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postheadericon Le Blog de Jean-Philippe Chauvin

postheadericon Alertes nouvelles sur la Grèce et l'Europe...

« Madame euro avait promis, madame euro avait promis... », pourrait-on chanter ironiquement au rappel des discours laudateurs des tenants de la monnaie unique des années 2000 et au regard des réalités actuelles, moins joyeuses que les promesses d'antan. Malgré les nombreux « sommets de la dernière chance » (sic !) qui se sont succédé l'année passée, la zone euro semble condamnée à glisser en son entier dans une spirale infernale, les pays latins et méditerranéens se rapprochant du fond (pour autant qu'il y en ait un...) plus rapidement encore que les autres et cela malgré les efforts des États français et allemand et du couple (si mal assorti) Merkel-Sarkozy.

 

La dégradation de la note de neuf États de l'Union européenne (dont celle de notre pays) le vendredi 13 janvier est-elle l'une de ces « prédictions auto-réalisatrices » qui font tant de mal aux États eux-mêmes et à leurs économies ? Ce qui est certain c'est que cette dégradation de groupe n'arrange pas les affaires d'une zone euro déjà maintes fois fragilisée ces derniers temps, et menace la pérennité et l'efficacité du fameux FESF, ce Fonds d'aide européen quasiment condamné à devenir à son tour un problème quand il devait être une solution !

 

Et pendant ce temps-là, « la Grèce risque à nouveau la faillite », comme le titre un article paru dans les pages économie du Figaro (samedi 14 janvier), et le changement forcé de premier ministre à Athènes en novembre dernier comme l'annonce de réformes draconiennes (mais en définitive peu crédibles car peu réalisables dans un pays dont la population se pense « occupée » par la « troïka » Union européenne-FMI-BCE...) n'ont pas été suffisants ni motivants pour sortir la Grèce de l'ornière. Dans quelques semaines, la Grèce pourrait faire défaut, comme l'anticipe l'agence de notation Standard & Poor's (une faute de frappe m'avait fait écrire, étrangement, « Satandard »... : peut-on y voir un de ces intersignes chers à Léon Daudet, grande plume de la presse monarchiste d'avant-guerre et annonciatrice des malheurs des années 40 ?). Le Figaro précise même dans ses colonnes : « la plupart des économistes allemands jugent une faillite de la Grèce quasi inéluctable. Pour Hans-Werner Sinn, président du très respecté institut IFO, « la Grèce ferait mieux de sortir de la zone euro et de négocier ses dettes en drachmes au lieu de mendier en permanence des aides supplémentaires ». »

 

Ainsi, comme le clame François Leclerc dans La Tribune du vendredi 13 (décidément !), la Grèce est « la bombe à retardement » qui pourrait bien faire exploser, si je comprends bien la pensée de cet économiste hétérodoxe, la zone euro après la Grèce elle-même !

 

 

 

Je ne sais si l’euro est menacé de disparaître dans les temps qui viennent, préférant boire mon café que lire dans son marc, mais il me semble urgent de penser à cette possibilité et non d’attendre d’être surpris par sa survenue… « Gouverner c’est prévoir », disait-on jadis : j’ai toujours pensé que cette formule était de bon aloi mais qu’elle signifiait surtout qu’il fallait, pour l’Etat et ses hommes, voir au-delà de l’écume des idéologies, du quotidien ou de la facilité, et voir loin, se prémunir contre les risques possibles, non pas pour qu’ils arrivent effectivement mais pour s’en protéger et, au cas où ils se manifesteraient, les surmonter dans les meilleures conditions possibles. Mais la République quinquennalement renouvelable en sa magistrature suprême n’est pas, par essence même, le meilleur moyen de voir loin et d’agir sur le long terme : un Michel Serres et même un Jacques Attali dans un article récent de L’express, à défaut de se proclamer monarchistes, regrettent l’un et l’autre que le politique n’ait plus le temps de travailler efficacement, privé de temps long et coincé entre deux élections, deux bordées de promesses qui, comme le faisait remarquer jadis le roué Charles Pasqua, « n’engagent que ceux qui… y croient » !

 

Redonner du temps à l’Etat… Non par un double quinquennat, mais par la suite naturelle des générations, voilà tout le sens de la Monarchie royale ! Encore un effort, MM. Serres et Attali, pour être royalistes… A défaut de sauver l’euro (est-ce le plus important, d’ailleurs ?), on restaurerait l’Etat en France, sa parole comme sa pratique et sa crédibilité : l’Europe ne s’en porterait que mieux, rassurée de retrouver en la France, plus qu’un partenaire, mais un moteur peut-être plus silencieux mais politiquement actif

 

 

 La Monarchie royale : la suite des générations c'est plus calme qu'une campagne présidentielle, non ?

 

 

postheadericon Quelques raisons pour la Monarchie royale (partie 2) : le roi assume toute l'histoire de France.

Contrairement à ce que certains font semblant de croire, l’instauration d’une Monarchie en France ne peut se concevoir comme un retour en arrière ou une nostalgie médiévale, mais plutôt comme la suite de l’Histoire politique, Républiques et Empires compris, et cette nouvelle Monarchie n’a pas vocation à régler des comptes mais à être ce « liant » qui manque à notre Histoire, au-delà de ses guerres civiles et de ses querelles partisanes.

 

La continuité apportée par la Monarchie n’est pas une rupture mais l’aboutissement, après de multiples expériences parfois malheureuses voire dramatiques, d’une Histoire institutionnelle et le résultat d’une réflexion sur la nature du Politique et la nécessité de lui redonner ce souffle nécessaire à l’endurance française : incarner la continuité des histoires françaises, sans rien négliger des erreurs et des bonheurs, des gloires et des crimes des différents régimes qui ont occupé, parfois indûment, la tête de l’Etat, telle est la grande qualité d’une Monarchie « unificatrice » qui n’aura pas forcément besoin de vandaliser ce qui l’a précédée ou remplacée durant les deux derniers siècles pour « être et durer »

 

 

Le lys, l'aigle et le coq : trois symboles pour une seule histoire de France.

 

Bien sûr, cela n’empêchera que certains voudront ressortir des « dossiers », souvent anciens, sur les régimes ou les gouvernants précédents, et se faire les justiciers, au nom des souffrances de telle ou telle communauté, à telle ou telle époque : mais la Monarchie n’a pas à prendre la place des historiens, car elle n’est pas, en soi, historienne mais historique et, au-delà, d’abord politique !

 

Un exemple concret et qui touche à l’histoire même du royalisme : la Vendée. Les historiens sont de plus en plus nombreux, à la suite de Reynald Sécher, à reconnaître que l’extermination des civils vendéens en 1793 mais plus encore en 1794, après la guerre de Vendée, peut être qualifiée de « génocide ». Mais il n’appartient pas à la Monarchie d’en faire une « loi » ou une « obligation historique », et elle a juste à garantir la liberté des discussions et la sérénité des débats, sans exclusive aucune, sur cette question douloureuse. La vérité historique ne se décide pas, quelle que soit l’opinion du monarque lui-même, au sein de l’Etat. Cela ne veut pas dire que le roi est indifférent à la mémoire de ceux qui se sont battu, jadis, pour la cause royale mais qu’il ne reconnaît, au-delà de l’événement dramatique lui-même, que la tragédie de la guerre civile qu’il a vocation, par sa présence à la magistrature suprême de l’Etat, à apaiser et non à réveiller, fût-elle désormais sous forme de « querelle des mémoires » ! Aux royalistes d’entretenir la mémoire des combattants vendéens « pour Dieu et le Roi » ; au monarque d’assumer toutes les mémoires contradictoires de l’histoire de France !

 

 

 

postheadericon La volonté écologique du royaume du Danemark.

Depuis le 1er janvier c'est le royaume du Danemark qui préside l'Union européenne, sans pour autant être dans la zone euro, ce qui ne devrait néanmoins pas gêner sa parole et son action. Cette « démocratie royale », selon l'expression du professeur Guy Antonetti, est aujourd'hui figurée et dirigée par deux femmes : la reine Margrethe II tout d'abord, souveraine depuis 1972, et le Premier ministre, Mme Helle Thorning-Schmidt, de tendance social-démocrate (centre-gauche). Ces deux femmes ont un point commun que l'on oublie souvent de signaler, c'est leur attachement à la préservation de l'environnement.

 

 

 

Justement, cette présidence danoise de l'Union, qui ne veut pas se mêler des affaires internes de la zone euro, n'en a que plus de temps à consacrer à ce qui lui semble (à raison, d'ailleurs) primordial, c'est-à-dire une nouvelle orientation plus « écologique » de l'ensemble européen à 27, moyen de sortir de la spirale infernale d'une crise économique qui est aussi la conséquence des mauvais choix de la Société de consommation : « La première tâche de la présidence danoise de l'Union européenne sera de prendre des mesures conjointes pour mettre la crise économique derrière nous. Nous devons renforcer la base en faveur d'une croissance responsable et de l'emploi », comme le déclare Mme Thorning-Schmidt. Au-delà du discours plutôt convenu, il est intéressant néanmoins de voir quelles sont les mesures proposées et leur impact sur l'empreinte écologique de l'Union européenne, aujourd'hui trop forte pour être, à moyen comme à long terme, acceptable, autant pour la planète que pour les citoyens des États européens.

 

« Pour y parvenir, le Danemark a une botte secrète : la croissance verte. La première décision pour la favoriser devrait être l'adoption d'une directive sur l'efficacité énergétique, dont l'objectif sera d'encadrer le respect des engagements européens en matière d'énergie. Il s'agit de l'objectif des triple 20 : 20 % d'émissions de gaz à effet de serre en moins, 20 % d'énergies renouvelables et une baisse de 20 % de la consommation d'énergie d'ici à 2020. » (La Tribune, 2 janvier 2012). Bien sûr, la formule de « croissance verte » peut soulever quelques critiques sur sa crédibilité dans un monde terrestre aux ressources forcément limitées, et l'on peut préférer une « a-croissance » ou une « décroissance » dont, d'ailleurs, modalités et mise en pratique restent encore à définir ou à préciser. Mais est-ce le plus important aujourd'hui, à l'heure où il s'agit d'abord de freiner « la course à l'abîme » et de trouver quelques propositions pour entamer une « descente en douceur » vers un monde plus raisonnable et, donc, moins énergivore et moins consommateur de biens comme d'espaces ?

 

Il y a forte nécessité d'accélérer, en fait encore plus qu'en droit, la diminution de la facture énergétique, autant sur le plan financier que sur le plan physique : les ressources s'épuisent plus vite que ne s'apaise la soif énergétique de nos sociétés, ce qui, à plus ou moins long terme, nous entraîne vers un monde instable et belligène mais aussi de moindre qualité environnementale, du fait d'une pollution atmosphérique et d'un dérèglement climatique que nous avons de plus en plus de mal à maîtriser, faute d'y avoir prêté attention à temps.

 

Il est heureux que le petit royaume de Danemark, qui, dans l'histoire, a parfois montré le chemin de l'honneur et du courage dans les moments les plus sombres du XXe siècle, soit encore celui qui en appelle à la responsabilité des États européens pour faire avancer la cause environnementale, même s'il est à craindre de fortes résistances parmi les gouvernements les plus inféodés aux milieux financiers et économiques pour lesquels « l'efficacité et la compétitivité » comptent plus que la préservation des écosystèmes et de la qualité de la vie ! La France, malgré la campagne présidentielle qui gêne l'action de l'État et autorise malheureusement toutes les démagogies, aurait tout intérêt à soutenir fermement les propositions et initiatives du Danemark : de par sa superficie métropolitaine, de par l'importance de son Outre-mer et de sa Zone économique exclusive, la France a un poids non négligeable qu'il conviendrait de mettre dans la balance pour la faire pencher du bon côté ! Cela serait aussi la preuve que le Grenelle de l'environnement n'est pas qu'un lointain souvenir mais qu'il a ouvert une voie nouvelle vers une écologie politique bien nécessaire pour « cet avenir que tout esprit bien-né souhaite à sa patrie », selon la formule maurrassienne.

 

 

 

 

 

Mis à jour (Lundi, 09 Janvier 2012 00:17)

 

postheadericon Quelques raisons pour la Monarchie royale (partie 1).

L’actuelle campagne présidentielle est l’occasion de revenir, au-delà de l’affrontement entre candidats partisans, sur ce qui fonde les raisons d’être royaliste et, surtout, de souhaiter une Monarchie royale pour la France : il ne s’agit pas là d’évoquer un programme monarchiste qui s’appliquerait à tout ou presque, au risque d’ailleurs d’être plus démagogique ou irréaliste que vraiment crédible, mais de mettre en valeur ce qui fait que la Monarchie, de par sa nature même, résout certaines questions que la République laisse en suspens ou contourne à défaut de pouvoir y répondre…

 

Effectivement, dans un monde de plus en plus mobile (mondialisation oblige…) et, par suite, souvent instable, réintroduire la continuité pour permettre d’inscrire l’action politique de l’Etat dans le nécessaire temps long des réformes et de leur complète application (ce que demandait avec insistance le philosophe Michel Serres il y a déjà quelques années), c’est dépasser, forcément, le temps court des législatures et des présidences, c’est faire du temps un allié et non plus un ennemi ou un obstacle. Puisque le mode électif ne permet pas une telle continuité, le meilleur (et le plus naturel) des moyens de la permettre, c’est de l’établir par la suite des générations, par la succession héréditaire, au risque de surprendre, voire de choquer si l’on n’explique pas les choses, nos contemporains habitués à la routine électorale présidentielle, à cette sorte de grande foire aux candidats et aux programmes qui se déroule désormais tous les 5 ans.

 

En fait, la succession héréditaire, si elle n’a pas que des avantages, en a sans doute plus, en particulier pour notre pays, que cette élection qui ne voit pas forcément « le meilleur », « le plus compétent » ou « le plus vertueux », l’emporter en fin de compte, mais le plus habile ou manœuvrier des politiciens, celui qui sait « se placer » près des grandes puissances financières ou partisanes du moment, et qui sait, dans la phase finale de la compétition, convaincre (avec des arguments parfois démagogiques, « la fin justifiant les moyens »…) la majorité des électeurs-souverains. Tandis que la « reine des élections » divise sur des critères politiques et personnels, particularistes ou individualistes, la transmission de la magistrature suprême de l’Etat par le simple « fait d’être né fils du roi » ne peut, en tant que telle, s’acheter et, du coup, elle bénéficie d’un avantage important car, au lieu de retrancher des compétences comme le fait la victoire d’un candidat sur un autre, elle peut surmonter les différences partisanes, écouter et s’adresser à chacun sans préjugé idéologique.

 

 

Inscrite dans la durée naturelle de la vie des hommes, de la jeunesse à la vieillesse, y compris dans la joie comme dans la maladie, la Monarchie héréditaire est le symbole même de l’Histoire du pays, avec ses drames et ses gloires, ce qui signifie qu’elle est « inactuelle » parce qu’elle est, par essence, de tous les temps et qu’elle est le maillon institutionnel entre l’hier et le lendemain : l’Anglais Richard Frederick Dimbledy, cité par Stéphane Bern dans son ouvrage « La Monarchie dans tous ses états », explique que « lorsqu’on regarde la reine [Elisabeth II ], on voit en réalité le souverain qui, sous des visages différents, guide et garde nos affaires depuis neuf cents ans ». Ce que, d’ailleurs, le général de Gaulle reconnaissait au principe monarchique, y compris lorsqu’il s’incarnait dans un Prétendant et non plus dans un souverain régnant, et qu’il réaffirmait au comte de Paris (1908-1999) en lui écrivant cette lettre du 18 décembre 1957 : « Vous, vous êtes éternel. Moi, je ne suis que l’homme qui passe. Vous avez cet unique privilège d’être toujours là ». Ce trait d’union entre les temps et les traditions différentes est à la fois la garantie de la longue mémoire, mais aussi de la « possibilité d’oubli », au sortir des grandes crises politiques (ou religieuses, comme l’a montré le roi Henri IV avec l’édit de Nantes), cette possibilité parfois si importante pour recoudre le tissu national et dont le roi Louis XVIII a utilisé tous les ressorts au sortir de la période révolutionnaire et impériale, au risque d’apparaître parfois ingrat. C’est aussi ce qui a permis à l’Espagne, au sortir du régime autoritaire du général Franco, de ne pas replonger dans la guerre civile et d’amorcer son retour sur la scène géopolitique en Europe comme en Amérique hispanique, plus encore par la seule présence du roi que par l’activisme diplomatique que Juan Carlos laissait, politiquement et pratiquement, aux ministres des gouvernements successifs…

 

 

Le roi d'Espagne, descendant du roi de France Louis XIV.

                                             (à suivre)