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postheadericon Le Blog de Jean-Philippe Chauvin

postheadericon Rapport Gallois : déjà enterré ? La grande faute de la République.

M. Louis Gallois serait Colbert en Monarchie, mais la France est en République, et il n’est pas certain que cela soit heureux pour elle et tout autant pour les Français… Le fameux rapport remis hier lundi par l’ancien patron de la SNCF et d’EADS est d’un intérêt indéniable et, si certaines des mesures proposées posent plus de questions qu’elles n’en résolvent, il me semble qu’un Etat digne de ce nom ne devrait pas prendre un tel document à la légère et encore moins le vider de sa substance, donc de sa possible efficacité, par quelques annonces faites au sortir du séminaire gouvernemental de ce mardi matin, véritable séance d’enfumage et de stérilisation des propositions avancées par M. Gallois.


Le gouvernement Ayrault : la politique de l'autruche...


Alors que le rapport propose un allégement des charges patronales et des cotisations salariales et ceci dans des délais très brefs, le gouvernement, visiblement effrayé des réactions prévisibles d’une partie de ses soutiens parlementaires et de celles d’une Gauche plus idéologique qu’audacieuse, se contente d’un « crédit d’impôts » pour les petites et moyennes entreprises, crédit qui n’aura ni la même efficacité ni la même pérennité dans le temps que les mesures souhaitées par M. Gallois. De plus, il est effarant de constater que les diverses mesures annoncées par le gouvernement ne seront réellement effectives qu’en 2014 quand c’est maintenant, dès cet automne 2012, qu’il faudrait agir et réagir ! Dans un monde qui confond souvent précipitation avec vitesse mais qui nécessite une certaine réactivité tout comme la mise en place de véritables fondations nouvelles pour résister aux tempêtes économiques et aussi aux courants (et tourments) actuels d’une mondialisation capitaliste, cette perte de temps peut s’avérer fatale à de nombreuses entreprises et empêcher toute réindustrialisation pourtant économiquement comme socialement nécessaire. Quel gâchis !


De plus, les conditions mises au déblocage de ce fameux crédit d’impôts pour une entreprise en difficulté sont plus que dissuasives et risquent bien de n’avoir que peu d’effets dans la réalité… Il est plus que probable que, après l’espoir suscité par le rapport Gallois chez de nombreux industriels, en particulier des petites et moyennes entreprises, c’est le découragement qui risque bien de s’emparer de ceux-ci : combien d’entreprises et d’emplois réels vont-ils disparaître dans les prochains mois, bien avant 2014 et l’entrée en service effective des quelques mesures gouvernementales ?



Conjuguée avec l’absence de réformes de structures et le report des mesures nécessaires au retour à une compétitivité qui, il faut insister sur ce point, ne doit pas être pensée sans la solidarité sociale, l’arme fiscale utilisée massivement et maladroitement par le gouvernement Ayrault depuis son entrée en fonction risque bien d’être responsable d’une véritable faillite française dès 2013, aggravée par la politique si peu protectionniste de la Commission européenne et par la crise jamais résolue de la zone euro et de la monnaie unique elle-même.


Ainsi, le rapport de M. Gallois, qui aurait mérité un autre traitement de la part du gouvernement actuel si ce dernier avait été digne de sa fonction d’Etat et non confinée dans sa fiction idéologique, est-il déjà enterré, avec les honneurs certes d’une République fanfaronne et pleine de vents, mais dans la tristesse de ceux qui, au-delà d’une Droite qui n’en acceptait que les aspects libéraux quand il fallait en voir toute la philosophie « nationale », veulent pour la France un avenir économique et social qui ne soit pas celui du Titanic


Ah, décidément, qu’elle soit de Droite ou de Gauche, quelle maudite République que celle qui néglige l’avenir par paresse intellectuelle et par couardise politique !


Pour que M. Gallois soit Colbert en France, c’est bien la Monarchie qu’il faudrait, tout simplement !


 

postheadericon Face aux délocalisations (partie 1).

Il y a quelques semaines déjà, je prononçais un discours au traditionnel banquet de rentrée du Groupe d’Action Royaliste, discours consacré à ce qui, d’ailleurs, avait aussi été l’objet d’une campagne militante cet été, en particulier à Rennes : les délocalisations. Inutile de préciser, a priori, que je suis un farouche adversaire de ces fameuses délocalisations qui, aujourd’hui, participent de ce mouvement plus vaste de désindustrialisation de notre pays, mouvement lui-même motivé par la mondialisation, plus encore « idéologie » avant que d’être une réalité dont les aspects ne sont pas tous heureux, loin de là…


Voici ci-dessous une première partie de ma conférence du 23 septembre dernier.

 


Le phénomène des délocalisations est déjà ancien dans notre pays et elles sont à l’origine surtout motivées par l’intérêt de fabriquer à proximité des marchés de consommation que les entreprises françaises cherchaient à conquérir : ainsi, fabriquer au Brésil pour vendre en Amérique du sud ou en Inde pour atteindre les marchés asiatiques. Mais les délocalisations suivantes eurent une autre finalité : fabriquer à moindre coût (salarial, social, fiscal, environnemental) pour l’entreprise des produits destinés à être transportés puis vendus sur notre marché national, avec l’idée et le calcul de faire plus de bénéfices pour les industriels et les actionnaires, alléchés par cette promesse de revenus mirifiques permis par la fabrication en ces pays éloignés en kilomètres mais proches en temps grâce aux moyens de transport modernes et au carburant peu coûteux.


D’ailleurs, le consommateur français ne devait-il pas gagner lui aussi à ces délocalisations, puisqu’il paierait son électroménager ou ses jouets beaucoup moins cher, comme le lui promettaient entreprises et grandes distribution ?


En fait, ces délocalisations permettaient surtout aux fabricants d’échapper à certaines obligations sociales, fiscales ou environnementales, celles-là mêmes que notre pays avait mises en place tout au long d’une histoire industrielle parfois tumultueuse… Désormais, les délocalisations étaient et sont, pour la plupart, simplement spéculatives.


Ce phénomène des délocalisations est aggravé mais aussi motivé ou « légitimé » par la mondialisation et le libre-échange sans entraves : le « made in world » devient, d’une certaine manière, la norme et les entreprises, leurs actionnaires et financiers plus encore que les chefs d’entreprise, mettent ainsi en concurrence les salariés (et les règles sociales et fiscales…) de tous les pays pour abaisser les coûts de production, les ouvriers n’étant plus que les variables d’ajustement de la production mondiale.



Cela a d’abord concerné les entreprises industrielles, qu’elles soient automobiles, électroniques ou textiles, par exemple, au risque, d’ailleurs, de baisser la qualité et la sécurité même des produits, moins résistants et moins durables. Sans oublier les conséquences environnementales parfois désastreuses : les pollutions désormais interdites ou sévèrement réprimées en France sont, elles aussi, « délocalisées » dans les pays-ateliers… De plus, l’exploitation des populations ouvrières locales s’avère effrayante dans ces pays « nouvellement » industrialisés, et les témoignages nombreux sur la situation des prolétaires (un terme qui avait pratiquement disparu du vocabulaire social français ces dernières décennies…) de Chine, d’Inde ou du Vietnam n’y changent pas grand-chose, malheureusement : les consommateurs français ne veulent voir, et c’est assez logique sinon normal, que le produit moderne et qui leur semble désormais indispensable (grâce à la séduction publicitaire et à la « normalisation technologique ») qu’ils ont entre leurs mains, dans leur salon ou leur garage... Le reste leur importe peu, malheureusement, et ils n’éprouvent guère le besoin de se renseigner sur les conditions réelles de la fabrication de « leurs » objets… Et pourtant !

 


(à suivre)

 


Mis à jour (Lundi, 22 Octobre 2012 22:40)

 

postheadericon Contre le gâchis alimentaire.

Comme chaque année, la question alimentaire revient dans les médias à l’automne, avant l’ouverture (dans quelques semaines) des Restos du cœur initiés par Coluche il y a déjà bien longtemps, à la suite des soupes populaires d’antan, malheureusement encore d’actualité. La montée rapide du chômage ces derniers mois, la désindustrialisation qui s’accélère tandis que l’agriculture elle-même perd 200 exploitations chaque semaine, la pauvreté qui s’installe à nouveau durablement dans notre pays, parfois au cœur même des villes… : autant de motifs inquiétants qui expliquent que cette question alimentaire mérite un véritable engagement de la Cité pour tenter de la résoudre ou, du moins, d’en atténuer les effets en travaillant en même temps à en réduire les causes profondes.


Justement, samedi dernier, un banquet organisé par Canal + sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris était servi gratuitement à 5.000 personnes, un banquet d’ailleurs un peu original à base de fruits et légumes, et qui avait le mérite de poser, sur ce sujet alimentaire, de bonnes questions et de montrer tout l’intérêt d’une approche qui ne soit pas que caritative mais aussi plus générale. Dans son édition du samedi 13 octobre, Le Parisien explique que « biscornus, légèrement abîmés ou simplement trop gros ou trop petits, ces fruits et légumes auraient dû finir au rebut, faute de correspondre aux critères esthétiques de la grande distribution ». Quel gâchis, peut-on penser à l’évocation de telles destructions alimentaires, à l’heure même où tant de nos concitoyens ne se nourrissent plus correctement ni parfois suffisamment !


Des militants royalistes lors d'une "Soupe du Roi" destinée à aider les moins chanceux de nos concitoyens : lors de ces repas, rien n'est gaspillé ni perdu !

 


Selon le journal, « alors que 1 milliard d’hommes souffrent de malnutrition, un tiers de la production alimentaire mondiale est gâchée. (…) Chaque Français gaspille en moyenne, par an, jusqu’à 155 kg de nourriture. » Dans ce même quotidien, on apprend que « 21 % des aliments achetés par les Français sont jetés »… Il y a là un véritable problème qui tient aux comportements induits par la logique d’une société de consommation qui est, comme le signale Serge Latouche, l’un des principaux théoriciens de la décroissance en France, une société de « surabondance » et, par là même, de gaspillages organisés (par la grande distribution) et validés (malheureusement et souvent inconsciemment) par les consommateurs.


« Consommer pour produire », telle est la devise de la société de consommation et cette stratégie rompt avec les équilibres à la fois économiques et environnementaux traditionnels, car elle entraîne un véritable emballement de la consommation/achat ou des moyens pour faire acheter au risque, d’ailleurs, de ne pouvoir consommer concrètement tout ce qui a été « consommé » financièrement. L’acte d’achat n’est pas forcément suivi de l’acte de consommation concrète du produit : c’est la différence entre les deux qui constitue le gaspillage, soit ici 21 % des produits alimentaires achetés par les Français…


Il fut un temps où rien de ce qui touchait à la nourriture n’était jeté : on accommodait les restes, comme on disait ; on faisait du « pain perdu » qui, justement, ne l’était pas ; et même les animaux de la maison participaient à « nettoyer les assiettes » au lieu de se nourrir des croquettes d’aujourd’hui parfois fort chères… Et puis, on donnait, au soir des dimanches d’agapes ou des après-midi d’anniversaire, des gâteaux et des fruits aux voisins ou à ceux qui, dans la rue, ne mangeaient pas tous les jours du chocolat… Une forme de solidarité traditionnelle qui était aussi dans la logique de cette prière catholique parfois récitée avant le repas, le « bénédicité », où l’on demandait à Dieu de donner du pain à ceux qui n’en avaient pas.


Dans cette lutte contre les gaspillages qui sont l’une des causes de la sous-alimentation et des déséquilibres alimentaires de quelques millions de nos compatriotes, mais aussi de plus d’un milliard de personnes sur cette planète, l’Etat a aussi un rôle à jouer, en particulier en favorisant la récupération et la redistribution des surplus des cantines de ses administrations, par exemple, et, surtout, par l’adoption de lois obligeant les collectivités locales, les lycées, etc. à faire de même, tout en respectant, bien sûr, des règles d’hygiène et de sécurité alimentaire strictes


De plus, la question alimentaire en France peut trouver des réponses diverses et variées par une nouvelle politique d’aménagement du territoire qui permette de rapprocher un peu plus producteurs agricoles et consommateurs locaux, qu’ils soient ruraux, rurbains ou citadins. Là encore, voici un chantier que l’Etat et les pouvoirs publics régionaux et municipaux auraient tort de négliger, surtout en ces temps de crise et de pauvreté grandissante, mais aussi de colères montantes…


Mis à jour (Mardi, 16 Octobre 2012 23:09)

 

postheadericon Lettre d'un royaliste aux amis qui désespèrent de la France.

Il souffle en ce moment comme un vent de défaitisme et de fatalisme dans ce pays, et je le regrette profondément, je l’avoue ! Ainsi, quand un de mes amis et collègues me dit d’un air presque fâché que l’avenir de ses enfants n’est pas en France ou qu’un ancien élève, brillant et prometteur, considère que la France n’a pas d’autre destin que de devenir une province d’une Europe fédérale à venir, je m’insurge, avec toute l’amitié que j’ai pour ces personnes si diverses et si proches de moi sur d’autres sujets, en particulier littéraires ou sociétaux : non, la France n’est pas finie ! Non, elle n’est pas non plus condamnée à se dissoudre dans un grand « machin » européen ! Oui, elle a un avenir ! Oui, elle est notre avenir ! Et je le prouve !


La France possède un territoire métropolitain vaste et riche d’un patrimoine historique et environnemental à nul autre pareille, et cette particularité est aussi valable pour notre Outre-mer, de La Réunion aux Antilles, de la Polynésie à Mayotte, de Saint-Pierre-et-Miquelon à la Guyane. Elle est la première destination touristique mondiale, la principale puissance agricole européenne avec des produits du terroir d’une telle diversité que le général de Gaulle plaisantait sur la difficulté à gouverner un pays qui avait autant de fromages différents. Mais la France a aussi un immense territoire maritime qui s’étend sur toutes les mers du monde et elle possède la 2ème Zone économique exclusive (ZEE) de la planète, ce qui lui ouvre de multiples possibilités énergétiques, halieutiques et environnementales. Elle a aussi une maîtrise technique exceptionnelle dans le domaine aérospatial, avec, en prime, la base de lancements de Kourou, en Guyane, maîtrise et base que lui envient les puissants voisins états-unien et brésilien.



La France, c’est aussi une des meilleures armées du monde, aujourd’hui aguerrie par son engagement de longue date en Afghanistan et malgré ses pertes cruelles. C’est aussi une langue et un espace géopolitique linguistique, la francophonie, qui permet de relayer la culture et la diplomatie française aux quatre coins du monde et d’assurer une alternative au « monolinguisme » anglais…


Je pourrai ainsi longtemps décrire tous les éléments qui font de la France une puissance véritable en ce monde complexe et parfois dangereux, et qui prouvent que notre nation a de multiples cordes à son arc.


Mais alors, pourquoi ce défaitisme chez nos contemporains ? Pourquoi cette impression déroutante d’un déclin irrémédiable de la France ? Maurras résumait cet étrange sentiment par une formule polysémique : « les Français ne s’aiment pas », c’est-à-dire ne s’aiment pas eux-mêmes (une sorte de masochisme national, pourrait-on dire…) et n’aiment pas leurs compatriotes (une forme d’individualisme qui fait préférer le lointain au proche…) ou, plutôt, ne croient pas en leurs capacités à surmonter ensemble les obstacles… Le reste d’un fatalisme issu des Gaulois qui semblaient craindre que le ciel leur tombe sur la tête ?


En tout cas, quand Maurras employait cette formule, il ne s’agissait pas, ni pour moi non plus, de condamner ces Français si paradoxaux mais de les appeler à surmonter ce doute inscrit en eux : c’était un double cri d’amour de Maurras à la France et à ses Français ! Oui, croire en la France, aimer ceux qui l’habitent et la vivent pour la faire aimer par ceux qui la côtoient et la visitent !


Ne jamais désespérer de la France, bien au contraire !


Dans son histoire, la France a connu bien pire que maintenant, et elle est toujours là !

 

Mais, lorsque je lis la presse, que j’écoute ceux qui nous gouvernent et ceux qui aspirent à le faire, je comprends aisément la désespérance de mes interlocuteurs : quelle démagogie, quelle vanité politicienne, quelle suffisance mêlée de lâcheté, quelle bêtise dans les propos de ces maîtres successifs de la République ! Et que de renoncements, de craintes de n’être plus les coqs de village, de n’avoir plus leur assiette au beurre sous les ors et argents de ce Semble-Etat qui n’est que la caricature de ce que doit être un véritable Etat politique, « qui règne et qui gouverne ».


Ce n’est pas de la France dont il faut douter, mes amis, mais c’est de la République qu’il faut se défaire, dans les esprits comme dans la réalité. C’est d’elle dont crève la France, c’est elle qui obscurcit son horizon ! Avec la République, c’est tous les jours « Mai 40 » !


J’aime passionnément la France comme je vous aime, mes amis, mes collègues, mes élèves : alors, je vous en conjure, ne désespérez pas de la France car elle a besoin de vous, mais n’attendez rien de la République car elle est cette sangsue qui, aujourd’hui, désespère Aulnay-sous-Bois comme Versailles, qui abandonne les salariés de Sanofi et ceux de PSA ou de Renault.


Oui, je vous le dis, la France mérite mieux que la République et, vous aussi, vous méritez mieux que cette usurpatrice au bonnet phrygien qui vous promet constamment la lune et traîne toujours dans le caniveau de ses « affaires » et compromissions !

 


Mis à jour (Jeudi, 04 Octobre 2012 23:38)

 

postheadericon Double peine pour les fonctionnaires...

L’annonce du budget 2013 a fait grincer des dents parmi mes collègues : pour la 3ème année consécutive, les salaires des fonctionnaires sont gelés, du moins le « point d’indice », ce qui ne remet certes pas en cause les progressions salariales liées à l’ancienneté ou à l’avancement dans la carrière, mais se traduit néanmoins par une diminution concrète de notre pouvoir d’achat. Et encore faut-il se féliciter, d’après certains économistes hexagonaux et bruxellois, de ne pas subir le sort des fonctionnaires espagnols, irlandais ou grecs qui ont vu leurs salaires diminuer ces dernières années de 5 à 25 % selon les cas, au nom de la sauvegarde de l’euro et du désendettement des Etats…


En Grèce, certains enseignants ne touchent plus que 850 euros au lieu de 1.400 en 2009...


En fait, pour les enseignants comme pour les autres fonctionnaires, c’est « la double peine » : car, s’ils comprennent le gel des salaires et peuvent l’accepter pour la plupart comme une manière de participer à l’effort national, il leur est plus difficile d’admettre que, dans le même temps, le gouvernement socialiste ait décidé de refiscaliser les heures supplémentaires ! Effectivement, puisque nos salaires étaient (et sont toujours) condamnés à ne plus progresser annuellement malgré l’inflation (certes réduite, mais néanmoins bien réelle, en particulier dans les transports et l’alimentation), beaucoup d’entre nous se rattrapaient sur ces fameuses heures supplémentaires que nous nous disputions parfois âprement : « travailler plus pour (espérer) gagner (un peu) plus ». Or, cette année, la refiscalisation désormais effective depuis la rentrée de septembre décourage les bonnes volontés et elle est même un des éléments forts de la véritable impopularité de ce gouvernement-ci et de ce président-là qui, au-delà d’un antisarkozisme jadis fédérateur mais désormais dépassé, semble enclencher le « changement » dans un sens qui n’était pas forcément celui espéré par nombre de mes collègues…


D’autant plus que, simple coïncidence ou calcul perfide, nous n’avons jamais eu autant d’heures supplémentaires que cette année, en tout cas dans la filière « histoire-géographie » de mon lycée ! Le seul gagnant, en définitive, sera un Etat qui semble plus capable de taxer et créer de nouveaux impôts que d’engager de véritables réformes de structure et une politique à long terme de désendettement et d’investissement ! Un de mes amis et collègue, pourtant peu suspect de royalisme (cela peut changer, bien sûr…), me soufflait la semaine dernière avec un petit sourire bordé d’amertume : « la République sème des promesses, les Français récoltent des impôts » ! Juste et terrible formule qui révèle aussi la déception de tant de Français qui croyaient, à tort, que l’élection présidentielle allait accoucher d’un « sauveur » qui parlait si bien de « réenchanter le rêve français » ou quelque chose d’approchant… Il est visiblement des rêves qui finissent mal et des réveils douloureux !


L'urne des promesses, transparente... et vide au lendemain de la présidentielle... Mieux vaudrait le sceptre royal et la main de justice !


Bien sûr, il faut laisser du temps au temps : c’est d’ailleurs l’une des formules préférées des royalistes qui cherchent à raisonner au-delà même du temps démocratique des élections successives et à privilégier le long terme et la continuité politique. Mais cela n’enlève rien à l’urgence des grandes décisions d’avenir et là, rien à l’horizon ! La République semble renoncer à agir et à lancer de grands projets, de grandes politiques pour nourrir de grandes ambitions…


Et pourtant ! Il n’est pas une minute à perdre et cela dans tous les domaines, qu’ils soient industriels, agricoles, maritimes, énergétiques, environnementaux, militaires même !


L’impression dominante dans la salle des professeurs est que cette République hollandaise n’a pas de gouvernail et qu’elle navigue à vue au milieu des icebergs… Les prochaines années risquent d’être encore plus rudes, faute de direction sûre, et la prochaine feuille d’impôts d’être fort douloureuse ! Heureusement que j’aime mon métier, mon lycée et mes élèves : cela me console, en partie, des bêtises des incompétents de la République !

 


Mis à jour (Lundi, 01 Octobre 2012 22:33)