !), la Grèce est « la bombe à retardement » qui pourrait bien faire exploser, si je comprends bien la pensée de cet économiste hétérodoxe, la zone euro après la Grèce elle-même !

 

 

 

Je ne sais si l’euro est menacé de disparaître dans les temps qui viennent, préférant boire mon café que lire dans son marc, mais il me semble urgent de penser à cette possibilité et non d’attendre d’être surpris par sa survenue… « Gouverner c’est prévoir », disait-on jadis : j’ai toujours pensé que cette formule était de bon aloi mais qu’elle signifiait surtout qu’il fallait, pour l’Etat et ses hommes, voir au-delà de l’écume des idéologies, du quotidien ou de la facilité, et voir loin, se prémunir contre les risques possibles, non pas pour qu’ils arrivent effectivement mais pour s’en protéger et, au cas où ils se manifesteraient, les surmonter dans les meilleures conditions possibles. Mais la République quinquennalement renouvelable en sa magistrature suprême n’est pas, par essence même, le meilleur moyen de voir loin et d’agir sur le long terme : un Michel Serres et même un Jacques Attali dans un article récent de L’express, à défaut de se proclamer monarchistes, regrettent l’un et l’autre que le politique n’ait plus le temps de travailler efficacement, privé de temps long et coincé entre deux élections, deux bordées de promesses qui, comme le faisait remarquer jadis le roué Charles Pasqua, « n’engagent que ceux qui… y croient » !

 

Redonner du temps à l’Etat… Non par un double quinquennat, mais par la suite naturelle des générations, voilà tout le sens de la Monarchie royale ! Encore un effort, MM. Serres et Attali, pour être royalistes… A défaut de sauver l’euro (est-ce le plus important, d’ailleurs ?), on restaurerait l’Etat en France, sa parole comme sa pratique et sa crédibilité : l’Europe ne s’en porterait que mieux, rassurée de retrouver en la France, plus qu’un partenaire, mais un moteur peut-être plus silencieux mais politiquement actif

 

 

 La Monarchie royale : la suite des générations c'est plus calme qu'une campagne présidentielle, non ?