Nous avons 175 invités en ligne
A propos de l'auteur
Menu principal
Souvenirs politiques
Citations royalistes
Bannière
Flux RSS

postheadericon Le Blog de Jean-Philippe Chauvin

postheadericon L'impuissance de la République face à la mondialisation.

J'étais il y a quelques jours à Verneuil-sur-Avre, et j'en ai profité pour poursuivre ma campagne présidentielle, distribuant tracts et sourires tout en écoutant ce que mes interlocuteurs avaient à dire : non, la France réelle n'est pas silencieuse, mais elle se sent souvent peu écoutée, ou incomprise ; la mondialisation lui apparaît à la fois comme inéluctable, attirante et, en même temps, fatale à ses habitudes et à ses racines, par exemple. Il est vrai que, vue de la campagne, d'une petite ville de province ou d'une grande métropole européenne, la mondialisation n'a ni les mêmes formes, ni les mêmes couleurs, ni les mêmes saveurs ! Mondialisation et métropolisation vont de pair, semble-t-il, et les Normands de Verneuil-sur-Avre l'aperçoivent à travers leur télévision ou par la toile sous des couleurs chatoyantes tout en la vivant aussi par les difficultés quotidiennes pour boucler le mois ou trouver du travail, pour trouver des pièces de rechange à la voiture « d'avant 2000 » ou bien une école à proximité pour les enfants de la ferme... La mondialisation, qui a tant promis comme la Société de consommation dont elle est l'une des compagnes habituelles, déçoit parce qu'elle semble ne profiter qu'à ceux qui ont déjà le Pouvoir, que celui-ci apparaisse sous des formes politiques ou sous celles de l'économique et du social.

 

J'ai souvent écrit que la mondialisation, si elle est un fait, n'est pas forcément un bienfait : tout comme la guerre, diraient certains... Le lien entre les deux, d'ailleurs, n'est pas un hasard, et de plus en plus d'historiens et d'analystes les relient désormais l'une à l'autre, tout comme l'ancien président de la République, M. Valéry Giscard d'Estaing il y a peu !

 

 

La mondialisation, ou plus exactement la globalisation, fait peur, qu'on le veuille ou non...

 

Pour l'heure et pour les habitants de Verneuil, la mondialisation, qu'ils croient donc inéluctable, fatale (au double sens du terme...), est l'une des explications à l'impuissance des politiques dans lesquels, tout compte fait, ils continuent à placer quelques espérances : après tout, ils en connaissent quelques figures locales, ceux que l'on pourrait nommer, sans péjoration, « les notables ». Mais les habitants rencontrés ne se font aucune illusion sur les postulants à la magistrature suprême : à tel point qu'il me suffisait de dire a contrario, en tendant mon tract à des personnes d'abord perplexes : « je ne suis pas candidat ! », pour voir les mines s'éclairer et les mains demander les feuilles siglées royalistes !

 

Aux yeux des citoyens électeurs rencontrés, le Pouvoir politique central est lointain, trop lointain : non pas qu'il soit absent ou invisible, bien au contraire, puisque les médias assomment les Français des débats présidentiels ou, plutôt, des bons mots et disputes politiciennes ; mais parce qu'il apparaît impuissant à réagir face aux délocalisations, à la désindustrialisation, à la déprise agricole, toutes choses qui touchent, parfois de très près, les habitants de ce pays et de ses provinces.

 

 

Fin des illusions politiciennes et républicaines ?

 

Cette double question de l’éloignement et de l’impuissance du pouvoir politique mérite réponse : si la République ne trouve plus les « voies du peuple » ni la force d’agir concrètement face aux aspects les plus contestables de la mondialisation ; si elle s’abandonne au fatalisme et à la démagogie par temps d’élections, et qu’elle se réfugie derrière les décisions « prises ailleurs et par d’autres » pour se défausser de ses responsabilités…, elle perd toute légitimité à incarner efficacement la France, nation et Etat, face aux défis contemporains !

 

 

postheadericon Le monde agricole mérite mieux qu'une simple visite électorale.

 

Chaque année, c'est un rituel qui annonce le printemps et, en période électorale, aucun des postulants à l'Elysée n'oublie d'y sacrifier : le Salon de l'agriculture ! Mais cela cache aussi un immense malentendu : les politiciens, pour la plupart, ne s'intéressent plus à l'agriculture ni aux agriculteurs parce qu'ils ont intégré que le monde actuel était désormais « urbain » et qu'ils plaquent sur la société des campagnes des modèles économiques qui oublient les particularités rurales et paysannes, ces mêmes politiciens ne raisonnant qu'en terme de compétitivité et de profits, alors que ce ne sont pas forcément les éléments les plus déterminants de l'activité agricole.


De plus, la poussée de la rurbanisation qui mange littéralement près de 80.000 hectares de terres arables chaque année se fait au détriment des agriculteurs, même si ceux-ci participent de ce mouvement par le simple fait qu'une terre devenue constructible vaut parfois jusqu'à 50 fois ce qu'elle valait comme terre agricole ! Pour des propriétaires ruraux souvent en difficulté financière ou simplement désireux de laisser un héritage à leurs enfants, la tentation est forte, et cela n'est pas incompréhensible, me semble-t-il...


Quand le goudron remplace les champs de blé...


Autant dire que, les critères de profitabilité ayant envahi tout (ou presque) l'espace mental de nos sociétés, les agriculteurs sont soumis à des pressions qu'il leur est difficile de supporter très longtemps : il est loin le temps où la terre comptait plus que l'argent, et cela explique aussi la difficulté de maintenir une agriculture de petites et moyennes exploitations qui, pourtant, serait un moyen de relancer, en de multiples espaces ruraux aujourd'hui en cours de déprise agricole, un véritable aménagement du territoire et une agriculture plus équilibrée et moins dépendante des Marchés internationaux...


Les politiciens et les technocrates (ce dernier terme étant pris de manière « neutre » si, eux, par formation et déformation, ne le sont pas...) connaissent ces tendances lourdes contemporaines et ils n'ont guère de temps à « perdre », semble-t-il, à défendre un monde paysan qui apparaît en déclin, malgré la place des exportations françaises sur le Marché mondial, et qui ne compte plus guère en tant que spécificité sociale, ce qu'expliquait déjà Henri Mendras dans son maître-livre « La fin des paysans », dans les années 60, en un temps où, pourtant, l'agriculture employait encore directement plusieurs millions de personnes !


Ainsi, les dirigeants politiques, candidats à la présidentielle ou non, sont-ils moins intéressés à la question agricole, ne serait-ce que parce que le réservoir de voix y est désormais moins rempli, et que notre société a rejeté largement ce qui pouvait apparaître comme les « valeurs paysannes », pourtant plus « naturelles » ou respectueuses du temps et de la terre... J'ai bien écrit « valeurs paysannes » et non seulement « agricoles » car, aujourd'hui, je ne confonds pas ces valeurs et traditions paysannes avec la sorte de fureur productiviste et le modèle de « l'agrobusiness » qui savent si bien et si dangereusement faire « mentir la terre »...


Et pourtant ! La France agricole, dans sa diversité, ses tentations et, parfois, les errements de ceux qui la représentent, reste une « France des possibles », et la crise actuelle pourrait bien, paradoxalement, entraîner un certain renouveau paysan (j'ai bien écrit « paysan ») et une revitalisation des campagnes, là où il y a de la place et des richesses à faire surgir de terre...


La couverture d'un almanach agricole royaliste, dans les années 1920...


Les politiciens auraient tort de négliger un monde rural qui a encore, s'il saisit l'occasion au vol, de belles et prometteuses heures devant lui. Aussi, se contenter d’aller à la pêche aux voix (sans approfondir la réflexion sur l’avenir de nos campagnes…) comme le font, rituellement, nos candidats à l’Elysée est une preuve supplémentaire du « court-termisme » électoral dont la France toute entière, en définitive, est la principale victime…


Mis à jour (Lundi, 17 Février 2014 19:03)

 

postheadericon Au-delà des querelles électorales...

J'étais l'autre jour à Versailles, profitant du beau soleil d'hiver pour me promener dans le parc, longeant le canal totalement glacé sur lequel cygnes et canards glissaient à défaut de nager, et lisant, au fil des allées, un vieil ouvrage d'écrits politiques de Chateaubriand reçu le matin même. Aux grilles du château, des centaines de touristes se pressaient, se photographiant les uns les autres devant le symbole de l'ancienne puissance monarchique... Le palais de l'Elysée ne connaît pas un tel succès !

 

Des enfants se chamaillaient gentiment, au grand dam des oreilles voisines. La maman eut, alors que je passais près de la scène de la dispute, une phrase définitive qui ramena tout de suite le calme : « Arrêtez de vous disputer, ça ne va pas plaire à Louis XIV », dont elle montrait aux querelleurs la statue toute proche. L'effet fut immédiat : les bambins se turent, comme impressionnés par l'appel au monarque cavalier !

 

 

 

Ah, si tout était aussi facile en politique, surtout en période électorale !

 

Les actuelles joutes électorales donnent lieu à de grandes agitations et à de basses polémiques, mais aussi à quelques (trop rares) débats de fond, comme je m'en suis déjà plaint. Que cela soit le jeu démocratique normal ou, plutôt, habituel, soit ! Et, après tout, pourquoi pas ? La nature humaine n'est pas de rester silencieux dans toutes les occasions, et lorsque des décisions qui engagent le corps social doivent être prises, il n'est pas forcément choquant de demander leur avis, fût-il peu avisé, aux personnes qui participent à la Cité.

 

Mais lorsque les querelles s'enveniment au point de risquer le « désordre fatal », il est bon qu'il y ait une institution qui rappelle à l'ordre et qui soit au-dessus des querelleurs, qui ne leur doive rien, et qui incarne l'unité supérieure de l'ensemble social et communautaire le plus vaste et le plus légitime à l'échelle humaine, c'est-à-dire la nation, fruit de l'histoire et des volontés renouvelées « d'être-ensemble ».

 

La « disputation démocratique », si elle veut être utile et ne pas risquer d'ébranler l'édifice qu'elle est censée servir ou vouloir servir au gouvernement, aurait tout à gagner à cette magistrature suprême de l'Etat, indépendante des partis et des groupes de pression, indépendante de par sa propre nature, de par la naissance que l'on ne peut, Dieu merci, acheter : la Monarchie, puisque c'est d'elle dont je parle comme institution transcendant les débats polémiques pour la conquête gouvernementale, a une légitimité assez forte, une fois installée, pour limiter les excès des candidats politiques à la fonction gouvernementale ou ministérielle.

 

Le souvenir de Louis XIV, encore efficace pour calmer les ardeurs enfantines, mériterait d'être renouvelé par l'incarnation royale « au présent » : sans enlever à la liberté de débats et de querelles qui est essentielle à l'exercice de la citoyenneté, elle aurait l'immense mérite de préserver l'image et l'unité de la France, à l'intérieur comme pour l'extérieur...

 

 

postheadericon Le Carême, pour réfléchir et agir contre la pauvreté.

Le temps du Carême a commencé mercredi sans que les médias, d'ordinaire si prolixe sur les questions religieuses, ne s'y intéressent vraiment. Pourtant, en cette période électorale, la démarche et la philosophie du Carême auraient pu susciter quelques réflexions chez nos politiques ou chez les penseurs, en particulier chez ceux qui cherchent une autre voie que celles, aujourd'hui dominantes, de la Société de consommation.

Au-delà de la foi catholique, évidemment indissociable du Carême en tant que tel, ce temps particulier marqué par le jeûne du mercredi des Cendres et du Vendredi saint est aussi un moment de remise en cause d'un mode de vie trop basé sur la possession et l'individualisme, consubstantiels à la Société de consommation : moins consommer, mieux partager, surtout en ces temps de crise, voilà qui n'est pas inutile !

Cela me semble d'autant plus important que nous savons que, alors que l'agriculture mondiale produit de quoi nourrir 12 milliards de personnes et que nous sommes 7 milliards sur la planète, il y a encore un bon milliard de personnes qui souffrent concrètement de la faim : cherchez l'erreur ! En fait, plus de 40 % de la nourriture disponible est détruite avant d'être consommée dans nos pays occidentaux et, comme le disait le fondateur de l'association « Slow Food » en décembre 2010 : « nos frigos sont des tombes alimentaires. » La question n'est donc pas de produire plus, mais de partager plus, et mieux ! Y penser au niveau le plus proche, personnel, familial, local, c'est déjà agir, concrètement.

Différences... Quand la nourriture manque, quand elle est mal distribuée...

Le Carême est ce moment où, comme le rappelle « La Croix » dans son édition du 22 février, il s'agit « de s'ouvrir aux besoins de tous ceux qui manquent de l'essentiel, qui ne savent pas de quoi demain sera fait. En Syrie, en Grèce..., en France aussi où les pauvres, souvent invisibles, paient cher le prix de la crise économique. » La lutte contre la pauvreté, cette pauvreté contrainte qui touche aujourd'hui près de 9 millions de nos compatriotes (souvent dans une indifférence teintée de mépris pour les plus faibles), ne doit pas être une « politique annexe » mais obliger à la mise en place d'un véritable mécanisme de solidarité sociale et, au-delà, à la fondation d'un « autre » ordre économique et social, différent du système (trop) libéral actuel.

Je connais l'argument comme quoi les politiques sociales ne seraient qu'un alibi à la paresse de ceux qui en « profitent », et je sais que certains, effectivement, abusent de ce qui devient alors de l'assistanat, véritable cancer de la juste assistance. Mais le danger serait de jeter le bébé avec l'eau du bain, comme dit la formule et de négliger la vraie misère sociale, bien réelle, et que je peux concrètement constater tous les jours en Région parisienne, aux Mureaux comme à Versailles !

La Soupe du Roi, une initiative monarchiste de partage et d'entraide.

De plus, lutter contre la pauvreté ne signifie pas renforcer la Société de consommation en y incluant encore de nouvelles populations mais, justement, penser aussi un autre rapport à la société que celui de la possession strictement individuelle ou du gaspillage organisé, conséquence de cette « obsolescence » elle aussi si bien organisée par les zélateurs du « Consommer toujours plus ». Là encore, le partage, l'entraide, voire le don sont des réponses de mieux en mieux adaptées aux enjeux contemporains de l'épuisement des ressources et des nécessités de la préservation du capital terrestre !

Qu'on le veuille ou non, les réponses aux problèmes soulevés par la Société de consommation, au-delà du Carême et des réponses spirituelles ou simplement sociales, passent par le « moyen politique » et l'instauration, pour ce qui est de la France, d'un Etat décidé à arbitrer entre les différents acteurs économiques et à éviter ces déséquilibres qui fragilisent la cohésion sociale au détriment des plus pauvres.

Mis à jour (Vendredi, 24 Février 2012 19:49)

 

postheadericon Signatures... ou pas !

La question des signatures des maires pour les candidats à l'élection présidentielle agite le « Landerneau » politique et agace les consommateurs du café dans lequel j'écris cette note : « Pendant ce temps-là, ils nous enfument et ne parlent pas de la crise », dit l'un, tandis que l'autre hausse les épaules en entendant le débat sur ce thème retransmis à la télévision.

 

Sans doute ce système des 500 signatures obligatoires peut-il apparaître absurde ou injuste : l'un des premiers, sinon le premier à l'avoir dénoncé est un... royaliste, dès la présidentielle de 1981. Bertrand Renouvin, qui avait été candidat à celle de 1974 et avais acquis alors une visibilité et une notoriété au service du mouvement royaliste, a été ainsi empêché de se présenter en 1981, malgré le fait qu'il représentait un courant d'idées qui trouvait ses origines dans les monarchistes constitutionnels de 1789 (les « monarchiens », courant sur lequel l'historiographie française est peu loquace), voire parmi les « politiques » du XVIe siècle.

 

 

Bertrand Renouvin, candidat présent en 1974, empêché en 1981...

 

Sans doute, donc, serait-il utile pour le débat politique que cette règle des 500 soit « édulcorée », voire supprimée, mais il est vrai que ce n'est pas, aujourd'hui, le sujet le plus vital pour la France... Cette affaire est juste révélatrice des difficultés et des blocages de ce système républicain qui a tendance à « se reproduire lui-même », et qui a du mal à accepter certaines contestations, aussi légales (et parfois tout-à-fait contestables elles-mêmes...) soient-elles, y compris sur le plan électoral. Il faut bien dire aussi que l'élection présidentielle est « la reine des élections » et qu'elle mobilise toutes les énergies des partis et toutes les espérances possibles, au regard du pouvoir qu'est celui du président de la République, véritable « monarque élu » et non « figurant politique » comme tant de Républiques voisines (dont l'Allemagne).

 

Mais j'aimerai que l'on parle plus des programmes ou des propositions des courants politiques, y compris de ceux qui n'ont pas de candidat à la course à l'Elysée, et que la politique ne se résume pas, ne se limite pas à des querelles de chiffonniers, comme je l'ai déjà écrit sur ce blogue.

 

D'ailleurs, à la question que l'on me pose régulièrement sur mes intentions de vote, je rappelle que je suis royaliste, militant d'une cause qui ne se réduit pas à un carré de papier glissé dans une urne tous les 5 ans, et que cela me permet d'écouter tous les candidats et au-delà de ceux-ci, sans exclusive et sans compromission. Mais j'essaye aussi de travailler à creuser quelques pistes de réflexion et de proposition sans attendre que cela soit une solution édictée par un parti quelconque...

 

 

Une de mes préoccupations : la pauvreté en France... Qui en parle, parmi les grands candidats ?

 

J'ai évoqué le thème de « l'émigration » il y a quelques jours ; je prépare quelques notes futures sur l'agriculture, l'enseignement, l'environnement, etc. Je n'oublie pas tout ce qui concerne « la crise », bien sûr ! D'ici deux mois, toutes ces petites notes formeront une plate-forme de propositions, évidemment non exhaustives, dont chacune pourra faire l'objet, me semble-t-il, de discussions et d'approfondissements. Cette petite plate-forme d'un « royaliste modéré mais pas modérément royaliste » pourra alors être envoyée aux candidats qui auront le fameux sésame des signatures... et aux autres !

 

Puisque je vous dis que je suis en campagne présidentielle... à ma manière !