Nous avons 144 invités en ligne
A propos de l'auteur
Menu principal
Souvenirs politiques
Citations royalistes
Bannière
Flux RSS

postheadericon Le Blog de Jean-Philippe Chauvin

postheadericon Quand les grands candidats oublient les vrais problèmes...

Il reste 69 jours avant le premier tour, et les débats s'animent un peu, même si certains d'entre eux ressemblent plus à des diversions qu'à de vraies confrontations d'idées et de propositions sur les questions qui intéressent les Français et surtout l'avenir de la France, au-delà des simples désirs d'électeurs, parfois versatiles...

 

Je suis avec beaucoup d'attention les discours, déclarations et tribunes, et m'agace aussi énormément des « petites phrases », moi qui, pourtant, suis si sensible aux « bons mots » et à la polémique que j'ai tant aimée (cet amour est-il passé, lui aussi ?), en particulier au fil de la lecture de « L'idiot international » des années 1990 et des éditoriaux de Jean-Edern Hallier, et de mon attention amusée portée aux écrits de Léon Daudet, terrible bretteur fleur-de-lysé de la première moitié du XXe siècle. En fait, je crois que la polémique appartient plus au temps « non-électoral », celui où les débats comptent moins que les combats « du quotidien » destinés à influer sur les gouvernements en place ou à les renverser, hors du « temps démocratique ».

 

Il est des débats que je n'entends pas durant cette campagne présidentielle française, et je le regrette : aussi, ma petite campagne personnelle, libre de toute contrainte de temps et de parti, insistera naturellement sur ces « manques » des grands candidats à la magistrature suprême !

 

En ces jours de grand froid, on aurait pu ainsi attendre des prétendants à l'Elysée quelques mots bien choisis et des propositions autres que les habituelles banalités sur l'exclusion et les rituelles promesses de « ne plus la tolérer », antienne malheureusement sans conséquences concrètes depuis fort longtemps déjà. Il est vrai que l'enfarinage de M. Hollande alors qu'il allait signer le rapport sur le mal-logement de la Fondation Abbé Pierre a trop facilement détourné l'attention des médias de la cause qu'il venait, rapidement, évoquer avant de repartir vers d'autres horizons médiatiques !

 

 

 La pauvreté, le mal-logement mais aussi la malnutrition, sont des thèmes « mineurs » dans la campagne actuelle, et je le regrette... Tout comme ceux de l'environnement, de la déprise rurale, de l'aménagement du territoire, de l'avenir de la pêche, mais aussi de... l'Europe, thème plutôt « dangereux » aujourd'hui que l'Union européenne valse au rythme de la crise et du couple Sarkozy-Merkel ! Il me semble tout de même étrange que les grands candidats ne citent jamais la Grèce et ce qui s'y passe, et semblent même détourner les yeux d'une tragédie qui touche un pays membre de la zone euro. Que pense M. Hollande des mesures rigoureuses imposées par l'Union et le FMI au peuple grec ? Mystère, jusque là bien entretenu, même si Vincent Peillon, l’un de ses proches, prône désormais ce que j’évoque depuis déjà quelques mois, c’est-à-dire l’annulation de la dette grecque, en somme la fameuse « Seisachtheia » de Solon, et que Ségolène Royal s’en prend aux dirigeants des institutions de l’Union européenne !

 

Il faudra bien, pourtant, que les candidats à la présidentielle eux-mêmes dont l'un (je parle au masculin car je n'ai guère de doute sur le sexe du futur magistrat suprême de la République...) assumera demain les plus hautes fonctions de notre pays, se prononcent sur ce qu'il faudra dire ou faire pour sortir la Grèce et les autres pays de la zone euro des difficultés dans lesquelles ils se trouvent... Car il n'y aura pas de miracle et la crise européenne ne se dissipera pas au soir du 6 mai, loin de là : certains mêmes murmurent qu'elle pourrait encore s'aggraver au lendemain du sacre électoral, histoire de bien montrer combien les Marchés se moquent allègrement des élections politiques et des Etats démocratiques (ou pas, d'ailleurs) !

 

 

 

postheadericon Les Grecs victimes d'un système qui ne sait plus s'arrêter...

La Grèce n'en finit pas d'agoniser sous nos yeux, et nous voilà étonnés de voir un pays de la zone euro s'effondrer comme un château de cartes, agacés aussi de ce mauvais exemple au sein de cette Union européenne qui devait être une « zone de prospérité et de paix » (sic !) comme nous l'annonçaient les prophètes de « l'Europe » dans les années 1990-2000... J'écris « nous » mais je ne me sens pas vraiment concerné par ce « nous » généraliste : ceux qui m'écoutent et me lisent depuis quelques temps déjà savent combien,  en Cassandre irréductible, je prône la vigilance en ce domaine et je refuse l'idéologie européiste et libérale qui brouille la vision de tant de nos contemporains, persuadés que l'Histoire est linéaire et à sens unique quand elle nous prouve, encore et toujours, qu'elle est plus vive et retorse que les préjugés qui, eux, ont la peau dure à défaut d'avoir la mémoire longue...

 

Encore un plan de rigueur, encore des baisses de salaires (y compris le « salaire minimum »), des coupes sur les retraites, des ventes (à perte ?) d'entreprises publiques, des suppressions d'emplois, etc. ! Au nom du sauvetage d'une monnaie unique qui devait « faire le bonheur général des Européens » (sic !), le couple Merkel-Sarkozy, la Commission européenne, la Banque Centrale européenne, mais aussi le FMI et les banques, y compris celles qui ont joué avec le feu et incité la Grèce à s'endetter, tous ces acteurs d'une scène économique devenue champ de bataille et champs de ruines se liguent contre un petit pays coupable d'avoir triché quand le principe même de la Société de consommation est la tricherie, en particulier sur les capacités de la planète à supporter éternellement le traitement actuel d'exploitation qui lui est imposée, au risque de la voir s'épuiser irrémédiablement et de plus en plus rapidement !

 

Je ne méconnais pas les défauts ni les manœuvres passées des Grecs mais j'affirme que les abus, les défauts, les vices inhérents même à ce système consumériste sont les véritables responsables de ce désastre social que vivent les Grecs, avant que cela soit le tour des Portugais, des Espagnols et peut-être des Français dans quelques années, peut-être moins dans le pire des cas qui, malheureusement, n'est pas toujours improbable... La Société de consommation repose sur le principe « Consommer pour produire » qui nécessite de vendre des produits parfois complètement inutiles, et qui se perpétue et se diffuse par la publicité (séduire le client…) et le crédit (tenir le client par la dette…) ! Est-ce si raisonnable que cela ?

 

Les Grecs ont cru que l’Union européenne allait les faire accéder au Paradis de la Consommation, de la Marchandise et du Désir toujours renouvelé et assouvi : fatale erreur ! Dans un pays qui n’avait pour richesses que le soleil, la mer et l’huile d’olive (je résume de façon un peu caricaturale, mais sans le mépris avec lequel les Allemands parlent des « cueilleurs d’olive »…), il était évident que la Société de consommation n’était pas vraiment possible sans bousculer dangereusement les équilibres locaux, au risque de catastrophes sociales futures, comme cela a aussi été le cas dans tant de sociétés africaines déstabilisées par la « première mondialisation » du XIXème siècle (c’est-à-dire une colonisation qui s’est d’abord faite pour des raisons économiques : trouver et ouvrir de nouveaux marchés, et s’ouvrir les ressources minières et énergétiques des terres et des sous-sols ainsi conquis…) : l’Histoire éternellement recommencée, dont les Grecs sont aujourd’hui les victimes pour l’avoir oubliée, aveuglés par les lumières de « l’Europe » !

 

 

           Des manifestants brûlent un drapeau européen à Athènes...

 

Ainsi, pour que le Système continue à fonctionner, il lui faut des victimes solvables : les Grecs ne le sont plus ? Qu’importe ! « Ils doivent payer », rétorquent calmement les fonctionnaires de la Troïka UE-BCE-FMI, insensibles aux souffrances des petites gens, des travailleurs assommés et littéralement exploités pour « redevenir compétitifs » (sic !), alors même que le patronat grec s’oppose à la diminution du salaire minimum voulue par Bruxelles et Merkozy ! Comme le disait ironiquement un économiste hétérodoxe, pour sauver la monnaie unique, il ne faut pas hésiter à poursuivre la cure d’appauvrissement « jusqu’au dernier Grec vivant »… Triste ? Pas seulement ! Révoltant, aussi !

 

Je suis révolté par ce que l’on fait subir aux Grecs les plus pauvres et aux classes moyennes de la patrie de Périclès et de Socrate, tandis que les plus riches continuent, en toute impunité, à placer leur argent dans des paradis fiscaux, y compris au sein d’une Union européenne qui a, définitivement, renoncé à être sociale et juste pour ne plus être que rigoriste (façon Merkel) et égoïste !

 

 

Mis à jour (Dimanche, 12 Février 2012 15:18)

 

postheadericon Freiner la fuite des cerveaux français.

Dans le cadre de ma « campagne présidentielle », je reprends quelques propositions parfois anciennes et d’autres plus récentes, au regard des événements du moment et des questions contemporaines qui intéressent ou simplement concernent nos compatriotes.

 

Ainsi sur la question de la fuite des cerveaux, aujourd’hui complètement absente, à tort, des débats de la campagne, et qu’il me semble pourtant important d’aborder, en quelques lignes.

 

 

Petit clin d'oeil à un émigré français célèbre, qui est revenu...

 

Il faudrait d'abord freiner l'émigration française vers les Etats-Unis ou le Royaume-Uni, par exemple : aujourd'hui, plus d'un tiers des élèves passés par des prépas dans mon lycée vont partir, dès leurs concours obtenus, travailler pour des boîtes étrangères... Véritable fuite des cerveaux très coûteuse et dangereuse pour notre pays !

 

Coûteuse à au moins deux titres : 1. Les études de ces jeunes sont "à fonds perdus" pour l'Etat et la France puisque la plupart de ces étudiants, une fois « délocalisés », ne paieront pas un centime à l'Etat qui leur a permis et payé leurs études...

 

                                                  2. Les compétences acquises en France, grâce à un enseignement supérieur qui n'est pas si mauvais que cela (en particulier dans les grandes écoles) vont profiter à d'autres pays que la France, à des pays concurrents, voire adversaires sur le plan économique...

 

Donc, d'abord freiner l'émigration française, mais pour cela, il est nécessaire que l’Etat retrouve un véritable rôle d’impulsion des grands projets et ne se contente pas de « prendre les trains en marche » ou d’être un simple gendarme de l’activité économique…

 

 

 

(à suivre)

Mis à jour (Jeudi, 09 Février 2012 00:25)

 

postheadericon Ma campagne présidentielle 2012, campagne royale...

Nous sommes, ce dimanche 5 février, à 77 jours du premier tour de l'élection présidentielle, et la campagne s'accélère, entre candidatures désormais bien enclenchées et d'autres déjà retirées, tandis que certaines, annoncées et comptabilisées dans les sondages nombreux du moment, ne sont pas, en fin de compte (de signatures), totalement assurées...

 

Je suis cette campagne présidentielle avec le plus grand intérêt, même si le temps n'est pas ma richesse principale en ces heures de multiples devoirs suivis de longues corrections, préparations de cours nouveaux (le programme de 1ère), mais aussi de lectures nombreuses pour pouvoir répondre aux questions des élèves sur les sujets que nous abordons en cours et ceux dits d'actualité.

 

Puisqu'il reste 77 jours avant ce soir du premier tour durant lequel les candidats remercieront ceux qui les ont soutenus (et maudiront intérieurement ceux qui les ont négligés...), à mon tour de rentrer en campagne présidentielle !

 

Je rassure les lecteurs inquiets : je n'ai pas l'intention de me présenter aux suffrages et de déclarer que je brigue la magistrature suprême avec des chances évidentes d'atteindre (au moins !) le second tour... Non, bien sûr, et s'il y a un candidat royaliste à cette élection présidentielle, la « reine des élections » (une formule bien peu républicaine, non ?), il n'a pas non plus cette arrogance que certains candidats hautement républicains peuvent avoir dans une logique illusoire et illusionniste...

 

 

En 1974, Bertrand Renouvin, portait sur la scène électorale les idées royalistes...

 

Il s'agit, en fait, de profiter de ce moment particulier qui dure quelques mois et durant lequel les débats quotidiens, au café comme dans la salle des profs, tournent d'abord autour de la politique et de tout ce que l'on met d'espoirs, de confiance ou de défiance, voire de ressentiments, en elle et en un homme ou son parti, son idéologie déclarée. Si la République, cinquième du nom, semble en « présidentielle permanente » du soir de l'élection à la veille de la suivante, il y a tout de même des « moments d'incandescence », et nous y sommes !

 

Il serait curieux que le royaliste que je suis et qui, chaque jour de sa vie, essaye de faire avancer l'idée royale par tous les moyens du moment et du bord, s'abstienne de participer à cette « querelle présidentielle » en se bouchant le nez et en se réfugiant dans un exil intérieur qui ne prendrait fin que le soir du second tour ! Je ne suis pas royaliste à mi-temps, et je ne suis pas un « exilé de l'intérieur », mais, à défaut d'être un acteur majeur de la vie politique française, je suis un citoyen qui use de sa liberté d'expression pour prôner cette autorité qui garantirait, mieux encore que la République aujourd'hui, les libertés publiques dont la première, la plus nécessaire et qui autorise toutes les autres, la liberté du pays, son indépendance d'être et d'agir !

 

Dans un monde où les rapports de force sont devenus défavorables aux citoyens comme aux cités (au sens grec du terme, la « polis »), il est nécessaire de « politiser nos inquiétudes » pour éviter à la fois la tyrannie des féodalités financières et de cette fameuse Société de consommation, et le nihilisme destructeur des peuples qui, parfois, se trompent de colère...

 

« Politique d'abord », clamait Maurras, et c'est sans doute une heureuse formule que l'on peut reconnaître à ce doctrinaire si décrié (avec quelques bonnes raisons, d'ailleurs, si l'on s'en tient à la lettre de certaines de ses polémiques...), mais c'est une formule souvent mal comprise : elle ne signifie pas que « tout est politique », ce qui serait absurde et dangereux, et surtout sacrément réducteur, mais que la politique comme souci et le politique comme moyen (et inversement, d'ailleurs) sont les conditions de la maîtrise des jeux économiques et du contrôle des calculs de la spéculation. Quand de Gaulle, dans une logique toute politique et éminemment capétienne, s'exclame que « la politique de la France ne se fait pas à la Corbeille [la Bourse] », il rappelle un principe fort de tout Etat digne de ce nom : ne pas dépendre de l'Argent et de ses commanditaires, et décider librement, au-delà des intérêts particuliers, pour le Bien commun, notion aujourd'hui étrangement absente de tous les discours des prétendants à l'Elysée...

 

Pour cela, la République n'a plus un de Gaulle pour lui donner cette colonne vertébrale qui fût la sienne jadis : ce que la République gaullienne avait gardé, maladroitement et incomplètement certes, de l'ancienne tradition capétienne, la République post-gaullienne l'a bradé sur l'autel des promesses électorales « pour devenir le premier » en cette éternelle et présidentielle course à l'échalote, et a désarmé l’Etat face aux « Marchés », terme générique qui dissimule (de moins en moins) ces « intérêts privés sans générosité » et ses sociétés, nationales ou multinationales, qui privilégient « l'individualisme de l'Avoir » sur « l'entraide et le partage ».

 

C'est cette situation génératrice, par essence même, d'injustices et de mépris, qui me font, chaque jour qui passe encore un peu plus que la veille, souhaiter une Monarchie qui ne serait rien d'autre que ce « libre Etat » qui arbitre et fédère, non pas un Etat-Moloch mais un Etat sûr de lui sans être, pour autant, présomptueux...

 

 

 

77 jours et ceux de l'entre-deux tours en prime pour expliquer tout l'intérêt de la Monarchie sans en cacher les ambiguïtés et les difficultés possibles... 77 jours pour décliner, aussi, un véritable « projet royaliste » qu'il conviendra d'approfondir, de discuter mais aussi de faire connaître aux Français actifs (et aux autres...) pour les convaincre du bien-fondé d'une politique monarchiste avant que d'être, le plus tôt possible, monarchique !

 

Ma campagne présidentielle commence...

 

 

 

postheadericon Un peu de royalisme au café...

J'ai profité d'une belle matinée ensoleillée, en ce samedi 28 janvier, pour partir me promener aux marges et au-delà de la région parisienne, m'arrêtant dans quelques villages et petites villes dont les cafés constituent, comme le disait si bien Balzac, « le parlement du peuple » : on y entend, au comptoir ou en salle, des propos parfois dérangeants ; on y discute ferme et on s'y engueule souvent, sans trop de façons ni de rancune ; on y refait le monde à partir de son coin de terre...

 

 

A Verneuil-sur-Avre, après avoir déposé un lys devant le cénotaphe de Louis de Frotté, chef de la chouannerie normande assassiné sur ordre de Napoléon, et avoir fait quelques courses sur le marché près de petits producteurs locaux (de moins en moins nombreux, malheureusement), je me suis arrêté quelques minutes dans un petit café-restaurant appelé « Le Thiers ». J'avais en main le gros livre de Xavier Walter titré « Un roi pour la France », l'ouvrage très complet sur la vie et les engagements de feu le comte de Paris (1908-1999), que j'ai posé sur le comptoir. La discussion s'engage vite dans les cafés populaires et celle-ci, en quelques minutes, est passée de la fréquentation réduite du marché pour cause de fin de mois et d'attente de la paie pour de nombreux salariés à la question des retraites : visiblement, et ce n'est ni une surprise ni une nouveauté, M. Sarkozy a déçu les retraités et mon voisin de comptoir avouait qu'il ne (re ?)donnerait pas sa voix au président sortant, sans m'en dire plus sur son choix électoral. Dans cette discussion un peu désordonnée, il y a un élément qui m'a frappé : c'est l'absence de noms cités autres que celui de M. Sarkozy, noms juste remplacés par « les autres » de façon vague et désabusée... Et cette grande ironie à l'égard des politiciens, ironie sans doute facile mais qui n'est pas, en soi, tellement rassurante car elle marque aussi un abandon de la politique par les citoyens et le refuge dans une forme de « àquoibonnisme » ou de fatalisme qui n'est pas très constructive : visiblement, le « rêve » de M. Hollande n'a guère enthousiasmé, en définitive, au-delà des militants socialistes (et encore !) comme j'avais déjà pu le constater à travers les réactions amusées au discours du Bourget dans la salle des profs du lycée...

 

 

 

L'un des clients regardait avec insistance, dans le temps de cette petite discussion à bâtons rompus, la couverture explicite de mon livre : aussi, j'ai devancé la question... « Quand la République est le triste règne des bouffons, je préfère le Roi qui remet ceux-ci à leur place... » La formule a visiblement surpris mais elle n'a pas suscité de railleries, juste un hochement de tête discret mais bien réel de mes compagnons de l'heure, comme s'ils reconnaissaient là une évidence sans y avoir jamais pensé auparavant.

 

Que l'on me comprenne bien : je n'ai pas fait, par cette formule simple, six royalistes de plus, mais j'ai juste ouvert une porte qu'il appartient à d'autres de franchir, et j'ai rappelé, d'une certaine manière, que le désespoir en politique n'est jamais certain ni une solution en soi. Il n'y a pas de fatalité : la République, aujourd'hui mollement soutenue, n'a plus ces réserves d'espérance que l'idée royale, pourvu qu'elle sache se faire connaître (et chacun des royalistes y a sa part de responsabilité et de devoir...), peut encore déployer parce qu'il y a une attente, confuse mais certaine, « d'autre chose » que les discours convenus des candidats à l'Elysée ne peuvent apporter...

 

 

 

Post-scriptum : j'ai plagié, dans cette note, la célèbre formule de Charles Maurras, « le désespoir en politique est une sottise absolue » dont il me faut rappeler qu'elle ne s'adresse pas seulement, en fait, aux seuls royalistes. Bien sûr, Maurras veut dire que, malgré les échecs et les difficultés, les royalistes ne doivent pas désespérer ni abandonner le combat institutionnel, et c'est comme cela que l'entendent la plupart des lecteurs de cette formule. Mais il y en a un autre aspect qu'il ne faut pas négliger, c'est que Maurras s'adresse aux Français en général et qu'il signifie par là qu'ils ne doivent pas, eux non plus, s'abandonner au fatalisme ou à une forme de renoncement à leur intelligence et pratique civiques. Cette formule est d'une étonnante actualité et les royalistes auraient tort de ne se la rappeler que pour eux-mêmes : c'est, au contraire, en la martelant autour d'eux, parmi tous ceux de nos concitoyens qui ne croient plus « en rien » en politique, ou qui s'abstiennent de toute réflexion politique par rejet d'un système dit « démocratique » qui les oublie ou les néglige (en particulier les moins instruits et les plus défavorisés socialement), c’est en la répétant et en l’expliquant qu’ils pourront le mieux servir l’idée royale et, ce faisant, notre pays…